Archive for the ‘Athéisme et Religions’ Category

2013/10/31

Un nouveau livre de Franz de Wall : « Le Bonobo, Dieu et nous ».

Je partage parfaitement ce qu’il dit ici :

Pourquoi avoir voulu introduire, dans ce débat sur les origines de la moralité, la question de la religion ?
Aux États-Unis, elle est beaucoup plus discutée, et surtout de façon beaucoup plus passionnée qu’en Europe en général et en France en particulier. On vous dira, ainsi, qu’il est impossible d’être moral sans être croyant, que sans Dieu nous serions livrés au règne de l’égoïsme et de la cruauté. Je crois, pour ma part, que la religion a été une étape. Elle a sans doute été très importante pour la construction des sociétés humaines : si elle est présente partout, c’est qu’elle a un intérêt social, qu’elle permet aux groupes humains de fonctionner harmonieusement. Durkheim parlait ainsi de son « utilité laïque ». Mais je ne suis pas certain qu’elle soit toujours nécessaire dans le monde et pour les sociétés d’aujourd’hui.

En étudiant les êtres les plus proches de nous : les primates, nous apprendrons beaucoup sur nous.

Prisoners

2013/10/29

« Prisoners », c’est un thriller, un bon thriller qui vous tient en haleine : Les retrouveront-ils ? vivantes ? Trouveront-ils le coupable ? La recherche éperdue du père tournera-t-elle à l’horreur inutile ?
Le film est très efficace, et ses 2h33 se digèrent sans aucun problème. L’idée est bien sûr assez simple au départ, mais la complexité y nait facilement, et il n’y a qu’aux USA qu’on puisse imaginer que de telles horreurs soient possibles. Et moi qui ai visité Boston 4 fois, aux 4 saisons, je n’ai rien reconnu de Boston dans cette lointaine banlieue qui me fait plus penser au Canada qu’à cette vieille ville de l’Est.
Le film est angoissant, la mort rôde, et les personnes sensibles feraient bien d’être accompagnées, ou d’aller le voir tôt dans l’après-midi. Quant au dénouement… vous verrez bien ! Ha ha ha ! En tout cas, c’est super bien joué. On est surpris de voir que le flic soit toujours seul dans son enquête… mais, bon, c’est une petite banlieue qui n’a pas de grands moyens… Tout le film sent une certaine pauvreté, une certaine misère cachée, où les maisons en bois sont inquiétantes, un pays où je n’aimerais pas vivre. Mais, bon, Boston au printemps et à l’automne, c’est magnifique !!!
Un film intense, qui ne fait pas dans le spectacle mais dans l’émotion, la peur, les rebondissements, l’efficacité. À voir !

Mariage pour tous

2013/04/25

Je ne lis pas les journaux, et je ne regarde pas les infos à la télé. Parfois, j’écoute les infos à la radio. Mais je lis régulièrement, mais un peu au hasard, les journaux du Web (Le Point, Le Nouvel Obs). Et je lis Le Point sur papier. Donc, sur cette « affaire », je suis un peu comme un étranger, qui regarde ça de loin. Et, de mon nuage, je me dis que Hollande a foutu le bordel. Car, enfin, il y avait sûrement plus important à faire que ça, et cette loi a créé des vagues de conservatisme nauséabond.

Que deux hommes vivent ensemble, ou que deux femmes vivent ensemble, qu’ils fassent l’amour, cela ne me dérange pas, cela ne m’indigne pas. S’il y a de l’amour, du respect, de la tendresse. Quant au mariage… Le mariage, me semble-t-il, est une très vieille institution, nécessaire pour la stabilité d’une société. Les sociétés ont besoin d’enfants, « bien » éduqués (donc obéissants…), et les enfants grandissent mieux avec deux adultes plutôt qu’avec une seule mère pour les élever. Depuis longtemps, très longtemps, depuis que le ventre des femmes les empêche de courir jusqu’à la veille d’accoucher, comme le font les femelles des mammifères en général, il leur faut de l’aide, avant, pendant, après l’accouchement. Cela peut prendre diverses formes : fratrie, famille, femmes amies, mari, etc. L’essentiel, c’est une cellule familiale assez stable. Le mariage, qui est un contrat liant deux personnes, apporte une stabilité. Mais ce n’est pas la seule solution ; ainsi les enfants peuvent être élevés par la mère assistée de sa fratrie (frères et soeurs), sans qu’il y ait de père. Ca existe, depuis des centaines d’années, et ça marche, en Chine. Le mariage a donc été conçu dans le cadre d’une famille, avec des enfants, dans un déséquilibre défavorable à la femme. Et les religions, bien sûr !, surveillent le mariage, et imposent leurs règles. En France, c’est le catholicisme, qui a imposé aussi une autorité malsaine de l’homme sur la femme. Ailleurs, le machisme règne aussi, car les religions mono-théistes n’aiment pas les femmes, en ont peur, et les ont depuis longtemps enfermées dans un rôle subalterne, entre poule pondeuse et objet sexuel. Alors, à quoi cela sert-il de donner le mariage aux homosexuels s’ils ne peuvent pas avoir d’enfants ? Mais ils peuvent en adopter, ou se faire inséminer. Et, là, on tombe dans le flou de la réalité du devenir des enfants élevés par deux hommes ou deux femmes : grandissent-ils mieux que dans une famille « normale » où le père est incestueux, alcoolique, absent, ou brutal (voire tout ça à la fois), et où la mère obéit au père ou exerce sa propre folie (folie du ménage, le rose partout, gavage et maternage exagérés et abrutissant) ? Difficile de savoir… Nous manquons de recul. Mais, ce que je vois, c’est que, exaspérés par un changement du mariage qui ébranle leurs convictions intimes, certains cathos lance des manifestations pour exprimer leur refus de voir le mariage se banaliser et être dorénavant à la portée de ceux qui, il n’y a pas si longtemps, étaient brûlés vifs par des curés excités. Les « descendants » de ces curés-là, à qui l’Eglise a supprimé la joie du mariage et des enfants au Moyen-Âge afin de renflouer ses caisses des héritages de célibataires contraints, semblent pourtant aimer se frotter à des chairs masculines, fraîches et dociles. Alors, ce « mariage pour tous » a créé une bonne raison à des cathos conservateurs qui se sentaient perdus dans ce monde qui se transforme, peu à peu, soit vers l’athéisme, soit vers l’Islam, de se rassembler, et de crier. Et ils crient. Ils crient leur conservatisme, leur refus du changement, le refus de ce changement impensable qui détruit les valeurs sur lesquels ils se sont construit. Ces gens qui descendent dans la rue pour protester contre le mariage entre personnes du même sexe, ils ne pensent pas vraiment aux enfants qui pourraient naître ou être adoptés dans ces nouvelles « familles », mais ils sont apeurés de voir changer « leur » monde. Dire adieu à cette France catholique, idolâtrée, illustrée dans les livres, ça les tue. Qu’ils crèvent. Oui, si deux hommes, ou deux femmes, s’aiment et veulent vivre ensemble, non pas pour s’essayer, mais parce qu’ils ont envie de faire un long chemin ensemble, peut-être jusqu’à la mort, pourquoi pas ? Qu’y-a-t-il de « mal » à ça ? À part déchirer un peu plus ce monde rigide et sclérosé qu’est la France depuis le milieu du XIXième siècle (il me semble), un monde de bourgeois imposant leur vision merdique au reste du peuple, que font-ils de mal ? S’enculer l’un l’autre dans leur lit, dans leur appartement, se caresser le clitoris et s’embrasser follement, varier les godemichets, je n’y vois rien de mal, si c’est entre personnes qui ont de la tendresse l’un pour l’autre, si ce sont deux personnes qui pensent trouver dans leur relation une façon moins douloureuse de vivre que de rester seuls, pour faire face à la vie, et à la mort. Bien sûr, il y a les enfants qui pourront naître de ces « unions », ou être adoptés. Quel impact cela peut-il avoir sur leur personnalité d’avoir deux pères, ou deux mères ? À mon avis : aucun, SI, si et seulement si, ces enfants, et leurs parents ne sont pas regardés comme des bêtes curieuses, comme des anormaux, par les « autres », par les « bien-pensants », ceux qui pensent qu’il n’y a qu’une « bonne » façon de vivre : la leur. Car, finalement, pour l’enfant, est « naturel » ce qu’il observe autour de lui, dans sa « famille ». Et il suffit, je pense, de lui expliquer qu’il y a différentes façons de naître dans une famille, et que l’essentiel est d’être aimé. Mais les cathos, ceux qui s’opposent, sont obsédés aussi par la génétique et la filiation : être certain que les enfants (le fils !) soit bien du père. Comme si les femmes ne trompaient pas leur mari depuis… depuis toujours. Et réciproquement. Histoire de mélanger un peu plus les « sangs ». Or, donc, même si je ne comprends pas pourquoi tous ces gens vont crier dans la rue contre le mariage pour tous au lieu d’aller se faire euthanasier ou soigner par un psychothérapeute qui pourra, peut-être un jour, les libérer de leur folie religieuse, il y avait sans doute plus important à faire : casser le système sociétal français, qui a montré son incapacité à évoluer dans un monde qui bouge, qui bouge, à nous donner le tournis. En attendant, un certain conservatisme s’est trouvé un combat, qui les rassemble, et qui risque de leur donner envie de se battre contre d’autres libertés, et de s’associer avec ceux qui pensent pareil (les autres croyants mono-théistes).

Quant à moi, question sexe, je ne comprends toujours pas pourquoi, comment, un homme peut en aimer, sexuellement, un autre. Connaissant très bien le ridicule de la petitesse du plaisir masculin face à celui d’une femme, je n’aurais pas envie d’être le témoin privilégié du plaisir trop bref d’un partenaire, miroir d’une jouissance qui ne me satisfait guère. À ma jouissance masculine évidente, simple, brève, je préfère la jouissance féminine, riche, complexe, multiple, à découvrir et à agrandir. Et, comme je ne peux pas, comme les poissons, devenir femelle, je suis fort heureux de jouer de mon bel instrument avec vous, mesdames, comme un archet avec un magnifique violoncelle, pour faire naître, de la belle partition de vos corps faits pour le plaisir, de belles musiques… ;) Quant à vous, mesdames, qui vous aimez l’une l’autre, de la bouche et des mains agiles, je n’ose imaginer les cris de volupté que vos ébats peuvent générer… ;)

Whatever works. Comme dirait Woody Allen. L’essentiel, c’est la tendresse, le respect. Pour vivre cette vie absurde, on n’a pas fait mieux que de la vivre à deux. Même si, parfois, cela peut mener à l’enfer… Mais, maintenant, maintenant que l’on vit longtemps en bonne santé, on peut avoir plusieurs vies dans sa vie, avec plusieurs partenaires successifs. Quant à avoir plusieurs partenaires en parallèle, c’est une autre histoire, plus compliquée. Mais, bah, je ne doute pas que, là-aussi, nos moeurs n’évolue ; à condition que la « bien pensence » crève et que la jalousie disparaisse. L’autre ne nous appartient pas. Il/elle ne fait que nous donner un peu de sa vie, sans garantie de durée. Il suffit de le préciser dans le « contrat », d’autoriser, ou pas, d’autres partenaires ! Mais, bon, ceux qui peuvent mener de front : un travail, des amis, une famille, et une maîtresse ou une autre famille, ne sont pas nombreux. Car il faut une sacrée énergie ! Et, également, il est bien bon d’être libre et de vaquer, seul, à ses propres occupations.

Mais que je suis bavard…………… ;)

Spiritualité pour athées

2013/03/27

Un article qu’une amie m’indique : Des athées en quête de spiritualité : « Les laïques devraient s’approprier sélectivement ce qu’il y a de bon dans la religion, conseille Alain de Botton, auteur du Petit guide des religions à l’usage des mécréants. »

Oui, en tant qu’athée, j’ai besoin de spiritualité (athée, sans Dieu). Et il y aurait un travail fondamental d’extraire tout ce qui est bel et bon dans les religions et leurs textes, en arrachant tout ce qui touche à Dieu, pour en faire un « bréviaire » pour les humanistes, pour ceux qui veulent vivre « bien », mais libres de l’idée d’un Dieu au-dessus de nous. Libres nous sommes, mais pas tant que ça… Les murs de notre cage nous enserrent dans cette réalité : notre corps, le monde, et la mort : le monde s’arrête lorsque notre corps (et notre esprit) meurt. Que faire de cette vie ? une fois qu’elle s’est calmée, une fois que nous avons pris conscience de son importance, une fois libéré des obligations que nous nous étions créées en obéissant aux stéréotypes ? Déjà, vivre plus calmement, sans doute. Comme, lors d’un repas de mets rares et délicieux, on mange lentement pour bien savourer ce qu’on mange, pour en prendre parfaitement conscience, pour être dans ce qu’on fait, et ne pas penser à la suite…

Un Pape, pour quoi faire ?

2013/02/12

En ce Mardi Gris (la neige fond dehors, et le soleil est caché derrière d’épaisses couches d’ouate), j’ai une pensée émue pour mon « presque cousin » Benoit Seize. Car, comme moi, après s’être appelé Benoit pendant quelques années, voici le moment de changer de nom, et c’est toujours difficile de s’habituer à un nouveau nom. Car, vu son âge, il a probablement Alzheimer et il a probablement oublié son premier nom… qui lui semblera donc comme tout neuf. 85 ans, 15 ans sous Hitler. Ca va lui faire drôle de quitter le Vatican… Je me demande ce qu’il pense de sa vie… s’il la considère comme réussie ou si, ENFIN !, il se rend compte qu’il l’a gaspillée pour des conneries. Mais je doute qu’une salutaire prise de conscience advienne si tard. Et je pense qu’il a, depuis fort longtemps, oublié ses émois adolescents (voire adultes) face à une belle femme… Il a dû tuer une partie de lui-même pour devenir religieux, puis Pape. C’est triste… Mais, bon, en lisant sa biographie, on voit qu’il est né là où il ne fallait pas et quand il ne fallait pas… Difficile d’être un homme comme les autres quand on est enrôlé de force dès 14 ans dans les jeunesses hitlérienne puis dans la Wehrmacht. D’autres que moi ont probablement déjà fait un bilan sur son « action » à la tête de l’appareil vaticanien, probablement un mélange d’avancées et de reculs… franchement, je m’en fous. et, en fouinant sur le Web, je retrouve quelques informations « oubliés ». Ainsi, les fondamentalistes chrétiens devraient se souvenir que, au tout début (jusqu’au début du Moyen-Âge), le célibat des prêtres était recommandé, mais pas imposé… et que nombre de Papes furent mariés ou eurent des enfants : « Peu de catholiques savent qu’après Pierre, qui ne fut jamais le premier pape, mais le premier évêque de Rome (qui était marié), cinq papes au moins furent mariés (avec enfants), onze papes furent des fils de pape ou de prêtres. Six papes eurent des enfants illégitimes après le deuxième Concile du Latran. » Bref, y’a rien à attendre de la religion chrétienne, sinon un lent engloutissement dans la connerie… À moins ! À moins que, enfin !, ça bouge ! Et pourquoi pas un Pape noir ? ou asiatique ? ou jeune ? Oui, le plus difficile, le plus improbable, le plus incongru, ce serait un Pape JEUNE (moins de 40 ans), et qui ferait sauter le couvercle de la connerie accumulée depuis des siècles… Mais ma préférence va, vous vous en doutez, à une Papesse, non ménopausée bien sûr. Et que, sous ses robes, tous les mois, s’échappent d’entre les plis de sa vulve quelques gouttes de sang impur, celui des règles. Avant l’impossible, l’inimaginable : une naissance au Vatican ! ;)
Seule déception pour moi suite à cette défection-surprise : qu’il n’ait pas choisi le 1er avril comme date de renonciation. Ca nous aurait donné une bonne raison de rire.

Homeland : c’est fini !

2013/02/08

Ca y est. J’ai avalé les 24 épisodes des saisons 1 et 2 de Homeland. Au lieu de les avaler en 1 jour ou 2… j’ai eu la sagesse d’étaler le plaisir de cette drogue presque dure sur plusieurs semaines.
Bon sang ! Bon scénario ! Bon acteurs ! Une super série !
Bien sûr, même si c’est très bien fait, tout ce qui se passe dans cette série est totalement improbable… mais cela reste quand même très éloigné d’un « Dr House » ou d’un « Dexter » : bien plus réaliste quand même. Enfin, pour le moment. Car, après le feu d’artifice de ces deux saisons, je me demande ce qu’ils vont bien pouvoir inventer et s’il vont pouvoir faire aussi « probable » ! En effet, je pense que la série a été construite en bloc au départ sur deux saisons, avec juste une ouverture sur une suite possible. Mais, bon, après le suspense puis la révélation du 24ème épisode, il va leur falloir beaucoup de travail pour construire 24 épisodes avec la même force. Pour moi, Homeland saisons 1+2, c’est comme un film qui durerait une vingtaine d’heures : pas de moment de calme, pas de changement radical. Ces 24 épisodes forment un tout parfaitement logique, cohérent, haletant, voire parfois insoutenable de tension. Avec une actrice principale qui a même réussi à planifier sa grossesse pour ne pas gêner le tournage de la 2ème saison ! ;)
Par contre, ceux qui doivent rigoler, ce sont les « vrais » terroristes, bien plus rustiques je pense que ce qui nous est montré dans « Homeland ». Bien sûr, le film essaye de nous montrer que tout n’est pas noir ni blanc : les « méchants » sont dans les deux camps, les deux poursuivent des buts ignobles en se moquant des innocents. Quant aux « bons », ils sont aussi dans les deux camps, puisque le héros principal s’est converti à l’Islam, que Saul est juif et montre une empathie certaine envers la souffrance de tout être humain, et que les autres musulmans de la série sont majoritairement sains. Le terroriste musulman y est montré comme quelqu’un ayant souffert et désirant se venger, en utilisant Allah comme justification. Quant à savoir si tout cela reflète bien la pensée d’un croyant musulman, j’en suis incapable… Mais, bon, ils auraient pu aussi créer un personnage athée et bon ! histoire de montrer qu’il y a d’autres solutions… ;) Enfin, s’il n’y avait pas eu de pétrole en Arabie Saoudite, tout ce bordel mondial n’aurait pas eu lieu, et l’athéisation mondiale aurait fait plus de progrès qu’elle n’en a fait, il me semble… Mais, bon, peut-être bien que les peuples « arabes », comme en Tunisie, vont finir par comprendre qu’une religion ne doit pas s’occuper de politique. Pour permettre au peuple de prendre conscience du « mal » (l’islamisme obtus), il faut bien qu’il prenne le pouvoir et montre clairement son horreur, non ? Alors, j’espère qu’Ennahda en Tunisie va révéler son vrai visage (hélas, en tuant) afin que le peuple tunisien comprenne son erreur et retrouve la voie d’une vie plus calme, dans une vraie République, sans aucune dictature.

Homeland

2013/02/01

« Homeland » : me voilà devenu accro à cette série américaine… Comme je suis faible… ou, plutôt, comme ces scénaristes et réalisateurs américains sont efficaces… Bien sûr, il y a des ficelles un peu trop grosses. Il y a des erreurs bien visibles (pas forcément pour l’Américain moyen…). Mais que c’est bien fait. Et ça me rappelle Dexter, par son personnage principal, connecté avec une femme bizarre. Nick Brody, il est roux comme Dexter Morgan. Dexter est plus costaud, plus carré des épaules. Mais ils partagent tous deux le même profil psychologique : tous deux cachent un secret, ignoble, affreux, dangereux pour eux et leurs proches, et la mort et le danger rôdent autour d’eux. Le personnage de Dexter me semble parfaitement improbable d’un point de vue psychologique : il est impossible de réussir à avoir une vie « normale » avec les secrets et la vie parallèle qu’il cache. Mais, bon, on le sait, et on apprécie quand même le personnage et la série. Pour Brody, le secret est aussi lourd, ancré aussi à une terrible épreuve : la prise de conscience d’une mort personnelle proche lors de sa captivité, et la perte douloureuse d’une âme innocente et aimée, en plus de tortures physiques et psychologiques. Mais Brody, au contraire de Dexter, montre des signes d’hésitation, de troubles, de souffrance, de revirements. Il est bien plus humain. Et sa quête est compréhensible : la guerre est une horreur, déjà, mais encore plus lorsqu’il y a des « dégâts collatéraux », surtout quand il s’agit d’enfants. Darwin rejeta l’idée d’un Dieu après avoir vu souffrir et mourir l’une de ses filles. La mort des innocents (les enfants) est insupportable. Nul Dieu pourrait permettre cela sans être un pervers. Brody rejette donc ce monde dans lequel il est né. Mais, au moment où je suis (vers le milieu de la 2ème saison), il a déjà renoncé deux fois à ses engagements. Il est tiraillé entre le souvenir de Aïssa et le bonheur d’une famille retrouvée, et surtout par la tendresse et l’inquiétude manifestées envers lui par sa fille Dana, qui prend une place considérable dans l’équilibre du personnage principal. Ce personnage, Brody, est très humain, écartelé entre un monde qui l’a formatté, et un nouveau monde, qui lui a apporté des choses qui lui manquaient. Mais, bon, les circonstances de sa conversion sont entachées de violences, de manipulation, de plans, de vengeance, de haine… qui le poussent vers le « mal ». Le scénario, en envisageant une personne « retournée » par l’ennemi pouvant accéder peut-être aux plus hautes responsabilités politiques, remue en profondeur la légitimité des actes militaires contre le terrorisme religieux, actuellement musulman. Mais il ne remue guère, pour le moment, l’aberration d’une religion, qui avait pour but l’amélioration de la vie d’un peuple, et qui se mute en un fourneau de haine brûlante envers les autres. La haine naît-elle toujours des religions ? Je le pense… Quand le fond est mauvais, et même si 99,99% des pratiquants sont de bonnes gens (pas plus voleurs et assassins que les athées, mais pas moins), il reste toujours 0,01% de fous fanatiques ou opportunistes qui utilisent la religion pour leurs buts (pouvoir, vengeance, richesse, folie, etc). Chaque camp se dit être le « bon » camp, fort de la certitude d’être dans le vrai et le bien. C’est aussi ce qui dégouline du film « Lincoln » : au-delà de la description de l’homme qui a voulu et fait l’égalité entre hommes blancs et hommes noirs, c’est aussi une certitude de faire « bien ». Il est vrai que, pendant la guerre de Sécession, les indiens ont vécu quelques années plus tranquilles, l’armée américaine étant occupée à se massacrer. Mais, ensuite, ces militaires ont su trouver le moyen de continuer à s’amuser, contre un peuple désarmé et acculé. Autre lien entre « Homeland » et « Lincoln » : le moment où Brody amène sa famille sur le lieu d’une bataille fondamentale entre les 2 USA, moment où la possible victoire a changé de camp, victoire ayant rétabli l’unité d’un pays où il est normal de mettre le drapeau à sa fenêtre… Décidément… si Christophe Colomb n’avais pas découvert l’Amérique, le monde aurait été bien différent… meilleur, je pense, mais pas sûr. Peut-être que sinon, en ce moment, je serais en train de prier Dieu dans une église… ;) Ha ha ha ! L’idée qu’on puisse vivre libre, et pas sous la férule d’un roi adoubé par une religion s’appuyant sur un Dieu, semble bien née quelque part par là, non ? dans ce pays neuf où tout était possible (une fois nettoyé de ses sauvages rouges, s’entend). Il serait intéressant d’écrire un livre sur l’histoire de la liberté face à la religion, une histoire mondiale bien sûr, et pas seulement européenne, ni occidentale. La Liberté, oui, mais pas en écrasant d’autres vies, humaines ou animales. Supprimer l’esclavage, en imposant une égalité devant la Loi, était une première étape, qui n’a duré que trop longtemps. Il y a d’autres libertés à définir et à protéger. Dans un monde plus complexe, libéré du schéma oppressant et simpliste issu des 3 religions du Livre. Le monde a changé, tous les peuples sont inter-connectés, après l’envahissement du monde par les occidentaux voici l’envahissement du monde par les chinois, les sangs et les couleurs de peau se mélangent, le monde change à grande vitesse, et certains voudraient encore et toujours trouver un calme et un bonheur utopiques en essayant de retrouver quelque paradis perdu qu’ils imaginent plus qu’ils ne sont capables de comprendre vraiment les temps passés : le passé ne peut pas revivre, il faut constamment créer du neuf, s’adapter. La vie n’est que cela : mouvement, adaptation, constants, sans savoir où elle va, guidée seulement par les règles découvertes par Darwin : celui qui s’adapte mieux à son écosystème prend un avantage sur les autres et se développe plus, transforme son environnement, et s’y adapte de nouveau, dans un mouvement continuel vers le futur qui jamais ne peut revenir vers le passé. Le Fondamentalisme, le désir de retour vers une religion pure et idéalisée, c’est de la pure folie. Ou, dit plus clairement, de la connerie. Mais, bon, tant que les athées n’auront pas construit une religion apportant la spiritualité dont ils ont besoin, ils seront toujours faibles devant ceux qui savent utiliser des textes mélangeant la folie et la magie à la beauté.
Mais, bon, comme d’habitude, je me suis égaré… Homeland ? C’est très intéressant. Très intéressant de voir comment les scénaristes ont réussi à construire un divertissement haletant et prenant, et posant des questions fondamentales, comme : tous les moyens sont-ils bons pour faire aboutir ce qu’on pense être le bien ? Lincoln a triché et menti pour faire advenir ce qu’il pensait être juste. Le Vice-Président de Homeland a camouflé le carnage entraîné par sa décision. Les USA actuels ont triché et menti pour conserver leur pouvoir sur le monde et ses puits de pétrole, pour conserver leur pouvoir d’achat (et de nuisance mondiale). Si les américains étaient moins gras et moins cons (en moyenne), le monde serait sans doute meilleur… ;)

Adonis أدونيس

2013/01/29

Il me semble que j’avais déjà entendu parler de lui. Il me semble…
Adonis, c’est « le plus grand poète arabe vivant », dit l’article du Point du 17 janvier. On parle de lui probablement parce qu’il est né Syrien, issu de la même minorité que Bachar el-Assad : les Alaouites ; mais aussi parce que le 2ème tome de son Livre vient de sortir (al-Kitâb).
Ne lisant pas l’arabe, je suis incapable d’apprécier sa poésie, mais ce qu’il dit sur ce qu’il faut aux peuples arabes me touche. Dès le départ de l’interview, il dit : « Je ne suis pas un homme de politique, je suis un poète. Ce qui m’intéresse, c’est la liberté de l’individu et la laïcité de la société qui permet la libération de la femme de la loi religieuse ». Tout est dit. L’essentiel, pour lui, c’est « la libération de la société du joug de la religion ». « Le problème est de savoir si l’être humain est là pour créer un monde vivable ou pour hériter du passé ». « Le peuple est une pluralité faite de conflits entre ceux qui veulent changer et les autres, qui restent dans l’obscurantisme et préservent leurs intérêts ». Dans son livre, il parle du plus grand poète arabe de tous les temps, Abū l-T̩ayyib Ah̩mad ibn al-H̩usayn al-Mutanabbī, qui se déclara prophète, et fut un « symbole de courage et de transgression, une figure de refus, de recherche, de dépassement ». « Il faut voir l’homme arabe à travers les textes des grands poètes marginalisés par la culture régnante, et non par la politique ». Il dit s’être senti, peu à peu, « fondamentalement areligieux et fondamentalement antimonothéiste ». « Les monothéismes sont fondés sur des principes révélés : le prophète est le sceau, la vérité transmise par ce prophète est l’ultime vérité, l’homme n’a rien à ajouter, il n’a qu’à croire et pratiquer… Et, si on pousse cette logique, Dieu lui-même n’a plus rien à dire, car il a donné sa vérité ultime à son dernier prophète ».

« En poésie, pour être Adonis, on doit en même temps être Sisyphe. Adonis, c’est Sisyphe. Créer, c’est espérer, même en plein désespoir « .

« Le pouvoir doit s’incliner devant le poète »

Totem

2013/01/23

Article « Totem » de PhilosophieMagazine de Février 2013, page 75, de Tobie Nathan.
Dans cet article très court (trop court…), Monsieur Tobie Nathan déblatère autour du mot « totem ». Son explication ne m’a pas convaincu. Pour moi, un « totem » est une solution magique pour essayer d’expliquer quelque chose d’incompréhensible (avant) : d’où vient l’Homme ? et quel est son lien avec la Nature ?

Bonjour, je ne suis pas d’accord avec votre analyse sur le sens du mot « totem ». Vous y voyez un point d’origine où commencer le décompte de nos ancêtres. J’y vois plutôt une incapacité, chez les peuples primitifs mais aussi jusqu’à Darwin chez les peuples dits évolués, de concevoir l’accumulation de petits changements dans une lignée permettant le passage progressif entre des ancêtres simiesques et l’Homme. Pour eux, il y a un point de rupture magique : un « totem » d’où est sorti (par magie) leur lignée humaine, ou bien un Dieu qui a créé les Hommes. Ce « totem » est aussi, bien sûr, une histoire commune liant un peuple. Ce sont les prémices du parasite religieux qui enferme l’individu dans une société religieuse pour éviter l’éclatement de cette société et donc la disparition cette religion. Ou, plutôt, les religions/totems qui n’étaient pas assez forts pour contenir les forces de dispersion ou d’assimilation extérieure ont disparu. La notion de « totem » est un leurre qui a longtemps empêché les Hommes de comprendre les rouages psychologiques.
« Mon ancêtre est un caméléon » fait dorénavant partie du passé. Le monde est maintenant désenchanté. Il ne sert à rien de vouloir revenir à « avant ». Il faut accepter d’avoir continué de « croquer la pomme » de la connaissance. Après être sortis du Jardin d’Eden, nous avons tué Dieu et tous les totems. Reste à définir une spiritualité athée.
Ce que vous décrivez (« guérisseur », « source de la folie ») n’était qu’une façon de trouver une solution bancale et inefficace à un problème fondamental mais insoluble à ces époques, faisant souvent plus de mal que de bien. Maintenant, il nous faut accepter de vivre avec la pleine conscience de notre animalité fondamentale et de la disparition de la magie. C’est triste, mais c’est comme ça.
Cordialement

Texte original :

PM

Mariage tunisien

2013/01/10

C’est marrant le hasard. J’étais donc aux urgences, à me rendre compte que ma mémoire m’était à peu près revenue, et j’attendais, tranquillement, patiemment (il y avait plus urgent que moi), que des médecins viennent, l’un après l’autre, espacés de longues heures, me poser des questions, ou qu’on m’amène faire ce scanner qui n’a rien montré. Et voilà que ma voisine et moi avons commencé à discuter, de son histoire.

Jeune femme de 34 ans d’origine tunisienne, mais ayant toujours vécu en France, elle a été envoyée aux urgences psychiatriques par son médecin traitant parce que… son mari, tunisien vivant en Tunisie, vient de découvrir qu’elle a eu d’autres hommes dans son lit avant elle. Il pensait qu’il n’y en avait eu qu’un ; ce qui est déjà beaucoup pour quelqu’un de culture musulmane, mais il semblait l’avoir accepté. Mais, alors qu’ils se sont mariés religieusement il y a 2 jours… il a découvert, grâce au téléphone portable qu’elle lui a donné pour s’appeler, nombre d’échanges crus et explicites que sa toute fraîche épouse avait eus avec une amie, où elle expliquait en détails sa vie amoureuse et, apparemment, surtout sexuelle… Et voilà le (récent) mari choqué, sa mère outrée et absente du mariage, et la jeune femme inquiète pour son mari, auquel elle tient, même si elle ne le connaît que depuis vraiment peu (6 mois…). Drôle d’idée d’aller chercher un Tunisien vivant en Tunisie, mais, apparemment, impossible pour elle de trouver un homme « sérieux » en France (sérieux = mariage). Probablement aussi que l’échantillon de mâles auxquels elle avait accès était limité par ses origines… mais quand même. Et me voilà donc en train d’essayer d’aider et de rassurer cette jeune femme, apparemment calme mais inquiète pour son homme (qui n’a pas encore « consommé » le mariage), et inquiète pour la suite de son mariage. Quelque part, je me suis dit que cet homme devait apprécier de pouvoir venir légalement en France, et que le voilà bien dépité de découvrir (et sa famille aussi…) que son épouse a déjà eu une vie bien remplie avant lui… et je me demandais pourquoi cette jeune femme, travaillant dans l’informatique, et – ma foi – sympathique, intelligente, et mignonne, avait pris le risque d’épouser un homme (plus jeune qu’elle d’un an) peut-être bien définitivement déformé par une culture (même en Tunisie, à Bizerte) où la femme n’est pas vraiment l’égale de l’homme. Elle ne semblait pas comprendre pourquoi son médecin l’avait envoyée aux urgences psychiatriques. Et c’est vrai qu’elle semblait calme, seulement inquiète à l’intérieur, s’exprimant calmement. À moins que son médecin se soit inquiétée du fait que sa patiente pouvait se sentir coupable de la situation, en ayant fourni son vieux téléphone et tous les SMS échangés…
Mais, bon, je ne saurai jamais la fin de l’histoire… Voudra-t-il rompre le mariage (non consommé) ? Ou viendra-t-il quand même en France, même s’il souffrira de savoir que sa famille sait que son épouse n’est pas tout à fait « neuve »… et – surtout peut-être – d’avoir découvert des choses qu’il aurait préféré laisser dans leur état : vagues. Cela va dépendre de l’amour qu’ils ont l’un pour l’autre… Cette femme semblait vraiment inquiète pour son mari, peur qu’il fasse une bêtise plus grave que se saoûler la gueule comme il semble s’y être mis après sa découverte…


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