Archive for the ‘Austisme’ Category

L’horreur de la psychanalyse appliquée à l’autisme

2013/10/06

Ce connard mérite la prison !!!

Lire.

Ce salopard explique dans une conférence ce qu’il faut faire face à un autiste : rien !!!!!!!! Et on le paye pour ça !!!

Comme c’est curieux !

2013/10/06

Comme c’est curieux ! , c’est le nom de l’association qui a organisé hier après-midi une conférence sur la jeunesse des autistes Asperger, avec 6 témoignages : Clément, Magali, Raphaël, Florian, Colette, Jérôme. De 18 ans à 55 ans. Chacun a décrit, à sa façon, ce que fut son enfance, difficile. Car ils ne « fonctionnent » pas comme les autres, comme nous, les « neurotypiques ». Environ un enfant sur 100 naît avec un Trouble Envahissant du Développement (TED), avec de l’autisme, plus ou moins léger, plus ou moins lourd et profond. Et leur façon « différente » de voir le monde rend leur façon d’être difficile à comprendre par les enfants « normaux ». En fait, je n’aime pas cette frontière érigée entre les autistes et « les autres ». Je ne suis pas autiste mais, à cause d’une enfance particulière, d’un caractère entier et passionné, je ressens quelques symptômes proches des leurs, comme la longue difficulté que j’ai eue à intégrer les codes sociaux, parce que ma mère m’avait « enfermé » hors de toute relation avec sa famille : je ne connaissais aucun de mes 4 oncle et tantes, aucun de mes nombreux cousins, et personne ne venait jamais manger à la maison. La vie, parfois, vous brutalise à un tel point qu’on pense que la seule solution est de s’isoler, se protéger, et c’est un crime que d’y enfermer ses enfants.
Cette conférence, où je devais faire le photographe, je pensais n’y passer qu’1h1/2, avant de m’occuper de mes affaires (mon voyage !). Mais j’y suis resté 4 heures ! passionné par les témoignages et par certains centres d’intérêt commun avec plusieurs des participants, Jérôme et Raphaël, les plus âgés, ceux qui ont réussi à trouver leur voie, mais aussi parce que, protégés d’une certaine façon, ils n’ont pas connu les psychanalystes ni la psychiatrie ni les médicaments. Ce qui ne les a pas empêchés de souffrir, dépression, burn-out. Bref, nous avons parlé de sujets autour de l’autisme, mais aussi d’informatique et de nombres premiers ! 😉

La différence nous fait peur. D’abord par peur de l’inconnu. Ensuite par un réflexe de peur de la contagion. L’autisme n’est pas contagieux ! il est essentiellement génétique, voire épi-génétique, voire environnemental (suscité par des produits chimiques). On ne l’attrape pas en touchant un autiste ! Mais, lorsqu’on discute avec un autiste Asperger, la discussion peut être… difficile, car sa pensée ne fonctionne pas comme la nôtre et cela s’entend parfois. En plus, communiquer avec des neurotypiques leur est difficile : difficulté à comprendre les « codes » sociaux, les émotions, à prendre véritablement « contact » avec les autres. Comme ils le disent, pendant leur enfance, ils ont souvent copié ce que font les autres, sans comprendre, sans en avoir l’envie, car cela ne les touche pas, car les mécanismes physiques support de ces émotions et sentiments sont réduits, alors que d’autres dimensions de leur esprit sont sur-développées, comme la sensibilité aux bruits, la synesthésie, la capacité à mémoriser (souvent sans comprendre) et à devenir expert sur un sujet. Bref, ils sont … particuliers, mais bougrement intéressants et sympathiques une fois qu’on prend la peine d’essayer de se construire une idée de leur façon d’être et d’interagir avec les autres. Face à un handicapé sur fauteuil roulant, on anticipe bien que, face à un escalier, il va prendre l’ascenseur, non ? Et bien, pour eux, c’est pareil : dans une discussion à plusieurs, Magali va fuir car elle n’arrive pas à suivre la conversation et que c’est un bruit assourdissant dont elle ressortira épuisée.
Nous sommes tous différents, et donc intéressants. Et, en essayant de comprendre les autres, nous nous comprenons mieux nous-mêmes. Bref, aller vers les autres, c’est aller au coeur de soi-même.

Expo-Photo

2013/03/20

Mes photos d’enfants autistes seront de nouveau exposées à Grenoble, à la « Cité de la CAF ».
Chouette !

300 € pour l’association :
« Autisme Besoin d’Apprendre – Isère » !

Voir l’affiche.

Une honte !

2013/02/27

Tout est parti pour moi d’articles dans la presse indiquant qu’une équipe mixte (CRA du CHRU de Brest et CNRS de Marseille) avait découvert l’effet positif d’un diurétique sur l’autisme infantile (en deux mots, un excès de chlore dans les cellules neuronales inverse l’action calmante d’une molécule GABA très importante, ce qui empêche le cerveau immature de « mûrir » normalement. J’avais déjà lu un papier sur l’inversion du rôle du GABA, mais c’était pour l’épilepsie, dans un numéro très récent de « Cerveau & Psycho ». Le traitement ne traite probablement pas la cause profonde des TED, mais il améliore beaucoup le fonctionnement psychique de 3 enfants autistes sur 4, leur permettant de progresser bien plus rapidement dans l’apprentissage des compétences).

Je viens maintenant de découvrir que ce médecin de Brest, Dr Lemonnier, chef d’un CRA (Centre de Ressources sur l’Autisme) vient d’être « muté » car son action déplaît à ses chefs et collègues, dont il bouscule le petit monde tranquille des (mauvaises) habitudes inefficaces pour améliorer l’état des enfants autistes qui leur sont confiés.

Encore une fois, quelqu’un OSE ne pas penser comme les autres. Et, malgré des résultats positifs et probants parfaitement ressentis et appréciés par les parents des enfants, les pontifs en place, au lieu d’analyser les raisons de son succès et d’élargir cette pratique, n’ont qu’une idée : étouffer son action et perpétuer leurs pratiques ronronnantes et inefficaces. La France est ainsi : trop de gens à des postes de responsabilités choisissent de continuer sur une voie de garage au lieu de changer. Le changement, une fois prouvée et comprise son efficacité, est un bouleversement des idées et des pratiques, certes ; mais c’est indispensable ! La vie et la science sont en continuel évolution. Stagner, c’est régresser.

http://blogmaxence.canalblog.com/archives/2012/09/03/25019597.html

Je donne ci-dessous des liens vers :
– l’entité du CNRS à Marseille qui a démontré le principe et fait une première expérience avec un expert de l’autisme à Brest, avec des explications très claires je trouve.
– des liens vers des revues (Le Monde, Le Point, L’Express).
– et un lien vers la page de la start-up qui a été créée et qui va faire un essai plus large courant 2013 pour que leur molécule soit approuvée.

http://www.inmed.univ-mrs.fr/index.php?page=13&id=79
http://www.neurochlore.fr/essai-autism/
http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/12/11/un-diuretique-pour-lutter-contre-l-autisme_1804602_1650684.html
http://www.lepoint.fr/editos-du-point/anne-jeanblanc/un-medicament-diuretique-contre-l-autisme-11-12-2012-1556232_57.php
http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/sante/autisme-un-diuretique-pourrait-attenuer-les-troubles_1197528.html
http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/12/13/un-diuretique-reduit-l-isolement-des-autistes_1806217_1650684.html
http://www.vaincrelautisme.org/content/la-maturation-cerebrale-en-question
http://www.activism.com/fr_FR/petition/petition-pour-le-maintien-et-la-liberte-d-exercer-du-dr-eric-lemonnier/16127

Voici une description des pressions dont il est victime :
– par ses confrères d’orientation psychanalytique, à qui il prend toute la clientèle
– par le CHU de Brest (le CRA dépend du CHU), qui sont contre la scolarisation et pour une admission en hôpital psychiatrique de jour
– par l’Agence régionale Santé (ARS) de Bretagne, dont l’un des dirigeants lui a dit « avec vous aux commandes, vous provoquez la faillite des assocs gestionnaires d’établissements ». car il oriente ses patients en école et pas en établissement spécialisé

Ses études sur le burinex ont été mises en danger par ses confrères, qui ont tout fait pour que ses résultats soient mauvais (intervertir les échantillons par exemple…)

Tous les parents bretons l’adorent et ne veulent pas le perdre, car il sauve leurs enfants. Depuis septembre ils se sont battus pour qu’il soit maintenu à son poste au CRA.

Grâce à leur combat, ils ont réussi à obtenir de l’ARS et du CHU un audit. Mais ceux-ci ont continué leurs pressions et maintenant, le docteur est mis au placard, n’a plus de contact avec les 90 familles qu’il suit, Depuis le 18 février, il n’a plus d’ordinateur, de secrétariat, de collaborateurs, d’agenda électronique,de bureau.

Le Cerveau d’Hugo

2012/11/27

Ce soir, sur France2, il y avait un documentaire sur l’autisme, suivi d’un débat : « Le Cerveau d’Hugo« .
Tout d’abord, j’aimerais bien comprendre pourquoi le fait de regarder ce documentaire m’a fait venir les larmes aux yeux. Je n’ai pas d’enfant autiste et, il y a deux ans, je n’en avais qu’une vague connaissance. Probablement que j’ai une empathie profonde pour la souffrance de ces parents et pour la double injustice qui les frappe : cette différence génétique qui a entraîné un développement différent du cerveau de leur enfant, et le système médical français qui ne fait pas ce qu’il faut, sciemment.
Et, lors du débat qui a suivi, je n’ai pas entendu les mots que j’attendais de Mme Carlotti. Je n’ai pas entendu une critique dure et sévère de ces psychiatres qui continuent encore d’appliquer les conneries qu’ils ont apprises lors de leurs études. Je n’ai pas non plus entendu parler de ce qui me semble indispensable : commencer immédiatement à former les formatteurs et virer les psychiatres qui continuent à s’accrocher à la psychanalyse pour prétendre « soigner » l’autisme !! D’autre part, pas un mot sur le film « Le Mur », et pas un seul mot vraiment dur et direct sur la psychanalyse : tout a été assez « gentil » pour Freud, Lacan, et tous les connards qui continuent à croire en ces sornettes. Je ne veux pas dire que tous les psychiatres qui ont été formés à la psychanalyse sont des abrutis incapables de se rendre compte que ce n’étaient que des élucubrations, mais presque. La psychanalyse peut aider des neuro-typiques (comme elle m’a aidé), mais à un rythme effroyablement lent, et elle est absolument inefficace pour l’autisme.
Sinon, c’est émouvant aussi de voir Magali, mère de Julien, que j’ai pris en photo, exprimer comment elle vit différemment les relations avec les autres. Face à elle, et à d’autres autistes, je crois que, naturellement, je cherche à comprendre comment ils fonctionnent et comment interagir avec eux. Ils sont différents, et je m’applique à observer, et à comprendre, plutôt que rejeter. Je n’ai pas toujours été ainsi, en particulier avec le handicap physique, quand j’étais jeune. Mais la fréquentation intense de personnes de cultures différentes dans ma jeunesse a quand même dû mettre en moi la graine me permettant de comprendre que, si l’autre est différent, cela ne veut pas dire que je lui suis supérieur : il est différent, et je dois donc m’adapter et essayer de le comprendre, malgré MES difficultés à me défaire des automatismes de pensée et d’analyse.

Expo Enfants Autistes

2012/05/05

Voici le texte que j’ai rédigé pour mettre sur l’affiche que l’organisatrice de l’exposition de mes photos pour l’association voulait sur moi. Une partie sur moi et la photo. Et une partie expliquant comment je suis venu à faire ces photos. La deuxième partie a plu à Magali.
Il me semble que la confrontation avec l’autre, différent (autiste, étranger, handicapé, jeune, vieux, de l’autre bord politique ou religieux, etc) permet de mieux se connaître et se comprendre soi-même. La confrontation à un changement et à une différence, comme partir au hasard se promener dans une ville inconnue, nous force à bousculer notre façon de voir le monde, à nous remettre en cause : en terre inconnue, nos sens sont aiguisés et font des efforts pour comprendre ce monde nouveau. Pour l’autisme, l’effort d’essayer d’imaginer comment ils voient le monde permet de prendre conscience de choses qui nous semblent « évidentes ». Ce qui nous est évident nous est aussi incompris ou imparfaitement compris. Pour l’autisme, il existe d’innombrables codes qui ont un sens et que nous avons appris en grandissant, peu à peu, inconsciemment, en observant nos parents et les autres adultes : notre cerveau est « programmé » pour voir, assimiler, et comprendre, ce genre de choses, comme le sens des mimiques du visage ou de certains gestes. Egalement, nous avons en nous-mêmes une représentation de ce que nous pensons que l’autre pense : à partir de ses mots et de son langage corporelle, nous nous construisons une idée de ses pensées. Les autistes n’ont pas accès à toutes les palettes de ces codes sociaux, délicats, subtils, et complexes.

J’ai découvert la photographie pendant mes études, il y a 33 ans, en 24×36 ou 6×6 N&B tiré sur papier baryté. Il y a peu, j’ai fait le saut de l’argentique au numérique, découvrant un monde effroyable de complexité : au lieu de 3 réglages sur mon vieux Praktica ou mon vieux Mamiya, je me suis retrouvé avec un monstre dans les mains : 20 réglages sur le boîtier, 300 pages de doc sitôt lues sitôt oubliées, sans compter le logiciel qui remplace les heures debout dans le labo par des heures assis devant le PC… Heureusement, il y a le sténopé pour réapprendre à prendre son temps.

Il y a 11 mois, les parents de l’Association « Autisme Besoin d’Apprendre – Isère » m‘ont proposé de prendre leurs enfants en photo.
J’ai alors découvert l’autisme, des enfants, des parents, et une double injustice : le hasard des gènes, et la folie des hommes.
Et j’ai essayé d’attraper la beauté des regards et des visages de ces enfants que la nouveauté effarouche…
Beauté fugace devant mon objectif, mais réelle, profonde, émouvante, vraie, simple et pure, et qui grandit, peu à peu, grâce au dévouement et à l’énergie de leurs parents, et grâce à une méthode qui les aide à développer leurs compétences pour mieux communiquer et devenir le plus autonomes possible.
Ces enfants sont nés différents ; alors, c’est à nous de les regarder autrement et de les aider à mieux vivre parmi nous.
Grâce à eux, en les côtoyant et par mes lectures sur l’autisme, j’ai beaucoup appris ; je les en remercie.

Chanson de Magali

2012/05/05

Voici une chanson de Magali, autiste Asperger. Je crois savoir que ce texte lui a été écrit par un ami, autiste Asperger aussi.

Contrairement à toute croyance
Et possibles apparences
Nous ne sommes pas déficients
Mais simplement différents

Comme pour tout être vivant
Nous méritons le respect
Le droit à une dignité
Dès le premier instant

Nos raisonnements peuvent paraître particuliers
Nos pensées avoir une originalité
Notre fonctionnement avoir des étrangetés
Pour autant nous méritons de l’intérêt

Nous ne sommes évidemment pas du tout insensibles
Nous n’aimons vraiment pas paraître comme invisibles
Car bien sûr nous savons ce que sont les sentiments
Que ce soit la joie la peine ou l’attachement

Embarqués dans des jeux de rôle de simulation
Avec souvent parfois besoin de déduction
Il nous arrive assez régulièrement en somme
Que nous ne sachions même plus qui nous sommes

Des chutes vertigineuses de la confiance en soi
Un sentiment immense de ne servir à rien
Une estime de nous-mêmes bien souvent au summum
Voilà c’est ce qui fait tout notre quotidien

Il arrive bien trop souvent que des personnes nous blessent
Par leur regards leurs mots leur indélicatesse
Nous ne comprenons pas toujours les codes sociaux
Mais nous ne sommes guère aidés par les gens dit normaux

Nous sommes avant tout des personnes intéressantes
Avec des défauts mais aussi des qualités
Que nous ne demandons qu’à pouvoir démontrer
À ceux qui sont capables d’être concilients

En vérité la seule chose que nous voulons
C’est tout simplement un peu de compréhension
Pour nous faciliter à tous notre insertion
Voilà bien tout ce que nous désirons

Si cet espoir était seulement réalisable
Il rendrait notre vie tellement plus agréable
En nous faisant enfin apprécier notre présence
Et tout cela par delà nos différences

Juju et Magali

2012/04/24

Juju, en roller

Magali, à la guitare

Juju est le premier des enfants autistes que j’ai pris en photos ; il ne parle pas mais apprend le langage des signes. Sa maman, Magali, est autiste Asperger, diplômée de l’Ecole Normale Supérieure de Lyon.

Voici le texte que j’ai rédigé pour l’affiche sur moi que l’organisatrice de l’expo-photo des enfants de l’association m’a demandé (avec insistance !) d’écrire.

« Il y a 11 mois, les parents de l’Association « Autisme Besoin d’Apprendre – Isère » m‘ont proposé de prendre leurs enfants en photo. J’ai alors découvert l’autisme, des enfants, des parents, et une double injustice : le hasard des gènes, et la folie des hommes. Et j’ai essayé d’attraper la beauté des regards et des visages de ces enfants que la nouveauté effarouche.
Beauté fugace devant mon objectif, mais réelle, profonde, émouvante, vraie, simple et pure, et qui grandit, peu à peu, grâce au dévouement et à l’énergie de leurs parents, et grâce à une méthode qui les aide à développer leurs compétences pour mieux communiquer et devenir le plus autonomes possible.
Ces enfants sont nés différents ; alors, c’est à nous de les regarder autrement et de les aider à mieux vivre parmi nous.
Grâce à eux, en les côtoyant et par mes lectures sur l’autisme, j’ai beaucoup appris ; je les en remercie. »

Et voici les affiches décrivant l’autisme, l’association, l’ABA. Ils vous permettront d’en savoir un peu plus.

Expo Photo !

2012/04/11

Voilà, ça y est presque : ma première expo-photo aura lieu bientôt (dans 10 jours), à la MJC SUD de St-Martin d’Hères, au sud de Grenoble. Je dis « ma », parce que le but n’est pas de montrer mes photos mais de montrer l’autisme, et aussi parce que le choix final des photos a été laissé aux parents des enfants autistes que j’ai pris en photo, depuis juin de l’année passée. J’aurais mis 4 ou 5 photos différentes ; mais les parents ont un regards différent sur leur enfant ! Ces photos devraient aussi participer à une exposition à l’ancien musée de peinture de Grenoble, à la rentrée prochaine, dans le cadre du mois de l’accessibilité.

Les 20 photos prévues sont visibles sur ce diaporama.
Il y a, par ordre d’apparition : (le petit) Julien, Galiléo, Yann, (le grand) Julien, et Erwan. Leurs parents font partie d’une association de parents d’enfants autistes qui se sont regroupés afin de donner de meilleures chances à leur enfant autiste pour devenir autonome, c’est-à-dire : des séances d’ABA.

Les photos ont été prises chez eux, ou lors d’un pique-nique en juillet, ou lors d’une séance de poney en mars. Bref, la lumière était : soit trop faible, soit trop forte, soit trop froide (hiver). Mais, bon, y’en a des sympas ! Environ 50-60 heures de travail, pour trier les photos, jouer avec (virages sélénium ou N&B non choisis par les parents), régler plein de paramètres, et choisir ! Le plus difficile, c’est choisir… (trop de belles photos ! 😉 )
Les photos seront tirées par FormatPhoto, à Grenoble, pour une trentaine d’€uros par photo : tirage et collage sur dibond, en 30x45cm.
Il y a encore plein de travail : rédiger les textes présentant les enfants et expliquant ce qu’est l’autisme et l’ABA.

Comment ai-je été amené à faire ces photos (bénévolement) ? Je suis sur OVS (On Va Sortir !), et quelqu’un de l’association a remarqué que j’avais indiqué un handicap (mes oreilles) et un lien sur mes photos, qu’elle a aimées. Alors, elle m’a demandé si ça m’intéressait. Et moi, rien ne me plaît autant que de faire des photos ! Elle voulait faire un calendrier, pour ramasser un peu d’argent. Mais, finalement, c’est une expo-photo qui a été choisie, ce qui permet de montrer les enfants et d’expliquer ce qu’est l’autisme et l’ABA. Au fur et à mesure de ma rencontre avec ces enfants et leurs parents, j’ai beaucoup appris, sur l’autisme, sur le fonctionnement de notre cerveau, sur l’escroquerie et le scandale de la psychanalyse, sur le retard de la France pour les soins éducatifs apportés aux enfants autistes, et sur la douleur et la souffrance. Même s’ils ne le montrent pas, la découverte du handicap de leur enfant a dû être un choc terrible, avant de faire le deuil de l’enfant qu’ils espéraient et de trouver les forces pour s’occuper (à plein temps!) de leur enfant, sacrifiant une partie de leur vie. Ces parents subissent une double injustice : le hasard des gènes (et de l’environnement épigénétique), et l’incapacité de l’Etat à utiliser efficacement l’argent consacré à ces enfants. Ils doivent se battre contre l’administration pour pouvoir utiliser les méthodes cognitivo-comportementales utilisées partout ailleurs dans le monde, devant payer de leurs poches, ou à la recherche de soutien et de subventions.

Moi, ces enfants, je les trouve beaux ! Pas vous ? Bien sûr, ils ne sont pas toujours ainsi, car ils sont très sensibles, très vite effrayés par la nouveauté, et souffrant de ne pas pouvoir facilement s’expliquer, ce qui les énerve. Un seul d’entre eux parle, un peu et doucement ; le petit Julien signe (2ème photo : noisette !), et les autres utilisent des étiquettes. En plus, ils ont des soucis de santé particuliers, comme la nécessité d’une alimentation adaptée. Mais ils sont plein de tendresse et de gentillesse ! Ils voient et comprennent le monde autrement que nous ; et chacun d’entre eux est différent. Les autistes sont réputés ne pas regarder dans les yeux, directement. Pourtant, ces photos prouvent qu’ils le font, certes de façon fugace, mais intense. Et ils ont les mêmes sourires que les autres enfants ! Ils ne sont pas psychotiques (terme employé par les psyyks), ils sont différents : certaines de leurs fonctions cérébrales fonctionnent peu ou mal. Mais, avec des exercices intenses et continus, ils peuvent apprendre beaucoup, au moins de quoi leur permettre de devenir en grande partie autonomes, et heureux. Un enfant sur 150 a un trouble du spectre de l’autisme ; c’est beaucoup.

Détecter l’autisme

2012/04/07

Dans les témoignages de parents que j’ai lus, il est souvent dit que les psys (psyyks = psychanalystes) consultés refusent de donner un diagnostique d’autisme, même vers 5 – 7 ans, alors que plus tôt on le sait, plus tôt on peut agir. C’est un peu comme un médecin qui vous a décelé un cancer fatal mais qui ne vous le dit pas : une honte.

Une étude récente montre qu’on peut déceler l’autisme chez des bébés âgés de 6 à 10 mois, par l’enregistrement de leur activité cérébrale (avec des électrodes) en leur faisant regarder des photographies de visages : on voit la différence.
Cité par « La Recherche » d’avril, page 24.

Aucun des bébés qui avaient une réponse « normale » n’a développé d’autisme. Alors qu’une partie des bébés ayant eu une réponse « anormale » n’ont pas développé d’autisme. Le dernier article suggère que l’étude des ces derniers cas permettra peut-être de trouver des moyens pour « sauver » certains enfants. Il dit aussi que la difficulté qu’ont ces bébés à différencier des regards « regardants » de regards « évitants » les empêche probablement d’acquérir les compétences nécessaires ensuite pour communiquer.

Current Biology

Simons Foundation Autism Research Initiative (SFARI) .

C’est grâce à des études comme celles-ci qu’on pourra, un jour, détecter plus tôt les enfants à risque d’autisme et commencer au plus tôt une thérapie leur permettant de compenser leur handicap premier et de développer au mieux leurs compétences en communication.

Et pendant ce temps, en France, il y a un connard qui continue à faire des études sur les TRÈS improbables propriétés thérapeutiques du « packing » (envelopper l’enfant nu de linges froids ou glacés pendant quelques minutes) sur des enfants et adolescents autistes. Cette pratique est considérée comme de la torture dans certains pays.

L’injustice me touche.