Philosophie « Naturelle »

Philosophie « Naturelle ».

Tentative d’explication… Tentative un peu merdique. Mais, bon, il faut bien essayer !

La Nature, c’est-à-dire l’ensemble des êtres vivants sur cette Terre (et donc par extension la Nature de chacune des planètes où des êtres vivants existent) n’est pas figée, immuable, éternelle. Comme l’a montré Darwin, tout bouge, tout évolue, individus et espèces, sans aucun plan prédéterminé. Et, dans ce foisonnement de vies, dans ces changements, lents ou brutaux, certains êtres et espèces survivent et évoluent alors que d’autres stagnent et parfois disparaissent. Ceux qui survivent le doivent à différentes causes (avantage existant sur d’autres espèces, potentiel nouveau apparu par la sexualité ou par mutation : c’est-à-dire une capacité à s’adapter, à se transformer, à utiliser un nouvel environnement) qui leur permettent de prendre le dessus (temporairement) sur d’autres individus et espèces qui manquent de potentiel d’évolution, c’est-à-dire : moins « souples ». Par exemple, face à l’avènement de l’espèce humaine devenue maître du feu et des outils, les premières espèces à disparaître furent les plus grandes, dépendantes des grands espaces et de certains écosystèmes.

Il en va de même pour chacun d’entre nous : face au monde qui change et évolue sans cesse, pour ne pas perdre pied et ne pas nous enfermer et souffrir, il nous faut garder vivante notre capacité à nous adapter, à rebondir, face aux catastrophes et malheurs que le hasard ne manque jamais de nous faire subir. Une philosophie « naturelle » consiste donc à conserver vivante notre capacité à nous adapter, à faire face, à accepter ce sur quoi nous n’avons pas prise, à accepter les pertes inévitables de capacités physiques ou psychiques sans regret, à rebondir, physiquement ou intellectuellement (jusqu’à une certaine limite finale). « Bien » vivre, cela consisterait donc à « mimer » la Nature : conserver nos facultés physiques et intellectuelles au plus haut niveau, en nous ouvrant en continu sur l’inconnu et ce qui est différent, curieux de tout, méconnaissant de ce qui est dit être impossible, prêt à accepter ce que le hasard nous impose, et à « rebondir » sans nous accrocher au passé et au futur attendu que nous construisions et que nous anticipions. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille renoncer à construire son futur, proche ou lointain ; mais il faut accepter à l’avance les échecs et ruptures brutales, et savoir bifurquer en chemin, lorsque le hasard casse tout ou lorsque le hasard des rencontres nous fait découvrir de nouvelles personnes et de nouveaux environnements qui nous font voir/découvrir le monde autrement. Si le plan initial tombe à l’eau, il faut avoir l’esprit léger et souple pour qu’un autre plan naisse rapidement, un plan adapté à la nouvelle situation. Il nous faut donc constamment mettre toutes les « chances » de notre côté : nous « ouvrir » à la nouveauté, accepter que ce qui fait notre personnalité n’est pas un roc immuable mais doit continuellement évoluer, accepter d’être remis en cause par les nouvelles rencontres, informations, expériences. Nous vivons dans un monde qui bouge. Ne pas bouger avec lui, s’accrocher à de rassurantes chimères figées, c’est stagner et mourir. La vie est un continuel mouvement. Notre vie doit bouger, autant qu’elle le peut, jusqu’à la fin. Intensément. C’est ce que disait Albert Camus.

Publicités

Étiquettes :

16 Réponses to “Philosophie « Naturelle »”

  1. Jane Says:

    Je comprends ce que tu veux dire. Jusqu’à maintenant, le changement me faisait peur, je ne sais pas pourquoi. Aujourd’hui je suis prête et je ne le crains plus et parfois je le désire.
    J’essaye de « m’ouvrir » en me faisant plaisir et de ne plus renier mes désirs. C’est déjà un grand changement pour moi.

    • trex58 Says:

      Le changement apporte des risques. Selon notre état psychologique, la prise de risque est supportable ou pas, en fonction des angoisses créées. Et ces angoisses me semblent venir d’une mésestime ou d’une sous-estimation de sa capacité à faire face et d’une sur-estimation des dangers et surtout des conséquences pour soi et pour la vie que l’on vivait jusque-là, rassurante. Mais, bien sûr, il y a le contraire : la prise de risque permanente, qui détruit toute base sur laquelle se réfugier si le hasard n’est pas aimable avec nous.

      Cette peur du changement, c’est donc parce que, déjà, on se sent fragile, mal dans sa peau, en souffrance. Ajouter du changement, c’est prendre le risque de souffrir un peu plus peut-être. Mais cela peut aussi amener à supprimer les causes des souffrances passées. Bref, c’est compliqué.

      Et on a moins peur du changement si on est suffisamment autonome : un appartement à soi, un métier, un travail, ou la capacité de s’adapter déjà à différents métiers, des amis et de la famille aimants et eux-mêmes stables, ou bien une baisse des contraintes et des responsabilités (comme les enfants approchant de l’âge adulte, ayant commencé une formation les menant à un métier).

      Alors, si le changement te fait moins peur, c’est que tu te sens mieux, c’est parce que les épreuves passées t’ont finalement faite grandir suffisamment. Et, après avoir étouffé tes désirs, tu as maintenant envie de moins subir, de décider par toi-même. Ivresse de la liberté !

      • Jane Says:

        Oui je me suis sous-estimée trop longtemps. J’ai donc craint le regard des autres. Peur de m’exprimer à l’oral comme à l’écrit. Aujourd’hui je suis débarrassée de ces angoisses. Je ne me suis jamais sentie aussi bien. Je suis enfin devenue adulte je pense.

      • trex58 Says:

        Tu t’es enfin libérée d’une cage dans laquelle tu avais grandie.

        Sinon, pour le passage à l’âge adulte, les sociétés traditionnelles ont des solutions radicales : le rite de passage, qui mène des personnes qui finissent d’être des enfants directement à l’état d’adulte, par une cérémonie d’initiation, en un ou plusieurs jours. Et c’est souvent très dur, sanglant, violent. Une cérémonie qui fait mourir la personne qu’ils étaient pour que naisse une nouvelle : radical. Alors que, dans nos sociétés, entre enfant et adulte, il y a : adolescent… et ça peut durer longtemps ! Mais, dans ton cas, c’est autre chose je pense : une libération. Alors, pense. Pense à ce que tu aimes et qui est important pour toi. Ta liberté ou ton lien avec ta fille ? Les deux. Ta liberté ou ton lien avec un compagnon ? Les deux. Pas de sacrifice à faire. Une répartition. Un équilibre. À moins que tu te sentes une âme d’artiste et veuilles aller vivre ta passion au bout du monde ? 😉

      • Jane Says:

        Oui c’est vrai, je suis sortie de ma cage. Attention parfois je mords !

      • trex58 Says:

        Alors, il faut une muselière ! 😉
        Sinon, attention à l’ivresse de la liberté.
        Il y a aussi des oiseaux, trop longtemps gardés prisonniers, qui ne quittent pas leur cage ou se contentent de voleter autour. Prendre son envol, ce n’est pas évident. D’ailleurs, moi-même, je suis très casanier ! 😉

  2. sossi Says:

    Bien vu

  3. Jane Says:

    C’est étrange, aujourd’hui je ne ressens plus physiquement les liens. C’est comme si je n’en avais plus. Mais je suis la mère d’une jeune fille. Je dois être auprès d’elle pour l’accompagner. Dans 2 ans, elle partira sans doute.
    Je sais que je vivrai bien son départ.

    Je ne m’empêche plus d’agir en cherchant des faux prétextes.

    • trex58 Says:

      Et bien, il me semble que c’est tout à fait naturel : lorsque les enfants deviennent grands, ils deviennent nos égaux, avec un lien particulier certes, mais nos relations doivent changer. Il y aura certes une phase d' »accompagnement » mais ensuite ce sera encore autrement. Elle aussi deviendra mère un jour et aura besoin d’exprimer ses inquiétudes et d’avoir un contact profond sur ce sujet. Et plein d’autres choses. Elle partira, pas trop loin j’espère, mais le lien sera toujours là.

  4. Jane Says:

    J’ai fait un rêve/cauchemar cette nuit. Un homme, le grand chef au travail, que je n’aime pas et qui ne m’attire absolument pas, m’a pincé le bras puis m’a sucé un téton, alors que je le repoussais. J’étais assise sur une chaise, lui debout dans une ambiance feutrée. Je lui ai dit que je ne voulais pas. Il m’a répondu « ce n’est pas ce que je constate au niveau du téton ». Heureusement son téléphone a sonné et il a du me lâcher.

    • trex58 Says:

      Ha ha ha ! C’est un drôle de rêve ! Je suis absolument incapable de l’interpréter, à supposer qu’il y ait quelque chose à y trouver. Peut-être un besoin d’être touchée et caressée… Le corps peut exprimer ses désirs de façons bizarres.

      • Jane Says:

        Oui j’ai certainement besoin de caresses mais surtout pas de l’homme de mon rêve. Je ne pourrais pas. Un grand mou à la voix monocorde qui semble ennuyeux et au regard de travers. Aucune malice dans ses yeux.

    • trex58 Says:

      « mou », « monocorde », « ennuyeux » : ça ne fait pas envie !!
      Il faut que ça pétille !!!

  5. Jane Says:

    Oui, oui un pétillant !

    • trex58 Says:

      Enfin… pas trop vite quand même ! 😉 Faut prendre le temps d’en profiter avant que le bouchon saute…

  6. Jane Says:

    Tu me fais rire !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :