Black Coal

Rare film chinois qui ne parle pas d’art martiaux, ni du « glorieux passé » chinois, et qui en plus a eu l’ours d’or du meilleur film et l’ours d’argent du meilleur acteur à Berlin cette année, le film « Black coal » devait forcément être intéressant. Il le fut. Mais pas vraiment un film parfait à mon avis. En effet, il m’a semblé que, de temps en temps, on sentait que c’était joué, en particulier pour les collègues policiers du personnage principal. Et je n’ai pas aimé la fin.
(Attention, je divulgue plein de choses ci-dessous)
Mais, bon, il est étrange que la censure chinoise ait laissé sortir ce film… Car ce qu’il montre, c’est rien de moins que les bas-fonds de la Chine et l’impact sur le peuple d’en-bas du pouvoir que prennent ceux qui se sont enrichis. C’est donc un film critique de ce qu’est devenu la Chine : un monde à plusieurs vitesses, où chacun essaye de grimper, en écrasant les autres. D’autre part, à part le policier qui meurt de son humanité, tous les personnages sont des paumés. Et le « héros », Zhang, au lieu de trouver en la femme, Wu, une possibilité de trouver ce qui lui manque : de l’amour, l’utilise pour essayer d’être réhabilité. D’autre part, ce « héros » est un macho fini qui ne voit en les femmes qu’un corps à utiliser pour soulager ses besoins sexuels. Le film critique ainsi un monde où l’homme écrase encore la femme, même si, en Asie, j’ai l’impression que c’est moins dur qu’ailleurs, que dans les pays musulmans par exemple. Le découpeur d’hommes, celui que la police recherche et abat, n’a fait que venger sa femme, qui s’est défendue de son maître-chanteur, avant d’enfermer celle-ci dans ses filets, l’empêchant de se reconstruire avec d’autres hommes. En plus, l’action étant filmé essentiellement en hiver, la nuit, cela donne l’envie de ne JAMAIS aller en Chine, tellement c’est glacial, insupportable.
Enfin, du fait que les expressions du visage des Asiatiques sont légèrement différentes de celles que nous Occidentaux utilisons, du fait que nous méconnaissons la culture chinoise et asiatique et les significations de tel expression ou geste ou soupir, et du fait que le film est sous-titré et qu’il manque sûrement plein de détails, le public non-chinois perd sûrement des pistes pour en comprendre ses subtilités. Tradutore, traditore.

Néanmoins, en conclusion, ce film est une ouverture pour comprendre la Chine réelle, et une dénonciation de ce qu’elle est devenue : sale, triste, avec certains qui écrasent les autres, et toujours la surveillance étatique de ceux qui pourraient se révolter ou qui ne sont pas comme les autres.

Bref : un film à voir !

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