Posts Tagged ‘cinéma’

Hope

2015/10/06

« Hope », c’est un film, qui porte le nom de son personnage principal, jeune Nigériane qui remonte de l’Afrique Noire pour essayer de rejoindre l’Europe. Une migrante, qui fuit… on ne sait pas quoi. La misère ? Une dictature ? Ou bien est-elle mue par l’espoir d’une vie « meilleure ».

Tous les acteurs de ce film (de Boris Lojkine) sont des migrants, qui se sont arrêtés au Maroc, coincés. Certains ont été battus, violées, dévalisés. D’autres ont violé, dévalisé, battu, voire tué, d’autres migrants qui étaient tout à fait semblables à eux.

Ce film est quasi-unique (à part d’autres films sur les migrants mexicains vers les USA) par cela : le film est joué par ceux qui ont vécu les mêmes expériences, ET le scénario a été entièrement refondu après que l’auteur ait parcouru ce même voyage ET les dialogues ont été retravaillés au contact des acteurs, qui disent ce que leur vécu les pousse à dire, plutôt que des paroles plaquées sur leur bouche par un scénariste.

Un film douloureux, prenant.

Nous sommes si bien, en France, dans notre petit nid douillet… Cela durera-t-il longtemps encore ? Ou bien la misère et la souffrance du monde nous retrouveront-elles bientôt ? Car rien n’est acquis.

Aucun de ces « acteurs » n’a pu mettre les pieds en Europe.
« Hope » vit toujours au Maroc.
« Léonard » est reparti chez lui, avec un projet.

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Prisoners

2013/10/29

« Prisoners », c’est un thriller, un bon thriller qui vous tient en haleine : Les retrouveront-ils ? vivantes ? Trouveront-ils le coupable ? La recherche éperdue du père tournera-t-elle à l’horreur inutile ?
Le film est très efficace, et ses 2h33 se digèrent sans aucun problème. L’idée est bien sûr assez simple au départ, mais la complexité y nait facilement, et il n’y a qu’aux USA qu’on puisse imaginer que de telles horreurs soient possibles. Et moi qui ai visité Boston 4 fois, aux 4 saisons, je n’ai rien reconnu de Boston dans cette lointaine banlieue qui me fait plus penser au Canada qu’à cette vieille ville de l’Est.
Le film est angoissant, la mort rôde, et les personnes sensibles feraient bien d’être accompagnées, ou d’aller le voir tôt dans l’après-midi. Quant au dénouement… vous verrez bien ! Ha ha ha ! En tout cas, c’est super bien joué. On est surpris de voir que le flic soit toujours seul dans son enquête… mais, bon, c’est une petite banlieue qui n’a pas de grands moyens… Tout le film sent une certaine pauvreté, une certaine misère cachée, où les maisons en bois sont inquiétantes, un pays où je n’aimerais pas vivre. Mais, bon, Boston au printemps et à l’automne, c’est magnifique !!!
Un film intense, qui ne fait pas dans le spectacle mais dans l’émotion, la peur, les rebondissements, l’efficacité. À voir !

Gravity

2013/10/23

(Attention, je dévoile ci-dessous une bonne partie du film, qui mérite d’être vu !)

« Gravity » : comment économiser sur les acteurs (2 !) pour investir dans le réalisme. C’est bluffant. On se croit vraiment dans l’espace. Et on ressent cette sensation d’être en sursis, dans un « élément » totalement adverse, invivable. L’horreur à l’état pur. Je me demande comment ces hommes et femmes arrivent à monter là-haut sans se chier dessus. Le film est intense, car on sait qu’il suffit d’un rien pour mourir là-haut. Et le retour est si improbable.
Aurait-il fallu la faire mourir, elle-aussi ? incinérée dans le retour sur Terre, ou noyée si près de la terre ferme ? Certainement que la fin qui a été choisie est positive : elle survit et digère enfin la mort de sa fille.
Seul embarras pour moi, les phrases où l’on parle aux morts comme s’ils étaient encore là et comme si on allait les « rejoindre ». Quand on est mort, on n’est plus. Mais, bah, ce n’est pas bien grave.
Sans doute que, comme une petite partie des spectateurs, je me suis senti proche de Ryan, m’étant senti un peu trop près de la mort ce lundi, même si ce n’était qu’une atteinte temporaire à mon intégrité psychique. Par contre, la fille adolescente de la famille qui discutait du film en sortant, elle n’avait pas du tout aimé le film ! Elle aurait préféré voir « Prisoners », ou bien « La vie d’Adèle ». Et, pendant le film, un couple près de moi discutait tranquillement, désirant peut-être implicitement fuir la tension du film.
Bref, le film, en 3D, nous fait flotter dans l’espace, et c’est une sensation affreuse que de se sentir seul au monde, inaccessible, perdu, condamné à mort dans les minutes qui viennent. Et, comme un écrivain l’a dit, ce n’est pas mourir qui est pénible, c’est de mourir « volé », volé de tout ce qu’on aurait voulu faire.

« Au fond de l’espace, on ne vous entend pas crier » !

Allez-y ! C’est un super film ! C’est bon d’avoir peur ! Après… après on aime mieux sa vie, aussi imparfaite soit-elle.

Blue Jasmine

2013/10/16

Avec « Blue Jasmine », Woody Allen a réussi un beau film, une belle histoire, sur l’ascension et la chute, sur la folie, sur une femme qui détruit elle-même son paradis et qui finira dans la rue, misérable, folle. C’est très bien joué ! Ce n’est pas un chef-d’oeuvre, mais un très bon film, qu’il faut aller voir. Il n’y a que la musique du générique que j’ai trouvée… insupportable ; mais à chacun ses goûts musicaux.

La Vie d’Adèle

2013/10/15

« La vie d’Adèle », c’est bien, c’est même très bien. Certes, c’est un peu long, lent parfois, mais cela m’a semblé nécessaire, pour laisser le temps que les « choses » arrivent. Certes, les scènes de sexe sont crues, mais, bon, à part une verge pendant une 1/2 seconde et une vulve deux fois, rien de bien méchant. Sans doute que ces scènes ont été difficiles à jouer, et peut-être que les actrices se sont vraiment laissées aller à les vivre un peu plus qu’elles ne les jouaient, mais c’était bien, et long et lent comme d’autres scènes, nécessaires. Un bon film, à voir. Je n’aime pas le physique d’Adèle Exarchopoulos, ni sa bouche ni son visage ni son allure ni son corps, mais elle joue super bien le rôle de cette Adèle qui se perd dans l’amour, molle et subissant. Alors que Léa Seydoux a un visage qui m’inspire photographiquement ; et cette coiffure bleue lui allait parfaitement. Un corps également « moyen », quand il est mis à nu, mais une belle allure. Et elle joue parfaitement le rôle de cette lesbienne, ardente, jalouse, et changeante, qui n’aime pas pour toujours, comme Adèle. Et, sans doute, Adèle/Adèle joue mieux que Léa, le rôle plus ingrat d’une fille qui veut une vie plate et tranquille, institutrice, mais qui aime les enfants.
Oui, un bon film, un peu lent à un moment. Mais un film à voir, l’esprit ouvert.

Une place sur la terre

2013/09/09

« Une place sur la terre » : Je n’ai pas aimé. Mais mon amie a aimé. Pourtant, tous deux avons, il y a très longtemps, été confrontés au suicide d’un être cher. Mais chacun voit les choses différemment…
Moi, j’ai vu un film aux couleurs moches, avec un photographe tabagique et alcoolique et qui fait des photos floues…, et qui me donnait envie de partir avant la fin… Peut-être que, finalement, le mal-être de ces personnages en déshérence était trop bien rendu ? trop palpable ? trop pénible ? Peut-être que, aussi, le temps dégueulasse de ce soir-là avait déteint sur mon moral ? Ou, tout simplement, si l’on se doute de ce qui peut pousser cet homme mûr, qui a manifestement loupé sa vie, à boire, on ne sait rien des raisons qui poussent cette jeune femme à vouloir mourir et ça fait drôlement chier de la voir mourir sans connaître la cause de son désespoir… Quant à la mère de Matéo, si les services sociaux savaient qu’elle confie son gamin à un fumeur alcoolique qui fume et boit chez lui et devant le gamin… ils le lui prendraient sûrement. Au fait, c’est quel marchand de mort tabagique qui a donné les sous pour faire le film ? car, même si je n’ai pas compté les clopes, elles ont bien pris la moitié du temps du film… Oui, je sais, le film se passe il y a quelques années déjà, et dans un coin de ville qui pourrit doucement… mais, bon, quelle apologie de la destruction par l’alcool et le tabac !! Quant aux photographies, en-dehors du fait d’espionner la vie privée et de capturer des images privées, les photos produites sont moches, floues, dans la tendance de l’art d’aujourd’hui… mais pas dans celle de l’époque, celle où l’on utilisait encore des films argentiques. Quant à l’amour, la donzelle préfère le corps jeune et jouissif d’un bel éphèbe à celui racorni et jaunissant d’un cinquantenaire pourtant fou d’amour… Comme quoi, les coups de foudre, quand c’est pas réciproque, c’est que de la merde. Comme quoi, les femmes, ça les embête qu’on les aime… C’est vrai, quoi, un vioque de 50 ans qui aime une jeunette de 25, c’est immoral ! Mouais. Mais, bon, moi je pense qu’Antoine, il aurait pu lui redonner goût à la vie… une fois désintoxiqué.
Bref, ça ne m’a pas captivé… Alors, vous faites comme vous voulez !

Elyzium

2013/08/27

« Elyzium » : un film un peu trop téléphoné et un improbable futur. C’est plaisant, mais trop gentil : les méchants riches, ils ne font que partager le gâteau avec les milliards de pauvres restés sur Terre. Et que penser d’une bande d’abrutis qui se sont placés sous le contrôle d’un programme qui régit leurs loi et tous les robots ?! Et le héros, après avoir sauver la veuve, l’orphelin, et les pauvres, meurt (enfin !!) en fournissant un magnifique gros plan final de son cadavre. Quant aux batailles… pffff. Et trois méchants vilains méchants, qui meurent tous à la fin ! Hummmm presque du Walt Disney. Trop gentil. Plaisant, mais trop gentil. Et la morale qui suinte est puante. Sympa, sans plus.

Jeune & Jolie

2013/08/27

« Jeune & Jolie » d’Ozon.

Malaise. On ne se sent pas très bien à la fin de ce film. Que penser du sourire final ? Guérison ? Et, quant au début du film, je l’ai trouvé trop rapide pour me faire une idée précise d’Isabelle : était-elle déjà « différente » avant le ratage de Félix ? Car, quand on a droit à la « première fois » d’une jeune fille, il faut savoir être tendre, patient, prendre son temps, lui donner plus qu’on ne lui prend. Et ce n’est pas sur une plage qu’on peut prendre son temps… Mauvais choix. L’été, c’est bien, mais dans une chambre, seuls, avec le temps devant soi. Bref, on devrait donner des cours de dépucelage à tous les jeunes hommes imbus de leur sex-appeal ! 🙂 Car rien n’est plus délicat que de faire de ce moment unique, si important pour une femme comme pour un homme, un « beau » souvenir. Quant à Isabelle, elle n’a fait ensuite que continuer à être l’objet sexuel que Félix avait fait d’elle : une poupée pour satisfaire son désir et son plaisr. 3mn : c’est un peu court, messieurs ! Et puis, un peu de tendresse, bordel !

Le film est bien. Il y a une atmosphère bizarre. Et Marine Vacth (23 ans) joue très bien et est très crédible. Et ce film m’en rappelle un autre, sur le même sujet. Isabelle a eu bien de la chance d’être tombée sur des hommes « bien », ne lui infligeant pas d’horreurs. Le scénario…

Un bon film. À voir. Mlle Marine est vraiment très belle, et c’est un régal de la voir… jouer si bien. 😉

P.S. Après réflexion, me reviennent des points importants du début du film. Si ce Félix a bâclé cette première fois, ce qui est indéniable, il y a aussi le désir qu’avait Isabelle de « le faire » : passer cette étape, sans aucun sentiment ni désir. Juste le faire : « Ca y est, c’est fait », a-t-elle dit je crois à son frère. Il paraît que c’est une attitude finalement assez courante chez les filles : le faire, pour en être débarrassé… Drôle d’idée… Pourquoi pas. Mais, au moins, il faut choisir un moment et un garçon tels qu’on puisse découvrir sa sexualité, au lieu de la vivre froidement, sans rien ressentir de vrai. D’ailleurs, plus tard, il lui faut voir des films pornos pour voir comment il faut qu’elle simule…

Frances Ha

2013/08/06

« Frances Ha » : c’est bien ! C’est même très bien ! C’est vif, c’est gai, c’est en Noir & Blanc. Ca bouge, ça parle, ça change, en permanence. Ca m’a rappelé l’atmosphère de « Manhattan » de Woody Allen. Frances est « undatable » peut-être, un peu immature, mais pleine de vie. Et, surtout, elle bouge et voit plein de gens. Dont une… Sophie, dont elle est, d’une certaine façon, amoureuse. Mais, en anglais, dire « I love you » à quelqu’un, ce n’est pas équivalent à un « Je t’aime ». Il y a plusieurs films dans ce film : les relations hommes-femmes, New-York, la difficulté de s’y loger, la difficulté pour un jeune de trouver sa place, la place des artistes dans une société, l’amour, les relations parents-enfants, l’effet de l’alcool sur les bêtises qu’on dit, et … Frances, unique. Quant à son nom : « Ha », on comprend pourquoi à la fin !
Oui ! Si vous ne l’avez pas déjà vu, allez le voir !!

Le passé (le film !)

2013/06/13

J’ai bien aimé ce film, de Asghar Farhadi. Plus que « La séparation », qui a eu pourtant tant d’éloges.
Le passé ne nous lâche pas facilement. Le père belge des filles Lucie et Léa. La mère dans le coma de Fouad. Un mariage qui ne veut pas tout à fait mourir. Une parenthèse de Ahmad en France, où il a déprimé. Etc.
C’est bien joué. Les enfants aussi, dont Fouad.
Une histoire compliqué, d’un amour qui n’est pas tout à fait fini, d’un autre amour qui commence sous de mauvais hospices.
Mais, quand même, j’ai encore un reproche. Dans « La séparation », le père était fermé et refusait tout compromis pour récupérer son épouse, sans qu’on comprenne pourquoi. Dans « Le passé », je trouve qu’il y a un manque d’amour : jamais un câlin, un bisou, un regard tendre entre les adultes, quelques uns pour Lucie quand même. Et un Fouad enfermé bien sûr, mais c’est normal : sa mère est presque morte, son père en aime une autre, et il vit dans une autre maison que la sienne. Mais, bon, tout cela manque de manifestations de tendresse, je trouve. C’est une vie dure, peut-être que c’est Paris qui fait ça ! 😉 son climat, le bruit, les transports, la folie de cette grande ville sale…
Bon, il y aussi l’analyse d’un malentendu, d’une histoire cachée qui a failli mal tourner, à cause d’une femme qui se venge d’une autre sans mesurer le mal qu’elle peut faire et fera. Et Ahmad qui essaye d’aider tout le monde.
Bref, un film complexe et intéressant. À voir !