Liberté d’expression et caricatures

Lors de l’émission « Le téléphone sonne » sur France Inter le mercredi 25 février 2015, dont le sujet était « La liberté d’expression et le droit à la caricature religieuse », des arguments pour défendre le droit à la liberté d’expression et le droit à la caricature n’ont pas été évoqués.

Tout d’abord, la France compte environ 30% d’athées, bien plus que tous les croyants de toutes les religions établies en France. Alors, en critiquant et en caricaturant les religions, « Charlie-Hebdo » se fait donc le porte-parole de tous ces français qui considèrent que les religions, TOUTES les religions, ne sont qu’un ramassis de conneries. Pour s’en convaincre pour l’Islam, il suffit de lire le livre « Blasphémateur » de Waleed Al-Husseini, qui vient de sortir en janvier, et où il démolit et vomit la religion qui lui a été imposée par le hasard de sa naissance. En fait, savoir que les religions ne sont qu’un ramassis de conneries est une certitude partagée par des millions de Français mais qui est tue, et que le « politiquement correct » habituel empêche de dire haut et fort, en particulier à la radio, à la télévision, et dans les journaux, sauf par certains qui essayent courageusement de remuer la boue qui empêche beaucoup de Français de voir et de penser véritablement. Bref, des millions de Français se retiennent de dire à voix haute ce qu’ils pensent sous prétexte que cela choquerait les fous qui croient encore à des balivernes, à des stupidités mortifères, telles que Dieu, le Paradis, et l’Enfer. Pour croire en Dieu, il faut être soit stupide, soit désespéré, soit mentalement déficient, soit trop paresseux pour faire du ménage dans son stock de conneries mentales. Quant à ceux qui tuent au nom d’un Dieu, ils ne croient pas en Dieu mais dans le nihilisme et l’horreur, qui les amusent et leur donnent une raison stupide de vivre (et de tuer et de mourir) ; ils utilisent une religion pour dominer et asservir les autres, mais aussi pour violer et tuer afin de satisfaire leur besoin de plaisirs sadiques.

Ensuite, la loi de 1905 décrète que l’État Français est laïque et qu’il garantit à chacun la pratique de sa religion. Cette loi institue donc une « sphère publique », a-religieuse, laïque, et des « sphères privées », intimes et religieuses. Dans ce contexte, le délit de blasphème a été supprimé du droit français (comme dans 43 autres pays sur 198). Mais aujourd’hui en France on entend encore des gens crier au scandale parce que certains, comme « Charlie-Hebdo », se moquent ouvertement de leur religion et de ses symboles. Cette « indignation » est bien pratique à ces religions pour rappeler leur existence et tenter encore et encore de s’imposer aux Français, alors qu’elles ne représentent qu’une minorité, et pour déborder de leur « sphère religieuse privée » pour entrer dans la « sphère publique laïque ». Il est donc insupportable d’entendre à la radio des représentants des différentes religions se plaindre que des méchants blasphèment, voire même promettre des coups de poings (avant des balles en plomb ?) pour de simples paroles. Or, par définition, le blasphème est « toute parole de malédiction, reproche ou irrespect prononcé contre Dieu » ou encore « une parole ou discours qui outrage la divinité, la religion ou ce qui est considéré comme respectable ou sacré » . Bref, le blasphème n’a de sens que pour ceux qui croient en ce Dieu, attaqué par ces paroles, et au « sacré » qui lui est attaché. Pour celui qui croit en un autre Dieu, ou qui ne croit pas, ces paroles ne constituent donc pas un blasphème. Or, comme la République, laïque, ne croit en aucun Dieu ni à rien de ce qui est spécifiquement sacré pour ces religions, le blasphème n’a pas de sens pour la République : donc, en République, le blasphème n’existe pas. Mieux, « crier au blasphème » consiste à faire passer des concepts normalement circonscrits à la « sphère privée religieuse » de certains dans la « sphère publique », par définition laïque. Le mot « blasphème » n’a de sens qu’à l’intérieur d’une « sphère privée religieuse ». Et celui qui « crie au blasphème » contrevient donc à la loi de 1905. Il me semble donc logique de : 1) ne PLUS utiliser le mot «  blasphème » dans la « sphère publique », mais plutôt : « critique », et 2) créer un délit de « cri au blasphème ». Celui qui, choqué stupidement par des mots ou des images qui critiquent sa religion, n’a pas le droit de crier au blasphème (qui n’a pas de sens pour l’auteur de cette critique, à supposé qu’il n’appartienne pas à la même « sphère religieuse privée ») et doit donc être puni par la loi. En effet, se plaindre de ce qu’il appelle « blasphème » ne respecte pas ce qui est éminemment sacré pour des millions de Français : la liberté d’expression. Cette « liberté d’expression » a été douloureusement acquise par nos ancêtres, afin de montrer le monde sous un éclairage différent, ce qui déplaît fortement à certains qui n’aiment pas que l’on montre le côté noir de leurs pensées, de leurs actes, et de leurs religions.

Bref, Dieu est mort, et qu’on le laisse pourrir en paix, et qu’on nous laisse railler tous les débiles qui ne sont pas sortis du Moyen-Âge.

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Une Réponse to “Liberté d’expression et caricatures”

  1. Gicquel Yves Says:

    Merci pour ce rappel. La frilosité des grands médias est exemplaire à cet égard. J’attends avec intérêt les contre-discours portant sur Charlie-Hebdo. La tonalité sera la suivante : Ils ont peut-être un peu exagéré. Cela bruisse, ça va sortir.

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