La chute, d’Albert Camus

J’essaye de continuer ma lecture des oeuvres de Camus.

« La Chute ». C’est le récit, sous une forme de dialogue avec une personne dont on n’a jamais les réponses, d’un homme qui est passé à côté de la vie. On ne lui connaît aucune famille : ni parents, ni enfants, ni femme. Quant à ses « amis », il en change comme de chaussettes. Quant aux femmes, il les utilise, sexuellement. Avocat, il faisait très bien son boulot, à défendre les salopards. Mais, bon, en bon bourgeois, à force d’avoir une vie vide, cela finit par rendre malade… Trop de bonne bouffe, de bons vins, d’alcools forts, de sexe, trop de nuits de fête, cela use et affaiblit. Il est sur sa fin. Il a quitté la France et vit dans un pays plat, froid, triste, brumeux, humide : l’horreur. Il utilise les français de passage pour vider son sac. Il a vécu à côté de la vie, incapable de se lier vraiment. Il refuse les liens avec les autres, qu’il utilise. Son empathie est si basse et son égoïsme est si haut qu’il avait laissé une femme se suicider, sans l’aider ni avant ni lorsqu’elle se noie et appelle au secours. Sans être la raison principale de sa déchéance, son inaction cette nuit-là le hante. Ce livre est le récit de la vie d’un connard. Et sa chute n’est que la conséquence d’une vie qui a loupé l’essentiel : les relations avec les autres. Sans les autres, nous ne sommes rien. Nos ancêtres, homo sapiens, humains, homos, primates, ont passé des millions d’années à vivre en petits groupes d’environ 10 à 100 individus maximum, avant de nous abimer dans l’agriculture et l’élevage, nouant des liens forts et indispensables avec eux. Nous, humains du XXIème siècle, sommes leurs descendants. Même si nous vivons d’une façon totalement différente, presque en-dehors de la Nature. Lorsque nous conduisons une voiture, notre corps-âme est toujours quelque part dans la jungle ou la savane, à chercher à manger et à craindre les prédateurs. Le personnage de « La Chute », en étant incapable de créer de vrais liens, s’est mis hors-la-vie : sa vie n’est qu’une parodie, vide et inutile. Et sa fin est lamentable, seul, perdu, prenant conscience, mais bien trop tard, d’avoir été un con, en plus d’un salaud. Un livre prenant, triste. Mais très bien écrit. Et utile. Rien de tel que de voir la chute et les erreurs des autres pour réaliser qu’on fait un peu pareil…

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