Archive for août 2015

Patrick Besson et la Tunisie

2015/08/21

Monsieur Patrick Besson, qui « écrit une page » chaque semaine dans Le Point, a eu le « courage » d’aller passer quelques jours en Tunisie, après l’attentat qui a coûté la vie à 38 touristes fin juin. J’ai mis « écrit une page », car son texte a un peu d’intérêt une fois sur quatre seulement, voire moins. Quant au « courage », la description de sa « visite » ressemble plus à la narration des bars des hôtels qu’autre chose. Sans doute aurais-je dû me proposer d’y aller à sa place, et revoir les lieux que j’ai connus il y a 33 ans. J’aurais pu alors dire comment ce pays a changé. Et, au lieu de parler, comme Besson, des hôtels de Jerba, j’aurais pu évoquer le souvenir de ce pique-nique avec mon épouse, dans un verger au milieu de l’île et loin des zones touristiques, où j’ai ouvert une boîte de pâté qui m’a laissé un souvenir impérissable. Ou bien des femmes et des hommes ramassant les olives entre Gabès et Djerba. Ou bien de ce couple de Tunisiens allant, tôt le matin, se laver à la source de leur oasis, nus tous les deux. Ou le nombre de fois que je me suis fait contrôlé par la police parce que je portais la barbe. Ou bien cette fois où, immortalisant avec mon appareil-photo une magnifique matraque dans un car de la police, celle-ci avait bien failli me garder mais a eu la gentillesse de simplement me faire détruire la pellicule (après coup-de-fil à l’officier de police qui était responsable de moi, puisque chaque étranger était « suivi » par un policier). Ou bien cette descente vers le sud, dans le désert de sable, où il faisait moins chaud DANS la voiture que dehors. Ou ce jour de juillet où étendant une lessive sortie d’une machine électrique sommaire et sans essorage, j’ai pu relever le linge sec juste après avoir fini de l’étendre, tellement le scirocco était chaud ce jour-là. Ou la fois où j’ai vu passer Bourguiba dans une ville de la côte, en voiture décapotable. Ou lorsque, suite à la « Guerre du pain », il y avait des tanks dans la ville, des traces de balles sur des maisons proches de la nôtre, des magasins en feu, des voitures caillassées, et moi et mon épouse qui, pour rentrer chez nous, étions passés par des routes inconnues, suivant les tunisiens revenant se réfugier chez eux. Ou bien la visite de Douga, tellement loin de tout. Ou la plage de Gabès, si plate et si chaude en été qu’il faut courir pour trouver de l’eau qui ne brûle pas les pieds. Et cette camarade de promo, se baignant torse nu devant le regards de tunisiens stupéfaits et éblouis. Ou ce trou dans la route, de nuit, qui faillit bien nous tuer. Ou bien les ânes, en liberté, à éviter. Ou les hommes qui, récoltant le jus d’un palmier qu’on étête, le transforme en alcool. Ou ces mariages où, invité européen, nous sommes utilisés pour glorifier la famille des mariés. Ou la visite des îles Kerkena avec nos amis tunisiens (Mohammed et Fatouma Djrad, que sont-ils devenus ?). Les fossiles de coquillages dans les montagnes du sud-ouest. Le tour du Chott El Djerid (désert sous le niveau de la mer) par le nord, par une route ensablée, ou par le sud, par une route désertique. Ou ces étudiantes, habillées bizarrement, intégristes déjà en fait, alors que les femmes portaient un simple fichu sur la tête. Ou ces repas avec des familles amies, les hommes mangeant avec les invités, et les femmes restant en cuisine en attendant de manger les restes. Et la chaleur, le sable, le ciel bleu et le soleil. Et notre remontée vers le nord, vers la verdure, après 6 mois passés sans voir un brin d’herbe. Et les fleurs qui, au printemps, naissent et fleurissent et meurent en 15 jours après la pluie. Et Tataouine les flots ;). Tas de cailloux. Et ces villages fantômes, abandonnés, mais qui étaient adaptés au climat. Les maisons troglodytes. Tunis. Carthage. La traversée de la Tunisie, de Tunis jusqu’à Gabès, en une nuit. Ce jeune mécanicien qui sauva l’embrayage de notre vieille Ford Escort, 4 vitesses, 100km/h max, mais qui avait survécu à tous les trous et toutes les tôles ondulées de 2 ans en Tunisie, pour mourir à Paris en emboutissant une Citroën qui m’avait coupé la route. Tant de souvenirs. Tant de comparaisons à faire avec le présent. Oui, sans doute, j’aurais pu dire un peu plus de choses sur la Tunisie que Monsieur Besson, si j’avais eu le courage (et le temps) d’y aller… Mais, hélas, je ne bois pas, comme Monsieur Besson, un 2ème scotch et une 3ème bière à 4h de l’après-midi. Sans doute que l’alcool l’aide à écrire. Mais ses textes pourraient-ils être pires s’il ne buvait pas ? Monsieur Besson : arrêtez de nous saoûler avec vos textes inutiles…

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Pense-t-on mieux seul ou à plusieurs ?

2015/08/21

C’est le thème de « Philosophie Magazine » de Septembre.

Cela me semble un bon exemple de « la voie du milieu », qui n’est pas : penser à 1,5 personne 😉 , mais me semble être constitué d’allers et retours entre une pensée solitaire et une confrontation avec la pensée des autres. Seul, on peut explorer à son rythme un sujet, ses idées, des pistes, lire différents livres, avant de se faire SON idée. Bien sûr, on s’est déjà confronté à la pensée des autres en lisant ce que d’autres ont écrit. Mais les écrits sont aussi le résultat d’une pensée solitaire, condensé d’une expérience et d’une réflexion. Se confronter in vivo aux autres, qui n’ont pas forcément réfléchi au sujet, permet de comprendre comment on réagit a priori, sans y avoir réfléchi : le fameux « bon sens » populaire, qui n’est souvent qu’une resucée d’idées reçues et ingérées sans les avoir digérées. Se confronter à la pensée (ou la non-pensée…) des autres permet de mieux voir comment aider les autres à discerner les marches menant au point de vue où l’on est, qui n’est pas forcément le « bon » (s’il en existait un bon), ni forcément dans la « bonne » direction, mais qui a le mérite d’être le résultat d’une pensée personnelle. Et, si plusieurs personnes réfléchissent sur le même sujet chacune dans leur coin, puis se réunissent pour en parler, alors la confrontation peut être très intéressante. Mais qui s’amuse à ce jeu ? Il est bien plus amusant de regarder la télé, n’est-ce pas ? À quoi bon se poser des questions sur tout et n’importe quoi ? 😉 Hélas donc, certains se moquent de penser, ils préfèrent s’enrichir, accumuler, aux dépends des autres. Par exemple, ceux qui investissent dans les plantations de palmiers à huile se foutent complètement des conséquences des destructions des forêts vierges. À court terme, ils pourront s’offrir villas, piscine, voiture, biens de consommation, sans voir que, une ou deux générations plus tard, leurs descendants subiront les conséquences de leur cupidité et manque de compassion pour la vie. Il aurait alors bien fallu qu’ils pensent et discutent avec d’autres… S’enrichir un peu, oui. Accumuler des biens par la destruction, non. C’est ainsi qu’un fonds d’investissement norvégien a vendu ses parts dans les entreprises possédants une partie des sociétés qui fabrique de l’huile de palme… Par exemple, notre très cher président, roi des menteurs, n’a de cesse de penser seul que la croissance va revenir ! On aimerait lui suggérer amicalement d’arrêter de se masturber et de croire à la magie et de discuter, pour de vrai, avec ceux qui pensent que l’action est à porter dans un autre domaine : réduire les dépenses de l’Etat français obèse… Mais je m’écarte du sujet…

La France manque de contre-pouvoirs puissants

2015/08/17

Voici ce que dit Wikipedia sur les « contre-pouvoirs » aux USA : « Contre-pouvoirs : il existe des commissions parlementaires qui ont le pouvoir d’enquêter sur les actes des hommes politiques. Ces commissions sont composées de membres des deux principaux partis du pays. Elles possèdent des moyens financiers importants et peuvent entendre des responsables de haut rang, qui témoignent sous serment et en public. En mai 2004, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld a été entendu pendant plus de six heures devant une commission de sénateurs puis de députés pour répondre du scandale de la prison d’Abu Ghraib. La personne entendue doit répondre à toutes les questions sous peine d’être accusé d’outrage au congrès (contempt of Congress) et se retrouver en prison. »

En France, nous avons la Cour des Comptes qui vérifie l’utilisation faite par l’administration et tous les fonctionnaires des deniers publiques. Et c’est tout ! Mais il manque une « commission » ayant le pouvoir de demander immédiatement des comptes aux politiques et fonctionnaires soupçonnés de ne pas faire correctement leur boulot, et de les faire payer ou les envoyer en prison. Ce serait bien, aussi, qu’une « commission » puisse juger le travail fait par nos ministres et les condamner s’ils ont fait des conneries (comme, par exemple, lancer la construction d’un bâtiment qui coûte 2 à 3 fois le prix prévu, ou dilapider stupidement l’argent des français) ou ne disent pas la vérité ou ne font pas ce qui a été décidé, etc ? Il faudrait aussi pouvoir destitué un Président élu qui, manifestement, est incapable de remplir le rôle pour lequel il a été élu, avec Hollande comme premier cas à traiter.

Il y en a marre de cette racaille politique pléthorique qui se goinfre sur notre dos tout en ne faisant rien d’efficace pour nous sauver du naufrage.

Abdennour Bidar : dangereux ?

2015/08/17

J’hésite à me prononcer sur Monsieur Bidar.
Encore quelqu’un qui impose ses idées parce qu’il est payé pour réfléchir et a le temps d’écrire, alors que d’autres ont juste le temps de travailler et d’essayer de s’en remettre et de jouir un peu de la vie…
Sans doute me faudra-t-il lire son livre…

http://www.lemondedesreligions.fr/culture/abdennour-bidar-comment-sortir-de-la-religion-15-05-2012-2510_112.php

– Le mot « religion » est plus large que la façon dont il est employé ici. Il existe de nombreuses religions sans Dieu.

– Notre athéisme manque de spiritualité. Le rejet des religions monothéistes a oublié le fait que nous naissons, vivons et mourrons, et nous le savons : c’est notre « condition humaine » de savoir que notre vie est courte et absurde.

– Les « grandes » religions (grandes sans doute parce qu’elles ont fait le plus de morts), essentiellement les religions monothéistes, sont comme une boule de merde qui a ramassé d’autres idées, bonnes, et qui les a salies. Il est extrêmement difficile pour un athée de culture chrétienne de se débarrasser totalement de toute la pollution mentale du christianisme dans tous les autres domaines : droit, sagesse, éthique, etc. Si l’athéisme survit aux fous de Dieu, il faudra plusieurs siècles pour nettoyer nos cerveaux, notre vocabulaire, et nos références, de toute cette pollution.

– Monsieur Bidar ne semble pas accepter le hasard et le bordel comme maîtres principaux de la vie des humains. Il oublie également que la Terre sera bientôt trop petite pour les cafards que nous sommes et que, ne pouvant plus nous nourrir sainement, nos petits enfants seront condamnés à voir leur capacités mentales régresser.

– Monsieur Bidar ne parlent jamais non plus de la « connaissance ». Notre connaissance, du monde et de nous-même, a explosé : c’est elle, et l’éducation, qui a détruit le socle qui soutenait les religions.

– « l’homme créateur » ? Mais les hommes s’en foutent en général de créer. Seuls certains se jettent dans la création pour faire semblant de devenir immortel, pour supporter leur vie de mortel. La plupart des hommes aujourd’hui veulent simplement pouvoir vivre « mieux » : pouvoir se nourrir, se soigner, vivre sa vie complète. Il voit le monde par ce qu’il est : il réfléchit et écrit et croit que tout le monde fait pareil. C’est le propre des intellectuels payés pour enseigner et qui ne vivent pas la vraie vie.

– Le christianisme, l’islam, et le judaïsme, sont à mettre dans un trou, profond, qu’il faut reboucher avec soin, tellement ça pue. Rien n’est récupérable de ce fumier qui a obscurci les esprits de certains et permis à d’autres de dominer les plus faibles, comme les hommes transformant les femmes en esclaves. Il est insupportable d’entendre encore des gens défendre les religions.

– la religion, au sens large, c’est la « pensée magique » (expliquer ce qu’on ne comprend pas encore par des idées stupides et irrationnelles) et c’est le refus de voir la réalité : nous sommes définitivement mortels, et c’est une horreur, absurde. Mais nous devons accepter notre condition et vivre quand même du mieux que nous pouvons. Bidar devrait relire l’oeuvre et la vie de Camus, homme libre et éveillé.

– les religions furent une étape. L’étape actuelle, c’est à la fois la désintégration des religions et leur réaction malfaisante du fait de centaines de millions d’hommes encore mal éduqués et malléables à souhait.

Prisonnier

2015/08/03

Parfois, il me semble être l’un de ces hommes qui, enfermés, survivent entre parenthèse dans l’attente de revoir, le temps d’un parloir, ceux et celles qui faisaient l’essentiel de leur vraie vie : leur famille d’avant. Un prisonnier.