Ida

Je viens juste de voir ce film polonais, en Noir & Blanc, en format presque carré. Un bon film. Mais pas à la hauteur de mes espérances quand même. Mais il faut le voir quand même !

P.S. : Le cinéaste a pris un parti-pris particulier pour le cadrage : souvent, les personnages sont dans un coin, ou en bas, voire même en partie coupés, laissant beaucoup de place à autre chose : paysage, mur, etc. C’est systématique. Et, si cela apporte quelque chose de nouveau, par rapport à un cadrage « classique », cela enlève aussi de la force : un regard « parfaitement » cadré (c’est-à-dire : centré, avec un peu d’espace autour, ou ne montrant qu’une partie du visage (yeux et bouche)), cela donne de la force à l’image. Pourquoi ce choix ? Peut-être pour enlever du classicisme ? pour faire plus « débutant » ? avec un lien avec la période noire montrée (années 60) ? Je ne sais pas…

(Attention ! Ci-après, je dévoile des parties du film ! À lire après l’avoir vu !)

« Ida » montre les quatre maux de la Pologne à cette époque : l’anti-sémitisme, le communisme, l’alcool, et le catholicisme.
Laissons les trois premiers, et intéressons-nous seulement au troisième, dont vous avez sans doute loupé les ravages sur Ida. Ida est une jeune femme n’ayant pratiquement connu que le monde des bonnes soeurs : elle a subi un complet lavage de cerveau. Elle pose sur le monde un regard calme, mais vide. À un moment, quelqu’un lui demande : « À quoi penses-tu ? » et sa réponse : « Je ne pense pas » montre le vide régnant dans son cerveau. Au lieu de profiter de l’occasion (le maigre héritage de sa tante) pour se libérer de l’emprise des bonnes soeurs (comme celle qui, lors des voeux d’une coreligionnaire d’Ida, pose sa main droite sur l’épaule de la jeune fille au moment de dire ses voeux), elle n’a qu’une idée : tout essayer de la vie afin que devenir une nonne soit un vrai sacrifice. Donc : elle fume, elle boit, elle danse, elle s’habille comme une femme, et elle couche. Et, dans ces quelques jours, alors qu’elle ne fait que mimer la vie réelle, elle croit avoir connu la vie… à laquelle elle renonce, comme le petit robot décérébré que les nonnes ont fait d’elle. Cet amant, manifestement, ne la fait pas jouir suffisamment pour que cela retourne ses sens et la trouble vraiment. Normal ! 18 ans de jeunesse sans avoir le droit de se toucher ni de se masturber : les connexions neuronales entre son sexe et son cerveau sont minimales : il lui manque toute une auto-éducation au plaisir ! Et cet amant, certainement, n’a pas dû consacrer plus de quelques minutes aux préliminaires. Bref, Ida n’a rien connu de l’ivresse véritable du plaisir du sexe. Pauvre gamine… 😉 Le visage d’Ida lorsque son amant est couché sur elle est calme : elle ne ressent rien : elle s’est coupée de son corps. Dommage… car elle est si belle. Et Dieu n’existe pas. Elle s’en rendra compte trop tard… une fois devenue vieille.

C’est d’ailleurs un film à rapprocher de « Philoména », où le personnage principal déclare que, à 18 ans, lorsqu’un beau garçon lui fait découvrir les plaisirs de la chair (et l’engrosse…), elle ignorait avoir un clitoris ! La salope de bonne soeur, qui l’a empêchée de retrouver son fils, parle aussi de ce sacrifice de la chair : elle est vierge !

Mais que de victimes du Catholicisme ont gâché leur vie véritable… Celle de primates faits pour le sexe et l’amour !

Allez, un peu d’espoir : le nombre de croyants baisse en Angleterre ! Et des « églises » d’athées ouvrent de ci de là ! 🙂

Bon : allez voir « Ida » quand même : c’est édifiant, comme une image pieuse, à propos de la connerie humaine de ces années d’après-guerre.

P.S. : « Ida » pose donc la question du « libre-arbitre » : son « choix » de devenir nonne n’est que la conséquence d’une manipulation psychique classique : le lavage de cerveau. Son esprit est amputé d’une partie importante : le monde réel. En plus, ce qu’elle a découvert de son passé et ce qu’elle a vu des hommes ne peut que la conforter dans la beauté d’une vie consacrée à Dieu : une vie bien tranquille où son mutisme sera parfaitement à l’aise. Bref : la religion, ça rend con.

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