Archive for the ‘Sciences’ Category

Et si…

2015/10/08

En République Dominicaine, et aussi chez les Papous, un enfant sur 50 naît avec un sexe de fille alors qu’il est un garçon (aux chromosomes XY donc) puis, vers la puberté entre 8 et 12 ans, voit son sexe changer pour devenir celui d’un garçon.

Bon, dans l’article d’origine, il n’y avait pas de photos. J’aurais bien aimé voir la transformation à la puberté, comment cette vulve se transforme et devient verge, comment les testicules descendent et remplissent les bourses qui viennent de se former.

http://www.slate.fr/story/107121/republique-dominicaine-penis-fille

http://www.sciencesetavenir.fr/sante/sexualite/20150923.OBS6340/cet-etrange-village-ou-des-filles-deviennent-des-garcons-a-la-puberte.html

http://www.journaldemontreal.com/2015/09/21/ces-garcons-voient-leur-penis-apparaitre-seulement-a-lage-de-12-ans

Ce phénomène est possible parce que, dans l’utérus et jusqu’à la puberté, le taux d’hormones de ces garçons est trop bas pour que le sexe qui nous est commun à tous, garçons et filles, pendant le début de notre existence comme foetus, se transforme de vulve en verge. Mais, à la puberté, ce taux augmente et devient suffisant, même si cette verge et la prostate sont plus petits, mais fonctionnelles.

Et si, au lieu que cette mutation génétique soit l’exception, elle avait été générale ? Et si TOUS les garçons naissaient avec une vulve, et ce depuis des milliers de générations ? Quel impact cela aurait-il eu sur nos sociétés ? Un peu comme chez les hyènes, chez lesquelles il est TRÈS difficile de distinguer les femelles des mâles, puisque le clitoris de celles-ci ressemble à s’y méprendre à la verge de ceux-là. Ou comme les poissons qui changent de sexe en vieillissant. Je pense que nous penserions autrement le rapport entre hommes et femmes. À supposé que notre espèce aurait été suffisamment vigoureuse pour survivre, bien sûr. Je pense que bien des choses auraient été différentes.

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Bruce Lee et « Le charme discret de l’intestin »

2015/10/08

Dans l’un de ses films (que j’ai dû voir entre 1975 et 1978), Bruce Lee se moque des anglais, conquérants d’une partie de la Chine. Devant manger dans un restaurant dont il est incapable de lire la carte, il prend des plats au hasard qui se révèlent être des soupes… Celles-ci l’amènent à devoir obéir à un besoin urgent. Mais, dans ce restaurant (ou ailleurs, je ne sais plus), il n’y a que des toilettes « modernes », c’est-à-dire des WC avec sièges, comme tout bon européen dispose chez lui et pense que c’est l’idéal pour … déféquer. Mais, comme il a mal fermé la porte et qu’un olibrius ouvre la porte (avant l’étape critique, je vous rassure), on peut voir que Bruce Lee, en train de défaire sa ceinture, se prépare à utiliser les toilettes d’une façon … particulière : perché sur le rebord de la cuvette. Dans cette scène, Bruce Lee voulait se moquer des anglais et de leurs manières stupides. Car, chier assis, ce n’est pas bon pour son organisme, ainsi que le décrit « Le charme discret de l’intestin (tout sur un organe mal aimé) » de Giulia Enders, publié l’an passé en Allemagne. Le Docteur Enders explique que, dans la position assise, un certain angle dans nos tripes n’est pas suffisamment « ouvert » pour permettre une défécation « idéale ». Se mettre en position acacassounée (comme on dit dans le midi, c’est-à-dire accroupi et les jambes pliées sous soi) est LA bonne façon pour déféquer, qui ouvre complètement cet angle et rend la défécation bien plus facile. Elle recommande donc de placer un petit banc (genre pour enfant) sous ses pieds, pour recréer cette angle. Sinon, si vous êtes constipé, vous avez peut-être là l’explication…

En conclusion : « Il est des circonstances dans la vie où l’homme, quel qu’il soit, obtempère à des raisons qui, bien qu’aléatoires, n’en sont pas moins intrinsèques et absolues », comme disait vers 1978 mon ami Alain. Bref, quand le corps l’exige, il faut foncer aux toilettes ! Mais en utilisant la méthode Enders ! Ha ha ha !

Sinon, n’hésitez pas à lire le livre de Giulia, pour chier moins sots. C’est le livre idéal à laisser traîner aux toilettes ! Mais, je vous rassure, le livre parle de TOUT le système digestif, de la bouche à l’anus. Et il est toujours bon d’apprendre un peu plus sur comment on « fonctionne ».

Pourquoi les femmes des riches sont belles

2014/05/01

« Pourquoi les femmes des riches sont belles » est un livre de psychologie évolutionniste, ou evopsy en anglais. Ce livre parle, en se basant sur de nombreuses et très scientifiques recherches, des relations hommes-femmes, vues au travers de l’outil de la psychologie évolutionniste, qui consiste à déterminer pourquoi certaines particularités physiques et psychologiques ont été choisies par l’évolution.
J’avais déjà lu plusieurs livres de ce genre, mais jamais un qui soit autant basé sur des études scientifiques. Avec beaucoup d’humour (mais qu’en pense donc son épouse ?), l’auteur nous fait comprendre les mécanismes qui influent (sans que nous en ayons conscience) sur nos choix de partenaires (pour un soir ou pour la vie). Lors de l’évolution de nos lointains ancêtres, des comportements ont permis la transmission de gènes, alors que d’autres n’ont pas eu de descendance. Ces comportements ayant « réussi » ont donc été sélectionnés. En lisant le livre, on apprend pourquoi les femmes occidentales ont la peau si blanche, par exemple. On apprend aussi que, parce que de lointains ancêtres ont (comme les Bonobos ou les chimpanzés) vécu dans la promiscuité sexuelle, cela a entraîné des modifications importantes chez les organes sexuels des humains : vagin profond et verge longue et large, verge extracteur de sperme, etc. Ce fut la « guerre du sperme » ! Et bien d’autres choses qui nous permettent de nous voir autrement, et de prendre conscience que nous sommes, parmi tous les mammifères, les plus portés à la lubricité qui soient, à part les Bonobos (mais ceux-ci trichent, car ils ont un os pénien…). Vous y apprendrez aussi, bien sûr, pourquoi les femmes préfèrent les hommes riches que pauvres, pourquoi la ménopause existe (rare chez les mammifères), etc. Je n’ai pas tout retrouvé de ce que mes précédentes lectures m’avaient appris, mais ce livre explique les hypothèses évolutionnistes de ce qui a créé ce que nous sommes aujourd’hui : des êtres vivants adaptés à un monde qui n’existe plus et donc inadaptés à ce monde actuel. Mais l’évolution continue !
Et, en conclusion, si les rédacteurs de la Bible avaient lu « Pourquoi les femmes des riches sont belles » avant, ils ne l’auraient pas écrite ! Na !

Attention !

2014/02/25

« Philosophie Magazine » de ce mois-ci contient une petite analyse sur l' »Attention » : notre capacité à nous concentrer sur quelque chose.

« Jadis, c’était l’information qui était rare. Désormais, c’est l’attention dont nous disposons pour la traiter qui l’est ». Dit l’auteur de l’article.
Effectivement, notre monde est maintenant rempli de signes, d’informations, et présentés de telle sorte qu’ils captent notre attention. Déjà, si je passe mon regard dans une pièce où un mot est écrit sur une ardoise, je peux ne pas avoir conscience de l’ardoise ni du mot mais être influencé par le mot : mon cerveau, sans que j’en ai conscience a lu, de façon automatique, le mot. Simplement, l’information n’a pas été retenue par ma conscience : « je n’y ai pas fait attention ». Mais ce mot a capté des processus cachés de mon cerveau, ouvrant des connexions avec d’autres réseaux de neurones, accélérant ainsi l’accès à des informations qui, normalement, restent moins rapides d’accès. Ainsi, si le mot « manger » est écrit, ou « faim », il est probable que mon cerveau va me suggérer qu’il est temps de manger, me faire prendre conscience d’une envie de manger. Peut-être…

Il m’arrive parfois de focaliser mon attention de façon extrême, en écoutant de la musique. Ainsi, je me souviens que j’aimais écouter les quatuors de Mozart en me concentrant à essayer de suivre chaque instrument. D’un côté je suivais, autant que je le pouvais, le discours d’un instrument, tout en étant attentif aux réponses d’un ou plusieurs des autres instruments. Bien sûr, dans ces moments-là, le reste du monde n’existait plus. Et, aujourd’hui, j’ai bien du mal, lorsque je passe un CD que j’aime, à ne pas mettre toute mon attention à suivre la musique. La musique n’est pas un « bruit » m’isolant d’autres bruits, un « bruit de fond » ; c’est un message, un plaisir, une activité fondamentale. Egalement, au travail (je suis ingénieur en informatique), face à un problème complexe, il m’arrive d’être totalement pris par ce que je fais, comme essayer d’écrire un morceau de code complexe interagissant avec d’autres morceaux de code, comme écrire du code multi-threadé en utilisant des locks ou des mutex, ou comme essayer de comprendre la cause originelle d’un plantage d’un programme (que je n’ai pas écrit…) ou d’une erreur : j’y mets « toute mon attention ».
Mais que veut dire : « y mettre toute mon attention » ? Que se passe-t-il dans mon cerveau ? D’ailleurs, dans cet article, l’auteur ne parle guère (voire pratiquement pas…) de ce qui se passe dans le cerveau… Encore un mirage du philosophe qui oublie que notre esprit fonctionne sur un substrat de cellules nerveuses ? 😉

Notre cerveau est rempli d’informations, stockées de différentes façons en différents endroits de notre cerveau (et certaines informations sont codées en plusieurs points de notre cerveau, soit répliquées, soit découpées et chaque partie stocké sur un ou plusieurs réseaux de neurones). Et les différentes parties de notre cerveau échangent des informations. En continu… Et sans que nous en ayons conscience, sans que notre « conscience » en soit informée. Ce n’est que lorsque nous prêtons attention à certaines choses que des informations remontent, ou bien, à l’opposé, lorsque nous ne pensons plus à rien, quand notre « attention » se met à voguer, lorsque nous lâchons prise sur notre cerveau, comme lorsque nous regardons passer les nuages et les oiseaux dans le ciel, ou lorsque une séance de Yoga nous déconnecte de toutes les préoccupations de notre vie, avant ou après, et que seul l’instant présent, notre corps, compte.

En me concentrant sur la musique, je demande à certains réseaux de neurones de se connecter à mon ouïe, d’en arracher toutes les informations possibles, d’ouvrir largement des canaux pour irriguer certaines parties de mon cerveau à la musique. Et, pendant ce temps, le reste de mon cerveau soit se calme, soit devient invisible à ma conscience. Quand j’écoute « Mandé Variations » de Toumani Diabaté, tout mon cerveau est concentré dans cette pluie de notes, et plus rien ne compte.

Lorsque je lis, les lettres font des mots, les mots font des phrases, et tout cela fait du sens. Mais, en même temps, chaque mot lu réveille tout les sens/singifications de ce mot, et tous les souvenirs associés à ce mot. Et chacun possède, pour chaque mot, un « champ sémantique » différent, fonction des sens de ce mot retenus et préférés, ou mis en avant par la lecture de livres anciens (sens des mots ayant dérivé avec le temps) ou scientifiques (mots ayant un sens différent du sens courant), ou par la poésie (mots détournés de leur sens évident). Et chaque mot lu ouvre des connexions dans mon cerveau, faisant affluer des idées, des images, qui me rappellent par exemple ce que le mot « maison » veut dire, avec les différentes formes que peut avoir une « maison » selon le pays ou l’époque, mais aussi des évocations sur ce qui est associé à la maison : la famille, les enfants, voire des souvenirs pénibles ou traumatiques liés à une maison particulière, comme celle où une personne aimée est morte.

Et j’imagine que certaines mathématiciens ou certains champions d’échecs ont leur esprit remplis de connexions ouvertes permettant à des informations diverses de se connecter, de faire jaillir une idée, ou d’effectuer des évaluation de positions complexes de pièces, de façon inconsciente.

L' »attention », c’est en quelque sorte la focalisation de réseaux de neurones sur les informations que j’absorbe, tout en ouvrant des connexions vers ma mémoire et vers des processus sous-jacents, inconscients.
Et, si je suis fatigué, si je suis distrait par plusieurs sujets d’attention, j’ouvre différents canaux, qui se combattent les uns les autres, épuisant mes ressources mentales. Je ne pense donc pas qu’on puis prêter la « même » attention à plusieurs choses en parallèle. Je me souviens avoir été capable de lire le journal, écouter et voir la télévision, tout en discutant avec mon épouse ; mais je ne suis pas bien sûr d’avoir été « entièrement moi » dans chacune de ces activités, en fait je suis certain d’avoir exercé superficiellement mon « moi » sur chacune de ces trois occupations et d’avoir saturé mes capacités à comprendre et à mémoriser. Bref, il me semble que l’attention ne peut pas se disperser, sous peine de ne pas être entièrement présent à chacune des sollicitations qui nous assaille.

Méditation

2014/02/06

Dossier intéressant sur le cerveau dans Le Point de ce mois-ci. Par exemple, Matthieu Ricard y parle des études faites sur des méditants, dont le cerveau montre des activités exceptionnelles dans les réseaux cérébraux liés à l’empathie et à la compassion. Mais à quel prix ! Car il parle de méditants expérimentés ayant 10,000 à 60,000 heures de méditation derrière eux ! Cela fait, en imaginant qu’ils aient consacré 40 heures par semaine à la méditation pendant toute l’année, 5 à 29 années consacrées à la méditation ! Franchement, peut-être bien que ça marche, la méditation, mais ça a une très faible productivité ! Vous vous imaginez, pendant 5 longues années, diviser votre vie en trois : 8h de sommeil, 8h de travail, 8h de méditation ??? De la folie !

Seuls ?

2013/11/05

Seuls ? Sommes-nous seuls dans cet Univers ? Sommes-nous les seuls êtres pensants, nous autres mammifères, oiseaux, reptiles, etc ? Y-a-t-il de la vie ailleurs ?
« Seuls ? » c’est le titre du Point de cette semaine. Sans doute qu’ils en avaient marre de parler de la politique déplorable de François II. Sans doute aussi que c’est un bon « marronnier », que de parler de choses qui ne fâchent pas, et qu’on ne pourra vérifier que dans… des milliers d’années, voire jamais.
Pourtant, pour moi qui lis de la SF (Science Fiction) depuis… mes 16 ou 17 ans, et qui ai avalé nombre de bouquins de référence, c’est évident ! Nous ne sommes pas seul dans cet Univers ! Nous serions même très nombreux… disent-ils : 4,4 milliards de planètes pourraient abriter la vie (sous ses formes les plus simples, s’entend) dans notre galaxie, et il existe des centaines de milliards de galaxie. Bref : 440 000 000 000 000 000 000 planètes seraient « habitables » par une forme au moins rustique de la vie. Ce chiffre (monstrueux !) ne vous dit rien ? Sachez simplement qu’il s’agit environ du nombre de grains de sable constituant la dune du Pyla… 😉 D’ailleurs, trouver une planète « habitable » par une forme de vie (température entre 0° et 100°, stable, etc), c’est pas simple ! (lisez l’article pour comprendre). Quant à y trouver une forme de vie comparable en complexité avec les mammifères (ou bien les dinosaures), c’est autre chose… Car, à force de vivre sur cette bonne vieille Terre, nous avons oublié combien elle est unique. En particulier, la présence d’un satellite (la Lune, probablement constituée d’un mélange de matériaux arrachés de la Terre par une petite comète et des débris de celle-ci) qui non seulement fait très joli le soir dans le ciel… mais qui stabilise la Terre. Sans la Lune, la Terre se retournerait fréquemment sur elle-même, bouleversant radicalement et brutalement les climats, et détruisant régulièrement tous les organismes complexes dépendant d’un éco-système « stable ».
Sinon, puisque les chercheurs ont trouvé une douzaine de planètes pouvant abriter la vie, ne rêvons pas à des échanges commerciaux avec celles-ci… En effet, la plus proche est à 20 années-lumières, et la plus lointaine à 1200 années-lumières. Une année-lumière, c’est la distance parcourue par la lumière en une année, soient environ 3 milliards de kilomètres : une paille. Bref, une conversation de 5 échanges prendrait 100 ans. Un peu long même juste pour se dire le temps qu’il fait ! À supposer qu’on se comprenne, à supposer qu’on ait les moyens de s’envoyer des signaux, et qu’on les repère dans le fatras du ciel. Bref, nous ne sommes pas près de voir des extra-terrestres ! Enfin… si : nous. Car il est très probable que la vie, ou les éléments élémentaires pour que naisse la vie soient tombés sur Terre, avec l’eau des comètes et autres météorites qui nous sont tombés sur la gueule pendant des millions d’années. Nous sommes donc des extra-terrestres… 😉 L’eau de la Terre vient également d’ailleurs. Quant à aller faire un tour chez nos voisins, n’y comptez pas. Ni maintenant, ni jamais. Et surtout pas avec François II aux gouvernes de la France, ni avec le bordel qui règne sur la planète ! Elle aura sauté bien avant, et les rats, cafards, scorpions, et autres animaux sympas auront pris notre place. Mais, comme on dit : « Après moi, le déluge ! » 😉 Donc, désolé, si rêver d’échanger avec des aliens vous titille (au risque de leur servir de nourriture), mieux vaut aller voir « Mars attacks ! » ou le film tiré de « La stratégie Ender » qui sort demain (mais, mieux vaut lire le livre je pense !).

2013/10/31

Un nouveau livre de Franz de Wall : « Le Bonobo, Dieu et nous ».

Je partage parfaitement ce qu’il dit ici :

Pourquoi avoir voulu introduire, dans ce débat sur les origines de la moralité, la question de la religion ?
Aux États-Unis, elle est beaucoup plus discutée, et surtout de façon beaucoup plus passionnée qu’en Europe en général et en France en particulier. On vous dira, ainsi, qu’il est impossible d’être moral sans être croyant, que sans Dieu nous serions livrés au règne de l’égoïsme et de la cruauté. Je crois, pour ma part, que la religion a été une étape. Elle a sans doute été très importante pour la construction des sociétés humaines : si elle est présente partout, c’est qu’elle a un intérêt social, qu’elle permet aux groupes humains de fonctionner harmonieusement. Durkheim parlait ainsi de son « utilité laïque ». Mais je ne suis pas certain qu’elle soit toujours nécessaire dans le monde et pour les sociétés d’aujourd’hui.

En étudiant les êtres les plus proches de nous : les primates, nous apprendrons beaucoup sur nous.

Une illusion de taille

2013/06/28

Article intéressant (;)) paru dans « Science & Avenir » de juillet : « Une illusion de taille : Les traitements pour agrandir le pénis »… Plein d’informations sur les méthodes d’agrandissement qui ne marchent pas, mais aucune sur l’utilité pratique de faire ça.

Bon, et si, au lieu de rêver d’un engin plus grand, les couillons choisissaient des femmes plus petites ou des femmes sachant contrôler leurs muscles (vaginaux) ? Et puis, de toute façon, je ne vois pas l’intérêt de toucher le « fond »… Enfin, il serait temps de cesser cette « guerre du sperme » de nos ancêtres primates, lorsqu’il y avait entre eux une forte promiscuité et compétition sexuelle, et que le dernier mâle évacuait mécaniquement le sperme du précédent et envoyait sa « purée » le plus loin possible… ce qui a entraîné l’approfondissement du vagin et l’allongement de la verge (aller donc voir la taille du pénis d’un gorille !) 😉 .

Ces hommes n’ont-ils donc toujours pas compris que les femmes se foutent de la taille de notre engin ?! tant qu’il leur fait de l’effet… après – bien sûr – moult caresses et délicatesses partagées.
Les femmes se mettent-elle en tête de faire agrandir le gland de leur clitoris ? ou bien leurs petites lèvres ? ou d’agrandir leur caverne ? Non. Le plus sage est d’être heureux d’avoir un truc entre les jambes qui fonctionne, de se satisfaire de ce qu’on a, et de se concentrer sur l’essentiel : la tendresse !

C’est le biais !

2013/03/27

Le biais, c’est pas le pied ! 😉

Bon, c’est quoi un biais ? En fait, je parle du « biais cognitif » : celui qui nous fait penser de travers. De travers ? Mais de travers par rapport à quoi ?
« Un biais cognitif est un motif ou système psychologique, cause de déviation du jugement. Le terme biais fait référence à une déviation systématique par rapport à une pensée considérée comme correcte. » Dit Wikipedia.

Mais pourquoi parler d’un tel truc dans un Blog ? C’est le coup à faire fuir tous mes (rares) lecteurs !

Bon, tout simplement, parce qu’on en parle, dans les revues que je lis.

Dans « Cerveau & Psycho » de ce mois-ci, l’article « Vers une définition de l’émotion » se termine sur une question : « Saura-t-on concevoir des modèles qui intégreront les différentes composantes émotionnelles aux autres processus cognitifs en mettant en évidence les biais, compétitions et coopérations qui assurent les dynamiques de l’architecture fonctionnelle de l’esprit humain ? »

Il y a des biais, donc, lorsque nous pensons. Mais quels biais ?

Dans « Science & Vie » de février, il y a un petit « zoom » sur… les « erreurs de jugement, perceptions erronées ». Bref : « Apprenez à reconnaître vos biais cognitifs ». Car, oui, nous pensons mal. Au naturel, nous croyons pouvoir utiliser rationnellement les informations que nous recevons, mélangées à celles que nous avons déjà engrangées. Mais, heureusement, nous ne sommes pas des ordinateurs… et notre cerveau nous trompe, allégrement. Et plusieurs biais cognitifs perturbent nos processus de décision. Cet article est basé sur les travaux de Daniel Kahneman, prix Nobel d’économie en 2002, mais surtout psychologue du comportement et de la cognition.
Le biais de la loi des petits nombres : face à des informations statistiques tirées de petites quantités d’information, et qui peuvent donc varier très fortement, et ne pas représenter la réalité statistique qui serait tirée de grandes quantités d’informations, et même devenir aberrants par rapport à la « réalité », nous sommes assez crédules…
Le biais de la régression vers la moyenne : ce biais nous fait prendre des variations pour des tendances et, pire, nous associons des résultats à des causes imaginaires, simplement par la proximité des événements. C’est-à-dire que, pour déduire les conséquences d’une action, il faut avoir la patience d’attendre un peu, histoire de ne pas prendre un pic, négatif ou positif, comme la conséquence de l’action. Toute mesure naturelle a des variations. Ainsi, ce n’est pas parce que, 2 ou 3 années de suite, les hivers sont rudes, que cela signifie qu’il n’y a pas une augmentation des températures.
Le biais de négligence du taux de base : Soit une maladie rare qui touche une personne sur 10000. Mais le test pour cette maladie est fiable seulement à 99%. Vous passez le test et l’hôpital vous annonce que le test est positif. Devez-vous vous inquiéter tout de suite en pensant que la probabilité que vous soyez malade est de 99% ? Non, cette probabilité est inférieure à… 1%. 100 personnes ont reçu une lettre de ce genre mais seule une est malade. Mais il serait sage de repasser le test !
Le biais de la disponibilité en mémoire : nous prenons les événements récents pour plus fréquents qu’ils ne sont. Egalement, des événements qui nous sont émotionnellement forts nous en font amplifier l’importance, comme les accidents d’avion. Avoir subi une erreur judiciaire soi-même entraîne une plus grand baisse de confiance en la justice que si on lit cette histoire dans un journal.
Le biais de l’ancrage, utilisé dans les négociations. Par exemple, vous demandez un don pour une bonne oeuvre : vous recevez 50 € en moyenne. Mais, si vous demandez 5 € au minimum, le don moyen tombe à… 20 €. Et si vous demandez 400 €, la moyenne monte à 150 €. Lors d’un marchandage, soyez le premier à donner votre prix ! pour créer l’ancrage par rapport auquel il y aura discussion.
Le biais de la confirmation : lorsque nous sommes convaincus de quelque chose, nous effectuons un tri inconscient dans les informations que nous recevons : nous privilégions les informations qui confirment notre point de vue, et nous rejetons celles qui vont à l’encontre. Ceux qui croient en Dieu ou au surnaturel en sont un bon exemple ! Les médecins qui ont gobé le credo de l’importance de faire baisser le cholestérol pour se prémunir des AVC et infarctus se refusent à lire les bouquins des médecins qui, études à l’appui, réfutent ce lien de cause à effet. Lorsqu’on est convaincu de quelque chose, il faut absolument étudier les points de vue contraires, d’une part pour vérifier qu’on n’est pas dans l’erreur depuis des lustres… ou bien que la Science à avancé et a remis en cause nos certitudes, ou tout simplement pour connaître le raisonnement de l’autre afin de mieux le détruire. Bref, on a toujours intérêt à essayer de comprendre pourquoi l’autre pense le contraire de ce qu’on pense. Et, à mon avis, la « vérité » est peut-être bien une troisième voie ou un mélange des deux premières.
Le biais de l’aversion pour la perte : vous êtes un investisseur. Dans votre portefeuille d’actions, vous avez des pommes pourries et des actions « correctes ». Par peur de concrétiser la perte, vous gardez les mauvaises actions et vous vendez celles qui sont les plus performantes et progresseront encore probablement. La peur de perdre aggrave les pertes. Et on se convainc que la baisse d’un valeur est passagère et qu’elle se rapprochera nécessairement (un jour…) de ce qu’on considère être sa vraie valeur.
Le biais de cadrage : la façon d’énoncer un problème influe beaucoup sur la réponse. Ainsi, dans un pays nordique, 96% des gens sont donneurs d’organes, alors qu’ils ne sont que 4% dans le pays voisin. Pourquoi ? Dans le premier, il faut cocher la case « non » pour ne pas être donneur, alors que dans l’autre pays il faut cocher la case « oui » pour l’être…
Le biais de représentativité : ce biais nous fait fait baser notre jugement sur des informations « personnalisantes » et des stéréotypes. Exemple : Paul est réservé, timide, méticuleux. Est-il bibliothécaire, commerçant, ou pilote de ligne ? Vu sa personnalité, on le voit très bien comme bibliothécaire, non ? Ben non, la réponse ayant la plus forte probabilité est : « commerçant » ! parce que, tout simplement, ils sont bien plus nombreux que les autres…

Enfin, dans le « Philosophie Magazine » de ce mois-ci, il y a une interview de Daniel Kahneman, prix Nobel d’économie 2002 alors qu’il n’a jamais pris de cours d’économie ! Son travail a permis de démontrer la fiction d’un « Homo economicus » : non, les économistes ne sont pas toujours rationnels ; voire même ils sont souvent irrationnels. Kahneman a étudié les 2 faces de notre pensée : un Système I, intuitif, automatique, procèdant par associations, cherchant des relations de cause à effet et s’appuyant sur le particulier, et souvent trop sûr de lui ; et un Système II, raisonnable, laborieux, capable d’analyse logique et de critique de nos illusions, mais souvent distrait et ne se mettant en oeuvre que contraint et forcé. Si, lors de l’accident de Tchernobyl, seul le Système II avait pris les décisions, rien de grave ne se serait passé. Mais le Système II nécessite de grands efforts et fait consommer beaucoup d’énergie à notre cerveau, lorsqu’il compare deux scénarios contradictoires. Alors, le second système confirme souvent paresseusement les convictions trop vite élaborées par le Système I. L’exemple donné concerne le cancer du rein aux USA : les comtés où il y a le moins de cancer du rein sont ruraux. Les bienfaits de la Nature ! pensez-vous ! Mais les comtés ayant aussi le plus de cancers du rein sont aussi ruraux. La pauvreté et la difficulté d’accès aux soins ? Ben non. Tout simplement, ces comtés ruraux sont trop peu peuplés pour que les chiffres soient représentatifs : le hasard peut donner des valeurs bien en-dessous ou bien en-dessus de la moyenne et donc loin de la réalité. Les petits échantillons sont trompeurs : ne croyez pas aux sondages !
Bref, nous sommes victimes de biais cognitifs nombreux, qui nous font prendre des vessies pour des lanternes. Il y a aussi le « biais optimiste » et le biais d' »aversion aux pertes » qui se battent et jouent un jeu d’équilibre entre la témérité et le conservatisme. Mais, dans cet interview, ce qui surprend, c’est la capacité de cet homme à travailler avec d’autres, en particulier avec ceux qui pensent le contraire de lui. Ainsi, il a travaillé durant 8 ans avec le chef de file de l’école adverse et ils ont écrit à 4 mains un article intitulé : « Conditions d’une expertise intuitive : comment nous avons échoué à être en désaccord ». Avec l’humour ! En discutant ensemble, ils se sont rendus compte qu’ils ne parlaient pas de la même chose. Ainsi, souvent, nous nous méprenons sur ce que pense l’autre, faute de l’écouter, ou faute de sa part de bien s’expliquer. Communiquer… ce n’est pas facile !

En conclusion, nos jugements rapides sont probablement très souvent faux. Et, dans la plupart des articles que j’écris, ceux qui ne sont pas basés sur des articles scientifiques, je raconte très probablement plein de bêtises. Mais ce n’est qu’en voyant ses bêtises écrites, ce n’est qu’en faisant l’effort de les mettre en mots et des les expliquer aux autres qu’on voit là où elles sont fausses. Donc, merci de me servir de cobayes pour mes élucubrations qui me permettent de progresser (très lentement !) vers une meilleure compréhension de ma vision du monde que je courberai peu à peu (encore 2 ou 3 siècles d’efforts !) vers la vérité vraie ! 😉

Bonne lecture de ces 3 revues.

Ils sont comme nous

2012/12/19

« Ils », ce sont les grands singes, nos cousins, primates évolués comme nous. En tous points comme nous.

Nous, européens, puis occidentaux, avons une vision « particulière » du monde. On nous éduque en nous faisant croire que la Grèce et Rome ont été le centre du monde et que, héritiers de ceux-ci, notre civilisation est supérieure aux autres civilisations, que nous avons dominées, colonisées, abimées, dénaturées, ou détruites totalement. Que nenni. Notre façon de voir le monde est centrée sur notre nombril. Ainsi, dans « Philosophie Magazine », on y continue à rabâcher les mêmes trucs sur les philosophes de notre civilisation, oublieux des autres philosophies, principalement en Asie et non polluées par le monothéisme. Idem pour le regard que nous avons sur nos cousins les grands singes. La naissance de la culture judéo-chrétienne s’est faite loin des contrées où vivaient encore des grands singes, dans l’ignorance de leur existence. Cela a forcément dû contribuer à cette idée absurde, réductrice, dualisante, et anthropomorphique, d’un Dieu unique à visage humain. Alors que, dans d’autres civilisations qui ont côtoyé de tels grands singes, il y avait une preuve évidente que d’autres êtres, dits animaux, nous étaient très semblables (au point même qu’il arrive parfois qu’un Orang-Outan viole une femme…). Egalement, comme nos ancêtres ont côtoyé l’Homme de Néanderthal, les ancêtres d’autres civilisations ont côtoyé des cousins qui étaient encore plus proches de nous que les grands singes survivants, comme l’Homme de Florès sans doute. Ce n’est que TRÈS récemment que des grands singes sont arrivés en Europe et ont pu être vus et étudiés, mais si peu. Car, face à ce visage et à ce regard quasi-humains, les hommes, et les autorités religieuses sûrement, ont dû être bien embêtées. De telle sorte que ce n’est que depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale qu’on s’est rendu compte que ce que nous croyons être le « propre de l’Homme » est aussi partagé par les grands singes : chimpanzés, bonobos, orang-outans, gorilles. Ils possèdent, comme nous, la culture, l’amitié, même l’amour dans un couple, les outils, le mensonge, la farce, la connaissance des médicaments, les guerres, l’empathie et une amorce de compassion, l’amour du sexe, le besoin fondamental de vivre en groupe, les clans et la politique, etc. Même le rire. Le rire n’est pas le propre de l’Homme, je l’avais déjà dit ici. Mais je pensais qu’ensuite les larmes seraient le dernier bastion de ce qui différencierait l’Homme de l’Animal. Mais même pas. Pour le rire : prenez une peau de léopard et essayez de vous camoufler dedans et aller vous promener devant la troupe de chimpanzés que vous étudiez : ils éclatent de rire ! Pour les larmes, observez un vieil orang-outan dans une ménagerie et qui reçoit la visite de sa gardienne dans sa ménagerie précédente : la femme pleure à chaudes larmes devant les grilles, tandis que l’orang-outan est dans un coin de la cage et manifeste tous les symptômes dits humains de la tristesse et des larmes. Des gorilles et des chimpanzés ont appris le langage des signes, et l’ont parfois transmis à leurs petits. Il y a même une orang-outan célèbre qui a pris goût à faire des noeuds, pour le plaisir, et jamais pour recevoir des récompenses : Wattana.

Wattana

Alors, s’ils sont comme nous, pourquoi ne sont-ils pas protégés comme tout être humain le devrait ? Leurs forêts sont détruites pour faire pousser des palmiers à huile, ils sont encore chassés pour leur chair ou pour faire des cendriers avec leurs mains, ils sont capturés jeunes (en tuant la mère) pour être vendus en ménageries, etc. Etudier nos plus proches cousins me semble bien plus important que d’aller fouler le sol de Mars. Lancer un programme d’éducation des plus aptes de ces grands singes, afin d’élever leur capacité à communiquer, avec nous et entre eux, afin de voir naître une nouvelle culture (forcément hélas imprégnée de la nôtre), cela me semble bien être une mission plus importante que Mars. Car, en comprenant ce que nous partageons avec eux, en les traitant d’égal à égal, nous détruirions cette idée débile qui nous ronge : notre soi-disant supériorité et notre soi-disant origine divine. Nous sommes tous des animaux. Comprendre comment fonctionnent nos plus proches cousins est un moyen formidable pour mieux se connaître nous-mêmes. Et, bien sûr, après avoir détruit les statues de Bouddha d’Afghanistan, des fanatiques se mettraient en tête d’éliminer les dernières preuves vivantes de l’aberration des religions monothéistes basées sur une origine divine de l’Homme. Le Dieu Unique né quelque part chez le peuple juif il y a environ 23 siècles (si je me souviens bien) est un poison, qu’il faut éradiquer. Ca n’en prend pas le chemin, hélas…

Pour aller au coeur de l’Homme, il faut donc savoir s’en éloigner, étudier les grands singes, nos cousins, comme le fait le primatologue Franz de Waal. Ensuite, en nous regardant de nouveau, nous verrons plus clairement encore que ce que nous croyons unique en nous ne l’est que par un certain seuil : les grands singes sont comme nous, à un moindre degré parfois, et il suffirait de pas grand chose pour qu’ils créent une civilisation proche de la nôtre. Ce qui me rappelle un film célèbre ! où les singes parlent (ce qui leur est impossible) et pensent surtout (ce que le langage des signes peut leur donner à un niveau très proche du nôtre), mais dont le nom m’échappe ! 😉