Archive for the ‘Economie’ Category

Nouvel Obs

2013/08/10

Intéressante nouvelle du Nouvel Obs il y a peu :

« Pierre Moscovici revoit à la baisse sa prévision de croissance 2013, entre -0,1% et +0,1%. »

Hé ! Connard ! Ca, ça s’appelle de la stagnation ! Pas de la croissance ! Retourne à l’école !

(Mais pourquoi je suis agressif comme ça moi ? 😉 )

Intervention de l’Etat

2013/06/11

L’Etat (Français) intervient déjà beaucoup, beaucoup trop. Au lieu d’être un « fluidifiant » de la vie des français, il est devenu un gel épais et ralentisseur de dynamique.
Mais il y a des domaines où il n’intervient pas assez…

Dans le domaine du médicament, nous commençons à nous rendre compte que les grandes industries pharmaceutiques, après avoir radicalement changé nos vies et nos maladies grâce à leurs découvertes, sont en train d’essayer de nous fourguer tout et n’importe quoi pour assurer leur chiffre d’affaire et leur marge. Bref, elles nous mentent, elles nous rendent souvent malades inutilement, et l’Etat ne fait rien.

Dans le domaine de la consommation, nous commençons aussi à nous rendre compte que les grandes industries elles-aussi nous poussent à acheter sans mesure et contrôlent notre façon de consommer. Par exemple, c’est eux qui décident de l’emballage des produits que nous achetons, mais c’est nous qui devons payer les poubelles. Par exemple, c’est eux qui forcent les producteurs à baisser leurs prix, les poussant à baisser la qualité de leurs produits, en utilisant de l’huile de palme importée, par exemple, qui est une saloperie écologique (en Asie), ou en poussant les producteurs (viande, légumes) à utiliser nombre de produits (antibiotiques, insecticides, etc) en prévention souvent inutile (au lieu de sélectionner des races plus résistantes) et pas en mode curatif.

Bref, les paysans épandent des engrais en surplus, arrosent d’insecticide à foison, nourrissent des vaches d’antibiotiques, tout ceci engendrant des maladies que nous essayons de soigner en prenant des médicaments qui ont souvent plus d’effets secondaires que de principe actif qui soigne… Bref, c’est le bordel.

De la même façon, ça ne me dérangerait pas de retrouver le système de la consigne : au lieu de jeter les piles, bouteilles, canettes, etc, n’importe où, chacun serait obligé de les rapporter chez le marchand. Ca se faisait bien, avant ! Mais… avant, on consommait moins, de tout. Par exemple, on ne consommait quasiment pas d’eau en bouteille chez soi (il vaudrait mieux investir pour la qualité de l’eau que de fabriquer des bouteilles en plastique et les transporter sur des centaines de kilomètres…) et, pour avoir de l’eau gazeuse, on mettait une poudre dans une bouteille en verre qu’on réutilisait moult fois…

Bref, nous sommes devenus les vaches-à-lait des fabricants, qui eux-mêmes étouffent les producteurs et les poussent à fabriquer de la merde pas chère et pas écologique.

C’est clair. Mais, comment changer les choses ? Chacun, bien sûr, peut agir un peu à sa façon, mais que fait-on pour ceux qui s’en foutent et qui jettent systématiquement verre, piles et papiers dans la poubelle principale ? C’est peut-être bien à l’Etat de prendre enfin conscience que le monde a changé et qu’il faut réguler une pratique qui a dérivé.

Mouais…. Moi, je vous dis, on est mal partis… 😉
L’Etat, c’est-à-dire le complexe de fonctionnaires qui nous contrôlent, globalement, il s’en fout. C’est juste devenu une machine qui tourne souvent à vide et nous emmerde en appliquant une logique décalée et trop souvent en retard par rapport à la réalité.

IFRAP

2013/03/30

Je lis de temps en temps les articles de ce « think thank » : IFRAP. Intéressant…
Par exemple, ceci, sur les privilèges des fonctionnaires : +3% pour les fonctionnaires, et -1% pour les gens du privé. Où est la justice ? l’équité ? On a l’impression qu’une caste a pris le pouvoir et se sert dans la caisse.

Mais, bon, si j’aborde un tel sujet, je vais perdre beaucoup de mes lecteurs… Surtout que, dans le privé, on a moins le temps de lire sur le Web. 😉 (c’est de l’humour).

Cette fois, sans rire, il va y avoir un moment où les travailleurs du privé en auront marre de voir que, dans le public, on ressent moins la débâcle économique actuelle que dans le privé. C’est un clivage qui se crée, une tension ; une de plus…

C’est le biais !

2013/03/27

Le biais, c’est pas le pied ! 😉

Bon, c’est quoi un biais ? En fait, je parle du « biais cognitif » : celui qui nous fait penser de travers. De travers ? Mais de travers par rapport à quoi ?
« Un biais cognitif est un motif ou système psychologique, cause de déviation du jugement. Le terme biais fait référence à une déviation systématique par rapport à une pensée considérée comme correcte. » Dit Wikipedia.

Mais pourquoi parler d’un tel truc dans un Blog ? C’est le coup à faire fuir tous mes (rares) lecteurs !

Bon, tout simplement, parce qu’on en parle, dans les revues que je lis.

Dans « Cerveau & Psycho » de ce mois-ci, l’article « Vers une définition de l’émotion » se termine sur une question : « Saura-t-on concevoir des modèles qui intégreront les différentes composantes émotionnelles aux autres processus cognitifs en mettant en évidence les biais, compétitions et coopérations qui assurent les dynamiques de l’architecture fonctionnelle de l’esprit humain ? »

Il y a des biais, donc, lorsque nous pensons. Mais quels biais ?

Dans « Science & Vie » de février, il y a un petit « zoom » sur… les « erreurs de jugement, perceptions erronées ». Bref : « Apprenez à reconnaître vos biais cognitifs ». Car, oui, nous pensons mal. Au naturel, nous croyons pouvoir utiliser rationnellement les informations que nous recevons, mélangées à celles que nous avons déjà engrangées. Mais, heureusement, nous ne sommes pas des ordinateurs… et notre cerveau nous trompe, allégrement. Et plusieurs biais cognitifs perturbent nos processus de décision. Cet article est basé sur les travaux de Daniel Kahneman, prix Nobel d’économie en 2002, mais surtout psychologue du comportement et de la cognition.
Le biais de la loi des petits nombres : face à des informations statistiques tirées de petites quantités d’information, et qui peuvent donc varier très fortement, et ne pas représenter la réalité statistique qui serait tirée de grandes quantités d’informations, et même devenir aberrants par rapport à la « réalité », nous sommes assez crédules…
Le biais de la régression vers la moyenne : ce biais nous fait prendre des variations pour des tendances et, pire, nous associons des résultats à des causes imaginaires, simplement par la proximité des événements. C’est-à-dire que, pour déduire les conséquences d’une action, il faut avoir la patience d’attendre un peu, histoire de ne pas prendre un pic, négatif ou positif, comme la conséquence de l’action. Toute mesure naturelle a des variations. Ainsi, ce n’est pas parce que, 2 ou 3 années de suite, les hivers sont rudes, que cela signifie qu’il n’y a pas une augmentation des températures.
Le biais de négligence du taux de base : Soit une maladie rare qui touche une personne sur 10000. Mais le test pour cette maladie est fiable seulement à 99%. Vous passez le test et l’hôpital vous annonce que le test est positif. Devez-vous vous inquiéter tout de suite en pensant que la probabilité que vous soyez malade est de 99% ? Non, cette probabilité est inférieure à… 1%. 100 personnes ont reçu une lettre de ce genre mais seule une est malade. Mais il serait sage de repasser le test !
Le biais de la disponibilité en mémoire : nous prenons les événements récents pour plus fréquents qu’ils ne sont. Egalement, des événements qui nous sont émotionnellement forts nous en font amplifier l’importance, comme les accidents d’avion. Avoir subi une erreur judiciaire soi-même entraîne une plus grand baisse de confiance en la justice que si on lit cette histoire dans un journal.
Le biais de l’ancrage, utilisé dans les négociations. Par exemple, vous demandez un don pour une bonne oeuvre : vous recevez 50 € en moyenne. Mais, si vous demandez 5 € au minimum, le don moyen tombe à… 20 €. Et si vous demandez 400 €, la moyenne monte à 150 €. Lors d’un marchandage, soyez le premier à donner votre prix ! pour créer l’ancrage par rapport auquel il y aura discussion.
Le biais de la confirmation : lorsque nous sommes convaincus de quelque chose, nous effectuons un tri inconscient dans les informations que nous recevons : nous privilégions les informations qui confirment notre point de vue, et nous rejetons celles qui vont à l’encontre. Ceux qui croient en Dieu ou au surnaturel en sont un bon exemple ! Les médecins qui ont gobé le credo de l’importance de faire baisser le cholestérol pour se prémunir des AVC et infarctus se refusent à lire les bouquins des médecins qui, études à l’appui, réfutent ce lien de cause à effet. Lorsqu’on est convaincu de quelque chose, il faut absolument étudier les points de vue contraires, d’une part pour vérifier qu’on n’est pas dans l’erreur depuis des lustres… ou bien que la Science à avancé et a remis en cause nos certitudes, ou tout simplement pour connaître le raisonnement de l’autre afin de mieux le détruire. Bref, on a toujours intérêt à essayer de comprendre pourquoi l’autre pense le contraire de ce qu’on pense. Et, à mon avis, la « vérité » est peut-être bien une troisième voie ou un mélange des deux premières.
Le biais de l’aversion pour la perte : vous êtes un investisseur. Dans votre portefeuille d’actions, vous avez des pommes pourries et des actions « correctes ». Par peur de concrétiser la perte, vous gardez les mauvaises actions et vous vendez celles qui sont les plus performantes et progresseront encore probablement. La peur de perdre aggrave les pertes. Et on se convainc que la baisse d’un valeur est passagère et qu’elle se rapprochera nécessairement (un jour…) de ce qu’on considère être sa vraie valeur.
Le biais de cadrage : la façon d’énoncer un problème influe beaucoup sur la réponse. Ainsi, dans un pays nordique, 96% des gens sont donneurs d’organes, alors qu’ils ne sont que 4% dans le pays voisin. Pourquoi ? Dans le premier, il faut cocher la case « non » pour ne pas être donneur, alors que dans l’autre pays il faut cocher la case « oui » pour l’être…
Le biais de représentativité : ce biais nous fait fait baser notre jugement sur des informations « personnalisantes » et des stéréotypes. Exemple : Paul est réservé, timide, méticuleux. Est-il bibliothécaire, commerçant, ou pilote de ligne ? Vu sa personnalité, on le voit très bien comme bibliothécaire, non ? Ben non, la réponse ayant la plus forte probabilité est : « commerçant » ! parce que, tout simplement, ils sont bien plus nombreux que les autres…

Enfin, dans le « Philosophie Magazine » de ce mois-ci, il y a une interview de Daniel Kahneman, prix Nobel d’économie 2002 alors qu’il n’a jamais pris de cours d’économie ! Son travail a permis de démontrer la fiction d’un « Homo economicus » : non, les économistes ne sont pas toujours rationnels ; voire même ils sont souvent irrationnels. Kahneman a étudié les 2 faces de notre pensée : un Système I, intuitif, automatique, procèdant par associations, cherchant des relations de cause à effet et s’appuyant sur le particulier, et souvent trop sûr de lui ; et un Système II, raisonnable, laborieux, capable d’analyse logique et de critique de nos illusions, mais souvent distrait et ne se mettant en oeuvre que contraint et forcé. Si, lors de l’accident de Tchernobyl, seul le Système II avait pris les décisions, rien de grave ne se serait passé. Mais le Système II nécessite de grands efforts et fait consommer beaucoup d’énergie à notre cerveau, lorsqu’il compare deux scénarios contradictoires. Alors, le second système confirme souvent paresseusement les convictions trop vite élaborées par le Système I. L’exemple donné concerne le cancer du rein aux USA : les comtés où il y a le moins de cancer du rein sont ruraux. Les bienfaits de la Nature ! pensez-vous ! Mais les comtés ayant aussi le plus de cancers du rein sont aussi ruraux. La pauvreté et la difficulté d’accès aux soins ? Ben non. Tout simplement, ces comtés ruraux sont trop peu peuplés pour que les chiffres soient représentatifs : le hasard peut donner des valeurs bien en-dessous ou bien en-dessus de la moyenne et donc loin de la réalité. Les petits échantillons sont trompeurs : ne croyez pas aux sondages !
Bref, nous sommes victimes de biais cognitifs nombreux, qui nous font prendre des vessies pour des lanternes. Il y a aussi le « biais optimiste » et le biais d' »aversion aux pertes » qui se battent et jouent un jeu d’équilibre entre la témérité et le conservatisme. Mais, dans cet interview, ce qui surprend, c’est la capacité de cet homme à travailler avec d’autres, en particulier avec ceux qui pensent le contraire de lui. Ainsi, il a travaillé durant 8 ans avec le chef de file de l’école adverse et ils ont écrit à 4 mains un article intitulé : « Conditions d’une expertise intuitive : comment nous avons échoué à être en désaccord ». Avec l’humour ! En discutant ensemble, ils se sont rendus compte qu’ils ne parlaient pas de la même chose. Ainsi, souvent, nous nous méprenons sur ce que pense l’autre, faute de l’écouter, ou faute de sa part de bien s’expliquer. Communiquer… ce n’est pas facile !

En conclusion, nos jugements rapides sont probablement très souvent faux. Et, dans la plupart des articles que j’écris, ceux qui ne sont pas basés sur des articles scientifiques, je raconte très probablement plein de bêtises. Mais ce n’est qu’en voyant ses bêtises écrites, ce n’est qu’en faisant l’effort de les mettre en mots et des les expliquer aux autres qu’on voit là où elles sont fausses. Donc, merci de me servir de cobayes pour mes élucubrations qui me permettent de progresser (très lentement !) vers une meilleure compréhension de ma vision du monde que je courberai peu à peu (encore 2 ou 3 siècles d’efforts !) vers la vérité vraie ! 😉

Bonne lecture de ces 3 revues.

V.G.E.

2011/12/11

V.G.E. (Valéry Giscard d’Estaing) porte bien ses 85 ans. Mais il commence un peu à dire (subtilement) des bêtises… Dans une chronique dans Le Point, où il se propose d’aider le lecteur à faire son choix parmi les candidats, il commence à étudier la « situation exacte du pays », qui n’est pas bien bonne, et il a parfaitement raison. Seulement, ce qu’il préconise me semble « à-côté de la plaque » : il donne comme premier objectif « d’accroître la productivité manufacturière française ! ». On dirait presque un communiste soviétique qui parle. On dirait qu’il a oublié qu’il ne suffit pas de produire, il faut vendre surtout : des produits de qualité, à un prix approprié, et qui répondent à la demande (en France mais surtout à l’étranger). La chine est l’usine du monde, mais l’Allemagne a su garder sa place de numéro 1 sur une bonne cinquantaine de technologies de pointe, avec des entreprises de taille moyenne mais vendant dans le monde entier. Investir dans les entreprises, construire des usines, augmenter le nombre d’ingénieurs, etc, ça prend du temps, et il faut aussi développer un réseau de vente à l’étranger. Cela prendra du temps… et il est un peu tard, car le monde va changer encore plus rapidement.

L’apocalypse tranquille

2011/10/29

« L’apocalypse tranquille », c’est le nom du billet de Monsieur Nicolas Baverez dans Le Point de cette semaine.

Pour lui : la France reste le seul pays développé qui s’échine à maintenir le modèle « caduc » d’économie fermée et administrée, voire crypto-staliniste, des années 1960.

D’abord, « Apocalypse », cela veut dire : Révélation. Le sens de « catastrophe finale » ou « fin du monde » est venu ensuite.

Que dit son billet ? Que c’est foutu : la débâcle est proche. Comme dans « Le Titanic » (le naufrage, pas le film), le paquebot « France » coule alors que nos politiciens continuent à dire que tout va bien. Je pense qu’il a raison. Le « bon sens » commun nous dit de façon claire et évidente qu’on ne peut pas longtemps dépenser plus qu’on ne gagne. Vous avez essayé ? Cela fait 30 ans que la France vit à crédit (notre dette égalera 90% du PIB en 2012). Et, pour lui, la France est plus malade que l’Italie. Tout ceci serait simplement amusant s’il n’y avait pas les conséquences funestes qui vont nous tomber dessus : soit l’Etat se décide enfin à agir, et une partie des français va hurler ; soit l’Etat continue dans sa lancée à dépenser en empruntant ce que nous n’avons pas, et ce sont tous les Français qui vont hurler. Hurler, parce que la fête va devoir s’arrêter : blocage voire diminution des salaires et des retraites des fonctionnaires, réduction de la fonction publique, réduction des aides sociales, augmentation du temps de travail. Les Français pratiquent la pensée magique : il y aurait une richesse à mieux partager, et ils oublient qu’il faut d’abord la créer avant de la redistribuer. Depuis des années, notre économie s’essouffle, alors que l’Etat nous fait croire que tout va bien en continuant à emprunter sur le dos de nos enfants (et de ceux qui travailleront encore dans les années qui viennent, s’ils ont la chance d’avoir encore un travail).

Non, je ne suis pas optimiste.