Archive for the ‘Mort’ Category

Charlie Hebdo est mort

2015/01/07

Charlie Hebdo est mort.
La Liberté et la France sont un peu plus mortes.
Je suis en berne.
La connerie tue.
Et rien de plus con que de ne lire, toute sa vie, qu’un seul livre. Surtout un livre, comme la Thora, la Bible, ou le Coran, qui est dépassé, moisi, mortifère.

AirAsia

2015/01/05

Dans les 15 jours avant le crash du vol d’AirAsia en provenance de l’Est de Java, j’ai pris trois avions de cette compagnie. Le premier, le 16/12, Singapour -> Yogyakarta (île de Java, Indonésie), est parti après 2-3 heures de retard et a tourné une 1/2 heure avant de pouvoir se poser. Le second, le 19/12, Yogyakarta -> Denpasar (île de Bali, Indonésie), a eu 1/4 d’heure de retard au départ. Quant au troisième, le soir de Noël, Denpasar -> Singapour, il a été remplacé par un quatrième avion, avec 3 heures de retard, et est resté sur le tarmac, l’un des moteurs grands ouverts.
Hummmmmm
Et heureusement qu’AirAsia est considérée comme l’une des compagnies LowCost les plus fiables d’Asie…

En 2013, j’étais parti de Kuala-Lumpur (l’ancien aéroport bordélique de K-L), d’où était parti le vol de la Malaysian AirLines qui a disparu. Et un avion desservant le Laos s’était écrasé quelques mois avant que je prenne un vol (même compagnie, même avion) de Hanoï pour Luang-Prabang au Laos.

En conclusion, malgré tout ceci, traverser la rue devant chez soi est toujours plus dangereux que de prendre l’avion… Faites gaffe !

La guerre du tabac

2014/11/06

Quelques nouvelles du front :

La cigarette, un cocktail chimique pour vous rendre dépendant

Shisha to be banned in Singapore from this month: MOH

La vie…

2014/02/23

« La vie est une longue désillusion abrégée par la mort ».

Charmant ! Il paraît que c’est de Schopenhauer. Probablement qu’il s’était construit trop d’illusions, d’espoirs, et de rêves, dans sa jeunesse, déçus par sa vie. Il suffit donc de ne pas trop espérer du futur, ni de trop rêver, et d’être heureux du présent (à supposer qu’il ne soit pas insupportable…).

La lecture de cette phrase dans l’éditorial du Point de cette semaine m’a tiré un GRAND fou-rire ! 🙂

9 millions de morts pour rien : 1914-1918

2013/11/08

Lire cet article du Point.

« En août 1914, une fois la guerre déclarée et au bout de quelques jours de combats, on avait déjà oublié la cause du conflit (un attentat qu’une diplomatie de bon sens aurait pu gérer sans peine). La folie nationaliste avait tout emporté. La tuerie battait son plein et on marchait la fleur au fusil vers le massacre de quelque neuf millions de personnes pour une cause, un but, un objectif, que personne ne pouvait vraiment définir. La haine pour la haine, la peur paranoïaque, l’arrogance nationale décidée à humilier l’arrogance adverse. L’Europe devenait folle et personne ne put arrêter cette folle machine à tuer. »

Gravity

2013/10/23

(Attention, je dévoile ci-dessous une bonne partie du film, qui mérite d’être vu !)

« Gravity » : comment économiser sur les acteurs (2 !) pour investir dans le réalisme. C’est bluffant. On se croit vraiment dans l’espace. Et on ressent cette sensation d’être en sursis, dans un « élément » totalement adverse, invivable. L’horreur à l’état pur. Je me demande comment ces hommes et femmes arrivent à monter là-haut sans se chier dessus. Le film est intense, car on sait qu’il suffit d’un rien pour mourir là-haut. Et le retour est si improbable.
Aurait-il fallu la faire mourir, elle-aussi ? incinérée dans le retour sur Terre, ou noyée si près de la terre ferme ? Certainement que la fin qui a été choisie est positive : elle survit et digère enfin la mort de sa fille.
Seul embarras pour moi, les phrases où l’on parle aux morts comme s’ils étaient encore là et comme si on allait les « rejoindre ». Quand on est mort, on n’est plus. Mais, bah, ce n’est pas bien grave.
Sans doute que, comme une petite partie des spectateurs, je me suis senti proche de Ryan, m’étant senti un peu trop près de la mort ce lundi, même si ce n’était qu’une atteinte temporaire à mon intégrité psychique. Par contre, la fille adolescente de la famille qui discutait du film en sortant, elle n’avait pas du tout aimé le film ! Elle aurait préféré voir « Prisoners », ou bien « La vie d’Adèle ». Et, pendant le film, un couple près de moi discutait tranquillement, désirant peut-être implicitement fuir la tension du film.
Bref, le film, en 3D, nous fait flotter dans l’espace, et c’est une sensation affreuse que de se sentir seul au monde, inaccessible, perdu, condamné à mort dans les minutes qui viennent. Et, comme un écrivain l’a dit, ce n’est pas mourir qui est pénible, c’est de mourir « volé », volé de tout ce qu’on aurait voulu faire.

« Au fond de l’espace, on ne vous entend pas crier » !

Allez-y ! C’est un super film ! C’est bon d’avoir peur ! Après… après on aime mieux sa vie, aussi imparfaite soit-elle.

Regrets…

2013/09/18

D’après Bronnie, infirmière en soins palliatifs en Australie, et qui accompagne les malades en fin de vie, les gens ont 5 principaux regrets quand ils approchent de la mort. Elle a remarqué que les regrets qu’on lui confiait sur son lit de mort étaient souvent les mêmes. Sur son blog appelé Inspiration and Chai, elle a établi le top cinq de ceux qui revenaient le plus souvent.

Avant de mourir, les gens regrettent généralement:

De n’avoir pas eu une vie fidèle à leurs attentes personnelles.
« Ils regrettent d’avoir mené une vie qui faisait plus plaisir aux autres qu’à eux et de ne pas avoir mené leurs propres rêves. »

D’avoir travaillé si dur.
« Ce regret est celui de tous les patients masculins dont je me suis occupée. Ils sont passés à côté de la jeunesse de leurs enfants et de la compagnie de leur partenaire. »

De ne pas avoir eu le courage d’exprimer leurs sentiments.
« Beaucoup de gens n’ont pas exprimé leurs sentiments pour rester en paix avec les autres. En conséquence, ils ont vécu une vie médiocre et ils ne sont pas devenus ce qu’ils auraient pu être. Beaucoup de maladies se sont développées suite à l’amertume et au ressentiment qu’ils ressentaient. »

De ne pas être restés en contact avec leurs amis.
« Beaucoup étaient trop pris dans leurs vies et ils ont laissé l’amitié s’effilocher. Ils avait des regrets au sujet de leurs amitiés et du temps qu’ils leur avaient accordé. Beaucoup pensent à leurs amis quand ils sont en train de mourir. »

De ne pas avoir choisi d’être plus heureux.
« C’est surprenant mais cela revient souvent. Beaucoup ne s’étaient pas rendus compte que le bonheur est un choix. Ils restaient coincés dans leurs vieux schémas et dans leurs vieilles habitudes. La peur du changement fait qu’ils se sont contentés de certaines choses alors qu’au fond, ils aspiraient à rire ou à être à nouveau stupides dans leur vie. »

Ces regrets correspondent assez bien aux miens, surtout le 2ème et le 4ème. Mais, heureusement, j’ai décidé de moins travailler, j’ai repris contact avec mes amis d’enfance (mais ils habitent loin…), j’ai déjà réalisé plusieurs « rêves » (photo, chant) et la réalisation d’un autre approche. Quant à choisir d’être « plus heureux », c’est pas encore ça ! Même si j’ai bien bouleversé mes vieilles habitudes.

Oui, il est important d’avoir ces 5 « regrets » en tête et de se demander si on vit vraiment la vie qu’on voudrait vivre. Bref, il faut philosopher ! Dès que possible, le plus tôt possible, comme le recommandait Epicure.

La mort comme la montagne

2013/09/14

La mort, c’est comme une montagne. Au début, on la voit de loin : elle est purement théorique, juste une idée, dont on voit le sommet. Mais, lorsqu’on s’approche, lorsqu’on commence l’ascension, à son pied, on ne voit plus le sommet. On sait qu’il est là puisqu’on l’avait vu de très loin, mais maintenant la pente, la forêt, puis d’autres sommets intermédiaires nous le cachent. Autant d’étapes, où nous croyons que c’était la fin, et où il nous faudra repartir, en redescendant d’abord, avant de remonter, vers un nouveau sommet. Le dernier ?
C’est en montant au Pic St-Michel, pointe du Vercors qui surplombe Grenoble, que je ressens cela. Déjà, lorsqu’on gare sa voiture, on ne voit plus le sommet. Et puis on grimpe. Première étape : le Col de l’Arc, où l’on a une vue magnifique sur notre passé et de possibles futurs : le plateau du Vercors à l’ouest et la vallée de Grenoble à l’est. Et puis il faut repartir, et passer deux sommets intermédiaires avant d’atteindre le vrai, le dernier sommet. Après avoir marché dans l’herbe, puis dans l’herbe rare, les derniers 100 mètres sont rocheux, désertiques. Le sommet est fait de cailloux. Et le vide est là, juste au bord. Une glissade, un faux pas, et 500m de vide nous accueille, réglant définitivement tous nos soucis ;). Mais, bon, j’ai déjà fait ce sommet-là 20 ou 30 fois, et je compte bien le refaire, encore et encore, tant que je le pourrai, de plus en plus lentement sans doute. Mais, bah ! L’essentiel, c’est de pouvoir encore. Il sera bien temps, un jour, de choisir de plus humbles sommets.

En attendant, aujourd’hui, c’est : Photos ! Préparation de dossiers pour être exposé. Pour l’un, c’est sûr : il suffit de choisir les photos et de tout organiser. Pour l’autre, quelqu’un décidera. On verra bien. Juste deux sommets intermédiaires à franchir, ou pas. Il y a toujours moyen de contourner un obstacle. Avant un sommet ? Quel sommet ? Tout cela est vain, je le sais bien. Mais, bah, ça occupe les interstices de ma vie, qui est moins vide.

Le répondeur de mon fils m’émeut…

2013/06/18

Lorsque j’appelle mon fils sur son portable, j’espère toujours qu’il me répondra. Car, en guise de message, il y a sa voix indiquant ses nom et prénom, puis, au fond de la pièce, sa soeur qui dit une bêtise (« C’est à qui ça ? »), et leur mère qui se moque d’elle en reprenant la phrase avec une voix toute particulière, moqueuse mais gentiment, une voix douce qui sans doute est celle de l’adolescente qu’elle a mal été. Bref, l’entendre, par-delà sa mort, m’émeut encore… Et je ne sais pas si mon fils laisse ce message, vieux d’au moins 7 ans maintenant, exprès ou non, pour garder un petit quelque chose de presque vivant de sa mère morte. Et, cette voix, la tonalité qu’elle employait à ce moment-là, joueuse, coquine, moqueuse mais aimante envers notre fille, cela m’émeut profondément… tout en me faisant plaisir. J’aurais voulu être là, la prendre en photo, la filmer, les filmer, dans cette ambiance familiale de joie simple. C’était l’été sans doute… 2005 ? Combien de temps cette voix d’outre-tombe restera-t-elle enregistrée quelque part sur un disque dur d’Orange ? Un quartier d’orange, amère.

En Méditerranée…

2013/05/23

Il est mort au bord de la Méditerranée, Giuseppe.
J’avais un vinyl avec cette chanson…
25 ans nous séparent.
J’aimais bien sa voix, lente, tranquille, douce, chantant des choses impossibles aujourd’hui me semble-t-il…
Le temps est comme l’horizon vu d’un bateau qui avance continûment vers l’ouest sur une mer infinie : point de retour, et nul ne sait ce qui se cache derrière l’horizon, alors on a toujours envie d’y aller voir un peu trop vite au lieu de profiter du calme présent…

Dans ce bassin où jouent
Des enfants aux yeux noirs,
Il y a trois continents
Et des siècles d’histoire,
Des prophètes des dieux,
Le Messie en personne.
Il y a un bel été
Qui ne craint pas l’automne,
En Méditerranée.

Il y a l’odeur du sang
Qui flotte sur ses rives
Et des pays meurtris
Comme autant de plaies vives,
Des îles barbelées,
Des murs qui emprisonnent.
Il y a un bel été
Qui ne craint pas l’automne,
En Méditerranée.

Il y a des oliviers
Qui meurent sous les bombes
Là où est apparue
La première colombe,
Des peuples oubliés
Que la guerre moissonne.
Il y a un bel été
Qui ne craint pas l’automne,
En Méditerranée.

Dans ce bassin, je jouais
Lorsque j’étais enfant.
J’avais les pieds dans l’eau.
Je respirais le vent.
Mes compagnons de jeux
Sont devenus des hommes,
Les frères de ceux-là
Que le monde abandonne,
En Méditerranée.

Le ciel est endeuillé,
Par-dessus l’Acropole
Et liberté ne se dit plus
En espagnol.
On peut toujours rêver,
D’Athènes et Barcelone.
Il reste un bel été
Qui ne craint pas l’automne,
En Méditerranée.