Archive for the ‘Psychothérapie’ Category

Pauvres Psykks

2012/09/29

Ce matin, au cours de la manifestation à laquelle j’ai participé, en tant que photographe bénévole pour l’association ABA-Isère que je soutiens, contre un colloque organisé par un groupe de psychanalystes (psykks) lacaniens (Cause Freudienne) sur l’autisme, j’ai eu une discussion avec une ex-psychanalyste ayant viré de bord sur la difficulté des psychanalystes les plus dogmatiques à changer.
Tout d’abord, certains de ces psychanalystes ont acquis du pouvoir grâce à la psychanalyse et en tirent de très bons revenus : reconnaître qu’ils ont tort serait pour eux une déchéance sociale et financière.
Ensuite, pour les moins dogmatiques, ils sont coincés : annoncer qu’ils se désolidarisent de la « cause » risque de leur faire perdre leur poste, virés par les pontes en place qui ne peuvent pas supporter la naissance d’une opposition au sein de l’entité de soin qu’ils dirigent.
Enfin, pour ceux qui ont totalement intégré la psychanalyse dans leur mode de pensée personnelle, prendre conscience qu’ils se sont trompés, qu’ils ont été trompés, serait comme s’arracher eux-mêmes leur colonne vertébrale : leur façon d’être s’est tellement construite autour de la psychanalyse qu’il leur est désormais impossible de s’en libérer sans se déstabiliser totalement. Sans parler de leur totale incapacité, après plusieurs décennies d’abrutissement, de se reformer à un autre mode de penser et de soigner.
Bref, les psykks les plus bornés et les plus dogmatiques sont des victimes, qu’il faut plaindre. Si ce n’est qu’ils font beaucoup de mal autour d’eux en persévérant encore et encore à imposer des méthodes qui … n’ont aucun effet sur les autistes.

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Pyschanalystes omni-présents

2011/12/17

L’article suivant « La psychiatrie gouvernée par les normes américaines » vient d’être publié sur le site Web du Point. Il s’agit encore d’une attaque de la secte des psychanalystes contre le reste du monde.

Ma réaction (en attente de publication) :

La France (avec l’Argentine) est l’un des rares pays dans le monde où la psychanalyse (Freud, Lacan) possède encore un tel pouvoir. Partout ailleurs dans le monde, la place de la psychanalyse a régressé jusqu’à sa presque disparition : seulement 1,5% des articles écrits dans le monde sur la psychologie et la psychothérapie parlent encore de psychanalyse.
Les Français souffriraient-ils donc de maladies mentales particulières ? En lisant l’article de M. Corcos, il faut bien avouer que oui : celle des psychanalystes, formant une secte refermée sur Freud ou Lacan, qui tournent en rond depuis … trop longtemps. Ce serait parfaitement risible si des dizaines de milliers de personnes ou de familles n’en souffraient autant, comme les parents d’enfants autistes.
Ce documentaire (« Le Mur : la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme ») montre la pensée profonde de psychanalystes réputés ou ayant des responsabilités, et cela fait peur ! Car que peut-on penser d’un médecin qui dit avoir parfaitement conscience que son « action » auprès d’un enfant autiste qui ne parle pas est inutile, mais qu’il s’en fout ! Ce film se prend un procès parce que les interviewés ont réalisé, trop tard, qu’ils avaient naïvement livré le fond de leur pensée, et que celle-ci est révoltante, ignoble, et condamnable. Le verdict sera rendu le 26 janvier prochain.
Le fond du problème, c’est que ces psychanalystes, parfois médecins et psychiatres, sont plus préoccupés par le respect qu’ils pensent dû au dogme qu’ils adorent (Dieux Freud et Lacan) plutôt que par l’amélioration de l’état psychique de leurs patients et donc de la capacité de ces derniers à vivre en société, au lieu d’être enfermés.
La psychanalyse ne peut pas soigner des enfants autistes qui n’ont pas accès à la parole. Elle est inefficace. Partout dans le monde sont utilisées des méthodes, comme TEACCH ou ABA, qui ont fait leurs preuves. Dans le dernier dossier sur l’autisme par la revue « Nature », on y apprend même que des pays arabes soutiennent ces méthodes, qui sont efficaces.
Les psychanalystes ont la main-mise en France non seulement sur la psychiatrie, mais aussi sur l’information. En saturant les sites d’information de livres et d’articles sur leur dada favori, ils imposent leur façon dépassée de voir les choses tout en taisant les avancées faites dans d’autres pays. D’ailleurs, se préoccupent-ils de ce qui se passe ailleurs et de s’améliorer ? Non. Comme M. Corcos, ils hurlent dès que le progrès montre qu’ils sont nus et dépassés.
Dans cette histoire, Le Point n’est pas à l’honneur car, s’il parle du livre du M. Corcos, il n’a toujours pas parlé du documentaire « Le Mur ». Il est urgent que Le Point donne la parole aux faibles et aux opprimés : ceux qui se battent contre la psychanalyse omni-puissante et pour disposer enfin de méthodes reconnues et remboursées qui font réellement progresser leurs enfants vers l’autonomie.

Et un courrier envoyé au Point :

Bonjour,

Je suis abonné au Point et je suis surpris de voir que Le Point n’a toujours pas parlé du documentaire « Le Mur : La Psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » alors que vos concurrents, comme le Nouvel Observateur, lui ont déjà consacré un long article.

Le débat sur la l’utilité et l’efficacité de la psychanalyse, relancé déjà par le livre de Michel Onfray sur Freud, est relancé de plus belle par le procès que 3 psychanalystes ont fait à la réalisatrice de ce documentaire, Mme Sophie Robert, et dont le verdict sera donné le 26 janvier prochain.

Les déclarations incroyables des psychanalystes interviewés par Mme Robert poussent à se poser la question de Santé Publique suivante : Puisque les psychanalystes déclarent ne pas s’intéresser à l’amélioration de la santé des malades, ne faudrait-il pas interdire l’utilisation de la psychanalyse pour soigner les autistes ?

En tout cas, il y a matière à débat sur les soins à apporter aux enfants autistes : d’un côté les tenants d’un « délire non scientifique » (dixit Lacan) n’ayant jamais apporté de preuve de son efficacité, de l’autre les tenants d’approches modernes et reconnues dans le monde entier (sauf en France et en Argentine), comme TEACCH et ABA. Les premiers accusant les seconds de faire de ces enfants des « singes savants » alors que, d’après ce que j’ai pu observer, ces méthodes leur donne plus d’autonomie et leur permettent de conquérir ce que la Nature leur a si parcimonieusement donné.

Il me semble que Le Point ne peut pas rester en-dehors d’un tel débat et devrait inviter des responsables des deux camps à s’exprimer sur le sujet, puisqu’il y a des des dizaines de milliers de personnes en France qui sont confrontées à l’autisme et qui en souffrent.

Rapport CHOSSY de 2003 sur l’autisme en France.

Conflit

2011/12/16

À force de côtoyer des enfants autistes et leurs parents, après avoir vu le documentaire « Le Mur : la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme« , à force de lire des articles sur le Web à propos du procès fait par 3 psychanalystes contre la réalisatrice du documentaire, à force de flâner sur le web et de lire des articles, j’ai pris parti pour la cause de ces parents et de leurs enfants. Ce que j’ai vu et lu m’a révolté, surtout pour les cas les plus graves : les autistes qui ne parlent pas. Déjà, j’avais une piètre opinion de Freud et de ses théories. Quant à Lacan son charabia est incompréhensible. Là, maintenant, après avoir entendu ces psychanalystes dire qu’ils sont conscients qu’une séance d’analyse avec un enfant autiste qui ne parle pas ne sert à rien, mais qu’ils s’en foutent, je suis très remonté. Pourtant, n’y-a-t-il que du mauvais là-dedans ? Combien de psychiatres, ayant fait une analyse et étant devenus psychanalyste ont fini par s’en éloigner, voire y renoncer et pratiquer quelque chose de moins … abracadabrant ?

Le problème, c’est que je vois régulièrement une psychiatre, qui est aussi psychanalyste lacanienne, comme je viens de l’apprendre ce matin. Franchement, à force de l’écouter, je ne m’en étais jamais rendu compte. Sur les autistes, elle nie l’intérêt de les entraîner, avec force récompense, à acquérir des compétences dans leur vie (comme savoir suivre une recette et faire un gâteux), en faire des « singes savants » comme elle a (ignominieusement) dit.

Me voilà bien embarrassé… Comment puis-je, d’un côté, apprécier la démolition de la statue de Freud par Onfray et ce documentaire qui montre la face noire et cachée des psychanalystes face à la cause des enfants autistes, et, de l’autre côté, me confier à une adolâtrice de Lacan ? Mystère. Et boule de gomme.

Hummmmm Vais-je devoir la rééduquer et la pousser à voir sa formation d’un autre oeil ?
Vais-je devoir arrêter ? Ou en voir un/une autre ?

Me voilà en plein conflit. D’autant plus que ce serait sortir du champ principal de mes séances : moi, et faire en sorte que j’aille mieux. Car, indéniablement, ces séances me sont (toujours) utiles. Mais ont-elles plus d’effet que l’effet placébo ? Si je parlais à une personne bienveillante et empathique, mais sans aucune formation en médecine ou psychothérapie, est-ce que cela ne ferait pas la même chose ? Je me le demande… Et n’y aurait-il pas, maintenant, une autre voie à prendre : repérer ce qui ne va pas et essayer de le corriger consciemment, activement ? J’ai entamé une nouvelle piste récemment.

Délire amoureux

2010/12/18

C’est fini.
Je suis guéri.
D’elle.
Je suis libre !
Enfin…
Mais la blessure originelle est toujours là… tapie et attendant de fondre sur une autre… zut.
Mais je la connais mieux… de mieux en mieux.
Je sais comment elle s’ouvre et me consume.
Je sais mieux comment lui faire front, comment essayer d’en refermer les lèvres.
Et, à force, peu à peu, elle se referme…

Son nom ? Hyper-sensibilité. Né probablement de mon burn-out et de la longue dépression associée, puis réveillée par la maladie et la mort de mon épouse, et la dépression qui suivit. Aujourd’hui si – objectivement – je ne me sens pas en dépression (je sors, j’ai quelques projets, des amis, etc), je suis toujours – surtout quand je suis fatigué (manque de sommeil chronique à cause des acouphènes) – trop sensible. Là, à midi, lisant un article sur les massacres au Kirghizisthan, les larmes sont venues ; mais, pourtant, rien ne me lie à eux et à leurs souffrances…

Je vais demander au Père Noël un zeste supplémentaire de sagesse et de légèreté. Tout en gardant, bien sûr, mon zeste de folie.
Et un meilleur sommeil…

En attendant : photos !

Onfray et Freud

2010/04/21

« Le Point » consacre un petit dossier sur le livre « Le crépuscule d’une idole, l’affabulation freudienne » d’Onfray.
Bien sûr, à partir des quelques extraits, il est difficile de se faire une idée du livre. Mais les commentaires des psychiatres invités à donner leur avis sont assez clairs :
– « La psychanalyse ne guérit pas, elle sauve »
– « Onfray nous insulte »
– « La psychanalyse est une religion, pas une Science » dit Onfray
– « Un canevas délirant »
Bref, ils ne sont pas contents…
Dans l’un des extraits, Onfray étend à la psychanalyse actuelle le « monde magique, théâtral » que Freud aurait créé selon lui.
De nouveau, je ne vois pas l’intérêt de ce livre, qui veut abattre un homme et des idées déjà mortes depuis bien longtemps… Mais, si les idées de Freud sont dépassées, la psychanalyse n’est pas morte…
Onfray décrit toutes les bêtises par lesquelles Freud est passé successivement, passant d’une idée thérapeutique bizarre à une autre, au fur et à mesure qu’il voyait que cela ne marchait pas… sans parler de ce sexe et des relations incestueuses parents-enfants que Freud voulait voir partout… Mais, on s’en fout ! C’est du passé. Et les psychiatres d’aujourd’hui, j’espère, ne lisent plus Freud. Enfin, j’espère… Mais les livres de Freud sont toujours en vente… malheureusement.
Sinon, pour moi, qui suis une psychanalyse avec un psychiatre (mais assis sur un siège en face d’elle, pas couché sur un canapé !), je ne vois aucune des théories qui sous-tendent la psychanalyse : j’expose mes soucis, mes troubles, je parle de ce que je vis, de mes relations plus ou moins difficiles avec les autres, de ce qui me fait souffrir ou pleurer ou rire ou être bien. Bref, je parle de moi qui interagis avec les autres, et j’essaye de comprendre ce qui se passe, en moi, et avec les autres. Cette parole m’a libéré de tensions, de souvenirs pénibles, voire très pénibles. Bien sûr, il y a probablement un effet « placebo » puisque, déjà, le temps aide à calmer les souffrances passées. Et je pratique en parallèle d’autres méthodes, comme la poésie, le chant, les marches en montagne, ou la lecture de livres de philosophie ou expliquant ce qu’on sait sur l’Homme. Mais parler permet de revisiter ses souvenirs et donc de donner l’opportunité aux connexions neuronales de son cerveau de bouger, de se reconfigurer, peut-être bien en réduisant certaines connexions entre des souvenirs pénibles et les centres de la souffrance. Bref, je parle pendant environ 28 minutes et elle dit quelques mots, quelques questions, quelques suggestions. Bref, c’est moi qui fais TOUT le boulot ! C’est moi qui dis et qui vois. Et je sais, je vois, qu’elle est attentive et qu’elle me voit évoluer, avec empathie et considération, avec attention. Alors, je ne vois pas où elle aurait la possibilité de plaquer sur moi et ma vie des schémas pré-définis issus de théories datant d’il y a un siècle… Peut-être que, plus tard, la discussion prendra une place plus grande. Par contre, on peut se demander si d’autre formes de thérapies, où le praticien discute plus ouvertement avec le patient, où il le guide dans le dédale de ses pensées, ne serait pas plus rapidement efficaces. Peut-être… mais je crains que le « thérapeute » ne finisse par prendre des décisions à la place du patient, de lui dire ce qu’il faut faire, en en faisant donc un exécutant au lieu d’un sujet libre et agissant en conscience. Mais ce n’est pas à moi de juger. Si la psychanalyse est une science, alors ses effets doivent être étudiés, en fonction des méthodes employées. Mais, pour revenir à moi, je subis comme « dégât collatéral » la tendance à analyser ce qui se passe, chez moi, mais aussi chez les autres. Est-ce mal, ou dangereux ? Je ne pense pas, puisque cela me pousse à comprendre le pourquoi de mes pensées et de mes actes, et le pourquoi des pensées et des actes des autres. Ce qui me semble important pour comprendre l’autre, et pour mieux comprendre l’impact de mes paroles et actes sur les autres. Et pour les aider. Mais, bon, certains savent cela naturellement, sans psychanalyse ! parce qu’ils en ont le goût assez jeunes… Mais aussi, à force d’analyser en permanence, ne devient-on pas « froid », insensible, imperméable aux sentiments et aux passions, comme l’amour ? Certes, je deviens serein, ce qui est un grand bénéfice par rapport au creux de ma profonde dépression d’il y a à peine 3 ans. Mais, si je perds la capacité à m’enthousiasmer et à me laisser porter par l’amour, n’aurais-je pas perdu quelque chose de … fondamental ? Mais, savoir qu’on ne veut pas être aimé pour être une béquille pour l’autre, et savoir qu’on ne veut pas aimer l’autre pour qu’il soit une béquille pour soi, bref ne pas aimer par manque mais par un élan profond et sincère et pur vers l’autre, n’est-ce pas le plus important ? Mais, si je vois clairement ce que l’autre recherche en moi pour combler son manque, et que cela ne me convient pas, comment trouverai-je quelqu’un à aimer puisque, presque tous, nous aimons l’autre pour nous sauver nous-mêmes ? pour ne pas être seul, dans cette vie souvent difficile et face à la mort. Mais, bon, on veut aimer et être aimé aussi pour partager les bons moments, les « moments simples » de plaisir innocent, comme de marcher à deux la main dans la main dans une belle lumière et dans un beau paysage…
Nous voilà bien loin de Michel Onfray et de sa rage de dire du mal de ce qui est déjà mort et révolu… Mais il est malgré tout utile de continuer à abattre les statues. Peut-être que le battage médiatique autour de son livre poussera nombre de personnes à renoncer à acheter et lire les déjà-bien-trop-vieux livres de Freud… Finalement, Onfray fait oeuvre de salubrité publique ! Mais, s’il sait détruire les statues, sait-il construire quelque chose qui nous aide ? Démolir les religions monothéistes et la vieille psychanalyse débile de Freud, c’est bien. Mais que propose-t-il à la place ? C’est bien beau de faire la révolution et de tout détruire… Mais celui qui détruit, en général, a bien du mal à reconstruire à la place…
Allez, Michel, fais-nous des vacances. Tu nous fatigues…

Psychanalyse et Philosophie

2010/04/18

Celui qui se perd dans sa passion est moins perdu que celui qui perd sa passion. Saint Augustin

Alors ? La Psychanalyse aurait pour but la sérénité tout en restant ouvert aux passions (c’est-à-dire un état en perpétuel bouleversement) ? Alors que la Philosophie aurait pour but la sagesse avec l’abandon de toute passion (c’est-à-dire une demi-mort émotionnelle…) ?

Et si on mélange les deux, ça fait quoi ? De la dynamite ?
Si c’est vrai, alors : Boum ! J’explose ! C’est un peu le cas d’ailleurs, en ce moment… grâce à en plus une petite dose de folie et une grosse dose de connerie que j’ai beaucoup de mal à éradiquer… Encore du boulot, zut…

Mais je suis méchant avec la Philosophie… Elle est bonne pour la santé, à dose normale. Simplement, il ne faut pas en abuser, sinon on finit moine au Tibet, à réciter des textes bien fatigués et habillé d’une robe bordeaux… Oui, quand on ne sait plus où on en est, quand on regarde trop vers le passé en espérant trop du futur… la Philosophie permet de revenir dans le présent. Ensuite, les idées claires, le cerveau plus calme, serein, on peut relâcher la pression et revivre normalement. C’est ce que je ferai … bientôt ;). Sinon, si on s’obstine, il y a un risque d’encéphalogramme plat ! sans parler de la libido qui s’écroule…

Bon, je suis bien embêté que ce soit un religieux qui ait écrit cette belle phrase… Il était Berbère, et Wikipedia dit que les débats sur ses pensées ont « largement contribué aux conceptions modernes de la liberté et de la nature humaine. » Donc, il n’était pas si mal…

Le crépuscule d’une idole

2010/04/15

« Le crépuscule d’une idole » de Michel Onfray.
612 pages !

Onfray écrit comme il pisse : 52 livres en 21 ans. Plus de deux par an… Je n’ai pas eu le courage de faire le total de toutes les pages, tous les mots écrits… Comment peut-on produire autant et si vite sans … dire des bêtises.
C’est d’ailleurs ce qu’il reproche à Freud : d’avoir dit beaucoup de bêtises.
Il lui reproche beaucoup de choses, d’ailleurs. Et il doit sûrement avoir souvent raison… mais je n’achèterai pas ce livre, et je ne vous le conseille pas, vu ce que j’en ai lu, mais je le feuilletterai, bien sûr. Il ne sert à rien de tirer sur un si vieux cadavre. Il y a de bien plus utiles choses à faire. Mais Onfray semble aimer dire tout le mal qu’il pense, en oubliant de dire le mal qu’il a à penser et à donner sa propre vision du monde, en remplacement de ce qu’il honnit. Freud était un point de départ, basé sur le travail silencieux de pleins d’autres chercheurs oubliés aujourd’hui. Maintenant, il faut juste … l’oublier, et passer à autre chose. Mais ne pas rejeter la psychanalyse, qui n’est qu’une occasion donnée à chacun de consacrer un peu de temps à soi-même, pour ranger un peu le désordre des pensées accumulées dans la semaine. On va chez le psy, et donc on y a pensé la veille, en y allant, puis en en repartant, et on parle de soi, on analyse ce qu’on pense et ce qu’on fait, au lieu de glisser dessus et de se précipiter dans le futur comme seul remède à cette vie, toujours en déséquilibre et glissade sur la vague de notre temps de vie, au lieu de profiter de la belle vue que nous avons d’en haut, dans ce présent qui nous coule entre les doigts…

Et, pendant ce temps, Emiliana Torrini égrène sa petite musique, contribuant à mon calme intérieur… Facile ! Je suis seul !

Voir : « Onfray a besoin d’argent frais » et « Le souci des plaisirs« .

Onfray a besoin d’argent frais

2010/03/31

Onfray écrit comme je pisse. À peine voit-on un nouveau livre de lui, à côté de la version en poche du précédent, et à côté d’autres livres de lui de l’année, qu’on apprend (avec interview dans « Psychologie » et article dans « Le Nouvel Obs ») qu’un nouveau va sortir dans 3 semaines. Impressionnant ! On se demande d’ailleurs s’il a un château à rénover ou s’il envisage de s’acheter un appartement dans le coeur de Paris…
Cela me rappelle aussi les moeurs de certains insectes, qui inondent de sperme leur femelle pour empêcher le suivant de prendre la place. Onfray nous noierait-il de livres pour prendre un marché ? et se remplir les poches… Ou bien a-t-il vraiment quelque chose d’intéressant à dire ? Il a des choses à dire, c’est sûr, et c’est bien. Mais est-ce que ça vaut la peine de gâcher tant de papier ?

Son dernier livre parle de Freud, qu’il descend en flammes. Ce n’était pas la peine de se donner tant de mal, il me semble, car il est bien clair que le père Freud, s’il a lancé (en s’inspirant de quelques prédécesseurs moins connus…) une nouvelle science, a surtout imaginé ses théories sans vraiment se baser sur des données scientifiques fiables. D’ailleurs, lui aussi a beaucoup écrit. Et il a aussi – paraît-il – souvent changé d’avis… Il paraît aussi qu’il était bien conscient que ses « idées » n’étaient pas définitives mais – hélas – beaucoup de personnes (100 ans après) ne se sont pas rendues compte des progrès faits dans ce domaine, grâce – surtout – à la neurologie, à l’étude du cerveau. Bref, merci Freud d’avoir lancer un domaine d’étude si important, et merci d’avoir parlé de sexe ; mais il faudrait qu’on t’oublie un peu pour laisser de la place à tous ceux qui parlent de leurs travaux scientifiques alors que tu parlais de ce que tu imaginais ou croyais voir… Ainsi, Onfray dit que Sigismund s’est un peu trop pris comme modèle… par exemple pour le complexe d’0edipe. Pour ma part, depuis que je sais qu’il existe des sociétés humaines où les mots et concepts : « mariage » et « père » n’existent pas…, il est évident que Freud n’a pas décrit un phénomène général à l’Homme mais quelque chose lié à notre culture. Surtout quand on se rappelle ce qu’était l’époque où il vivait : coincée…

Pour revenir à Onfray (qui m’avait fait foutre en l’air 25€ pour son « Le souci des plaisirs » ennuyeux et creux au possible), Le Nouvel Obs dit qu’il ne fait que répéter (dans un livre fort gros, paraît-il) des choses déjà dites dans « Le livre noir de la psychanalyse » qui n’était d’ailleurs qu’une reprise d’une initiative d’érudits américains qui ont « passé la geste freudienne au kärcher » dans les années 90.
Sinon, « Le Nouvel Obs » sort un numéro spécial ce jeudi : « À quoi sert la psychanalyse ? ». Bon sang ! Il me faudra vite le lire avant de revoir ma psy le lendemain !
Quant au livre d’Onfray, peut-être faut-il simplement le feuilleter et attendre qu’il sorte en livre de poche ou l’emprunter dans une bibliothèque !
Quant à moi, j’ai acheté « Pourquoi l’amour est un plaisir », de Jared Diamond. Histoire de bien maîtriser la théorie avant les travaux pratiques !

« Voltaire en Haïti »

2010/03/06

Toujours dans le numéro de mars de « Philosophie », coup de gueule de l’écrivain Patrick Declerck, membre de la Société Psychanalytique de Paris, contre les réactions dévotes suite au séisme qui a fait 200.000 victimes en Haïti.

Toute une réflexion sur ce Dieu de bonté qui laisse souffrir et périr 200.000 pauvres gens et pour lequel des abrutis font une procession joyeuse en chantant à tue-tête « la gloire de Dieu », tranchant avec un décor de ruines et de cadavres amassés le long des rues.

Et je fais mienne sa pensée résumée par le journal :
« La religion, comme le pensait Freud, est un délire. Rien n’affecte le délire. La réalité reste sans prise sur lui. Répétons-le : toute religion est un délire, et un délire d’enfant apeuré. »

Ou, in extenso :
« L’Homme, la masse des hommes, pour l’essentiel ne change pas, ne pense pas, demeure foncièrement inapte à toute pensée, et reste à jamais marqué par la tare d’un constitutionnel infantilisme. Parce qu’il en ressort que la religion, comme le pensait Freud, est bien un délire. Et, comme tout délire, il se dévoile par sa permanence et son impavidité même. Rien n’affecte le délire. Aucun argument ne l’entame. La réalité, par définition, reste sans prise sur lui. Répétons-le : toute religion est un délire, et un délire d’enfant apeuré.

Tout de même, malgré nous, une perplexité demeure : comment, au juste, peut-on donc être chrétien ? Question clinique. »

Définition du délire :
Wikipedia : « En psychopathologie, en neurologie et en psychiatrie, le délire est une perturbation globale, parfois aiguë et réversible, parfois chronique, du fonctionnement de la pensée. Il représente un symptôme, et en ce sens peut prendre des significations très diverses selon le contexte dans lequel il apparaît, et selon son type. Les causes en sont multiples.  »
Ou encore : « Trouble psychique qui se traduit par une confusion des idées, une perception erronée de la réalité. Folie, démesure, exaltation. »

Mort Deuil Beauté

2009/12/17

J’ai écris ces lignes à une amie, pour l’aider à se relever de la mort de son compagnon. J’ai enlevé les prénoms. Elle ne lit pas ce Blog.
J’ai besoin de les mettre ici, car j’avais ces mots en moi et elle n’était que l’occasion pour moi de parler, enfin, de la douleur de la perte de mon épouse, même si je ne rentre pas, toujours pas, dans les détails de l’enfer qu’elle a vécu. Aragon, dont je parle à la fin, sait parler de l’enfer (les guerres : 14-18, etc.), du vrai enfer, qu’il a vu de près, dont il a senti l’haleine sur lui.

J’avoue dormir profondément… Bon, je me couche tard (minuit), mais je me lève quand … je suis réveillé, sans réveil. Cela m’aide, je pense, de pouvoir finir mes cycles de sommeil, avec un réveil naturel. En plus, comme il fait bien froid et que je baisse pas mal mon chauffage, il ne fait que 18° et je me mets en chien de fusil pour dormir, comme un loir. Maintenant que mes acouphènes vont mieux, ils ne me réveillent plus après seulement 6, 5, voire même seulement 4 heures de sommeil. C’EST SI BON ! Je crois que mes tensions musculaires viennent en partie de là : un manque de sommeil sur plusieurs années. Enfin, ça va mieux. Je te souhaite de trouver, toi aussi, un sommeil plus calme, apaisé. Mais, pour cela, il te faut déconnecter tes souvenirs de ton compagnon des souffrances que tu as eues de sa mort. J’ai employé cette image avec ma psy, qui a approuvé : les neurones qui stockent nos souvenirs créent des connexion avec divers centres de notre cerveau, dont ceux qui se chargent de nos émotions. La souffrance que nous avons subie a créé des connexions nouvelles avec les neurones en charge des émotions négatives, connexions qui perdurent et s’auto-entretiennent. Revisiter ses souvenirs, calmement, en épuisant ses larmes, en retrouvant – sans regret – les moments passés heureux que nous avons vécus, permet de défaire ses connexions douloureuses, qui se ravivent lors du sommeil. Penser autrement à ses souvenirs, en raviver les belles couleurs, plutôt que de se morfondre de les avoir perdus, d’avoir eu le fil de cette vie heureuse coupé en plein milieu. Penser au présent, à ses enfants, à la vie, au soleil, au bonheur d’être, tout simplement. Accepter que le passé n’est plus, revenir au présent. Accepter activement que le passé n’est plus, pour revenir au présent. Accepter. C’est pas facile… L’amnésie n’est pas une solution ! De toute façon, on n’oublie pas… Cela reste dans un coin. Autant voir le côté positif des choses : nous avons vécu de belles choses, nous avons transmis la vie en nos enfants. Et se dire que celui qui n’est plus aurait voulu qu’on reparte dans la vie. Je n’ai plus mal… Cela me trouble de le dire et de me dire que, oui c’est vrai, je n’ai plus mal de sa mort. Oui, bien sûr, il ne faudrait pas que je gratte trop fort ma cicatrice pour avoir mal et que les larmes reviennent… Mais je n’ai plus ce besoin, ce désir, de me retourner vers le passé. J’ai franchi une étape. J’ai tourné la page. Cela fait bizarre de parler ainsi. Mais je ne fais pas comme si elle n’avait jamais existé, ni comme si je n’avais pas assisté, pendant chacun des 150 jours de sa maladie, à son agonie. C’est toujours en moi. Simplement, je n’y pense plus. Et, quand j’y pense, cela ne me tourmente plus. Je pense à d’autres choses. Je cherche la beauté, qui me remue profondément et me fait beaucoup de bien. Je me tourne vers les autres. Et, bien sûr, je cherche la compagnie des femmes. Car, si sa personne me manque, la tendresse et le regard d’une femme me manquent aussi. Et ce besoin d’exister pour quelqu’un est en nous depuis notre plus tendre enfance. Et ce désir d’un(e) compagnon/compagne est en nous depuis notre adolescence. Laisser nos instincts reprendre le dessus, redevenir neuf et chercher une douce compagnie, pour un jour ou quelques jours ou pour plus longtemps, c’est un témoignage de vie, de réalisme, d’acceptation de notre nature humaine, de force, de vitalité, c’est un coup de pied au cul de la mort et à l’absurdité de notre vie. Permettre à ce corps, qui est à la fois notre véhicule et nous-même, de réaliser encore ce pour quoi il est fait et qu’il mérite : apprécier le ciel bleu, la forêt, la lumière du matin et du soir, la belle musique, les sensations douces ou fortes que notre corps apprécie, pour être, dans le présent, dans cette vie. Alors, écoute de la belle musique. La musique aide à calmer son esprit. Notre cerveau est naturellement construit pour suivre le rythme et les détails de la musique. Si la musique est profonde, complexe et belle, si elle est calme et vive, si elle est à taille humaine (peu d’instruments, une voix belle), alors elle contribue au calme en nous, si l’on se concentre profondément, si on l’écoute avec tout son être, si l’on ne fait que ça, assis devant les enceintes, les yeux fermés, à suivre le rythme et la beauté d’une musique envoûtante qui nous calme par sa beauté, qui chasse de notre esprit toute autre pensée, qui ralentit la pulsation de nos pensées et les ramènent à un rythme que nous pouvons plus facilement contrôler, comme une sorte de méditation. Mais je ne parle pas de ces musiques dites de relaxation, qui sont vides de richesse, ou de ces musiques du bouddhisme, qui endorment, par leur vide insupportable, et qui nous exproprient de notre vie. Enfin, à chacun ses goûts pour la musique… mais il faut aussi savoir découvrir autre chose, se concentrer pour dépasser l’impression première – déconcertante par la nouveauté de la forme – et pour voir la beauté cachée derrière les apparences. La beauté soigne, peu à peu. Marches en montagnes. Poèmes. Musiques. Danse. Peinture. Chant. Films. Ecriture. Voyages. Etc. À chacun de retrouver la beauté qu’il aime et de l’utiliser pour s’aider à calmer ses tourments…
J’ai « Le roman inachevé » d’Aragon à continuer. Des poèmes, écrits quand il avait presque 60 ans, et où il revisite sa vie, sans tristesse, sans regret, comme s’il feuilletait un vieil album, avec tendresse et joie d’avoir vécu tout cela, prenant les malheurs comme ils sont venus et repartis, avec un mélange de calme, de froideur, mais aussi d’enthousiasme, beaucoup de courage, alors qu’il fait le bilan de sa vie. Alors, si l’on peut, à l’automne de sa vie, revoir (assez) tranquillement les bonheurs et malheurs passés de sa vie, on peut – comme toi en plein été de ta vie – repartir pour de nouvelles et belles aventures. Mets des mots. Ecris. Parle. L’Homme est parole.