Archive for the ‘Ma vie’ Category

Connards de fonctionnaires !!!!!!!!!!!!!

2015/10/14

Je dois demander un Permis de Conduire International. Sur les sites Web du gouvernement, j’ai trouvé la description de la procédure et des documents à fournir : un formulaire officiel à remplir en 2 exemplaires, des photocopies couleurs recto-verso du permis de conduire et d’une pièce d’identité, 2 photos couleurs de ma pomme, et une lettre à mes noms et adresses timbrée en Lettre Recommandée avec Accusé de Réception. Je vais à la Préfecture, et là, on me dit que : 1) je dois remplir un nouveau papier et qu’ils n’ont pas besoin du formulaire officiel, 2) les photocopies en Noir et Blanc ça aurait très bien suffi, 3) une LRAR n’était pas nécessaire et un timbre normal aurait suffi. Connards de fonctionnaires !!! Si vous indiquez un process à suivre, respectez-le !!! Ou alors, c’est parce que j’ai un look de bourgeois à la peau blanche que j’ai eu droit à ces faveurs ? J’aurais été noir avec un accent à couper au couteau, j’aurais dû repartir avec mes photocopies N&B et ma lettre minable timbrée minablement ? Connards de fonctionnaires !!! Planqués ! Abrutis ! Parasites ! Pays de merde !

You had my heart inside of your hands and you played it to the beat !

2015/10/08

Rolling in the deep, by Adèle.

You had my heart inside of your hands and you played it to the beat !

Il y a des chansons, et quelques mots en particulier, qui réveillent des douleurs oubliées… Rien de mieux que de se souvenir de souffrances passées : elles sont jouissives. Car on ne peut plus rien changer, plus rien sauver. Mieux, on ne se souvient plus vraiment, plus vraiment de tous les détails : on a fait le tri, le tri de ses souvenirs, et on a pris le bon rôle : facile ! C’est si bon de se souvenir de ces souffrances, d’en ressentir la lame refroidie dans son esprit. C’est si bon… car c’est mieux, bien mieux !, que si rien ne s’était passé. Ceux qui ont souffert (de ces douleurs-là, amoureuses, illusoires et bien réelles à la fois, mais pas dans la chair) ont bien de la chance, bien plus que ceux qui, jamais, n’ont aimé. Le plus douloureux n’est pas de ne plus aimer, ou de ne plus être aimé, mais de n’avoir jamais aimé ou avoir été aimé. Car, sans amour, on n’est rien. Sans amour, on n’a pas vécu. Sans amour, on n’a pas de souvenir de son esprit s’évadant de son corps. Car, sans amour, on n’est pas humain, ni même une parcelle de la Nature, qui a trouvé – par hasard – des outils pour attirer l’un vers l’une. Sans amour, pas de folie, et pas de sagesse sans folie. Alors, c’est pourquoi ce genre de chanson nous prend au coeur et au corps, nous remue, nous bouleverse, en faisant remonter des bribes de souvenirs, des espoirs déçus, des moments de bonheur décapités, ainsi que plein de pensées qui retombent en flocons de cendre après nous avoir consumés. Mais il y a toujours des braises, sous la cendre.

En souvenir de deux salopes qui m’ont jeté comme de la merde alors que j’étais si bas et si fou d’elles. Je comprends bien qu’on puisse ne plus aimer quelqu’un, voire même ne pas aimer quelqu’un. Mais pourquoi faut-il le rejeter ? comme une merde. On peut, comme certaines l’ont fait, transformer cet incendie stupide en amitié, même temporaire, ou en compassion, se souvenant d’être passé par cette épreuve aussi.

There’s a fire starting in my heart
Reaching a fever pitch
And it’s bringing me out the dark
Finally I can see you crystal clear
Go ahead and sell me out
And I’ll lay your shit bare
See how I’ll leave with every piece of you
Don’t underestimate the things that I will do
There’s a fire starting in my heart
Reaching a fever pitch
And it’s bringing me out the dark

The scars of your love remind me of us
They keep me thinking that we almost had it all
The scars of your love they leave me breathless
I can’t help feeling…

We could have had it all
(You’re gonna wish you never had met me)
Rolling in the deep
(Tears are gonna fall, rolling in the deep)
You had my heart inside of your hands
(You’re gonna wish you never had met me)
And you played it to the beat
(Tears are gonna fall, rolling in the deep)

Baby, I have no story to be told
But I’ve heard one on you
Now I’m gonna make your head burn
Think of me in the depths of your despair
Make a home down there
As mine sure won’t be shared

The scars of your love remind me of us
They keep me thinking that we almost had it all
The scars of your love they leave me breathless
I can’t help feeling…

We could have had it all
(You’re gonna wish you never had met me)
Rolling in the deep
(Tears are gonna fall, rolling in the deep)
You had my heart inside of your hands
(You’re gonna wish you never had met me)
And you played it to the beat
(Tears are gonna fall, rolling in the deep)

Could have had it all
Rolling in the deep
You had my heart inside of your hands
But you played it with a beating

Throw your soul through every open door
Count your blessings to find what you look for
Turn my sorrow into treasured gold
You pay me back in kind and reap just what you’ve sown

(You’re gonna wish you never had met me)
We could have had it all
(Tears are gonna fall, rolling in the deep)
We could have had it all
(You’re gonna wish you never had met me)
It all, it all, it all, it all
(Tears are gonna fall, rolling in the deep)

We could have had it all
(You’re gonna wish you never had met me)
Rolling in the deep
(Tears are gonna fall, rolling in the deep)
You had my heart inside of your hands
(You’re gonna wish you never had met me)
And you played it to the beat
(Tears are gonna fall, rolling in the deep)

Could have had it all
(You’re gonna wish you never had met me)
Rolling in the deep
(Tears are gonna fall, rolling in the deep)
You had my heart inside of your hands
(You’re gonna wish you never had met me)
But you played it, you played it,
You played it, you played it to the beat

Il y a un feu qui est en train de s’allumer dans mon cœur
Atteignant son paroxysme, il me fait sortir de l’obscurité.
Enfin, je peux te voir clair comme du cristal
Vas-y, trahis-moi, et je mettrai ta barque à nu
Regarde comment je m’en vais avec chaque partie de toi.
Ne sous-estime pas les choses que je vais faire.

Il y a un feu qui est en train de s’allumer dans mon cœur
Atteignant son paroxysme, il me fait sortir de l’obscurité.

[Refrain]
Les cicatrices de ton amour me rappellent nous deux
Elles continuent à me faire penser que nous avions presque tout
Les cicatrices de ton amour, elles me laissent sans souffle
Je ne peux pas m’empêcher d’avoir le sentiment
Que nous aurions pu tout avoir
(Tu vas souhaiter ne jamais m’avoir rencontrée)
Roulant dans les profondeurs
(Les larmes vont couler, en roulant dans les profondeurs)
Tu avais mon cœur entre tes mains
Et tu en as joué, en rythme
(Tu vas souhaiter ne jamais m’avoir rencontrée)
Roulant dans les profondeurs
(Les larmes vont couler, en roulant dans les profondeurs)

Bébé, je n’ai pas d’histoire à raconter
Mais j’en ai entendu une sur toi
Et je vais te faire brûler la tête
Pense à moi dans les profondeurs de ton désespoir
Construis-toi une maison là-bas au fond car la mienne, je ne la partagerai sûrement pas.

[Refrain]

Jette ton âme à travers toutes les portes ouvertes (woah)
Compte tes bonnes fortunes pour trouver ce que tu cherches
(woah)
Transforme mon chagrin en or précieux
Tu me le payeras en nature et récolteras ce que tu as semé
(Tu vas souhaiter ne m’avoir jamais rencontrée)
Nous aurions pu tout avoir
(Des larmes vont couler, roulant dans les profondeurs)
Nous aurions pu tout avoir
(Tu vas souhaiter ne m’avoir jamais rencontrée)
Tout, tout, tout,
(Des larmes vont couler, roulant dans les profondeurs)

Nous aurions pu tout avoir
(Tu vas souhaiter ne m’avoir jamais rencontrée)
Roulant dans les profondeurs
(Des larmes vont couler, roulant dans les profondeurs)
Tu avais mon cœur entre tes mains
(Tu vas souhaiter ne m’avoir jamais rencontré)
Et tu en as joué, en rythme
(Des larmes vont couler, roulant dans la profondeur)

Nous aurions pu tout avoir
(Tu vas souhaiter ne m’avoir jamais rencontrée)
Roulant dans les profondeurs
(Des larmes vont couler, roulant dans les profondeurs)
Tu avais mon cœur entre tes mains
(Tu vas souhaiter ne m’avoir jamais rencontré)

Mais tu en as joué,
Tu en as joué
Tu en as joué
Tu en as joué, en rythme

Larmes

2015/10/08

Midi et demi. Je viens (enfin !) de finir un truc au boulot qui me résiste depuis deux semaines, et je suis content. Je rentre manger chez moi. Adèle chante l’une de ses chansons tristes, qui parle d’amour passé et loupé, avec sa magnifique voix et juste un piano. Il fait beau, avec quelques nuages sur les montagnes. Je pense alors que je pourrais envoyer une photo de la lumière sur les montagnes à ma fille, comme elle m’en a envoyée une il y a deux jours pour clamer sa joie de retrouver le ciel bleu après plusieurs semaines de haze (pollution due aux fumées des feux de forêt). Et là, j’ai envie de la serrer dans mes bras. Et les larmes se mettent à couler. Elle est à 10.000 km d’ici, bientôt 16.000 km.

AirAsia

2015/01/05

Dans les 15 jours avant le crash du vol d’AirAsia en provenance de l’Est de Java, j’ai pris trois avions de cette compagnie. Le premier, le 16/12, Singapour -> Yogyakarta (île de Java, Indonésie), est parti après 2-3 heures de retard et a tourné une 1/2 heure avant de pouvoir se poser. Le second, le 19/12, Yogyakarta -> Denpasar (île de Bali, Indonésie), a eu 1/4 d’heure de retard au départ. Quant au troisième, le soir de Noël, Denpasar -> Singapour, il a été remplacé par un quatrième avion, avec 3 heures de retard, et est resté sur le tarmac, l’un des moteurs grands ouverts.
Hummmmmm
Et heureusement qu’AirAsia est considérée comme l’une des compagnies LowCost les plus fiables d’Asie…

En 2013, j’étais parti de Kuala-Lumpur (l’ancien aéroport bordélique de K-L), d’où était parti le vol de la Malaysian AirLines qui a disparu. Et un avion desservant le Laos s’était écrasé quelques mois avant que je prenne un vol (même compagnie, même avion) de Hanoï pour Luang-Prabang au Laos.

En conclusion, malgré tout ceci, traverser la rue devant chez soi est toujours plus dangereux que de prendre l’avion… Faites gaffe !

2015 : Tony’s back !

2014/12/14

Après 9 mois interminables, ma FreeBox remarche ! Avant de passer au câble en 2015 !
Donc, retour ici l’année prochaine. Avec modération. Après les vacances.
En attendant, je prépare un joli courrier (LRAR) pour Free… 😉 De quoi faire un bel article dans « Que choisir ? » 😉

Suggestion de lecture pour les vacances : Le Code de la Conscience .

Pic St-Michel

2014/07/27

Réveillé à 7h ce matin. Parti à 8h. Pain acheté à 8h15. Arrivé au parking à 8h45. Balade commencée à 8h50. Par la face Nord (bon, c’est pas le Mt Blanc quand même ! mais c’est plus raide que par le Sud). Arrivé au sommet à 10h10, après 5 minutes de pause. Et sans avoir vraiment foncé. Bref, 700m de dénivelée en 1h15 : 560m à l’heure. Ca va. Je tiens encore la forme. Reste à vérifier ça sur 1200m de dénivelée ! 😉 Et puis, quasiment pas de marche d’approche pour le Pic St-Michel.
Une belle matinée, avec vent du nord, sensible et frais au sommet. Le son le plus bizarre et le plus rare en montagne, c’est celui du martinet qui vole près du sommet, tout en zigzaguant, le bruit du vent sur ses ailes de lame de faux : comme si un planeur passait à proximité. En redescendant, une troupe d’une cinquantaine de chocards (oiseau noir à bec jaune et pattes orange qui hante les sommets. À ne pas appeler choucas voire choucard (qui n’existe pas)) jouaient dans les ascendants, une partie étant en couple et dansant de concert au-dessus de moi.
Maintenant, les nuages arrivent.
Que la montagne est belle ! L’été, enfin…

Dans une galerie !

2014/07/26

Et, j’oubliais, me voilà maintenant dans une galerie, un peu physique quand même (Digimag : 2, rue Bayard à Grenoble), mais surtout virtuelle : Pygmaphore.
Mieux, deux de mes photos de Pygmaphore ont été exposées dans une galerie en Arles, dès la première semaine d’ouverture des Rencontres Photographiques d’Arles et jusqu’à fin juillet ! Youpi !
Bon, enfin, je n’ai toujours rien vendu… Mais ça ne saurait tarder ! Ha ha ha ! L’essentiel, c’est de s’amuser ! (sans se ruiner, quand même…)

Le roman de ma FreeBox

2014/06/19

Bon. en 4 mois, j’ai eu :
– 3 free-box en remplacement
– 4 visites d’un technicien de Free
– 2 rendez-vous avec France TéLesCons, entre 8h et 13h, où l’enfoiré n’est pas venu et ne m’a même pas prévenu
– 1 visite d’un technicien d’Orange/FT
– plusieurs hypothèses pour expliquer le non-fonctionnement de ma Free-Box
– un miracle pendant une minute : ma Free-Box qui redémarre ! trouve une mise-à-jour à télécharger, la télécharge, l’installe, reboote, et… ne redémarre plus…

Je veux mourir………………….. 😦

Bref, il ne m’est guère possible d’écrire sur mon Blog ces temps-ci… Pourtant, j’aurais tant à dire ! 😉

De retour ! Recalé… mais décalé encore

2013/12/20

« Recalée » se dit d’une machine qui s’était déréglée et tournait de travers et qu’on a remise dans le « droit chemin ».
Dans mon cas, il m’a fallu au moins deux semaines pour me « recaler » après mon voyage en Asie.
Treize vols, Quatre villes visitées. Sept hôtels. Quarante-cinq heures de vol au total. Ca fait beaucoup… Mais c’était super ! Sauf que, au retour, il faut se payer de nouveau le décalage horaire… et donc passer presque deux semaines à se coucher à… 9h30 pour 9h à (une fois) 11h30 de sommeil parce que on est alors épuisé, toujours à l’heure de l’Asie du Sud-Est, 3-4h du matin correspondant alors à 8-9h du soir. Et une troisième semaine hyper-chargée au travail…

Singapour, Bali (Indonésie), Angkor(Cambodge), Luang Prabang (Laos).
Quel contraste entre la ville moderne sur l’équateur et les villes de Bali (Jimbaran, Ubud, Ahmed), du Cambodge (Siem Reap) et du Laos (Luang Prabang) !

Singapour : la ville aux immenses buildings ! Bali : les villes/villages à la circulation incroyable sur des routes qui ont gardé la largeur des chemins des siècles passés. Siem Reap : la ville française, aux larges rues et trottoirs. Luang Prabang : la ville conservée dans l’état où les français l’avaient quittée, enfin à peu près…
L’impression de ruche de Singapour, Bali et Siem Reap, comparé au calme de la vieille ville de Luang Prabang.
Les temples innombrables de Bali, un temple par maison, plus les autres… et les offrandes, tous les jours.
Les temples écroulés d’Angkor.
Les temples rénovés de Luang Prabang, un peu trop dorés parfois… mais vivants encore comme autrefois.

3700 photos. Bien peu finalement, en 3 semaines, par rapport au photographe que j’ai rencontré après mon retour et qui avait ramené 11.000 photos de Birmanie en un mois… Mais quel travail pour les trier, afin de les montrer. Plus tard.

Une semaine avec ma fille, à Luang Prabang, à manger dans les plus fins (et pas chers !) restaurants, savourant le calme reposant de cette ville.

Avoir visité trois des plus gros aéroports de la région (Singapour, Kuala Lumpur, Bangkok) et quatre des plus petits (Dempassar, Siem Reap, Hanoï, Luang Prabang).

Quelle aventure !
Et tout s’est bien passé. Incroyable. Juste, à Kuala Lumpur, un avion qui a failli partir sans nous, et sans la dizaine de Malais qui, comme nous, furent trompés par l’affichage nullissime du vol pour Siem Reap.
Même pas de bagage perdu !
Ni d’objectif cassé.
Et peut-être pas de souvenir… genre amibes, paludisme. On verra plus tard.

Marche dans les rizières de Bali, sous la pluie torrentielle… avec traversée de ruisseau, au fond d’un mini canyon verdoyant mais abrupte et glissant, sous le regard goguenard du guide, Gusti, qui s’amusait de sa facétie. 🙂

Découverte de la banlieue de Siem Reap, et du village de Lim, guide bénévole.

Balades en taxi, ou Tuk-Tuk, à Bali, Siem Reap, ou Luang Prabang.
Promenade en vélo le long du Mékong.
Visite de village aquatique à Siem Reap.

Plein de petites chose, très simples et très « faciles », pour le voyageur froussard que je suis. Mais, bon, maintenant que j’ai réussi à faire ce voyage, si compliqué, organisé par ma fille (pour les vols), me voilà prêt pour de nouvelles aventures ! ou pas. Enfin… on verra plus tard. Pour le moment, voyage à Cherbourg, en voiture… C’est chiant ces enfants qui s’amusent à aller vivre à l’autre bout de la France ou de la Terre… Mais, bon, ça me force à me bouger !

Oui, me voilà « recalé » à la vie en France. Boulot… Photos. Et Blog. Dooooooooooooooucement. Le calme laotien a un peu déteint sur moi… Calme, lenteur, et volupté.

Oui, c’était un beau voyage ! 🙂
Me voilà « différent », riche de tout ce que j’ai vu de différent, même si j’ai été assez « touriste », appréciant les piscines à Bali et à Siem Reap (trop cher l’hôtel avec piscine à Luang Prabang !). Ma fille, habituée à dormir chez l’habitant… au fin fond du Vietnam du Nord, ou du Sud, ou dans un coin qui ne voit pratiquement pas de touriste, à Florès, a apprécié le calme, la facilité, et le repos procurés par un hôtel doté d’un bon restaurant !

Beaucoup de souvenirs ! qu’il faudrait des heures à transcrire ! et que je garderai en souvenir en photos, qui viendront ici, peu à peu, ou ailleurs…

Yungchen Lhamo

2013/12/14

Je marchais quelques pas en arrière de ma fille, dans une longue mais étroite rue « branchée » de Singapour (c’est-à-dire ressemblant à n’importe quelle vieille petite rue commerçante piétonne du sud de l’Europe, avec de petites arcades, mais rectiligne), où se sont installés récemment de nombreux petits commerces hétérogènes (boutiques, coiffeurs, restaurants, esthéticiens, etc) de chaque côté de la rue, dans des maisons anciennes et semblables d’un étage, lorsque, de l’autre côté du stand de Yoga qui s’était installé dans les cinq mètres de largeur de la rue, j’entendis les premières notes de – je l’apprendrai quelques instants plus tard – la chanson « Per Rig Chog Sum », suivies assez rapidement d’une magnifique voix féminine, mais grave et lente. Laissant ma fille continuer et lui faisant un petit signe de la main, je contournai les limites du tapis de Yoga pour chercher d’où venait la musique. Je vis ce qui, autrefois, devait être un magasin, et qui en conservait la grille de fer avec sa barre au sol dans laquelle je me pris le pied, et qui avait été transformé en petit bar, étroit, mais profond et sombre, manifestement indien, et je demandai au jeune serveur à la peau sombre et douce, sans doute le propriétaire, quelle était cette musique. Il me demanda de le suivre vers l’arrière de l’ancienne boutique et, sous un vieil escalier en bois, il me désigna un vieil IPod et, après quelques rapides manipulations, il me montra l’écran où s’étaient inscrits des mots sans – pour le moment – signification pour moi, manifestement la transcription en caractères latins d’une langue orientale, à part le titre de l’album : « Coming Home ». Je pris rapidement en photo l’écran, remerciai le jeune homme pour sa gentillesse, et ressortis rejoindre ma fille.
Ce n’est que plusieurs jours plus tard, enfin rentré chez moi après ce périple de 25 jours en Asie du Sud-Est, que je pus, en retrouvant la photo parmi les 3700 photos rapportées, découvrir le nom de cette chanteuse à la voix particulière : « Yungchen Lhamo« , une femme tibétaine qui, comme beaucoup d’autres, a fui son pays sous l’oppression chinoise pour se réfugier en Occident, où elle peut, enfin, chanter en toute liberté et déclamer sa tristesse et sa colère sourde, dans des textes qui me sont incompréhensibles mais qui, chantés ainsi calmement et avec une telle voix – comme dans « Happiness Is… » – exceptionnelle, me touchent profondément malgré tout, devinant tous les malheurs et souffrances cachés derrière. Ce CD « Coming Home » tourne en ce moment-même sur ma platine et, peu à peu, je m’habitue aux tonalités tibétaines et bouddhistes des autres chansons, mélange de traditions tibétaines et d’instruments divers, avec Peter Gabriel jouant de « bourdons », rappelant parfois certains passages de la musique du « 5ème élément », ou bien me rappelant ce moine qui – dans le plus beau temple de Luang Prabang, et après qu’un novice eut frappé le gong – jouait avec ses mains à faire chanter les vibrations en caressant le gong, et produit par Hector Zazou, artiste français iconoclaste et mort hélas depuis, ayant produit le fameux CD « Chansons des mers froides » où chante Björk et dont la plus belle chanson, absolument insupportable pour le commun des mortels, est « Annukka Suaren Neito« , qui donne la nausée à tous ceux à qui je la fais entendre mais qui, mélange également de traditions millénaires diverses et d’instruments électroniques modernes, vous prend aux tripes et qu’il est impossible ensuite d’oublier.
La vie est donc faite de hasards, que l’on provoque en sortant de chez soi, pas forcément loin, et en se mêlant à la vie, en ville pour multiplier les hasards, ou en campagne pour les rendre plus profonds peut-être. Hasards que l’on est libre de laisser filer, en poursuivant son chemin car inquiet ou pressé, ou bien d’attraper, comme un papillon, l’espace d’un moment, pour le regarder avec suffisamment d’attention pour se le remémorer plus tard et prolonger et faire fructifier peut-être cette rencontre, avant de le relâcher.
Il en va ainsi de nos vies, souvent trépidantes, et qui nous empêchent parfois de prendre le temps de regarder de près ce hasard, imprévu par nature, qui interrompt le cours « ordinaire » de nos vie et peut la faire basculer, la faire prendre une toute autre direction, que l’on n’imaginait pas. Je suis volontaire pour consacrer du temps à ces rencontres, musicales ou humaines, pour leur permettre de se montrer vraiment à moi, pour me permettre d’aller vers elles, avec toute mon imperfection et mes folies « ordinaires ». Parfois, bien sûr, la rencontre est décevante, ou bien l’on n’arrive pas à se détacher de ce que l’on pense être « beau » ou « bon », mais qui ne sont bels et bons que par ce que nos précédentes rencontres et nos choix précédents ont fait de nous, ou bien parce que la vitesse du moment nous empêche de nous arrêter, façon aimable de dire que nous n’avons pas le courage d’interrompre le cours forcené de notre vie pour « prendre le temps », ou bien parce que nous sommes « absent » de nos vie à cause de la fatigue que nous subissons. Il me semble donc qu’il faut être « ouvert » à tous les hasards, à toutes les rencontres, leur consacrer un minimum de temps, mettre de côté pour un moment ce qu’on croit savoir du monde et des Hommes, pour voir au-delà des apparences et prendre le temps de découvrir et de s’adapter à cette nouveauté, qui risque bien de nous transformer, de faire naître de nous un autre futur que celui que nous anticipions, que nous planifions, que nous bétonnions, pour nous rassurer, pour avoir l’impression de décider de ce que sera la suite de nos vies, au lieu d’être « ouvert » à la nouveauté, d’avoir le courage de s’enfoncer dans l’inconnu et peut être voir la vie d’une façon radicalement opposée à ce qui jusque là étaient nos convictions, peut-être simplement à cause d’une forte mais minuscule lumière au milieu d’ombres inquiétantes qui semblent des dragons, nés de notre imagination et de nos craintes. Souvent bien sûr, hélas, la vie trépidante que nous menons, ou des moments complexes, nous empêche de « prendre le temps » et d’approfondir ou de « réaliser » ce hasard, comme lorsque – dans la fin du film « La vie d’Adèle » – ce jeune homme charmant et timide, retenu dans la fête par des connaissances trop bavardes, sort bien après Adèle de l’exposition et, au moment de choisir si, par manque de temps et ne la voyant plus, il ira la chercher à droite ou à gauche, il court dans la mauvaise direction et s’éloigne d’elle. Peut-être, finalement, se retrouveront-ils, chacun ayant fait la moitié du pâté de maison ? chacun s’étant éloigné de l’autre pour de multiples raisons avant de se rencontrer de nouveau et se parler vraiment, pour se découvrir, pour se parler « en vérité », pour permettre à l’autre de parler et d’avouer ses peurs, ses douleurs, ses hontes, ses craintes ou ses espoirs, pour prendre le temps et la peine de l’écouter et le découvrir, dans sa vérité et sa beauté intimes camouflées par différents masques, erreurs, ou bêtises, trop humaines.