Archive for juillet 2014

Carrières de lumière aux Baux de Provence

2014/07/27

Aux Baux de Provence, ils ont fermé et transformé les carrières pour en faire une immense salle de projection. Cette année : Klimt et Vienne. 10€ et 14°C (prévoir une polaire !). C’est beau ! J’y suis resté 3 heures, à faire des photos :

Bleu :
Bleu

Or :

Toutes les couleurs :

Vert :

J’en mettrais bien d’autres ! Mais FreeWifi ne veut pas…

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Pic St-Michel

2014/07/27

Réveillé à 7h ce matin. Parti à 8h. Pain acheté à 8h15. Arrivé au parking à 8h45. Balade commencée à 8h50. Par la face Nord (bon, c’est pas le Mt Blanc quand même ! mais c’est plus raide que par le Sud). Arrivé au sommet à 10h10, après 5 minutes de pause. Et sans avoir vraiment foncé. Bref, 700m de dénivelée en 1h15 : 560m à l’heure. Ca va. Je tiens encore la forme. Reste à vérifier ça sur 1200m de dénivelée ! 😉 Et puis, quasiment pas de marche d’approche pour le Pic St-Michel.
Une belle matinée, avec vent du nord, sensible et frais au sommet. Le son le plus bizarre et le plus rare en montagne, c’est celui du martinet qui vole près du sommet, tout en zigzaguant, le bruit du vent sur ses ailes de lame de faux : comme si un planeur passait à proximité. En redescendant, une troupe d’une cinquantaine de chocards (oiseau noir à bec jaune et pattes orange qui hante les sommets. À ne pas appeler choucas voire choucard (qui n’existe pas)) jouaient dans les ascendants, une partie étant en couple et dansant de concert au-dessus de moi.
Maintenant, les nuages arrivent.
Que la montagne est belle ! L’été, enfin…

Dans une galerie !

2014/07/26

Et, j’oubliais, me voilà maintenant dans une galerie, un peu physique quand même (Digimag : 2, rue Bayard à Grenoble), mais surtout virtuelle : Pygmaphore.
Mieux, deux de mes photos de Pygmaphore ont été exposées dans une galerie en Arles, dès la première semaine d’ouverture des Rencontres Photographiques d’Arles et jusqu’à fin juillet ! Youpi !
Bon, enfin, je n’ai toujours rien vendu… Mais ça ne saurait tarder ! Ha ha ha ! L’essentiel, c’est de s’amuser ! (sans se ruiner, quand même…)

Mon expo à moi !

2014/07/26

Mon expo de mes photos à moi, c’est en septembre, chez Arthaud à Grenoble !
Plus qu’un mois pour finir de la préparer !
Et, les cadres et les photos, ça coûte un bras !
Mais, le plus dur, c’est de choisir les photos à exposer… tout en continuant à en faire, inspiré par Madoz.

Rencontres photographiques d’Arles 2014

2014/07/26

(Tiens ! FreeWifi marche le soir ! (et oui, ma FreeBox ne marche toujours pas…))

Ces Rencontres photographiques d’Arles 2014 ne sont pas un bon cru. Moins de surface pour exposer. Toujours autant de merdes. Moins de bonnes choses. Beaucoup d’expositions montrant des collections : à la dixième photo montrant un « groupe » posant il y a 100 ans, j’ai vomi ; à la dixième photo extraite d’un livre de photos chinoises sans intérêt, j’ai vomi. Sans parler de la page scannée d’un livre de photos montrant des crottes de chiens… Et puis il y a l’invention des salles d’exposition de photographies plongées dans le … rouge. Oui, dans le rouge. Dans les étages abandonnés par le Crédit Agricole d’Arles, les visiteurs doivent utiliser une « baladeuse » pour éclairer les photos qu’ils veulent voir. Sinon, c’est impossible à voir. Nouveau concept… Le chef d’orchestre des Rencontres photographiques était en retard… ça se voit. Sinon, l’équipe change pour l’année prochaine. Un Suisse, si j’ai bien compris. Peut-être que, enfin, nous aurons moins de merde conceptuelle et moche à voir. Espérons-le.

Sinon, au moins UNE exposition à voir absolument ! Non, pas David Bailey. Sa célébrité ne vient que du fait qu’il ait pu côtoyer de vraies célébrités, simplement parce qu’il était ami avec Mick Jagger AVANT que ce dernier soit célèbre. Sinon, ses photos sont tout à fait communes. Aucun intérêt. Circulez ! Non, pour l’exposition de photos à ne pas manquer, je voulais parler de celle de Chema Madoz. C’est le gars qui a fait une photo d’une cuillère dont l’ombre est celle d’une fourchette. Ou bien la photo d’une femme en robe blanche avec un verre de vin rouge qui marque son pubis devant elle. Un GRAND photographe. Pas mal de très bonnes idées. Beaucoup de bonnes idées. Et beaucoup de photos amusantes ou intéressantes. En argentique. Et depuis 30 ans. D’ailleurs, il en vit : expositions dans le monde entier. Un univers poétique, sur-réaliste, humoristique. À voir. Absolument. En tout cas, ses photos m’inspirent. Maintenant, tout objet un peu bizarre que je rencontre génère des idées de photos ! Contagieux, le Madoz ! Et j’ai pu lui faire signer mon exemplaire de son bouquin ! 🙂 Par contre, je n’ai pas pu faire signer mon exemplaire du livre de Gérard Garcin. Le vieux monsieur a fait une mauvaise chute en Arles. J’espère qu’il s’en est bien remis.

Les RPd’A 2014 sont mortes. Vivement celles de 2015 !
Enfin… vous pouvez toujours aller en Arles les voir. Ca ferme en septembre.

Et pendant ce temps…

2014/07/04

Et, pendant que j’écris ces lignes, il paraît qu’il y a un match de foot à la télé. 1-0 ai-je entendu (malgré moi) à la radio.

Alors, rien de tel que de lire ou d’écouter Desproges disant tout le mal qu’il pensait du foot : À mort le foot, À mort le foot !.

Bref, je n’aime pas le foot.

Finding Vivian Maier

2014/07/03

« À la rencontre de Vivian Maier » me semble être une bien meilleure traduction du titre anglais du film que « À la recherche … ». Car, dans ce film, nous rencontrons vraiment un peu Vivian : non seulement ceux qui l’ont côtoyée – ainsi que l’unique amie qu’elle avait – parlent d’elle, en bien, mais aussi en mal, mais on entend sa voix, particulière, avec un léger accent français qu’elle semblait prendre exprès, et il me semble même qu’il y a quelques images d’elle, filmées par les parents des enfants. Il me semble que c’est son amie qui dit : « So sad, really ». Oui, c’est une histoire triste. Je me souviens de deux phrases d’elle rapportées par des témoins : « I’m a sort of spy », « I told you so ». La première dite à quelqu’un qui l’a prise en stop et à qui, comme à beaucoup d’autres, elle refusait de donner son vrai nom, et la deuxième qu’elle avait l’habitude de dire pour les choses tristes qui arrivaient. Les témoignages sont poignants, et nous la révèlent comme une personne très particulière, ayant des côtés très sombres, très bizarre, secrète, mystérieuse, excentrique. Certains enfants ont de très mauvais souvenirs d’elle, car elle était souvent plus que méchante avec eux : presque sadique. Alors que d’autres enfants ont eu de tels bons souvenirs d’elle qu’ils payaient le loyer du logement dans lequel elle a fini sa vie. Vivian collectionnait les journaux, par mètres cubes, essentiellement ceux parlant de crimes sordides, voire affreux : meurtres, viols, etc. L’une des femmes qu’elle avait gardée enfant a exprimé l’idée que Vivian avait très probablement été malmenée, brutalisée, voire violée. Ses remarques sur les hommes, ainsi qu’un témoignage, le laissent penser. Il y a probablement eu dans sa vie une brisure, une douleur, une souffrance, une cassure, qui l’a poussée à refuser le contact avec les autres, surtout avec les hommes. Alors, face à sa souffrance, peut-être que, au moyen de la photographie, elle cherchait à fixer et créer de la beauté, dont elle avait désespérément besoin ? Une beauté étrange, aux yeux de ceux qui la voyaient faire, comme de photographier les poubelles, ou l’enfant qu’elle gardait alors qu’il a été heurté par une voiture, un chat écrasé et les tripes étalées sur le goudron, etc. Comme aussi de photographier les choses communes, voire vulgaires aux yeux des gens « biens », comme : des personnes qui travaillent dans les champs, des gens blessés ou défigurés ou handicapés, des SDFs qui traînent dans les rues, etc. Les « choses de la vie », de la vraie vie, celles des humbles, comme elle. Bref photographier un peu de la laideur du monde pour en faire des témoignages que sa maîtrise de la photographie a transformés en œuvre magistrale. J’ai versé des larmes pendant le film, ému par son histoire. Cette solitude dans laquelle Vivian s’est enfermée, je la connais un peu, chez ma mère, et personnellement. N’avoir aucune relation avec sa famille. Changer de ville ou de banlieue de grande ville souvent et donc n’avoir quasiment pas d’amis. Mais elle avait la liberté ! Son choix d’être une « nanny » (une nounou) a probablement été motivée par la liberté que ce travail lui donnait : il lui permettait d’être dehors, dans la vie et dans l’action de la ville, l’appareil photo en bandoulière, l’œil aux aguets, prête à fixer un instant particulier sur sa pellicule, d’abord prenant des photos et ensuite s’occupant des enfants qu’elle « gardait », ou – plutôt – qu’elle traînait derrière elle, alors qu’elle marchait vite de ses grandes jambes. Oui, son travail lui permettait juste de « joindre les deux bouts », mais il lui donnait le temps et la matière pour exercer son « art ». Sont art, car les expositions de ses photos dans le monde entier sont un succès : les gens aiment ses photos, car on y voit qu’elle est proche des gens, qui – souvent – la regardent dans les yeux alors que son Rolleiflex, par en-dessous, fixe la scène sans même qu’ils s’en rendent compte, donnant à la photo, prise de bas-en-haut, une force particulière, inusitée. Oui, Viviane Maier était une formidable photographe, certainement un peu folle, conséquence probable d’un traumatisme dans sa vie. Une femme qui a voyagé tout autour du monde (Asie, Proche Orient, Amérique du Sud, etc.), seule, à une époque encore où cela n’était pas sans risques, et qui en a ramené des milliers de photos de grande valeur artistique. Une femme extraordinaire, à qui il aura manqué une rencontre décisive pour l’aider à oser se dévoiler, même sous un faux nom sans doute, comme V. Smith. Oui, cette histoire me touche, me rappelle celle de ma mère, et me rappelle une période récente de ma vie où, moi-aussi victime d’une grande souffrance et d’une dépression, j’ai moi-aussi recherché la beauté (poésie, chant, musique, etc.) pour me sauver, avant de revenir à la photographie, que j’avais aimée jeune, en abandonnant les nombres premiers et le Lucas-Lehmer Test, pour aller vers les autres plutôt que m’enfermer dans une beauté qui ne peut pas se voir facilement et est réservée à quelques personnes dans le monde. À cette époque, où j’étais seul, perdu, j’ai eu la chance de faire quelques rencontres, que j’ai recherchées ardemment contrairement à Vivian (pour autant que nous le sachions), d’autres comme moi souvent perdus et blessés, et avec qui j’ai, pendant quelques temps, fait un bout de chemin, avant de me retrouver seul de nouveau, avant de, peu à peu, retrouver la lumière. Dans ces moments là, certaines personnes prennent une importance extraordinaire : on les pare de toutes les vertus, elles semblent être la clef magique permettant de s’échapper de cette noirceur, qu’elles éclairent d’une lumière particulière et véritable, mais que le besoin intense de créer un lien amplifie et exagère. Il est alors d’autant plus douloureux d’être rejeté par elles sans même avoir eu la possibilité de dévoiler son moi intérieur, caché sous les apparences, sous le masque, ou noirci par le besoin intense de créer des liens et la douleur de ne pas réussir à prendre contact, à nouer un lien fut-il temporaire et lâche. Vivian s’est enfoncée dans sa solitude. Sa seule amie, pendant dix ans, elle l’a perdue de vue. Et lorsque, par hasard, trente ans après, elles se retrouvent, et que Vivian supplie son amie de prendre le temps de parler, alors que celle-ci est pressée de continuer son chemin par ses amis et les enfants qui l’accompagnent, et que son amie s’éloigne, elle perd le dernier lien qui la retenait. Cette amie, dix-sept ans après, devant la caméra, regrette de ne pas avoir pris le temps de lui donner un peu de son temps, de l’avoir laissée, et de l’avoir perdue, définitivement. John Maloof, l’homme qui a permis au monde de découvrir Vivian, n’avait que 25 ans lorsqu’il a ouvert le carton de pellicules qu’il avait acheté aux enchères pour 300$. Certes, ce jeune homme touche le pactole en produisant des livres sur Vivian, des expositions, ce film, sans parler des tirages qu’il vend (cher) sur le Web. Mais son souci de la perfection, son goût prononcé pour l’histoire, sa détermination, et son empathie pour Vivian, ont été essentiels pour que Vivian sorte de l’ombre, alors que les institutions officielles, comme le MOMA, refusent toujours d’accepter l’œuvre de Vivian, sous prétexte que les tirages exposés ne sont pas d’elle ; alors que nombre de photographes célèbres n’étaient pas doués pour tirer leurs photos, ou n’aimaient pas cela, ou n’avaient pas le temps, et le faisait faire par des tireurs professionnels, voire n’avaient jamais développé/tiré les dernières pellicules de leur vie. Ainsi pour Jeanloup Sieff, qui avait détruit au développement les négatifs de sa première mission de reporter photographique et faisait tirer ses photos. Et Vivian n’était pas très douée pour tirer ses photos. Et, exigeante, elle n’était pas satisfaite des tirages faits aux USA, au point d’imaginer faire tirer ses photos en France, dans « son » village. John Maloof, dans ce film, exprime l’ambiguïté de sa situation : révéler au monde une œuvre que son auteur rêvait sans doute de voir révélée, mais qui n’aurait certainement jamais voulu voir associée à son nom. V. Smith, ou V. Mayer, oui. Vivian Maier, non. Dans un sens, il l’a trahie. Dans un autre, il lui donne l’hommage posthume qu’elle mérite. Femme, rare femme photographe, différente, particulière, presque étrangère à son pays (elle est née à New York), son histoire est émouvante, du fait qu’elle photographiait ceux à qui elle craignait de ressembler un jour : misérables, abîmés, seuls, vieux, abandonnés. Elle a mis en photo notre condition humaine, en montrant les côtés brillants et surtout les côtés sombres, voire noirs et sordides, de nos vies. Elle repose en paix là où elle avait semblé être le plus heureuse : dans un coin de nature préservée, mais pas très loin de l’agitation urbaine qu’elle affectionnait pour y capter des étincelles de la vie grouillante où elle aimait se mêler et s’approcher de près, jusqu’à une « certaine » limite. On aimerait qu’elle eut pu faire une rencontre déterminante. On aimerait que quelqu’un, empathique, altruiste, voire amoureux d’elle, malgré tous les efforts de Vivian pour interdire l’entrée dans sa vie privée (« privée de tout » aurait dit Muriel Robin) et pour paraître et être une personne difficile et repoussant toute approche – même amicale, ait pu l’aider à sortir de son enfermement volontaire. Mais cela ne s’est pas fait. Et, si cela avait pu arriver, elle n’aurait plus photographié comme avant peut-être. Qu’importe. Regarder ses photos nous plonge dans le passé et dans l’essence de notre vie : éphémère, vaine, et absurde ; mais unique et formidable malgré tout ! À condition de mieux voir en soi, d’être soi, de se créer soi-même consciemment, libéré de nos souffrances passées et des graines mauvaises qu’elles ont semées en nous, et qu’il faut arracher, patiemment, en nous ouvrant aux autres, dont nous avons désespérément besoin. Libre, mais perdu. La vie de Vivian Maier est celle d’un humble qui a essayé de capter l’essence de nos vies, tout en restant caché. De quoi ?

Shirley : Visions of Reality

2014/07/01

« Shirley« , c’est un drôle de film qui met en images animées les tableaux d’Edward Hopper. Ce n’est pas un film d’action. Non. C’est même sacrément lent. Mais ce n’est pas un problème, à condition de s’y être attendu.
Le film est basé sur la vie de Hopper : il a vécu et aimé la France, il parlait français et pouvait citer du Verlaine, il a vécu dans les villes indiquées, il avait une maison à Cape Cod, etc. Mais le scénario du film ne met pas en images la vie de Hopper. La femme qu’on voit, Shirley, n’est pas l’épouse de Hopper. Celle-ci posait pour lui, mais Wikipedia dit qu’il était malheureux avec elle… Sans doute la raison expliquant la tristesse qui transparaît dans le film. Avant de voir le film, je recommande de réviser les tableaux de Hopper, afin de savoir à quel instant le tableau est « représenté » exactement. Pour ma part, je n’ai pas eu l’idée, ni le temps, de le faire. Shirley est une actrice, et l’on suit une partie de sa vie. J’imagine que les dates indiquées entre les séquences correspondent à l’époque où chacun des tableaux fut peint. À vérifier. Il se dégage une atmosphère de ce film, lente, douce, avec un personnage qui se cherche, qui change de lieu et de vie, et que l’on voit « au naturel », c’est-à-dire souvent déshabillée voire nue, puisque c’est le mois d’août, et qu’il fait chaud. Les quelques personnages secondaires sont inspirés de pièces, me semble-t-il, comme « The skin of our teeth », citation de la Bible. On retrouve une partie des remous du monde qui ont accompagné la vie de Hopper. Et la reproduction des tableaux est superbe. Une idée très originale, dont il ne faut pas attendre des merveilles, mais qui permet de baigner un peu dans l’atmosphère de Hopper et pousse à mieux le connaître.
Un film à aller voir en ce moment. À 3€50 la place, c’est idéal pour se rafraîchir les idées et oublier la coupe du Monde de … 😉