Gravity

(Attention, je dévoile ci-dessous une bonne partie du film, qui mérite d’être vu !)

« Gravity » : comment économiser sur les acteurs (2 !) pour investir dans le réalisme. C’est bluffant. On se croit vraiment dans l’espace. Et on ressent cette sensation d’être en sursis, dans un « élément » totalement adverse, invivable. L’horreur à l’état pur. Je me demande comment ces hommes et femmes arrivent à monter là-haut sans se chier dessus. Le film est intense, car on sait qu’il suffit d’un rien pour mourir là-haut. Et le retour est si improbable.
Aurait-il fallu la faire mourir, elle-aussi ? incinérée dans le retour sur Terre, ou noyée si près de la terre ferme ? Certainement que la fin qui a été choisie est positive : elle survit et digère enfin la mort de sa fille.
Seul embarras pour moi, les phrases où l’on parle aux morts comme s’ils étaient encore là et comme si on allait les « rejoindre ». Quand on est mort, on n’est plus. Mais, bah, ce n’est pas bien grave.
Sans doute que, comme une petite partie des spectateurs, je me suis senti proche de Ryan, m’étant senti un peu trop près de la mort ce lundi, même si ce n’était qu’une atteinte temporaire à mon intégrité psychique. Par contre, la fille adolescente de la famille qui discutait du film en sortant, elle n’avait pas du tout aimé le film ! Elle aurait préféré voir « Prisoners », ou bien « La vie d’Adèle ». Et, pendant le film, un couple près de moi discutait tranquillement, désirant peut-être implicitement fuir la tension du film.
Bref, le film, en 3D, nous fait flotter dans l’espace, et c’est une sensation affreuse que de se sentir seul au monde, inaccessible, perdu, condamné à mort dans les minutes qui viennent. Et, comme un écrivain l’a dit, ce n’est pas mourir qui est pénible, c’est de mourir « volé », volé de tout ce qu’on aurait voulu faire.

« Au fond de l’espace, on ne vous entend pas crier » !

Allez-y ! C’est un super film ! C’est bon d’avoir peur ! Après… après on aime mieux sa vie, aussi imparfaite soit-elle.

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8 Réponses to “Gravity”

  1. Jane Says:

    Ce film ne m’attire vraiment pas. Vivre la perte de contrôle, approcher la mort de près comme ces personnages, cela m’angoisse à l’avance. Aller dans l’espace n’est pas un de mes rêves, j’aime bien avoir les deux pieds sur terre. Alors il y a peu de chance que j’aille le voir sauf si ma fille insiste.

    • trex58 Says:

      Mais, chaque jour, nous sommes près de la mort ! 😉
      Et, face à celle-ci, à force, on finit par « relativiser », rester assez lucide, et faire de l’humour, de sorte à ne pas aggraver encore la situation.
      Aller dans l’espace n’est pas non plus l’un de mes rêves. Je n’ai pas le goût de ces défis. Et puis, maintenant, on risque bien de me recaler pour raison médicale !
      Si ta fille insiste, installez-vous loin de l’écran : on ressent moins la plongée 3D dans le film, il me semble.
      Mais, bon, ça fait du bien de se laisser aller à suivre la masse. J’étais même allé voir « Les chtis  » !
      Et ça fait du bien de se forcer à faire ce qu’on n’aime pas a priori, pour vérifier si c’est réel ou juste une peur de vivre une situation qui nous effraie.

  2. Jane Says:

    J’ai commencé la saison 7 de Dexter. Elle est jolie et charmante sa nouvelle amoureuse. Dexter a enfin rencontré une femme à qui il peut montrer les deux côtés de sa personnalité sans être jugé. Elle lui ressemble pour l’accepter tel qu’il est. Je suis impatiente de connaître la suite de cette aventure !

    • trex58 Says:

      Oui, les scénaristes ont eu une bonne idée. Quant à la probabilité qu’un assassin puisse avoir des relations amoureuses stables, même avec un autre assassin… Epsilon, voire 0. Mais, bon, c’est un feuilleton, crée pour nous faire oublier notre vie et nous donner des personnages qu’on aime revoir…

  3. Jane Says:

    Hannah a été instrumentalisée, manipulée par son père qui la culpabilise et qui ne l’aime pas. Dexter a vu sa mère assassinée à l’âge de trois ans. Ils se comprennent.
    Dans l’épisode que je viens de regarder, le père d’Hannah la culpabilise d’une chose dont elle n’est pas responsable. J’ai entendu la même phrase de la bouche de ma mère. Je sais maintenant qu’elle ne m’a jamais aimée !

    • trex58 Says:

      Ta mère ne t’a pas aimé parfaitement, ni suffisamment, ou l’a peu montré. Le mot « jamais » est trop fort. À moins d’être psychopathe, ou ne pas avoir d’empathie, ou d’avoir souffert l’enfer, on aime toujours ses enfants, plus ou moins, au moins à un moment donné. Mais, parfois, leur naissance est associée à une souffrance, une souffrance pour laquelle ils ne sont pas responsables. Il y a des choses qu’on n’arrive parfois jamais à digérer, ou bien mal.
      Au lieu de dire « jamais aimée », essaye de penser « mal aimée ». Et puis essaye de comprendre ce qui s’est passé dans la vie de tes parents.
      Parfois, on fait de mauvais choix et on agit mal. Mais, parfois aussi, on est entraîné malgré soi dans la mauvaise direction. Comme le personnage principal de « A simple man » des frères Cohen, qui est soumis à de multiples tentations et finit par céder, à l’usure.
      Et puis, si tu es en colère de prendre conscience que tu n’as pas reçu ce que tout enfant devrait recevoir, il faut dépasser cet état, la digérer, et aller de l’avant, libérée du passé. Enfin… en grande partie libérée.

  4. Jane Says:

    Ok j’ai été mal aimée. Je n’ai pas été désirée et je n’ai pas reçu l’éducation que j’aurais souhaitée. Tony je n’en souffre plus et je ne suis plus en colère. Je souffre certainement pour une autre raison. Mes parents ont choisi de vivre loin de leurs enfants et de leurs petits-enfants. Je comprends maintenant leur choix. Mais je ne reproduirai pas le schéma familial : aller tous les ans en vacances chez eux. J’ai envie de découvrir d’autres régions, ce que je n’ai pas fait enfant avec eux. De plus ils ont acheté une maison trop petite, pour accueillir ma famille dans de bonnes conditions. Donc les liens sont désormais complètement distendus voire inexistants pour moi.

    • trex58 Says:

      J’ai aussi été mal aimé, pour d’autres raisons. En fait, nous avons tous été mal aimés, car il est impossible d’être parfait en continu, sans parler même de l’être au moins un certain temps dans sa vie…

      Nous ne sommes pas obligés d’avoir des liens forts avec nos parents, si l’effort pour les recréer semble insurmontable. Il y a peut-être plus important où mettre son énergie. Vouloir découvrir le monde, cela me semble montrer une certaine assurance dans le présent, en plus d’un désir de nouveauté. Le reste du monde n’est pas mieux que chez soi, il est différent, et cette nouveauté nous pousse à mieux ouvrir les yeux. Et, de retour chez soi, les yeux habitués à mieux regarder, on peut voir son monde autrement. Le changement nous remue le cerveau. La routine le rassure, le calme, et l’endort. Nous ne pouvons pas rester ni dans l’un ni dans l’autre, il faut constamment alterner. Vivre, c’est bouger, prendre des risques. Il m’aura fallu beaucoup de temps pour réussir à partir à l’étranger… poussé par ma fille. J’ai bien du mal à faire ce que je dis. L’inconnu m’inquiète, alors que mon environnement me rassure.

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