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Ô joie !

2015/04/24

Sais-tu comment arracher la joie des jours qui filent ?

Nous avions le bonheur.

Notre famille, nos enfants, c’était notre bonheur.

Mais nos enfants sont partis, ou vont partir.

Ils s’éloignent. Ils reviendront, mais plus tard.

Il paraît que la joie est mieux que le bonheur.

Il y a aussi le plaisir simple d’être (encore) bien dans son corps.

Avec le plaisir du soleil et du vent doux sur notre peau.

Ou bien se coucher et se rouler dans l’herbe et les fleurs dans les alpages.

Mais les jours passent, défilent, nous filent entre les doigts.

Nous allons travailler, nous enfermer.

Alors que – souvent, trop souvent – il fait si beau dehors !

Nous regardons, par les fenêtres, notre (im)possible liberté.

Le printemps est là. L’été arrive.

Qu’en ferons-nous ?

Bien sûr, nous irons à la campagne, à la montagne, ou à la mer.

Mais ce sera pour un temps si bref.

Mais que ferions-nous d’une totale liberté ?

Pourtant, il serait si bon de regarder passer le temps.

Il serait si bon d’observer, tranquille, passer les secondes.

Voir le soleil se lever, monter au zénith, puis redescendre et se coucher.

Regarder passer les nuages et jalouser les oiseaux, là-haut.

Mais il paraît qu’il nous faut « gagner » notre vie.

Alors que nous la perdons, par bribes de temps arrachées/gâchées par le travail.

Tout ce temps, déjà, qui s’est écoulé du sablier de notre vie.

Tous ces moments de joies, de plaisirs, ou de bonheur, passés.

Tous ces souvenirs, dans les bras de nos parents, dans ses bras, dans leurs bras.

Tous ces souvenirs, nos enfants dans nos bras.

Nos bras trop petits pour les tenir aujourd’hui, et un jour prochain si faibles.

Combien de joies, de plaisirs, de petits bonheurs nous restent-ils ?

Adieu la promesse du bonheur d’un futur riche de joies et d’enfants.

Nous avons dit adieu à certains bonheurs.

Dis-moi.

Sais-tu comment arracher la joie des jours qui filent ?