Archive for the ‘Chanson’ Category

À peine j’ouvre les yeux…

2016/02/12

« À peine j’ouvre les yeux » est un petit miracle de film. Tunisien. Ce qui n’est pas courant. La vie sous Ben Ali : la police, la dictature. Et la jeunesse qui ose protester, qui ose dire – en chansons – le poids de cette vie dans ce monde coincé, bloqué. Une merveilleuse actrice. Une magnifique musique. Des personnages bien joués. Un rythme, une atmosphère. Un dénouement plus ou moins heureux (jusqu’où sont allées les violences policières ?). Dans une dictature ferme, mais pas trop sanglante quand même. Franchement, après Bourguiba, les Tunisiens se sont faits avoir… Dommage.

C’est un très bon film, plein de fraîcheur, de conflits parents-enfants, de conflits entre la jeunesse qui goûte à la liberté et la tradition – pesante. Dans un monde où les filles souffrent, même si ce n’a rien à voir avec ce que vivent les femmes dans d’autres pays sous dictature musulmane.

J’ai vécu deux ans en Tunisie. J’ai une certaine tendresse pour ce pays. Même si j’ai vécu au sud (Gabès, Téboulbou), bien loin de Tunis. La beauté des paysages, les oliviers, le ciel bleu…

You had my heart inside of your hands and you played it to the beat !

2015/10/08

Rolling in the deep, by Adèle.

You had my heart inside of your hands and you played it to the beat !

Il y a des chansons, et quelques mots en particulier, qui réveillent des douleurs oubliées… Rien de mieux que de se souvenir de souffrances passées : elles sont jouissives. Car on ne peut plus rien changer, plus rien sauver. Mieux, on ne se souvient plus vraiment, plus vraiment de tous les détails : on a fait le tri, le tri de ses souvenirs, et on a pris le bon rôle : facile ! C’est si bon de se souvenir de ces souffrances, d’en ressentir la lame refroidie dans son esprit. C’est si bon… car c’est mieux, bien mieux !, que si rien ne s’était passé. Ceux qui ont souffert (de ces douleurs-là, amoureuses, illusoires et bien réelles à la fois, mais pas dans la chair) ont bien de la chance, bien plus que ceux qui, jamais, n’ont aimé. Le plus douloureux n’est pas de ne plus aimer, ou de ne plus être aimé, mais de n’avoir jamais aimé ou avoir été aimé. Car, sans amour, on n’est rien. Sans amour, on n’a pas vécu. Sans amour, on n’a pas de souvenir de son esprit s’évadant de son corps. Car, sans amour, on n’est pas humain, ni même une parcelle de la Nature, qui a trouvé – par hasard – des outils pour attirer l’un vers l’une. Sans amour, pas de folie, et pas de sagesse sans folie. Alors, c’est pourquoi ce genre de chanson nous prend au coeur et au corps, nous remue, nous bouleverse, en faisant remonter des bribes de souvenirs, des espoirs déçus, des moments de bonheur décapités, ainsi que plein de pensées qui retombent en flocons de cendre après nous avoir consumés. Mais il y a toujours des braises, sous la cendre.

En souvenir de deux salopes qui m’ont jeté comme de la merde alors que j’étais si bas et si fou d’elles. Je comprends bien qu’on puisse ne plus aimer quelqu’un, voire même ne pas aimer quelqu’un. Mais pourquoi faut-il le rejeter ? comme une merde. On peut, comme certaines l’ont fait, transformer cet incendie stupide en amitié, même temporaire, ou en compassion, se souvenant d’être passé par cette épreuve aussi.

There’s a fire starting in my heart
Reaching a fever pitch
And it’s bringing me out the dark
Finally I can see you crystal clear
Go ahead and sell me out
And I’ll lay your shit bare
See how I’ll leave with every piece of you
Don’t underestimate the things that I will do
There’s a fire starting in my heart
Reaching a fever pitch
And it’s bringing me out the dark

The scars of your love remind me of us
They keep me thinking that we almost had it all
The scars of your love they leave me breathless
I can’t help feeling…

We could have had it all
(You’re gonna wish you never had met me)
Rolling in the deep
(Tears are gonna fall, rolling in the deep)
You had my heart inside of your hands
(You’re gonna wish you never had met me)
And you played it to the beat
(Tears are gonna fall, rolling in the deep)

Baby, I have no story to be told
But I’ve heard one on you
Now I’m gonna make your head burn
Think of me in the depths of your despair
Make a home down there
As mine sure won’t be shared

The scars of your love remind me of us
They keep me thinking that we almost had it all
The scars of your love they leave me breathless
I can’t help feeling…

We could have had it all
(You’re gonna wish you never had met me)
Rolling in the deep
(Tears are gonna fall, rolling in the deep)
You had my heart inside of your hands
(You’re gonna wish you never had met me)
And you played it to the beat
(Tears are gonna fall, rolling in the deep)

Could have had it all
Rolling in the deep
You had my heart inside of your hands
But you played it with a beating

Throw your soul through every open door
Count your blessings to find what you look for
Turn my sorrow into treasured gold
You pay me back in kind and reap just what you’ve sown

(You’re gonna wish you never had met me)
We could have had it all
(Tears are gonna fall, rolling in the deep)
We could have had it all
(You’re gonna wish you never had met me)
It all, it all, it all, it all
(Tears are gonna fall, rolling in the deep)

We could have had it all
(You’re gonna wish you never had met me)
Rolling in the deep
(Tears are gonna fall, rolling in the deep)
You had my heart inside of your hands
(You’re gonna wish you never had met me)
And you played it to the beat
(Tears are gonna fall, rolling in the deep)

Could have had it all
(You’re gonna wish you never had met me)
Rolling in the deep
(Tears are gonna fall, rolling in the deep)
You had my heart inside of your hands
(You’re gonna wish you never had met me)
But you played it, you played it,
You played it, you played it to the beat

Il y a un feu qui est en train de s’allumer dans mon cœur
Atteignant son paroxysme, il me fait sortir de l’obscurité.
Enfin, je peux te voir clair comme du cristal
Vas-y, trahis-moi, et je mettrai ta barque à nu
Regarde comment je m’en vais avec chaque partie de toi.
Ne sous-estime pas les choses que je vais faire.

Il y a un feu qui est en train de s’allumer dans mon cœur
Atteignant son paroxysme, il me fait sortir de l’obscurité.

[Refrain]
Les cicatrices de ton amour me rappellent nous deux
Elles continuent à me faire penser que nous avions presque tout
Les cicatrices de ton amour, elles me laissent sans souffle
Je ne peux pas m’empêcher d’avoir le sentiment
Que nous aurions pu tout avoir
(Tu vas souhaiter ne jamais m’avoir rencontrée)
Roulant dans les profondeurs
(Les larmes vont couler, en roulant dans les profondeurs)
Tu avais mon cœur entre tes mains
Et tu en as joué, en rythme
(Tu vas souhaiter ne jamais m’avoir rencontrée)
Roulant dans les profondeurs
(Les larmes vont couler, en roulant dans les profondeurs)

Bébé, je n’ai pas d’histoire à raconter
Mais j’en ai entendu une sur toi
Et je vais te faire brûler la tête
Pense à moi dans les profondeurs de ton désespoir
Construis-toi une maison là-bas au fond car la mienne, je ne la partagerai sûrement pas.

[Refrain]

Jette ton âme à travers toutes les portes ouvertes (woah)
Compte tes bonnes fortunes pour trouver ce que tu cherches
(woah)
Transforme mon chagrin en or précieux
Tu me le payeras en nature et récolteras ce que tu as semé
(Tu vas souhaiter ne m’avoir jamais rencontrée)
Nous aurions pu tout avoir
(Des larmes vont couler, roulant dans les profondeurs)
Nous aurions pu tout avoir
(Tu vas souhaiter ne m’avoir jamais rencontrée)
Tout, tout, tout,
(Des larmes vont couler, roulant dans les profondeurs)

Nous aurions pu tout avoir
(Tu vas souhaiter ne m’avoir jamais rencontrée)
Roulant dans les profondeurs
(Des larmes vont couler, roulant dans les profondeurs)
Tu avais mon cœur entre tes mains
(Tu vas souhaiter ne m’avoir jamais rencontré)
Et tu en as joué, en rythme
(Des larmes vont couler, roulant dans la profondeur)

Nous aurions pu tout avoir
(Tu vas souhaiter ne m’avoir jamais rencontrée)
Roulant dans les profondeurs
(Des larmes vont couler, roulant dans les profondeurs)
Tu avais mon cœur entre tes mains
(Tu vas souhaiter ne m’avoir jamais rencontré)

Mais tu en as joué,
Tu en as joué
Tu en as joué
Tu en as joué, en rythme

Yungchen Lhamo

2013/12/14

Je marchais quelques pas en arrière de ma fille, dans une longue mais étroite rue « branchée » de Singapour (c’est-à-dire ressemblant à n’importe quelle vieille petite rue commerçante piétonne du sud de l’Europe, avec de petites arcades, mais rectiligne), où se sont installés récemment de nombreux petits commerces hétérogènes (boutiques, coiffeurs, restaurants, esthéticiens, etc) de chaque côté de la rue, dans des maisons anciennes et semblables d’un étage, lorsque, de l’autre côté du stand de Yoga qui s’était installé dans les cinq mètres de largeur de la rue, j’entendis les premières notes de – je l’apprendrai quelques instants plus tard – la chanson « Per Rig Chog Sum », suivies assez rapidement d’une magnifique voix féminine, mais grave et lente. Laissant ma fille continuer et lui faisant un petit signe de la main, je contournai les limites du tapis de Yoga pour chercher d’où venait la musique. Je vis ce qui, autrefois, devait être un magasin, et qui en conservait la grille de fer avec sa barre au sol dans laquelle je me pris le pied, et qui avait été transformé en petit bar, étroit, mais profond et sombre, manifestement indien, et je demandai au jeune serveur à la peau sombre et douce, sans doute le propriétaire, quelle était cette musique. Il me demanda de le suivre vers l’arrière de l’ancienne boutique et, sous un vieil escalier en bois, il me désigna un vieil IPod et, après quelques rapides manipulations, il me montra l’écran où s’étaient inscrits des mots sans – pour le moment – signification pour moi, manifestement la transcription en caractères latins d’une langue orientale, à part le titre de l’album : « Coming Home ». Je pris rapidement en photo l’écran, remerciai le jeune homme pour sa gentillesse, et ressortis rejoindre ma fille.
Ce n’est que plusieurs jours plus tard, enfin rentré chez moi après ce périple de 25 jours en Asie du Sud-Est, que je pus, en retrouvant la photo parmi les 3700 photos rapportées, découvrir le nom de cette chanteuse à la voix particulière : « Yungchen Lhamo« , une femme tibétaine qui, comme beaucoup d’autres, a fui son pays sous l’oppression chinoise pour se réfugier en Occident, où elle peut, enfin, chanter en toute liberté et déclamer sa tristesse et sa colère sourde, dans des textes qui me sont incompréhensibles mais qui, chantés ainsi calmement et avec une telle voix – comme dans « Happiness Is… » – exceptionnelle, me touchent profondément malgré tout, devinant tous les malheurs et souffrances cachés derrière. Ce CD « Coming Home » tourne en ce moment-même sur ma platine et, peu à peu, je m’habitue aux tonalités tibétaines et bouddhistes des autres chansons, mélange de traditions tibétaines et d’instruments divers, avec Peter Gabriel jouant de « bourdons », rappelant parfois certains passages de la musique du « 5ème élément », ou bien me rappelant ce moine qui – dans le plus beau temple de Luang Prabang, et après qu’un novice eut frappé le gong – jouait avec ses mains à faire chanter les vibrations en caressant le gong, et produit par Hector Zazou, artiste français iconoclaste et mort hélas depuis, ayant produit le fameux CD « Chansons des mers froides » où chante Björk et dont la plus belle chanson, absolument insupportable pour le commun des mortels, est « Annukka Suaren Neito« , qui donne la nausée à tous ceux à qui je la fais entendre mais qui, mélange également de traditions millénaires diverses et d’instruments électroniques modernes, vous prend aux tripes et qu’il est impossible ensuite d’oublier.
La vie est donc faite de hasards, que l’on provoque en sortant de chez soi, pas forcément loin, et en se mêlant à la vie, en ville pour multiplier les hasards, ou en campagne pour les rendre plus profonds peut-être. Hasards que l’on est libre de laisser filer, en poursuivant son chemin car inquiet ou pressé, ou bien d’attraper, comme un papillon, l’espace d’un moment, pour le regarder avec suffisamment d’attention pour se le remémorer plus tard et prolonger et faire fructifier peut-être cette rencontre, avant de le relâcher.
Il en va ainsi de nos vies, souvent trépidantes, et qui nous empêchent parfois de prendre le temps de regarder de près ce hasard, imprévu par nature, qui interrompt le cours « ordinaire » de nos vie et peut la faire basculer, la faire prendre une toute autre direction, que l’on n’imaginait pas. Je suis volontaire pour consacrer du temps à ces rencontres, musicales ou humaines, pour leur permettre de se montrer vraiment à moi, pour me permettre d’aller vers elles, avec toute mon imperfection et mes folies « ordinaires ». Parfois, bien sûr, la rencontre est décevante, ou bien l’on n’arrive pas à se détacher de ce que l’on pense être « beau » ou « bon », mais qui ne sont bels et bons que par ce que nos précédentes rencontres et nos choix précédents ont fait de nous, ou bien parce que la vitesse du moment nous empêche de nous arrêter, façon aimable de dire que nous n’avons pas le courage d’interrompre le cours forcené de notre vie pour « prendre le temps », ou bien parce que nous sommes « absent » de nos vie à cause de la fatigue que nous subissons. Il me semble donc qu’il faut être « ouvert » à tous les hasards, à toutes les rencontres, leur consacrer un minimum de temps, mettre de côté pour un moment ce qu’on croit savoir du monde et des Hommes, pour voir au-delà des apparences et prendre le temps de découvrir et de s’adapter à cette nouveauté, qui risque bien de nous transformer, de faire naître de nous un autre futur que celui que nous anticipions, que nous planifions, que nous bétonnions, pour nous rassurer, pour avoir l’impression de décider de ce que sera la suite de nos vies, au lieu d’être « ouvert » à la nouveauté, d’avoir le courage de s’enfoncer dans l’inconnu et peut être voir la vie d’une façon radicalement opposée à ce qui jusque là étaient nos convictions, peut-être simplement à cause d’une forte mais minuscule lumière au milieu d’ombres inquiétantes qui semblent des dragons, nés de notre imagination et de nos craintes. Souvent bien sûr, hélas, la vie trépidante que nous menons, ou des moments complexes, nous empêche de « prendre le temps » et d’approfondir ou de « réaliser » ce hasard, comme lorsque – dans la fin du film « La vie d’Adèle » – ce jeune homme charmant et timide, retenu dans la fête par des connaissances trop bavardes, sort bien après Adèle de l’exposition et, au moment de choisir si, par manque de temps et ne la voyant plus, il ira la chercher à droite ou à gauche, il court dans la mauvaise direction et s’éloigne d’elle. Peut-être, finalement, se retrouveront-ils, chacun ayant fait la moitié du pâté de maison ? chacun s’étant éloigné de l’autre pour de multiples raisons avant de se rencontrer de nouveau et se parler vraiment, pour se découvrir, pour se parler « en vérité », pour permettre à l’autre de parler et d’avouer ses peurs, ses douleurs, ses hontes, ses craintes ou ses espoirs, pour prendre le temps et la peine de l’écouter et le découvrir, dans sa vérité et sa beauté intimes camouflées par différents masques, erreurs, ou bêtises, trop humaines.

One Day !

2013/07/31

Asaf Avidan : One Day !

AA

Version Live chez Taratata.

À Paris !!

2013/07/31

Riff Cohen : À Paris !!

RC

En Méditerranée…

2013/05/23

Il est mort au bord de la Méditerranée, Giuseppe.
J’avais un vinyl avec cette chanson…
25 ans nous séparent.
J’aimais bien sa voix, lente, tranquille, douce, chantant des choses impossibles aujourd’hui me semble-t-il…
Le temps est comme l’horizon vu d’un bateau qui avance continûment vers l’ouest sur une mer infinie : point de retour, et nul ne sait ce qui se cache derrière l’horizon, alors on a toujours envie d’y aller voir un peu trop vite au lieu de profiter du calme présent…

Dans ce bassin où jouent
Des enfants aux yeux noirs,
Il y a trois continents
Et des siècles d’histoire,
Des prophètes des dieux,
Le Messie en personne.
Il y a un bel été
Qui ne craint pas l’automne,
En Méditerranée.

Il y a l’odeur du sang
Qui flotte sur ses rives
Et des pays meurtris
Comme autant de plaies vives,
Des îles barbelées,
Des murs qui emprisonnent.
Il y a un bel été
Qui ne craint pas l’automne,
En Méditerranée.

Il y a des oliviers
Qui meurent sous les bombes
Là où est apparue
La première colombe,
Des peuples oubliés
Que la guerre moissonne.
Il y a un bel été
Qui ne craint pas l’automne,
En Méditerranée.

Dans ce bassin, je jouais
Lorsque j’étais enfant.
J’avais les pieds dans l’eau.
Je respirais le vent.
Mes compagnons de jeux
Sont devenus des hommes,
Les frères de ceux-là
Que le monde abandonne,
En Méditerranée.

Le ciel est endeuillé,
Par-dessus l’Acropole
Et liberté ne se dit plus
En espagnol.
On peut toujours rêver,
D’Athènes et Barcelone.
Il reste un bel été
Qui ne craint pas l’automne,
En Méditerranée.

Strange Days

2013/05/08

« Strange Days », c’est le dernier album d’An Pierlé, que j’ai entendue chanter (et jouer du piano) au Ciel à Grenoble il y a peu. Il faut du temps pour digérer cet album, qui joue sur des tonalités mélancoliques, voire tristes, avec des textes qui, je l’espère, ne sont pas qu’autobiographiques, parce que, si la mélancolie peut se dissoudre dans la création, ce qu’elle décrit n’est pas toujours bien gai, un peu comme le magnifique album « Helium Sunset ». Mais, après plusieurs écoutes, après avoir compris un peu les textes, après avoir dépassé cette atmosphère triste, on peut apprécier la beauté de sa voix et de son piano. Oui, c’est un bel album ! Bien loin de ce qu’on écoute à la radio, mais d’une grande beauté, triste certes, mais la vie n’est pas toujours gaie. Alors, pour sa voix magnifique et son piano sublime, allez l’écouter !

Deezer

AP1

AP2

Strange Days

Au Ciel avec An (Pierlé) !

2013/04/25

Ce mardi, j’étais au Ciel, avec An Pierlé.
Dans une ambiance intime, nous avons passés un bon moment ensemble. Enfin… avec les 100 autres personnes venues assister à son concert à la salle « Le Ciel » de Grenoble. Et, comme la sono amplifiant sa voix et son piano était légère, cette soirée n’a pas réveillé mes affreux acouphènes. Ce dont j’avais terriblement peur… car j’en ai marre de passer des jours, voire des semaines, à me remettre de trop de décibels (trop à mon niveau, bien plus bas que pour les gens « normaux »).
Donc, j’ai eu la joie de la voir ! de la voir chanter et jouer ! et même de lui parler, de lui dire que j’aime sa musique, et de lui acheter un Vinyl (j’avais déjà le CD !).
« Strange days » : c’est une voix, magnifique, du piano solo, et des textes. Textes en anglais que je n’ai pas encore eu le temps d’approfondir. Sa voix est … particulière, en association avec son piano, qui frôle les dissonances, qui ose des sonorités bizarres et inconfortables. C’est beau, mais pas évident. Et, après avoir écouté le CD 4 ou 5 fois, je n’ai pas encore tout « digéré ». Mais j’aime. Bien sûr, d’elle, j’ai préféré l’extraordinaire « Helium Sunset », trouble, sombre, particulier, à l’ambiance délétère. Tout dans un rythme calme. Donc, je ne vous dis pas de vous précipiter acheter son CD, car c’est particulier, beau mais difficile je trouve. Elle s’y offre, fragile, sombre. Même si, pendant le concert, sans doute pour reposer sa voix attaquée par un virus, elle a fait quelques plaisanteries (fille d’Annie Cordie ! Le visage tiré de Jonny. y-a-t-il un vieux monsieur à chapeau et château dans la salle qui pourrait lui offrir le piano géant qu’elle a eu quelques jours chez elle pour enregistrer son CD ? J’avais le chapeau… mais pas l’argent hélas). En robe légère. Avec des bottes. Assise sur un ballon !
Donc, ce mardi, soir, arrivé le premier, j’ai eu le plaisir d’aider le père d’An à trouver la porte d’entrée du Ciel… Ils étaient venus, en voiture, de Belgique, en passant par je ne sais plus quelle ville dans le Nord, puis à l’Alpe d’Huez, avant d’aller à Nîmes et ce soir à Marseille. J’ai aussi récupéré une GRANDE affiche du spectacle, marquée « COMPLET » en travers. Ha ha ha ! On dirait un gamin ! Mais c’était bon de pouvoir assister à un concert doux et respectueux de mes pauvres oreilles (neurones surtout) abîmées. ET quel honneur de l’entendre. Quand des vieux cons de mon âge n’ont qu’une envie, c’est d’aller écouter Jonny Halliday ou Sardou, vieux cons eux-aussi, moi j’aime écouter des choses bizarres, qui sortent de l’ordinaire, mais où l’on sent l’engagement de l’artiste, où l’on voit sa présence, où il est capable de s’exposer, sans filet, seul(e) avec sa voix et son unique instrument. Bravo l’artiste !
Là, pendant que j’écris, au lieu d’aller me coucher… un soir avant minuit, elle joue sur ma chaîne. Elle m’accompagne.
Et, j’ai pris quelques photos ! Interdit de prendre des photos, bien sûr ! Ha ha ha ! La voilà :

An P.

Agnes Obel

2013/03/28

Je viens de découvrir Agnes Obel, et son délicieux CD « Philarmonics « .

C’est en disant à notre prof de gym qu’on en avait un peu marre de sa musique qu’elle est venue un jour avec ce CD. Pour moi, c’est un peu comme si Satie ressuscitait dans une jeune femme plus gaie (mais pas tant que ça) jouant à la fois du piano et de la voix. C’est doux, c’est calme, c’est complexe, c’est précis, et simple, et bien agréable pour aider à trouver le calme intérieur.

Pour écouter Agnes, c’est ici, et pour la voir dans Riverside, c’est là. Son site est ici.

AO

AO

Quant à dire de quoi parlent ses chansons, j’en suis encore incapable… mais je vais m’y atteler !

Riverside :

Down by the river by the boats
Where everybody goes to be alone
Where you wont see any rising sun
Down to the river we will run

When by the water we drink to the dregs
Look at the stones on the river bed
I can tell from your eyes
You’ve never been by the Riverside

Down by the water the riverbed
Somebody calls you somebody says
swim with the current and float away
Down by the river everyday

Oh my God I see how everything is torn in the river deep
And I don’t know why I go the way
Down by the Riverside

When that old river runs pass your eyes
To wash off the dirt on the Riverside
Go to the water so very near
The river will be your eyes and ears

I walk to the borders on my own
To fall in the water just like a stone
Chilled to the marrow in them bones
Why do I go here all alone

Oh my God I see how everything is torn in the river deep
And I don’t know why I go the way
Down by the Riverside

Le cours ordinaire des choses

2013/01/16

« Le cours ordinaire des choses », c’est un CD de JL Murat, sorti en fin 2009. C’est un MAGNIFIQUE CD. Murat, parfois, j’arrive pas à le digérer… Il y a des CDs, que j’ai copiés ou achetés, et que je n’arrive pas à écouter… Mais celui-là, avec Taormina et Mockba, c’est du pur plaisir. La musique, enregistrée à Nashville en quelques jours, est magnifique. Murat explique combien ces musiciens sont des pros et combien ils ont aimé ses chansons. Quant aux textes, je les trouve poétiques, voire « surréalistes ». Je veux dire que JLM a pondu des textes très difficiles à comprendre, mais donnant une atmosphère, et des pistes qu’il faut explorer, forçant l’auditeur à essayer de construire une logique à ces phrases, et donc le forçant à imaginer, à faire un effort de re-création. La « vraie » poésie, c’est quand les mots et les phrases donnent des clefs qu’il faut déchiffrer, qui ne se donnent pas tout de suite, voire jamais. Car, bien sûr, jamais on ne pourra comprendre tout ce que voulait dire l’auteur, puisque ces mots, ces phrases, émergent d’un ensemble d’idées personnelles qui restent cachées. Mais c’est pas grave. Sentir la beauté des textes, flottant dans une magnifique musique, pleine de joie et de fantaisie, cela pousse les méninges à se remuer, à explorer les sens divers et rares des mots. Bref, c’est du beau remue-méninges. Un plaisir. Que je vous recommande.

J’aime particulièrement :
– Le cours ordinaire des choses me va comme un incendie
– Chanter est ma façon d’errer
– La tige d’or

Site de JLM : infos sur le CD.
Interview de JLM sur cet enregistrement à Nashville.

La Tige d’Or :

Qui m’a fait
Ce dogue entrevu
Dans tes pensées

Qui m’a fait cette chose
Giclante à ton gré

Qui par les rues
Souvent étroites
À ton lilas
Traversait tes silences
En simple soldat

Que fait cette tige
D’or dans ton glacier

Qui a fait ce fond
De ravin
Dans ma verdure

Quel ténébreux
Conduit bouleverse
Ma nature

Que sert d’aimer
Une entourée de pluie
Qui à chaque instant
Coupe une grappe de vie

Que fait cette tige
D’or dans ton glacier

Ta belle gueule
Me vient
À l’idée de
Chanter

Au fil des jours
Je ne suis plus
Ce que j’étais

Me regarder de près
Tout voir de loin
Je ne sens plus
La chair même
Entre mes mains

Que fait cette tige
D’or dans ton glacier

Ma mémoire te
Rumine
En buissons de lilas
Quelle agitation pour
Sortir de l’au-delà

Quand tout badine
Avec la mort
Dans tes jupons
Partout mon cœur va
Occupé de démons

Que fait cette tige
D’or dans ton glacier

Chaque jour va le cœur
Comme il se doit
Comment va l’amour
Comment va

Ma marquise en son sein
Comment va l’assassin
Au matin chers yeux
Toujours les chardons bleus

Cher amour comment va
Comment va

Qui te traverse
En grand silence
Qui va mourant

Qui à ton ventre blanc
Se fait tremblant
Qui sait te jurer
Amour
Ce qui est juste est bon
Qui dans la pluie
Du matin
Epelle ton nom

Cher amour comment va
Comment va

Vais-je en chose aimée
Dans ton cerveau
Qui pour t’arracher
A la terre
Au tombeau

Te courbes-tu encore
Les soirs d’été
Me trouves-tu
Toujours
Aussi peu

Que fait cette tige
d’or dans ton glacier