Archive for the ‘Philosophie’ Category

Le temps

2015/10/23

« Ma mission est de tuer le temps, la sienne de me tuer en retour. On est tout à fait à l’aise entre assassins. »
Ebauches de vertige – Emil Cioran

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« Sapiens, une brève histoire de l’humanité. »

2015/10/03

J’ai commencé à lire « Sapiens… » de Yuval Noah Harari. Les 115 premières pages sont très bien ! Certes, il ne parle pas de plein de choses que j’ai apprises par d’autres livres, d’anthropologues ou primatologues, comme la spécificité de la sexualité humaine, dont il ne dit rien, et je retrouve des connaissances que j’avais déjà découvertes, mais son livre est revigorant. Par exemple, il tord le cou à la fable qui nous fait croire que notre passage de chasseur-cueilleur à agriculteur et éleveur fut un bien pour les hommes (et les femmes). L’archéologie a montré que, avant l’agriculture, les hommes souffraient de moins de maladies. Et, avant l’agriculture, nos ancêtres ne travaillaient que 3 à 4h par jour. L’enfer du travail a commencé il y a 9000 à 3000 ans, selon les régions du monde, lorsque l’homme a arrêté de marcher et s’est installé. Harari tord donc aussi le cou à une autre fable : celle qui dit que l’homme vivait en harmonie avec la Nature. Aujourd’hui, nous vivons une 6ème extinction massive des espèces. Mais cette extinction a commencé bien avant l’ère industrielle. Déjà, lorsque l’agriculture et l’élevage ont permis à la population humaine d’exploser, nos ancêtres ont conquis et détruit des terres jusque là inviolées, et ils ont éliminé la concurrence, animale voire humaine (Néandertal, renvoyé au néant, et d’autres espèces d’humains). Mais, déjà bien avant, 45.000 ans auparavant pour l’Australie, 15.000 ans pour les Amériques, mais seulement 800 ans pour la Nouvelle-Zélande, nos ancêtres chasseur-cueilleurs ont envahi le reste du monde (libre d’hommes) et ont éliminé radicalement les 4 cinquièmes des grosses bêtes qui vivaient en Australie et dans les Amériques : plus de Moa, Chevaux, Mamouths, aigles géants, etc. Toute une méga-faune a disparu, victimes des sagaies et du feu. L’Homme, dès qu’il a su chasser et faire du feu, a été un destructeur de la Nature, éliminant les espèces, pour s’en nourrir jusqu’à les faire disparaître, ou pour éliminer la concurrence. Bref, nous sommes comme la peste. 😉 Il est toujours bon de se remettre à sa place. Et, loin des conneries de la Bible (Adam & Eve, le Paradis, Noé, etc), il est utile de nous regarder dans un miroir : nous sommes la pire chose qui soit arrivée à la Terre. Et il est paradoxal que, au moment où la vie commence à comprendre ce qu’elle est et pourquoi elle est, elle est en train de se détruire. Le Paradis, c’était avant.

Bonne lecture ! 😉

Pense-t-on mieux seul ou à plusieurs ?

2015/08/21

C’est le thème de « Philosophie Magazine » de Septembre.

Cela me semble un bon exemple de « la voie du milieu », qui n’est pas : penser à 1,5 personne 😉 , mais me semble être constitué d’allers et retours entre une pensée solitaire et une confrontation avec la pensée des autres. Seul, on peut explorer à son rythme un sujet, ses idées, des pistes, lire différents livres, avant de se faire SON idée. Bien sûr, on s’est déjà confronté à la pensée des autres en lisant ce que d’autres ont écrit. Mais les écrits sont aussi le résultat d’une pensée solitaire, condensé d’une expérience et d’une réflexion. Se confronter in vivo aux autres, qui n’ont pas forcément réfléchi au sujet, permet de comprendre comment on réagit a priori, sans y avoir réfléchi : le fameux « bon sens » populaire, qui n’est souvent qu’une resucée d’idées reçues et ingérées sans les avoir digérées. Se confronter à la pensée (ou la non-pensée…) des autres permet de mieux voir comment aider les autres à discerner les marches menant au point de vue où l’on est, qui n’est pas forcément le « bon » (s’il en existait un bon), ni forcément dans la « bonne » direction, mais qui a le mérite d’être le résultat d’une pensée personnelle. Et, si plusieurs personnes réfléchissent sur le même sujet chacune dans leur coin, puis se réunissent pour en parler, alors la confrontation peut être très intéressante. Mais qui s’amuse à ce jeu ? Il est bien plus amusant de regarder la télé, n’est-ce pas ? À quoi bon se poser des questions sur tout et n’importe quoi ? 😉 Hélas donc, certains se moquent de penser, ils préfèrent s’enrichir, accumuler, aux dépends des autres. Par exemple, ceux qui investissent dans les plantations de palmiers à huile se foutent complètement des conséquences des destructions des forêts vierges. À court terme, ils pourront s’offrir villas, piscine, voiture, biens de consommation, sans voir que, une ou deux générations plus tard, leurs descendants subiront les conséquences de leur cupidité et manque de compassion pour la vie. Il aurait alors bien fallu qu’ils pensent et discutent avec d’autres… S’enrichir un peu, oui. Accumuler des biens par la destruction, non. C’est ainsi qu’un fonds d’investissement norvégien a vendu ses parts dans les entreprises possédants une partie des sociétés qui fabrique de l’huile de palme… Par exemple, notre très cher président, roi des menteurs, n’a de cesse de penser seul que la croissance va revenir ! On aimerait lui suggérer amicalement d’arrêter de se masturber et de croire à la magie et de discuter, pour de vrai, avec ceux qui pensent que l’action est à porter dans un autre domaine : réduire les dépenses de l’Etat français obèse… Mais je m’écarte du sujet…

Abdennour Bidar : dangereux ?

2015/08/17

J’hésite à me prononcer sur Monsieur Bidar.
Encore quelqu’un qui impose ses idées parce qu’il est payé pour réfléchir et a le temps d’écrire, alors que d’autres ont juste le temps de travailler et d’essayer de s’en remettre et de jouir un peu de la vie…
Sans doute me faudra-t-il lire son livre…

http://www.lemondedesreligions.fr/culture/abdennour-bidar-comment-sortir-de-la-religion-15-05-2012-2510_112.php

– Le mot « religion » est plus large que la façon dont il est employé ici. Il existe de nombreuses religions sans Dieu.

– Notre athéisme manque de spiritualité. Le rejet des religions monothéistes a oublié le fait que nous naissons, vivons et mourrons, et nous le savons : c’est notre « condition humaine » de savoir que notre vie est courte et absurde.

– Les « grandes » religions (grandes sans doute parce qu’elles ont fait le plus de morts), essentiellement les religions monothéistes, sont comme une boule de merde qui a ramassé d’autres idées, bonnes, et qui les a salies. Il est extrêmement difficile pour un athée de culture chrétienne de se débarrasser totalement de toute la pollution mentale du christianisme dans tous les autres domaines : droit, sagesse, éthique, etc. Si l’athéisme survit aux fous de Dieu, il faudra plusieurs siècles pour nettoyer nos cerveaux, notre vocabulaire, et nos références, de toute cette pollution.

– Monsieur Bidar ne semble pas accepter le hasard et le bordel comme maîtres principaux de la vie des humains. Il oublie également que la Terre sera bientôt trop petite pour les cafards que nous sommes et que, ne pouvant plus nous nourrir sainement, nos petits enfants seront condamnés à voir leur capacités mentales régresser.

– Monsieur Bidar ne parlent jamais non plus de la « connaissance ». Notre connaissance, du monde et de nous-même, a explosé : c’est elle, et l’éducation, qui a détruit le socle qui soutenait les religions.

– « l’homme créateur » ? Mais les hommes s’en foutent en général de créer. Seuls certains se jettent dans la création pour faire semblant de devenir immortel, pour supporter leur vie de mortel. La plupart des hommes aujourd’hui veulent simplement pouvoir vivre « mieux » : pouvoir se nourrir, se soigner, vivre sa vie complète. Il voit le monde par ce qu’il est : il réfléchit et écrit et croit que tout le monde fait pareil. C’est le propre des intellectuels payés pour enseigner et qui ne vivent pas la vraie vie.

– Le christianisme, l’islam, et le judaïsme, sont à mettre dans un trou, profond, qu’il faut reboucher avec soin, tellement ça pue. Rien n’est récupérable de ce fumier qui a obscurci les esprits de certains et permis à d’autres de dominer les plus faibles, comme les hommes transformant les femmes en esclaves. Il est insupportable d’entendre encore des gens défendre les religions.

– la religion, au sens large, c’est la « pensée magique » (expliquer ce qu’on ne comprend pas encore par des idées stupides et irrationnelles) et c’est le refus de voir la réalité : nous sommes définitivement mortels, et c’est une horreur, absurde. Mais nous devons accepter notre condition et vivre quand même du mieux que nous pouvons. Bidar devrait relire l’oeuvre et la vie de Camus, homme libre et éveillé.

– les religions furent une étape. L’étape actuelle, c’est à la fois la désintégration des religions et leur réaction malfaisante du fait de centaines de millions d’hommes encore mal éduqués et malléables à souhait.

Le cerveau en vacances. Et quelques petites pensées de ce matin

2015/07/30

« Le cerveau en vacances », c’est le titre du numéro de l’été de « Cerveau & Psycho ».
L’exposé qu’ils y font du fonctionnement du cerveau au travail et en vacances est très éclairant et me permet de rapprocher diverses informations scientifiques glanées de-ci de-là et que je vais essayer de résumer. Plus quelques réflexions.

Le travail nous impose une activité psychique particulière, surtout pour ceux qui travaillent en bureau, avec de nombreux objectifs et plein de choses à faire en parallèle et plein de dead-lines à respecter et à avoir donc en tête. Le travail active particulièrement certaines zones du cerveau (insula, amygdale, cortex cingulaire antérieur, cortex préfontal) qui consomment en quantité des neuro-transmetteurs (dopamine et autres). La fatigue ressentie en fin de journée, ou en fin de semaine, et surtout au bout de mois de travail sans « vraies » vacances, est la traduction d’une baisse de disponibilité de ces neuro-transmetteurs ainsi qu’un déséquilibre de distribution de ces mêmes neuro-transmetteurs. La consommation effrénée de ces neuro-transmetteurs par une partie de notre cerveau doit aussi « assécher » les autres parties de notre cerveau, les affamant, les empêchant de fonctionner « normalement ».

Au repos, par contre, notre cerveau active d’autres zones cérébrales (cortex préfontal dorso-médian, précunéus, cortex cingulaire postérieur, lobe temporal médian (hippocampe, etc), sillon temporal supérieur, gyrus temporal moyen) qui constituent un réseau dit « par défaut ». Cela a beaucoup surpris les chercheurs : quand on ne fait rien, quand on ne pense à rien de particulier, notre cerveau n’est pas à l’arrêt. Au contraire, il bouillonne ! Ne penser à rien montre un cerveau bien plus actif que si nous essayons de résoudre un petit problème.

En fait, lorsque nous ne sommes pas focalisés par une activité requérant notre concentration, notre cerveau est toujours très actif, mais autrement : il se met alors à brasser toutes sortes d’informations du passé, à penser au futur, à divaguer, avec le risque de se mettre à ruminer des pensées pénibles voire douloureuses. Ne rien faire du tout n’est pas bon pour le moral. Le mieux est d’occuper (raisonnablement) son cerveau, mais d’une façon différente de celle du bureau. Et faire fonctionner son corps aussi ! Au lieu d’avoir de multiples activités en parallèle et d’être préoccupé par de nombreuses choses dont nous sommes responsables et dont nous devons rendre des comptes et dans des délais définitivement définis, le cerveau en vacances se sent bien s’il est occupé par … une seule chose (simple) à la fois : le « hic et nunc » (ici et maintenant) des Romains. Cette focalisation réduite évite de trop penser à tout ce qui nous préoccupe et nous fait peut-être souffrir, sans rentrer dans la folie d’une journée de travail où nous courrons après le temps et pensons en parallèle à de multiples choses. En vacances, pas de contraintes, ni de choses à faire (DEVANT être faites), ni de temps défini et fini pour le faire. Plutôt : avoir une liste de choses possibles et sympas à faire et, si on ne les fait pas toutes ni complètement, ce n’est pas grave, c’est normal. Le « plus » est l’ennemi du « bien ». Au travail, limiter la dispersion et le travail en parallèle sur différents dossiers : une chose à la fois, autant que possible.

Face à des souvenirs pénibles et douloureux, il est donc tentant de se jeter à corps perdu dans le travail : celui-ci nous garantit d’être pleinement occupé mentalement pendant des heures, rendant impossible les pensées personnelles et nous protégeant des ruminations douloureuses. Mais cela ne résout pas ces pensées pénibles, qui resurgissent dès qu’on se relâche. Face à cela, il y a 3 solutions : 1) ne penser à RIEN !, 2) méditer, c’est-à-dire : laisser émerger ses pensées mais sans s’en saisir, 3) explorer ces pensées douloureuses dans un contexte thérapeutique.

1) Ne penser à RIEN ! Ce n’est pas possible !! Nous ne pouvons pas faire taire nos pensées. Mieux, il ne faut pas les faire taire, car la blessure, toujours là en nous, ne peut plus cicatriser alors. D’autre part, nous sommes faits pour vivre avec les autres et, pour ne penser à rien, il faudrait pouvoir s’isoler, ce qui est opposé à notre nature de primate social. Un philosophe (Montaigne ou Pascal ?) a dit que « tout le malheur des hommes vient du fait qu’il leur est impossible de rester tranquille en une chambre » : c’est stupide, car nous sommes faits pour être avec les autres, nous avons besoin des autres, même si leur façon de penser, de dire et d’agir est parfois/souvent en contradiction avec notre propre façon d’être et de voir le monde et que cela peut être pour nous une souffrance (« L’enfer, c’est les autres », disait cet abruti de Sartre qui, pour une fois, avait raison).

2) Méditer. Méditer est très à la mode aujourd’hui, en complément du yoga qui permet de calmer son cerveau par le retour sur ses fonctions corporelles premières (souffle). Il y a diverses formes de méditation. En gros, il s’agit de rester calme, mais bien éveillé, et d’observer ses pensées, sans les empêcher de naître, mais sans les « attraper », ni les juger. Observer. Et je pense qu’alors on observe l’activité de ce « réseau par défaut » que les chercheurs voient par IRM. La méditation permet de prendre conscience de ses pensées (de ce qui nous préoccupe et nous trouble) et de s’habituer à ne pas « saisir » ces pensées, c’est-à-dire : les laisser naître, les regarder froidement, et les laisser s’évaporer, remplacées par d’autres pensées qui vont surgir rapidement, comme des bulles qui naissent d’un marais, montent à la surface, puis éclatent, sans cesse. Et il ne faut pas juger ses pensées et ne pas laisser ses émotions s’activer face à ces pensées qui, souvent, sont des souvenirs douloureux, des préoccupations face au futur, ou – tout simplement – le fait qu’on a oublié ce matin d’acheter le pain et qu’il faudra le faire, sinon… 😉 Ou, plutôt que ne pas laisser ses émotions se réveiller, il faut les avoir sous son contrôle et penser aux causes de ces émotions, à leurs origines, se rendre compte de l’origine de nos souffrances et devenir (un peu) moins sensibles envers elles. La connaissance du monde, et de nous-même, nous permet de comprendre que nous sommes les marionnettes de nombre de mécanismes psychiques hérités (nos gènes, notre enfance) sur lesquels nous n’avons pas beaucoup de prise et dont nous ne sommes donc pas entièrement responsables ; même s’il nous est tout de même possible de changer nos habitudes et notre façon de penser et voir le monde, avec du travail (TCC). La souffrance (physique ou psychique) est un mécanisme créé par l’évolution pour prendre soin de notre corps et de ceux avec qui nous vivons (et sans qui nous ne pouvons pas vivre). Cela fait notre humanité, notre condition humaine : la souffrance fait partie intégrante de nos vies ; ne jamais souffrir nous rendrait inhumain. Il faut donc accepter la souffrance, mais chercher à la réduire. Le bouddhisme tend surtout à l’acceptation de la souffrance, renonçant à la réduire activement, ou à ne rien faire du tout pour ne pas souffrir (être moine, c’est facile ! Pas de femme, pas d’enfant, pas de « vrai » travail ni responsabilités). Il faudrait sans doute atteindre un équilibre entre les deux. On peut aussi méditer en marchant, comme je le fais, seul, et concentré dans chacun de mes pas dans la montée dans les cailloux et entouré par la Nature. Reconnecter son corps à son cerveau est un moyen pour ré-alimenter en neuro-transmetteurs notre cerveau profond, animal.

3) Nous avons tous des pensées douloureuses : regret de « mauvais » choix dans le passé, douleur face à des événements traumatisants du passé, angoisse face au futur, mal-être, etc. Ces pensées sont reliées par des neurones à notre centre des émotions : se remémorer certains moments de sa vie réactive l’émotion douloureuse qu’on a ressenti à l’époque (voire des moments heureux, comme la madeleine de Proust (le goût de la madeleine trempée dans le thé plutôt que sa vue)). Éviter de penser à son passé, à ces moments douloureux, ne résout rien : les connexions neuronales sont toujours là. Penser seul à ces moments douloureux ne fait que réactiver la douleur sans la réduire. Une solution consiste à repenser à ces moments douloureux, ou à ses angoisses, dans un cadre thérapeutique, avec le soutien et l’aide d’un thérapeute en qui on a confiance, qui comprend les mécanismes à l’oeuvre en nous, qui exprime de l’empathie envers nous, et qui peut nous aider à mettre des mots sur ce que nous ne comprenons pas ou ne réussissons pas exprimer en-dehors de son cabinet. Mais, surtout, le thérapeute nous permet de nous laisser aller à pleurer et à exprimer notre douleur face à ces moments douloureux du passé. Grâce à une présence humaine empathique, et avec le temps qui émousse les douleurs, l’expression de notre douleur nous en libère peu à peu, défaisant peu à peu les connexions neuronales entre ces souvenirs pénibles et le centre de nos émotions, jusqu’à un point où seule une évocation profonde de ce moment douloureux peut réanimer l’émotion et la douleur vécues dans le passé : on ne guérit jamais de son passé et de ses douleurs, mais on cicatrise. On « accepte » ce qui est advenu, et on se tourne vers le futur. Les centres du cerveau que nous utilisons pour revisiter notre passé sont les mêmes que ceux qui nous servent à penser notre futur : (en général) nous bâtissons notre futur à partir de notre passé ; d’où l’intérêt de « digérer » son passé pour ne pas retomber dans les mêmes erreurs ou pour ne pas souffrir de nouveau.

Bref, je vous suggère de lire « Cerveau & Psycho », « Philosophe magazine », et toute autre revue ou livre qui vous permettra de mieux comprendre comment le monde et vous-même fonctionnent. La jeunesse et tout ce qui remplit nos vies nous empêche le plus souvent de nous arrêter un moment et de réfléchir. Et il vaut mieux réfléchir avec l’aide de philosophes et de scientifiques, plutôt que seul. On peut penser qu’on peut vivre sans réfléchir à ce que c’est que vivre, à ce que vivre signifie : c’est prendre le risque de découvrir bien tard (voire trop tard) qu’on a vécu à côté de ses pompes, à côté de sa « vraie » vie. Sa « vraie » vie n’est, bien sûr, que celle qu’on décide consciemment de vivre. Vivre emporté par les événements, emporté par ce que désirent les autres, emporté par la fuite de ce qui nous fait souffrir, emporté par l’angoisse, emporté par un passé qui décide à notre place, ce n’est pas vraiment vivre « sa » vie. Mais, faire face à notre condition humaine, avec ses étapes et sa fin ultime, n’est pas forcément facile ni agréable. On peut préférer ne pas penser à la réalité et se bercer d’illusions ou repousser le moment d’y penser à plus tard. On peut. Mais, comme Albert Camus, il me semble qu’il est de notre responsabilité d’être-humain d’essayer de vivre « en conscience » : la compréhension et la conscience de ce qui se passe en nous. Sans non plus tomber dans l’obsession et le nihilisme. La vie est une tromperie, la vie est absurde, mais il est essentiel de la vivre du « mieux » qu’on peut (et c’est à chacun de nous de définir ce qui est « bien » ou « mieux », dans le cadre d’une vie en société s’entend, une vie entourée d’amis et de sa famille), et d’en rire le plus souvent possible. Finalement, la vie est une bonne blague que le hasard nous a fait, comme disait Cioran. Autant s’amuser autant que faire se peut. Vivre dans le présent, en ayant conscience de son passé sans le refouler ni en souffrir, et en pensant au futur – proche ou lointain – sans obsession ni angoisses pathologiques. La mort n’est rien, pour celui qui meurt. Elle ne fait souffrir que ceux qui restent. Dans cette plus ou moins longue vie que chacun de nous a à vivre encore (et ce qui est super, c’est qu’on ne sait pas combien il nous reste ! 😉 C’est fun ! ), il faut … trouver SA PROPRE voie, bien accompagné (amis, famille) parce que nous ne sommes pas faits pour « rester seuls au fond d’une chambre ». Nous sommes faits pour découvrir et comprendre le monde, par nous-même et par les autres, par la contradiction qu’ils nous opposent et qui nous force à éclairer et étayer notre pensée. Et, si ce monde évolue dans un sens qui ne nous semble pas « bon » (Daech, changement climatique, effondrement de la diversité biologique, pollution, sur-population, etc), chacun de nous a la possibilité de choisir sa route et de faire du mieux qu’il peut pour s’en sortir mieux que les autres, pour soi, pour ceux qu’il aime, et pour ses enfants, et sans écraser les autres au passage. Être « optimisme » signifie essentiellement ne pas vouloir voir la réalité en face et croire que tout va magiquement se résoudre. Être « pessimiste », ou plutôt « réaliste », consiste à continuellement essayer de comprendre ce qui se passe vraiment, froidement, à en déduire les conséquences pour soi (et à réévaluer régulièrement ces conséquences pour soi de ce monde qui change et des façons pour s’y adapter) et ceux qui comptent pour soi, et à agir. André Comte-Sponville a écrit un petit livre éclairant : « Le bonheur, désespérément ». Ici, « désespérément » signifie : ne pas espérer de ce sur quoi on n’a aucun pouvoir ; se focaliser plutôt sur ce qui dépend de nos choix et de nos actions. Mais, comme je suis comme le curé qui dit « faites ce que je dis ! et pas ce que je fais… » 😉 , j’ai bien sûr encore acheté un ticket de loto ce matin ! La probabilité de gagner le gros lot est infime ! mais pas nulle !! 😉 et, face à mon désir d’arrêter de m’abrutir encore au boulot (qui me fournit grosso-modo 8h d’évasion de moi-même par jour et suffisamment d’argent pour vivre « correctement », mais m’empêche de me « réaliser » vraiment), un peu de rêve (en sachant limiter le nombre de fois où j’achète un peu de rêve) m’aide, comme marcher en montagne, comme faire du vélo, comme faire des photos, etc. La sagesse, et les pensées philosophiques, c’est juste pour se donner une direction vers laquelle tendre. En réalité, nous sommes profondément humains, c’est-à-dire : bordéliques, souvent imprévisibles, erratiques, illogiques, impulsifs, et stupides. Mais, bon, pas tout le temps ! En fait, résoudre les problèmes et souffrances qui nous tiraillent en profondeur nous permet d’être plus spontanément « nous-mêmes » lorsque nous devons faire face à une situation. Penser, philosopher, réfléchir, c’est juste un moyen pour que ensuite, à chaque instant, nous soyons plus « proche de nous-même » et moins sous le contrôle de ce qui se passe sous notre conscience. C’est ainsi que, tant qu’on n’a pas analysé, remis en cause, et digéré vraiment tout ce que nos parents, notre éducation, notre culture nous ont transmis, nous n’agissons pas vraiment comme « nous-mêmes », et nous ne sommes que les porte-voix d’idées que nous avons avalées telles que et que nous n’avons pas faites nôtres. Cela demande une certaine révolte face à ce qui nous a été transmis, genre « crise de l’adolescence » en mieux et plus profond. Ré-éxaminer chacune de nos idées et « croyances » à l’aune de tout ce que nous avons appris depuis. Ainsi, par exemple, Napoléon n’est pas ce héros décrit dans nos livres d’Histoire. Napoléon fut un dictateur qui a saigné la France, bouleversé et ensanglanté l’Europe, pour (presque) rien. Bien d’autres des idées que nous avons intégrées, une fois confrontées à la vision qu’en ont des étrangers, sont bancales et stupides, voire fausses. Comme la place de la psychanalyse en France, qui a tourné à l’idéologie et à la connerie, à l’immobilisme, empêchant d’autres thérapies plus efficaces de trouver leur place. Certains nous parlent du passé « glorieux » de la France et de ses origines chrétiennes. Un regard plus distancié et froid montre plutôt un passé peu reluisant, sanglant, tortionnaire, absolutiste, enfermé dans des pensées stupides (Mélanchon : communisme mou, Le Pen : race et nation, etc). La vérité est inatteignable. Mais notre dignité consiste à constamment essayer de nous en approcher, sachant qu’elle fout constamment le camp, comme la physique fondamentale : après la Terre au centre du monde, après la Terre plate, après la révolution de Newton, puis celle d’Einstein, nous continuons constamment à découvrir des « cas particuliers » qui remettent en cause notre vision de l’univers physique qui nous entoure (matière noire, énergie sombre, monde quantique). Nous ne comprendrons JAMAIS parfaitement comment le monde fonctionne et comment nous-mêmes nous fonctionnons, mais la dignité humaine consiste à constamment essayer de s’en approcher, comme une courbe qui s’approche infiniment de son asymptote, que jamais elle ne rejoindra. Le monde nous est parfaitement inconnu : plus nous le connaissons, plus il nous échappe, plus nous découvrons de questions sans réponses : « plus je sais, plus je sais que je ne sais rien (pas grand chose) ». Mais rien n’est plus inacceptable que ne pas essayer de suivre cette explosion de nos connaissances. Entre nos ancêtres qui essayaient d’expliquer le monde mystérieux qui les entourait, ce qui les a poussés à inventer des explications magiques (esprits, dieux, etc), et nous-mêmes, il y a un monde énorme, rempli de milliards de milliards d’explications accumulées dans toutes les branches de la connaissance. Mais, pourtant, nous avons toujours le même cerveau… conçu pour rechercher de la nourriture et faire face (par la fuite !) aux dangers. Enfin… presque le même cerveau. Le même à la naissance, mais tellement transformé par l’éducation et par le monde que nous avons créé. Le monde et la vie sont formidables ! juste un peu compliqués parfois, et pénibles aussi.

Birdman !!!!!!!!!!!!!

2015/03/01

« Birdman » !! Un film à voir ! et qui mérite bien ses Oscars.
Il montre notre besoin de reconnaissance, sur différents domaines, notre besoin d’être aimé, et notre désir de faire quelque chose d’important avant de mourir.
C’est aussi un film très vif, surprenant par sa technique, sans temps mort, qui nous emporte. Et les acteurs sont formidables. C’est aussi un film complexe, sans doute à revoir plusieurs fois. Je l’ai vu en VOST et – bien sûr – les sous-titres ne respectent pas toujours les nuances des paroles ; donc il faut essayer de comprendre (putain d’américain !) les paroles.
Oui, un film à voir !!

Liberté d’expression et caricatures

2015/02/25

Lors de l’émission « Le téléphone sonne » sur France Inter le mercredi 25 février 2015, dont le sujet était « La liberté d’expression et le droit à la caricature religieuse », des arguments pour défendre le droit à la liberté d’expression et le droit à la caricature n’ont pas été évoqués.

Tout d’abord, la France compte environ 30% d’athées, bien plus que tous les croyants de toutes les religions établies en France. Alors, en critiquant et en caricaturant les religions, « Charlie-Hebdo » se fait donc le porte-parole de tous ces français qui considèrent que les religions, TOUTES les religions, ne sont qu’un ramassis de conneries. Pour s’en convaincre pour l’Islam, il suffit de lire le livre « Blasphémateur » de Waleed Al-Husseini, qui vient de sortir en janvier, et où il démolit et vomit la religion qui lui a été imposée par le hasard de sa naissance. En fait, savoir que les religions ne sont qu’un ramassis de conneries est une certitude partagée par des millions de Français mais qui est tue, et que le « politiquement correct » habituel empêche de dire haut et fort, en particulier à la radio, à la télévision, et dans les journaux, sauf par certains qui essayent courageusement de remuer la boue qui empêche beaucoup de Français de voir et de penser véritablement. Bref, des millions de Français se retiennent de dire à voix haute ce qu’ils pensent sous prétexte que cela choquerait les fous qui croient encore à des balivernes, à des stupidités mortifères, telles que Dieu, le Paradis, et l’Enfer. Pour croire en Dieu, il faut être soit stupide, soit désespéré, soit mentalement déficient, soit trop paresseux pour faire du ménage dans son stock de conneries mentales. Quant à ceux qui tuent au nom d’un Dieu, ils ne croient pas en Dieu mais dans le nihilisme et l’horreur, qui les amusent et leur donnent une raison stupide de vivre (et de tuer et de mourir) ; ils utilisent une religion pour dominer et asservir les autres, mais aussi pour violer et tuer afin de satisfaire leur besoin de plaisirs sadiques.

Ensuite, la loi de 1905 décrète que l’État Français est laïque et qu’il garantit à chacun la pratique de sa religion. Cette loi institue donc une « sphère publique », a-religieuse, laïque, et des « sphères privées », intimes et religieuses. Dans ce contexte, le délit de blasphème a été supprimé du droit français (comme dans 43 autres pays sur 198). Mais aujourd’hui en France on entend encore des gens crier au scandale parce que certains, comme « Charlie-Hebdo », se moquent ouvertement de leur religion et de ses symboles. Cette « indignation » est bien pratique à ces religions pour rappeler leur existence et tenter encore et encore de s’imposer aux Français, alors qu’elles ne représentent qu’une minorité, et pour déborder de leur « sphère religieuse privée » pour entrer dans la « sphère publique laïque ». Il est donc insupportable d’entendre à la radio des représentants des différentes religions se plaindre que des méchants blasphèment, voire même promettre des coups de poings (avant des balles en plomb ?) pour de simples paroles. Or, par définition, le blasphème est « toute parole de malédiction, reproche ou irrespect prononcé contre Dieu » ou encore « une parole ou discours qui outrage la divinité, la religion ou ce qui est considéré comme respectable ou sacré » . Bref, le blasphème n’a de sens que pour ceux qui croient en ce Dieu, attaqué par ces paroles, et au « sacré » qui lui est attaché. Pour celui qui croit en un autre Dieu, ou qui ne croit pas, ces paroles ne constituent donc pas un blasphème. Or, comme la République, laïque, ne croit en aucun Dieu ni à rien de ce qui est spécifiquement sacré pour ces religions, le blasphème n’a pas de sens pour la République : donc, en République, le blasphème n’existe pas. Mieux, « crier au blasphème » consiste à faire passer des concepts normalement circonscrits à la « sphère privée religieuse » de certains dans la « sphère publique », par définition laïque. Le mot « blasphème » n’a de sens qu’à l’intérieur d’une « sphère privée religieuse ». Et celui qui « crie au blasphème » contrevient donc à la loi de 1905. Il me semble donc logique de : 1) ne PLUS utiliser le mot «  blasphème » dans la « sphère publique », mais plutôt : « critique », et 2) créer un délit de « cri au blasphème ». Celui qui, choqué stupidement par des mots ou des images qui critiquent sa religion, n’a pas le droit de crier au blasphème (qui n’a pas de sens pour l’auteur de cette critique, à supposé qu’il n’appartienne pas à la même « sphère religieuse privée ») et doit donc être puni par la loi. En effet, se plaindre de ce qu’il appelle « blasphème » ne respecte pas ce qui est éminemment sacré pour des millions de Français : la liberté d’expression. Cette « liberté d’expression » a été douloureusement acquise par nos ancêtres, afin de montrer le monde sous un éclairage différent, ce qui déplaît fortement à certains qui n’aiment pas que l’on montre le côté noir de leurs pensées, de leurs actes, et de leurs religions.

Bref, Dieu est mort, et qu’on le laisse pourrir en paix, et qu’on nous laisse railler tous les débiles qui ne sont pas sortis du Moyen-Âge.

Être ou ne pas être (Charlie)

2015/02/06

Un mois demain que le massacre a eu lieu. « Charlie » est toujours dans les esprits, mais la Terre a continué à tourner et, également, des dizaines de milliers d’autres personnes sont mortes prématurément et souvent brutalement, tragiquement, dans le monde, relativisant ce qui est arrivé à Charlie. D’ailleurs, tout le monde n’a pas « été Charlie » et il y a eu de nombreuses façons d' »être Charlie ».
J’ai acheté le numéro 1178, en deux exemplaires même, et je l’ai lu, consciencieusement. (Probablement que je l’avais déjà lu, voire même acheté, dans le passé, mais probablement une seule fois, comme la majorité des français.) Mais je n’ai pas lu que ça. J’ai lu tout ce que je pouvais de tous les témoignages et analyses qui ont été publiées, essentiellement sur le Web, mais aussi en papier, du « Canard Enchaîné » à « Valeurs actuelles », en passant par Libération, le Nouvel Obs (L’Obs ! pardon), et le Monde. Un nombre impressionnant d’experts (de véritables experts) ont été invités à s’exprimer, permettant de mieux comprendre l’Islam. Enfin… LES Islams. Celui de Daech ou celui du paysan tranquille. Et leur histoire, complexe, pleine de mensonges et de trahisons. Finalement, comme pour le Christianisme, l’Islam d’origine n’a certainement rien à voir avec ses différentes formes actuelles, même les plus extrêmes ou celles qui s’en réclament. Car, dès la mort de Mohammed, il a été récupéré et utilisé par des dictateurs de l’époque, voire même les descendants de ceux qui l’avaient combattu, pour asseoir leur emprise sur leur population et pour justifier les conquêtes. Bref, si Jésus n’a pas existé (son personnage fut probablement créé à partir de plusieurs personnes et beaucoup d’imagination), le prophète Mohammed a bien existé, mais son histoire véritable restera à jamais inconnue de tous, y compris de tous les « soi-disant » experts musulmans qui ne font que lire et relire toujours les mêmes livres écrits des centaines d’années après sa mort, et qui n’imaginent pas combien les recherches archéologiques révèlent sur la vérité historique (ainsi, bien peu de choses de la Thora sont prouvées par la véritable histoire et par l’archéologie). Mohammed et l’Islam sont des mythes, des inventions. Et on tue pour cela… Ou, plutôt, on utilise une histoire pour justifier sa haine, sa colère, sa volonté de tuer et de détruire, pour… pour rien. Tant de sang versé pour rien. Femmes violées puis crucifiées, femmes enceintes éviscérées, enfants enterrés vivants, pilotes brûlés vifs, prisonniers décapités, etc. L’horreur. Qui nous rappelle la St-Barthélémy qui a vu les « bons » Catholique massacrer les « mauvais » Protestants, hommes, femmes, enfants, vieillards. L’Islam, les Islams, sont en retard. Ou, plutôt, ils sont structurés autrement, de façon tribale, anarchique, dans des pays où l’analphabétisme est roi : ceux qui disent venger le Coran ne l’ont jamais lu, ils n’ont fait qu’entendre des prêches de moins illettrés qu’eux et qui n’ont lu et compris qu’une partie des textes, bien souvent les Haddiths, et n’en ont pris que ce qui soutenait leurs idées… Il y a de tout dans le Coran : de l’amour, du meurtre, et des guerres. Chacun y prend ce qui l’attire.
Bref, l’Homme reste bien un sauvage. Seule l’éducation peut lui permettre de mieux comprendre ce qu’est le monde.
J’ai beaucoup lu. Peut-être en ferai-je un chapitre d’un livre, sur un sujet différent : l’athéisme. Mais, bon, il y a loin de prendre des notes de ses idées, de recueillir les analyses des experts de tous bords, et d’en faire un livre promouvant une autre voie : l’athéisme. On verra bien. J’ai si peu de temps…

En attendant, s’il y a un livre à lire pour comprendre ce qui peut pousser de jeunes français d’origine musulmane à tuer et mourir pour des stupidités, c’est celui d’Amin Maalouf : « Les identités meurtrières ». Ce livre, écrit par un arabe chrétien du Liban, parlant l’arabe, naturalisé français, écrivain français, lui-même riche de nombreuses appartenances, est éclairant sur la complexité et la difficulté de nos vies, à tous, tous migrants, tous devant nous adapter soit à un autre pays, soit à une autre région de ce pays, soit à un pays qui a plus changé en 30 ans qu’en plusieurs générations. Notre « identité », nos « appartenances », qui font de nous des personnes écartelées entre différents mondes : le pays étranger que nous avons quitté, le pays de notre enfance qui a radicalement changé, et ce pays d’aujourd’hui, complexe et varié. Mais, bon, s’adapter au changement, c’est une preuve d’intelligence et de jeunesse ! Et c’est le propre de l’Homme. Le brassage des Hommes et des idées devrait amener à un nouveau monde, meilleur. Un jour peut-être… Mais pas sûr ! Vraiment pas sûr ! Car il y a d’autre dangers que les religions qui menacent les Hommes et notre planète. Il y a d’autres idéologies mortifères. Il y a plein d’autres façons de détruire la paix et la beauté. L’Homme est tellement inventif ! Demander donc aux Ukrainiens ce qu’ils pensent de Poutine, qui met de l’huile sur le feu sur un pays pour… pour quoi ? Occuper les russes pour qu’ils oublient qu’ils sont en dictature ? pour garder le pouvoir ? pour satisfaire à un rêve idiot : toujours plus ! Une Russie plus grande et plus forte ! Mieux vaudrait laisser les gens essayer d’être heureux… Déjà que, même sans guerre, nous arrivons à ne pas être heureux… Que les français qui se sentent malheureux en France (tous ceux qui n’ont pas les moyens de s’acheter un iPhone ! par exemple) aillent voir ailleurs ! 😉 Il y a des paysans qui, alors qu’ils ne pourront jamais se payer un médecin ou des médicaments, alors que leur vie est VRAIMENT dure, sont heureux malgré tout.

Je suis Charlie ! (mais… lequel ?)

ProtestantismeS

2014/05/07

« Protestantismes, Les textes fondamentaux commentés », c’est un dossier de référence du Point sur les protestantismeS. Le pluriel s’impose, tant ce courant religieux chrétien est diversifié, tant la liberté qu’il offre permet toutes les extensions, et toutes les dérives…
Je connaissais bien mal le Protestantisme, malgré une amie qui m’en disait tant de bien (en comparaison du catholicisme). Et la lecture de cette centaine de pages m’a permis d’y voir bien plus clair. Bref, si l’idée débile de croire en Dieu me venait, au moins choisirais-je le protestantisme plutôt que le Catholicisme : avoir un peu de liberté dans ma prison mentale. Pour les français, essentiellement de culture catholique, le protestantisme est un peu mystérieux. Ce petit livre permet d’en révéler l’origine, les nombreuses évolutions, et l’intérêt. Mais, même si le protestantisme permet à chaque croyant d’être libre d’interpréter la Bible et de se forger sa propre opinion, et s’il y a des nuances fort importantes entre le catholicisme et le protestantisme, Dieu et la Bible sont bien là, bien présents. Et, avec les Evangélistes, on frise de nouveau l’horreur : considérer qu’il n’y a qu’un Dieu et qu’il faut présenter (imposer !) son culte à tous les Hommes. Je ne saurais résumer tout ce que j’ai lu, mais je recommande la lecture de ce petit livre pour tous ceux qui, comme moi, veulent étudier et comprendre le MAL, celui engendré par la croyance folle et débile en l’existence d’un Dieu unique est « sauveur » ; même si, pour le protestantisme, la folie se limite presqu’exclusivement à croire en Dieu et en la Bible. Les Catholiques sont devenus encoure plus fous, en comparaison de la lecture critique et libre que font les Protestants de la Bible. Idolâtres sont les Catholiques, qui transforment en saint un vieux con qui a pris le pouvoir d’une vieille et agonisante secte. A contrario, les Protestants permettent à chacun de leurs membres d’être prêtre, tout en ayant une vie normale : marié. C’est, bien sûr, bien plus compliqué que ça… et les dérives ultra-sectaires du protestantisme sont effrayantes : comme quoi, lorsque l’idée de base est fausse et folle, toutes les folies peuvent en naître, malgré toute la bonne volonté des hommes bons qui se sont laissés prendre au piège.
Une pensée émue pour David Friedrich Strauss qui, après avoir voulu « une nouvelle manière de considérer l’histoire de Jésus », incomprise par ses semblables du XIXème siècle, a rompu avec le christianisme, montrant que, lorsqu’on pousse à fond son analyse du phénomène chrétien, on ne peut que rompre avec lui.
Le Point – Références – Mai-juin 2014 – 7€50 .
Bonne lecture !

Religion et économie

2014/03/01

Quel rapport entre ces deux trucs-là ?

La difficulté qu’ont les « spécialistes » de chacun de ces domaines à remettre en cause leurs idées.

Pour les religions, j’en ai déjà assez parlé ici : les religions ont été une réponse à un problème toujours d’actualité mais élaborées à une époque où les Hommes manquaient de connaissances sur le monde « réel ». Vue l’accumulation de connaissances (histoire, archéologie, sciences), il est temps de « refonder » une nouvelle façon de voir notre vie en ce monde.

Pour l’économie, lire le papier d’Atlantico : Les indicateurs économiques utilisés aujourd’hui ont été construits à une époque lointaine et ne sont plus adaptés. Les chiffres nous font prendre des vessies pour des lanternes. Le monde a changé. La croissance ne peut pas être éternellement haute. Les décideurs doivent remettre à zéro leur interprétation du mouvement du monde basée sur des indicateurs dépassés et changer leur façon de penser et s’adapter à de nouveaux indicateurs. Pour prendre une image mathématique, nous sommes dans une fonction qui tend vers une asymptote, ce qui signifie que les dérivées et autres indicateurs ne pourront plus jamais être comme avant. Certes, nos connaissances et notre technicité augmenteront. Et de nouvelles techniques (comme le transport aérien accessible à tous, par exemple) pourraient remettre en cause des fondements de nos pensées et de nos vies (dans mon exemple, les routes n’auraient plus aucune utilité…). Mais, bon, c’est encore du domaine du rêve. Acceptons l’idée d’un ralentissement des changements de nos vie, et visons une amélioration de notre façon d’utiliser nos vies (mort à Mc Donald ! et autres mal-bouffe ; mort à la consommation sans frein ; parlons à nos voisins ; aimons-nous les uns les autres sans avoir besoin de croire à un Dieu créateur et qui nous observe ; entre autres exemples).