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L’économie est-elle une science « juste ».

2016/09/16

L’économie est-elle une science, comme les mathématiques et surtout la physique.

En physique, les chercheurs observent le réel, en déduisent des hypothèses et formulent des théories basées sur les mathématiques et qu’ils vérifient par des expériences. Ces théories décrivent l’univers connu et, par leur puissance mathématique, prédisent des situations inconnues qu’il faut ensuite vérifier expérimentalement pour confirmer la puissance de la théorie. C’est ainsi qu’Einstein a prédit la déviation de la lumière par les masses qui a été vérifiée ensuite grâce à une éclipse de soleil.

En économie, les chercheurs disposent de données sur le passé et ont construit des modèles mathématiques représentant le fonctionnement de l’économie. Mais peuvent-il prédire ce qui pourraient bien arriver dans les années qui viennent ?

Un autre domaine scientifique, la vulcanologie et la sismologie, a les mêmes problèmes de prédiction : prévoir l’éruption d’un volcan ou un séisme. Ils disposent là-aussi de modèles mathématiques et d’une connaissance, limitée, de la structure interne de la Terre. Comme il nous est impossible de voir en direct l’organisation et la composition des roches sous nos pieds, leurs modèles ne peuvent pas prendre en compte tous les détails. Leurs prédictions sont limitées : telles plaques ont accumulé une telle énergie en tel point que ça va craquer, un jour, bientôt, quelque part autour de ce point, plus ou moins profondémment. C’est flou. Quant aux volcans, certains volcans sont réguliers et d’autres irréguliers. Les Volcans d’Auvergne semblent endormis… pourtant le dernier ne s’est endormi il n’y a que 6000 ans. Un nouveau Puy pourrait pousser, brutalement, sous Clermont-Ferrand. Ou un lac pourrait exploser lors de la rencontre avec de la lave. Un jour…

L’économie, même si ses formules reflétaient la « réalité » économique, utilise des données. Et ces données peuvent être imprécises. Et des données peuvent manquer. Finalement, un domino qui tombe dans l’économie d’un coin de la planète peut entraîner des conséquences grave, par « effet domino ». Les économistes recueillent-ils en permanence des informations concernant tous les pays du monde ? Leurs formules sont-elles capables de déduire les conséquences de certains changements, soit quantitatifs soit qualitatifs ? Je crains que non… D’autant plus que la science économique elle aussi fait face à des « biais » : celui qui observe et mesure n’est pas toujours neutre, ou bien – inconsciemment – il « interprète » des données et modifie la perception de la réalité. Bien fou celui qui voudrait se fier aux économistes… Ne se sont-ils pas toujours trompés ? Le futur est difficile à prédire !

Quant à être « juste », l’économie ne me semble pas prendre en compte TOUS les paramètres, dont la finitude de notre planète et ce dont ont besoin ou veulent les hommes. Je crains que leurs modèles ne prennent pas en compte le fait que notre planète a une surface et une capacité à fournir des matériaux limitées. Pire, la capacité de la planète à nous nourrir, et à nous nourrir sainement, s’épuise, par la pollution ou le réchauffement climatique. Et la pollution rend les hommes malades, entraînant non seulement des coûts supplémentaires en soin (dépenses croissantes mais aussi industries croissantes…) mais aussi des maladies et une baisse de la vie heureuse et en bonne santé des hommes. Sans parler de la Nature et de tous les autres animaux qui partagent avec nous cette Terre et que nous exterminons sans vergogne. Nous n’avons pas seulement besoin de nous nourrir (viande, légumes, fruits, …). Nous avons aussi besoin de Nature autour de nous. Nous ne pouvons pas BIEN vivre dans un environnement vide de Nature. Déjà, être en contact chaque jour avec des centaines voire des milliers de personnes, dans les bus, tram, train, etc., génère un stress nocif au citadin. Je crains donc que les « modèles » économiques de ces chercheurs en économie ne prennent pas en compte ces « détails » essentiels pour que nos vies soient belles et bonnes. Dans leurs modèles, les souffrances générées par l’industrie, qui souvent nous tue sciemment (tabac, sucre, dieseil, sodas, pesticides, etc), ne sont pas prises en compte. L’augmentation de la population humaine, toujours en cours, finira par buter sur un mur, et tout s’écroulera, et les économistes mourront avec leurs modèles, qui n’avaient pas prévu l’effondrement (collapse).

Ne faites jamais confiance à un économiste… fut-il prix Nobel.

Administration Française…

2015/10/06

J’ai besoin d’un permis de conduire international.
Sur le site de l’État, qui est plein d’informations fondamentales (comme les textes de loi…) et plein de pages quasiment vides, on me dit que le processus de délivrance de ce document varie selon les préfectures (courrier ou aux guichets) et qu’il faut aller voir sur le site de la préfecture. Sur le site de la préfecture, le lien « Permis international » me renvoit directement sur la page générale de l’État d’où je viens ! Je désire imprimer la liste des documents à fournir et je clique sur l’icône d’impression, qui m’ouvre une nouvelle fenêtre qui contient une page que j’ai vue 3 ou 4 clicks avant la page qui m’intéresse et qui m’impose donc de retrouver la page qui me concerne dans le dédale des liens. Mais cette nouvelle fenêtre n’a PAS de bouton d’impression sinon la MÊME icône que dans la fenêtre précédente… Bref, là-aussi, ça boucle…
Enfin, je téléphone à la Préfecture et, après seulement 5mn d’attente, on me dit que les deux procédures sont possibles et que, oui, l’information n’est pas sur le site…
Normalement, on reçoit la réponse par courrier une semaine après. Mais il y a une petite note en bas de page indiquant que, si on n’a pas reçu de réponse au bout de 2 mois, le permis international est refusé ! Deux mois ?! Je PARS dans 2 mois !!
Putain d’administration…
Remarquez, sur le site Australien des visas, qu’ils ont changé de site le WE passé, ils ont oublié de changer les liens vers les pages d’aide à droite… qui affichent donc un magnifique « Page not found » !
Ha ha ha !!!

La chute, d’Albert Camus

2015/10/03

J’essaye de continuer ma lecture des oeuvres de Camus.

« La Chute ». C’est le récit, sous une forme de dialogue avec une personne dont on n’a jamais les réponses, d’un homme qui est passé à côté de la vie. On ne lui connaît aucune famille : ni parents, ni enfants, ni femme. Quant à ses « amis », il en change comme de chaussettes. Quant aux femmes, il les utilise, sexuellement. Avocat, il faisait très bien son boulot, à défendre les salopards. Mais, bon, en bon bourgeois, à force d’avoir une vie vide, cela finit par rendre malade… Trop de bonne bouffe, de bons vins, d’alcools forts, de sexe, trop de nuits de fête, cela use et affaiblit. Il est sur sa fin. Il a quitté la France et vit dans un pays plat, froid, triste, brumeux, humide : l’horreur. Il utilise les français de passage pour vider son sac. Il a vécu à côté de la vie, incapable de se lier vraiment. Il refuse les liens avec les autres, qu’il utilise. Son empathie est si basse et son égoïsme est si haut qu’il avait laissé une femme se suicider, sans l’aider ni avant ni lorsqu’elle se noie et appelle au secours. Sans être la raison principale de sa déchéance, son inaction cette nuit-là le hante. Ce livre est le récit de la vie d’un connard. Et sa chute n’est que la conséquence d’une vie qui a loupé l’essentiel : les relations avec les autres. Sans les autres, nous ne sommes rien. Nos ancêtres, homo sapiens, humains, homos, primates, ont passé des millions d’années à vivre en petits groupes d’environ 10 à 100 individus maximum, avant de nous abimer dans l’agriculture et l’élevage, nouant des liens forts et indispensables avec eux. Nous, humains du XXIème siècle, sommes leurs descendants. Même si nous vivons d’une façon totalement différente, presque en-dehors de la Nature. Lorsque nous conduisons une voiture, notre corps-âme est toujours quelque part dans la jungle ou la savane, à chercher à manger et à craindre les prédateurs. Le personnage de « La Chute », en étant incapable de créer de vrais liens, s’est mis hors-la-vie : sa vie n’est qu’une parodie, vide et inutile. Et sa fin est lamentable, seul, perdu, prenant conscience, mais bien trop tard, d’avoir été un con, en plus d’un salaud. Un livre prenant, triste. Mais très bien écrit. Et utile. Rien de tel que de voir la chute et les erreurs des autres pour réaliser qu’on fait un peu pareil…

Que fais-je ?

2015/10/03

Je suis comme beaucoup de Français : je passe trop de temps sur Facebook et les sites d’information et avec mon Smartphone. Bien sûr, je passe moins de temps que d’autres à contempler des chats et des chiens faire des choses extraordinaires… Je lis le maximum de choses sur ce qui se passe dans le monde. Et, comme tout le monde, ce monde se limite à un petit monde : la France, nos connards de politiciens, Hollande le flan qui nous achève, le changement climatique, le Moyen Orient, la montée de l’islamisme, et la connerie humaine. Des « amis » de Facebook publient des critiques virulentes ou humoristiques sur les religions, TOUTES les religions, et d’autres « amis » me tiennent au courant de ce qui se passe en Tunisie, Iran, Turquie, Syrie, etc, au moyen de sites d’information étrangers, en anglais ou français, de sorte que je dispose d’une vue un peu plus large que d’autres, peut-être. Je fais comme Coluche qui, dans un sketch, disait avoir suivi toute la guerre contre le Vietnam, et avoir été POUR eux, et qui a observé, abasourdi, que lorsque ce même Vietnam a enfin été libre, il s’est jeté sur son voisin Cambodgien… Je m’informe, je prends position, je construis « mon » idée, que je diffuse sur ma page Facebook. Est-ce utile ? Je diffuse certes quelques idées iconoclastes, comme par exemple l’idée que les religions c’est de la merde, et qui remuent peut-être un peu la merde qui stagne dans les cerveaux d’autres. Peut-être… Je suis aussi comme beaucoup d’autres, même si je lis entièrement 98% des articles que je « partage » sur ma page Facebook : je me fais rouler par des journalistes qui répètent à l’envi une vision tronquée du monde, une vision occidentale. De façon amusante, moi qui suis religiophobe, je reçois aussi des pages me proposant d’acheter une superbe édition du Coran et des Hadiths… Et un connard de catho américain débile me bombarde de sa propagande religieuse et de sa haine de l’islam. Il est toujours intéressant de voir comment pensent les autres cons (sous-entendu que je le suis à moitié), afin de mieux voir sa propre connerie. Tout cela prend du temps… En plus de lire quelques revues : Le Point, Science&Vie, Pour la Science, La Recherche, Science&Avenir, Philosophie Magazine, Cerveau&Psycho, quelques numéros spéciaux du Point (Spinoza, Nietzsche, etc), et quelques bouquins. Je ne suis pas sûr de bien retenir grand chose… Et probablement que je sélectionne un peu trop les papiers qui confortent ma vision du monde… Mais, bon, je ne suis pas parfait. Mais à quoi bon tout ça ? À quoi bon accumuler la « meilleure » (dans le temps que me laissent mes autres « occupations ») connaissance possible de l’état du monde (en oubliant 95% du monde, qui bouge aussi pendant ce temps), si je n’en fais rien ? Mes enfants sont grands et loin, et il est un peu trop tard pour leur transmettre (imposer ?) mes (petites) connaissances. Ils ont d’autres chats à fouetter. Et, comme d’autres transmettent leur religion débile à leurs enfants, je ne ferais que leur transmettre des idées (un peu moins) débiles. Pourtant, la tentation de penser que ma « vision » des choses est meilleure que celle des autres est grande. C’est vrai, quoi ! Il n’y a que moi qui ai raison ! Comme le pensent les 7 milliards d’autres êtres humains ! 😉 J’ai donc l’orgueil de penser que ma pensée est « meilleure » que celle de beaucoup d’autres. Certes, je me renseigne plus et plus en profondeur que beaucoup d’autres. Sans, bien sûr, atteindre le niveau de compétences des experts. Je me contente de me nourrir de ces experts, autant que je peux, lisant des articles d’eux et quelques uns de leurs livres. Experts que je sélectionne, bien sûr ! André Comte-Sponville et Onfray plutôt que Badiou ou BHL ! Mais la quantité de livres que je devrais ingurgiter pour assimiler un peu des visions d’experts, ne serait-ce qu’en philosophie, ou en histoire du monde et des religions, est immense, malgré la taille importante de ma bibliothèque, riche d’ailleurs de livres qui attendent patiemment d’être lus et qui, par leur simple présence chez moi, me montrent combien je suis intelligent ! 😉 Que fais-je ? Je remplis un peu le vide de ma vie en attendant la fin. Bon, je ne suis pas pressé… 😉 J’ai envie de lire beaucoup encore. Mais il faut faire quelque chose de ces pensées, et – surtout ! – les confronter avec les idées des autres. Rien de mieux que de devoir exposer sa pensée à quelqu’un, ou de l’écrire noir sur blanc, pour se rendre compte que ce n’est, pour le moment, qu’un ramassis de micro-idées désorganisées, truffées d’erreurs, et colorées par ma culture et mon environnement. Bref, rien de bien nouveau… Même la confrontation avec une musulmane voilée, croyant que nous descendons tous d’Adam & Eve, est bien difficile… surtout que son français est à améliorer et que je suis nul en arabe. Comment dire à une jeune femme, qui veut avoir une « bonne » vie, pleine de bonté et de respect de l’autre, que sa religion a déjà fait suffisamment de millions de morts (comme le christianisme) et que ça lui pourrit le cerveau ? Au point qu’elle croit dur comme fer que toutes les connaissances du monde sont écrites dans le Coran. Et que, lorsqu’elle n’utilise pas cet argument, c’est que Dieu a créé des génies pour recevoir sa science… Que faire devant tant de naïveté ? Comment peut-on être ingénieur et bornée à la fois ? Mais je m’égare… Le mieux serait de prendre des notes, de structurer mes idées, de commencer à accumuler les références, de critiquer les autres, et de faire quelques propositions, déjà parfaitement connues, mais avec plus de clarté et de force. Oui. Ce serait bien. Je devrais pouvoir réaliser le dixième d’un tel bouquin. MAIS JE N’AI PAS LE TEMPS ! Déjà, il faut que je finisse de préparer mon repas ! Allez, à table.

Patrick Besson et la Tunisie

2015/08/21

Monsieur Patrick Besson, qui « écrit une page » chaque semaine dans Le Point, a eu le « courage » d’aller passer quelques jours en Tunisie, après l’attentat qui a coûté la vie à 38 touristes fin juin. J’ai mis « écrit une page », car son texte a un peu d’intérêt une fois sur quatre seulement, voire moins. Quant au « courage », la description de sa « visite » ressemble plus à la narration des bars des hôtels qu’autre chose. Sans doute aurais-je dû me proposer d’y aller à sa place, et revoir les lieux que j’ai connus il y a 33 ans. J’aurais pu alors dire comment ce pays a changé. Et, au lieu de parler, comme Besson, des hôtels de Jerba, j’aurais pu évoquer le souvenir de ce pique-nique avec mon épouse, dans un verger au milieu de l’île et loin des zones touristiques, où j’ai ouvert une boîte de pâté qui m’a laissé un souvenir impérissable. Ou bien des femmes et des hommes ramassant les olives entre Gabès et Djerba. Ou bien de ce couple de Tunisiens allant, tôt le matin, se laver à la source de leur oasis, nus tous les deux. Ou le nombre de fois que je me suis fait contrôlé par la police parce que je portais la barbe. Ou bien cette fois où, immortalisant avec mon appareil-photo une magnifique matraque dans un car de la police, celle-ci avait bien failli me garder mais a eu la gentillesse de simplement me faire détruire la pellicule (après coup-de-fil à l’officier de police qui était responsable de moi, puisque chaque étranger était « suivi » par un policier). Ou bien cette descente vers le sud, dans le désert de sable, où il faisait moins chaud DANS la voiture que dehors. Ou ce jour de juillet où étendant une lessive sortie d’une machine électrique sommaire et sans essorage, j’ai pu relever le linge sec juste après avoir fini de l’étendre, tellement le scirocco était chaud ce jour-là. Ou la fois où j’ai vu passer Bourguiba dans une ville de la côte, en voiture décapotable. Ou lorsque, suite à la « Guerre du pain », il y avait des tanks dans la ville, des traces de balles sur des maisons proches de la nôtre, des magasins en feu, des voitures caillassées, et moi et mon épouse qui, pour rentrer chez nous, étions passés par des routes inconnues, suivant les tunisiens revenant se réfugier chez eux. Ou bien la visite de Douga, tellement loin de tout. Ou la plage de Gabès, si plate et si chaude en été qu’il faut courir pour trouver de l’eau qui ne brûle pas les pieds. Et cette camarade de promo, se baignant torse nu devant le regards de tunisiens stupéfaits et éblouis. Ou ce trou dans la route, de nuit, qui faillit bien nous tuer. Ou bien les ânes, en liberté, à éviter. Ou les hommes qui, récoltant le jus d’un palmier qu’on étête, le transforme en alcool. Ou ces mariages où, invité européen, nous sommes utilisés pour glorifier la famille des mariés. Ou la visite des îles Kerkena avec nos amis tunisiens (Mohammed et Fatouma Djrad, que sont-ils devenus ?). Les fossiles de coquillages dans les montagnes du sud-ouest. Le tour du Chott El Djerid (désert sous le niveau de la mer) par le nord, par une route ensablée, ou par le sud, par une route désertique. Ou ces étudiantes, habillées bizarrement, intégristes déjà en fait, alors que les femmes portaient un simple fichu sur la tête. Ou ces repas avec des familles amies, les hommes mangeant avec les invités, et les femmes restant en cuisine en attendant de manger les restes. Et la chaleur, le sable, le ciel bleu et le soleil. Et notre remontée vers le nord, vers la verdure, après 6 mois passés sans voir un brin d’herbe. Et les fleurs qui, au printemps, naissent et fleurissent et meurent en 15 jours après la pluie. Et Tataouine les flots ;). Tas de cailloux. Et ces villages fantômes, abandonnés, mais qui étaient adaptés au climat. Les maisons troglodytes. Tunis. Carthage. La traversée de la Tunisie, de Tunis jusqu’à Gabès, en une nuit. Ce jeune mécanicien qui sauva l’embrayage de notre vieille Ford Escort, 4 vitesses, 100km/h max, mais qui avait survécu à tous les trous et toutes les tôles ondulées de 2 ans en Tunisie, pour mourir à Paris en emboutissant une Citroën qui m’avait coupé la route. Tant de souvenirs. Tant de comparaisons à faire avec le présent. Oui, sans doute, j’aurais pu dire un peu plus de choses sur la Tunisie que Monsieur Besson, si j’avais eu le courage (et le temps) d’y aller… Mais, hélas, je ne bois pas, comme Monsieur Besson, un 2ème scotch et une 3ème bière à 4h de l’après-midi. Sans doute que l’alcool l’aide à écrire. Mais ses textes pourraient-ils être pires s’il ne buvait pas ? Monsieur Besson : arrêtez de nous saoûler avec vos textes inutiles…

Prisonnier

2015/08/03

Parfois, il me semble être l’un de ces hommes qui, enfermés, survivent entre parenthèse dans l’attente de revoir, le temps d’un parloir, ceux et celles qui faisaient l’essentiel de leur vraie vie : leur famille d’avant. Un prisonnier.

Alien

2015/07/27

Si jamais quelqu’un vous dit très sérieusement qu’un ou des aliens ont pris la place de son épouse ou de son mari, ne riez pas, c’est grave. C’est un trouble connu : la personne reconnaît la personne mais n’en ressent aucune émotion, ni positive ni négative. Troublée par cette non-émotion, la personne en vient à imaginer des solutions extrêmes pour expliquer ce qu’il ressent : un ou des aliens auraient pris la place de son conjoint : l’apparence est presque parfaite sauf les détails qui génèrent les émotions.

Ce trouble apparaît lorsque un lien est rompue dans le cerveau entre le souvenir de l’apparence physique d’une personne et les émotions que l’on ressent envers lui.

Cela doit faire bizarre de voir son conjoint et de ne plus rien ressentir envers lui/elle…

Connaissance

2015/07/24

La connaissance que nous avons du monde qui nous entoure est extrêmement fragile.

Tout d’abord, cette connaissance ne se fige jamais. Elle est toujours en mouvement, en train d’évoluer, en changement. Elle se raffine le plus souvent, éclairant des détails. Mais aussi, parfois, elle remet radicalement en question notre façon de voir et de comprendre le monde.

Ensuite, son support physique est fragile : papiers et livres, mémoires informatiques, etc. L’eau, le feu, les destructions, le temps peuvent les faire disparaître ou les effacer.

Enfin, il y a toute une éducation nécessaire pour accéder à la connaissance, pour la comprendre, ou pour la faire évoluer. La lecture d’un livre de Math ou d’un papier mathématique demande des années d’études et d’apprentissage avec l’aide de ceux qui connaissent déjà le sujet.

Or notre monde actuel est basé sur la connaissance : mathématiques, physique, etc. Notre monde est donc extrêmement fragile. Un rien pourrait nous faire régresser et perdre une grande partie des connaissances sans lesquelles nous aurions du mal à (aussi) bien vivre; Enfin… c’est le cas pour les plus « évolués » d’entre nous, les plus dépendants du pétrole, des machines, et des technologies. Il reste encore quelques peuples pour qui un retour à quelques siècles en arrière ne poserait aucun problème. Pour le moment…

Inconnu

2015/06/25

L’autre nous est inconnu.

En premier, nous le rencontrons par sa voix, ou par son apparence, ou par sa façon de se mouvoir ou de sourire. Ce ne sont que des apparences. Parfois, elles correspondent à ce qu’il ou elle est, parfois c’est juste un masque. Souvent ce n’est qu’une de ses apparences, une de ses façons d’être, différentes le matin de l’après-midi et du soir, différentes selon qu’il est en terrain ami ou dans l’adversité, différentes selon ce qu’il a mangé, ou bu, ou lu, ou dormi, ou rêvé.

L’autre nous est un inconnu.

Nous avons beau apprendre de lui, ou d’elle, nous avons beau le ou la côtoyer, nous avons beau écouter attentivement ses paroles, ou ses écrits, et nous avons beau essayer de comprendre ce à quoi il ou elle s’intéresse, l’autre nous sera toujours inconnu. Juste un peu plus inconnu qu’il l’est à lui-même. Car nous sommes tous changeant, fluctuant autour d’un point qui évolue doucement dans le temps, au fur et à mesure de nos expériences, de notre âges, et de notre compréhension du monde, des autres, et de nous-même. Il faut tant de temps pour – juste un peu – comprendre les rouages (les plus visibles) de ce monde. Et, si nous pouvons approfondir quelques domaines, tant d’autres nous échappent.

L’autre, cet inconnu.

Pour mieux connaître l’autre, il faut parler avec lui, ou elle, sur tout et sur rien. Il faut, de nombreuses fois, l’entendre parler d’un sujet, et se faire une idée du champ de sa façon de penser chaque sujet. Un long travail, infini. Même au bout de dizaines d’années de vie commune, on n’est pas vraiment sûr de connaître celui avec qui l’on partage sa vie. Changera-t-il ? en « mieux » ? ou en « pire » ?

L’autre, cet autre soi-même.

L’autre nous est indispensable pour nous construire. Nous ne saurions vivre sans les autres, connus ou mal connus. L’autre, par son point de vue différent, par tout ce qu’il a vu, lu, entendu, compris, mal compris, nous aide à remettre en question notre propre point de vue. L’autre nous est indispensable pour évoluer, par sa façon différente de voir le monde. A-t-il raison ? Ai-je tort ? La vérité existe-t-elle ? Qui, de lui ou de moi, est le plus proche d’une certaine version de la vérité ? Qu’importe. L’essentiel n’est pas de penser penser « juste », mais de toujours être capable de remettre en cause sa façon de penser et voir le monde.

L’autre est un inconnu.

L’autre, nous voudrions le connaître, dans ses détails parfois. Alors qu’il est pour lui-même un (presque) inconnu, surpris qu’il est, parfois, à s’entendre dire autre chose que ce qu’il pensait pouvoir/vouloir dire. Les mécanismes de nos pensées et de notre conscience sont plein de ressorts et d’engrenages complexes et mouvants, fluctuants, imprécis. Nous sommes changeant.

L’autre, cet inconnu.

Seules la rencontre et la discussion peuvent nous permettre de dépasser les apparences et de nous approcher du coeur de l’autre, de sa réalité. Il peut y avoir, chez l’autre qu’on croise parfois, plus d’inconnu à découvrir que chez l’étranger qui vit à l’autre bout du monde. Mais il est si difficile de franchir les barrières dressées par l’autre pour se protéger. Car, si l’autre nous remue et nous change, on peut vouloir parfois rester dans une certaine stabilité, ronronner avec ceux que l’on connaît (ou croît) connaître « bien ». Parfois, finalement, il est plus pratique et facile de ne pas creuser sous les apparences. Se confronter à la complexité de l’autre pourrait nous perdre un peu nous-même, comme entrer dans un labyrinthe oud des sables mouvants. Il est si bon d’avancer sur un terrain stable, qu’on croît connaître. Mais l’inconnu nous attire, toujours. La découverte de l’autre, la plus grande aventure de notre vie.

Ô joie !

2015/04/24

Sais-tu comment arracher la joie des jours qui filent ?

Nous avions le bonheur.

Notre famille, nos enfants, c’était notre bonheur.

Mais nos enfants sont partis, ou vont partir.

Ils s’éloignent. Ils reviendront, mais plus tard.

Il paraît que la joie est mieux que le bonheur.

Il y a aussi le plaisir simple d’être (encore) bien dans son corps.

Avec le plaisir du soleil et du vent doux sur notre peau.

Ou bien se coucher et se rouler dans l’herbe et les fleurs dans les alpages.

Mais les jours passent, défilent, nous filent entre les doigts.

Nous allons travailler, nous enfermer.

Alors que – souvent, trop souvent – il fait si beau dehors !

Nous regardons, par les fenêtres, notre (im)possible liberté.

Le printemps est là. L’été arrive.

Qu’en ferons-nous ?

Bien sûr, nous irons à la campagne, à la montagne, ou à la mer.

Mais ce sera pour un temps si bref.

Mais que ferions-nous d’une totale liberté ?

Pourtant, il serait si bon de regarder passer le temps.

Il serait si bon d’observer, tranquille, passer les secondes.

Voir le soleil se lever, monter au zénith, puis redescendre et se coucher.

Regarder passer les nuages et jalouser les oiseaux, là-haut.

Mais il paraît qu’il nous faut « gagner » notre vie.

Alors que nous la perdons, par bribes de temps arrachées/gâchées par le travail.

Tout ce temps, déjà, qui s’est écoulé du sablier de notre vie.

Tous ces moments de joies, de plaisirs, ou de bonheur, passés.

Tous ces souvenirs, dans les bras de nos parents, dans ses bras, dans leurs bras.

Tous ces souvenirs, nos enfants dans nos bras.

Nos bras trop petits pour les tenir aujourd’hui, et un jour prochain si faibles.

Combien de joies, de plaisirs, de petits bonheurs nous restent-ils ?

Adieu la promesse du bonheur d’un futur riche de joies et d’enfants.

Nous avons dit adieu à certains bonheurs.

Dis-moi.

Sais-tu comment arracher la joie des jours qui filent ?