La mort comme la montagne

La mort, c’est comme une montagne. Au début, on la voit de loin : elle est purement théorique, juste une idée, dont on voit le sommet. Mais, lorsqu’on s’approche, lorsqu’on commence l’ascension, à son pied, on ne voit plus le sommet. On sait qu’il est là puisqu’on l’avait vu de très loin, mais maintenant la pente, la forêt, puis d’autres sommets intermédiaires nous le cachent. Autant d’étapes, où nous croyons que c’était la fin, et où il nous faudra repartir, en redescendant d’abord, avant de remonter, vers un nouveau sommet. Le dernier ?
C’est en montant au Pic St-Michel, pointe du Vercors qui surplombe Grenoble, que je ressens cela. Déjà, lorsqu’on gare sa voiture, on ne voit plus le sommet. Et puis on grimpe. Première étape : le Col de l’Arc, où l’on a une vue magnifique sur notre passé et de possibles futurs : le plateau du Vercors à l’ouest et la vallée de Grenoble à l’est. Et puis il faut repartir, et passer deux sommets intermédiaires avant d’atteindre le vrai, le dernier sommet. Après avoir marché dans l’herbe, puis dans l’herbe rare, les derniers 100 mètres sont rocheux, désertiques. Le sommet est fait de cailloux. Et le vide est là, juste au bord. Une glissade, un faux pas, et 500m de vide nous accueille, réglant définitivement tous nos soucis ;). Mais, bon, j’ai déjà fait ce sommet-là 20 ou 30 fois, et je compte bien le refaire, encore et encore, tant que je le pourrai, de plus en plus lentement sans doute. Mais, bah ! L’essentiel, c’est de pouvoir encore. Il sera bien temps, un jour, de choisir de plus humbles sommets.

En attendant, aujourd’hui, c’est : Photos ! Préparation de dossiers pour être exposé. Pour l’un, c’est sûr : il suffit de choisir les photos et de tout organiser. Pour l’autre, quelqu’un décidera. On verra bien. Juste deux sommets intermédiaires à franchir, ou pas. Il y a toujours moyen de contourner un obstacle. Avant un sommet ? Quel sommet ? Tout cela est vain, je le sais bien. Mais, bah, ça occupe les interstices de ma vie, qui est moins vide.

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16 Réponses to “La mort comme la montagne”

  1. Jane Says:

    La photo est une belle passion ! Moi je pense que je vais sortir plus souvent seule ou avec ma fille, au ciné, spectacle. Je ne vais plus attendre.

    Je pense pas être créative. Je rejoue de nouveau un peu de piano (je n’ai jamais pris de cours), quand je trouve un peu de temps. Mais c’est vraiment pour mon plaisir, je dois gâcher celui des autres.
    J’ai arrêté bêtement. Un jour alors que je déjeunais avec des amis, j’exprimais l’envie d’apprendre à faire de la planche à voile. Et l’un d’entre eux me dit qu’il ne fallait surtout pas que j’essaye, que c’était vraiment difficile et que je n’y arriverais jamais. Et j’ai fait le parallèle avec le piano. Je me suis dit qu’il avait raison et que je devais arrêter de jouer au piano, mon niveau étant très bas.
    Aujourd’hui, je me dis que j’ai eu tort. J’aurais dû écouter mes envies. Peu importe mon niveau, l’important est de prendre du plaisir. Toutes les activités demandent beaucoup d’entraînement et de patience.

    • trex58 Says:

      Nous avons besoin d' »art », quel qu’il soit. D’art, de plaisir, et de beauté. Celle que nous offrent de vrais « artistes ». Mais il y a une beauté à essayer quelque chose de nouveau. Et il ne faut pas écouter les autres. J’avais appris à chanter, car j’ai une bonne oreille, et c’était un plaisir immense pour moi ! et ça commençait à être supportable par les autres ! Alors, même si tu fais des fausses notes (au début), suis ton plaisir ! Tu pourras accompagner quelques amis qui chantent, ou t’amuser avec ta fille. Qu’importe : si tu aimes, si tu y prends du plaisir, vas-y ! Réessaye. Il n’est jamais trop tard.

      Quant à « être ou pas créatif », nous pouvons tous l’être. Et je ne le suis pas tant que ça… Je me contente bien souvent, sinon quasiment tout le temps, de « capturer » ce que je vois, sans inventer. Certes, j’ai l’oeil vif ! et utiliser un appareil-photo développe le regard, la capacité à voir ce que les autres ne voient pas ou plus ; mais je manque d’imagination (ou je suis trop pris par le reste (le travail !) pour que mon imagination s’envole).

      Quant à la planche à voile, j’ai essayé il y a fort longtemps ! entre 1982 et 1984, à Gabès en Tunisie : une catastrophe ! Ha ha ha ! Mais, pour savoir ce pour quoi on est doué, il faut essayer !

      Oui ! Sors plus, avec ta fille ou seule. Quelle âge a-t-elle ? Il faut entretenir le lien avec ses enfants, créer des moments, des souvenirs communs, avoir des activités incitant à confronter ses idées, etc. Pour l’avenir. Pour être proches.

  2. Jane Says:

    Aujourd’hui j’ai conscience de ne plus être jeune. Je sais que la maladie et la mort sont proches. Et je ne veux pas qu’on me gâche les dernières années qu’il me reste à vivre.

    • trex58 Says:

      Il y a la notion d' »espérance de vie en bonne santé ». On oublie trop facilement combien le fait de disposer de toutes ses facultés physiques et mentales est important, et qu’il faut tout faire pour les conserver le plus longtemps possible, et en profiter. Alors, plutôt que de penser à la mort, qui approche (forcément ! 😉 ), pense à la vie !

      • Jane Says:

        Oui mais je vis avec un homme qui est malade et j’ai peur de l’avenir. Je me demande s’il pourra continuer à mener une vie « normale » longtemps. J’espère que sa maladie n’évoluera pas, mais au fond de moi je n’y crois pas.
        Oui je pense à la vie, mais j’ai peur de devoir vivre avec un homme qui aurait perdu ses capacités physiques.
        Je ne veux plus être esclave et personne à l’avenir ne fera les choix pour moi ou je ne suivrai plus si je ne suis pas d’accord.

        Ma fille a quinze ans. Mais j’ai consacré beaucoup de temps quand elle était enfant et maintenant, j’ai envie de m’occuper de moi et de sortir seule ou avec mes amies de préférence. Mais je suis toujours auprès d’elle.

      • trex58 Says:

        Un homme « malade ». J’ai été « malade » moi-aussi, d’une certaine façon : le burn-out, ça rend zombie. Et les séquelles me rendent fragile. Et ma vie n’est plus « normale » puisque je suis RQTH. Je passe mon temps à fuir les bruits… Mais je suis seul, et personne n’en souffre.

        L’amour devrait permettre d’aimer l’autre même s’il devient diminué, non ? À moins que l’autre ne soit plus que l’ombre de celui qu’on a connu, et que ce qu’on aimait de lui a disparu. Donc, dans ta situation, on peut vouloir aider son compagnon de son mieux tout en cherchant/trouvant ailleurs ce qu’il ne peut plus donner. Non ?

        Une amie vivait aussi avec un mari « malade », psychiquement. Elle a divorcé. Il y a longtemps déjà. DIfficile…

        La maladie… c’est pire que la mort. Tout faire pour rester en forme le plus longtemps possible. Mais, parfois, on n’y peut rien.

        Tu es pessimiste… lassée déjà par les atteintes à son intégrité.

        Oui, le mariage aujourd’hui, c’est à parts égales : aucun n’est le maître de l’autre. Mais, parfois, pendant un temps, on aime bien suivre et laisser l’autre faire les choix. C’est ce que j’ai fait, longtemps, avec mon épouse. Je travaillais, et elle choisissait le reste… Les hommes souvent travaillent trop.

        15 ans : l’adolescence, un moment crucial, où l’oiselle essaye ses ailes, sans trop s’éloigner du nid, ou les parents peuvent être délaissés ou rejetés. Une époque à prendre avec des pincettes : donner de la liberté en essayant d’éviter les déboires douloureux. C’est un moment où la relation se transforme. Elle désire sans doute commencer à vivre sa vie tout en faisant évoluer votre relation. Mère-fille, ça peut être orageux ! 😉 En tout cas : oui, vivre un peu plus ta vie tout en restant à son écoute, prête à l’aider. Construire une nouvelle phase de votre relation. En restant attentif. Compliqué… mais une belle aventure.

  3. Jane Says:

    « Aimé l’autre », je l’ai aimé pendant 20 ans tel qu’il est. Maintenant je le vois tel qu’il est. Je ne peux pas renié cet amour. Mais j’ai changé ou peut-être que je désire autre chose. C’est mon regard qui a changé, pas lui. Je ne peux pas lui en vouloir.

    « Cherchant/trouvant ailleurs ce qu’il ne peut plus me donner ». Je n’ai jamais « cherché » d’autre homme. Je ne chercherai pas. Je ne suis pas une coureuse d’homme. Je ne sais pas faire.
    Il faut que j’accepte sa maladie. Mais oui je suis inquiète. « Lassée » j’étais lassée avant que sa maladie soit diagnostiquée. A un moment, pour moi, de prise de conscience et de mouvement intérieur.

    Cette semaine alors que j’étais au plus haut de ma forme depuis des semaines, j’ai rencontré une femme d’une très grande gentillesse, perdue de vue depuis 3 ans, et qui m’a dit être atteinte de la même maladie depuis 20 ans. J’ai discuté avec elle pendant quelques dizaines de minutes. J’ai ensuite appelé ma meilleure amie et à la suite de ces conversations, je me suis sentie vidée intérieurement. Un effondrement psychique inexpliqué. Je ne comprends pas. Depuis cet après-midi, je vais mieux. Mais je sens que je suis fragile.

    Avec ma fille, cela se passe bien. Le gros orage est passé. Elle est équilibrée. Elle est devenue une belle jeune fille qui attire les regards des garçons. Elle est sociable et tolérante. Étourdie parfois comme sa mère. Je suis heureuse de la voir bien grandir.
    Maintenant concernant les études, elle a pris une voie différente de celle de ses parents. Elle a choisi, un choix qui a été difficilement accepté par son père. Elle n’a pas encore de projet professionnel bien défini mais j’espère qu’elle trouvera rapidement. Elle aime les voyages et peut être qu’un jour elle partira travailler à l’étranger !

    • trex58 Says:

      Oui, parfois, on évolue chacun dans sa propre direction. Ou bien l’un évolue, et l’autre pas. Quant à l’amour, il n’est plus unique dans nos vie. Faut juste réussir à recharger sa batterie.

      « Coureuse d’homme » ? Il ne s’agit pas de chasser les hommes comme certains hommes chassent les femmes. Il s’agit simplement d’être ouverte à une autre vie, à une autre personne. Ensuite, le hasard fait le reste.

      Pour sa « maladie », tu n’en dis pas assez pour que je comprenne. Mais tu n’es pas obligée. On peut se sentir coupable d' »abandonner » l’autre parce qu’on ne supporte plus cette vie. Il faut savoir donner à l’autre, en souvenir des liens passés et de ceux qui restent. Mais il faut aussi savoir se protéger, ne pas sombrer aussi. Il y a donc un choix à faire. Quand j’étais en burn-out, j’étais insupportable parfois, et mon épouse n’en pouvait plus et se détachait de moi. Sans sa maladie, elle m’aurait peut-être quitté, et elle serait mieux peut-être, et moi complètement dévasté. Mais il y a des maladies pour lesquelles on ne peut rien faire.

      La maladie nous fait peur, même celle des autres et même si ce n’est pas contagieux. Et puis, peut-être que l’état de cette dame t’inquiète pour l’avenir de ton mari. Nous sommes tous fragile, plus ou moins. Mieux vaut en avoir conscience peut-être.

      Ah ! Je vois que ça se passe bien pour ta fille ! Et encore un jeune qui pense que ça ne peut qu’être mieux hors de France… Mais attention, ailleurs, c’est plus féroce. Il faut s’être fait les griffes déjà.

  4. Jane Says:

    Pas facile d’être « ouverte » quand on a vécu plus de 20 ans avec le même homme. Je parle facilement aux hommes. Ce midi un collègue m’a dit que je cache bien mon jeu en jouant les filles sérieuses.

  5. trex58 Says:

    Après 26 ans avec la même femme, il m’a bien fallu réapprendre à regarder les femmes autrement et à me réhabituer (et à apprendre, car j’étais pas doué) à jouer le jeu de la séduction.
    Toucher la peau d’une autre femme. Faire l’amour avec une autre femme. Dormir avec une autre femme. Aimer une autre femme. Il m’aura fallu plusieurs étapes et plusieurs rencontres pour m' »ouvrir », pour me redécouvrir un peu. Ce n’est pas facile…

  6. Jane Says:

    Tous les week-end j’ai droit au chantage au divorce. Il en a marre d’éduquer sa fille, qu’est-ce qu’il fait ou a fait en étant absent ! Il ne me supporte plus, et moi donc. Il n’est pas présent la semaine, deux jours par semaine c’est encore beaucoup trop ! Plus personne ne l’admire. y’en a marre de « fait ce que je dis et pas ce que je fais », des colères, de l’autorité du dimanche soir (quand il a bu)… En tout cas, s’il part je sais que ma fille et moi auront le minimum, il l’a dit. C’est un gros égoïste. Il n’aime pas sa fille. Je la soutiendrai. Il est comme ses parents qui ne l’ont pas soutenu dans son projet d’étude. Toujours négatif avec elle en disant qu’elle se plantera. Lui s’est planté ! Disant qu’elle n’assume pas, mais quand je lui rappelle qu’il n’a pas assumé certains échecs, il boude et me fait son chantage. Je m’en fiche. C’est la réalité. Il me met au même niveau que ma fille et cherche à nous mettre en rivalité. Il ne comprend vraiment rien.
    Demain je vois ma psy j’aurai beaucoup de choses à lui raconter.

  7. trex58 Says:

    Et bien, c’est une situation bien difficile que tu vis là. Certes, j’ai été pénible quand j’étais en burn-out, mais je ne buvais pas, et j’aimais mes enfants même si j’étais maladroit parce qu’épuisé. Pour vous, c’est différent. Et je ne sais quoi dire. Sinon que le fait de pouvoir en parler, ici, ou à ta psy, cela doit t’aider à y voir plus clair et à savoir ce que tu dois faire pour sortir de cette situation, qui te fait souffrir, ainsi que votre fille j’imagine. Il aime sûrement votre fille, mais il est envahi par d’autres sentiments, dont il n’arrive pas à se libérer, par un passé lourd et non-digéré, qui l’empêche d’accepter et vivre au mieux le présent. Même s’il a probablement fait des erreurs, il est, comme nous tous, une victime de notre imperfection.
    Reste maintenant à réfléchir à ce qui peut amener à une amélioration, à trouver ce qui permettra à chacun de se libérer et faire face le mieux possible au présent et au futur. La colère n’est pas la bonne solution. Il faut aussi continuer à avoir de la compassion, tout en faisant des choix, douloureux peut-être, qui peuvent « éclairer » l’avenir, celui de votre fille, qui souffre, le tien, le sien. Et c’est bien compliqué : c’est bien de pouvoir en parler avec quelqu’un, d’essayer d’y voir plus clair en-dehors des moments de colère ou de frustration.
    Bises

  8. Jane Says:

    J’ai parlé à ma psy 1h30 hier. J’ai raconté la scène. Les scènes du dimanche soir qui se répètent. Mais ma fille sait qu’il se met facilement en colère. Les médecins ont prévenu mon mari que l’un de ses médicaments a un effet sur son humeur. L’effet est nettement visible quand il a bu de l’alcool. Et le lendemain, il est calmé et tout redevient comme avant.

    Je me suis peut-être inquiétée trop rapidement. La maladie n’est pas encore diagnostiquée, il y a des « encas » mais pas suffisamment donc il a encore une chance d’y échapper, c’est ce qu’à dit le professeur de médecine. Et les médicaments sont efficaces au bout de 2 mois, donc il faut attendre encore un mois.

    Ma fille « souffre ». Oui elle souffre de l’injustice de ces crises dont elle est la cible. Et après c’est moi qui supporte sa colère et les conséquences de sa colère. Je dois réparer. Mais aujourd’hui elle est allée trop loin. Je suis calme mais je trouve cela injuste. Finalement, les absences de mon mari protègent ma fille.
    Elle joue de nouveau du piano. Souvent le soir quand elle est excitée, elle en joue 2 heures. Ce piano revit. Hier je l’ai entendue jouer un morceau qu’un homme a joué pour moi et qui m’a bouleversée. Elle me dit qu’il est très difficile mais elle est persévérante. Je lui ai demandé si elle se souvenait de la personne qui l’avait joué ici même. Elle m’a cité des prénoms sans jamais le trouver. Alors je lui ai dit et elle m’a dit « tu ne vas pas » et s’est interrompue, « je ne me souviens pas ». Puis elle a dit « j’adore ce morceau ». Et je me suis dit : moi-aussi.

    Le divorce, ma psy m’a demandé si j’attends que cela vienne de lui. Je lui ai répondu que je ne le demanderai pas. Pas maintenant.
    Ma psy parle peu. Elle m’a remis sur la piste de : celle qui suit, celle qui a besoin d’un cadre et celle qui se contrôle. Et une question finale.

    Je revois une copine de sport que je n’ai pas vue depuis 1 an et demi. Je suis heureuse de la retrouver, et réciproquement. Elle a passé des moments difficiles. Elle m’a dit que j’ai changée. Elle me trouve « mieux », elle n’a pas trouvé les mots pour expliquer ce changement qu’elle perçoit.

    Merci pour les bises.
    Bisous.

  9. trex58 Says:

    L’alcool… Peut-être d’abord commencer par ça ; arrêter ? Passer au sport (si c’est possible…).

    Donc, il faut attendre. Mais, à un moment, il faut bien avoir une idée de la direction à prendre : a) accepter ce qui est et supporter… par souvenir des liens passés et parce que partir serait trop dur, b) penser qu’il y a un espoir et agir pour changer les choses, c) se sauver et sauver votre fille. Facile à dire… Mais c’est bien le rôle de celui qui est en-dehors, comme votre psy. D’ailleurs, mieux vaut l’écouter, elle, que moi. Et, si elle parle peu, c’est pour vous laisser exprimer ce que vous vivez, pour que vous le voyez mieux, et pour que vous preniez vos propres décision. Un psy, c’est rien qu’un catalyseur qui a de l’empathie et qui « comprend » ce qui se passe dans notre tête. Le boulot, pour aller mieux, c’est à nous de le faire…

    Oui, il faut protéger votre fille, et l’aider à comprendre ce qui se passe : s’il prend des médicaments qui changent son humeur, il n’est pas 100% responsable. Nous sommes souvent les jouets de contraintes que nous ne maîtrisons pas. Alors, nous devons pardonner, et aider. Jusqu’à un certain point.

    La musique vous rapproche. La musique nous aide, nous soigne, nous calme. La Nature, le sport, la musique, la beauté, l’amitié, les relations, etc : pratiquer tout ce qui est positif. Et peut-être pouvez-vous jouer à deux ? Essayer. Pour voir. La musique fait écho à nos sentiments. Il ne faut pas hésiter à jouer/écouter des morceaux qui nous bouleversent : ils nous aident à libérer nos émotions, pour les épuiser, pour nous en libérer, pour aller au-delà.

    Nous changeons, tout le temps. Mais c’est bien de changer en prenant conscience, en voyant ce qui se joue derrière. Et en restant calme. Ne pas ajouter de colère à la colère. Calmer le jeu. Essayer de voir quelles solutions pourront amener vers un « mieux », global, ou seulement pour certains d’entre vous. Il y a aussi les thérapies familiales (« systémiques »), avec toute la famille et un ou deux psychologues, permettant de mettre en évidence les communications viciées, permettant à chacun de s’exprimer vraiment, et permettant à l’autre de prendre conscience de ce que vit l’autre. Une façon de casser le mur qui a grandi, de vous retrouver peut-être, ou de prendre conscience que les chemins se séparent. Toujours dans le calme.

  10. Jane Says:

    On peut peut-être se tutoyer maintenant Tony !

    « Arrêter l’alcool », il n’est pas alcoolique, c’est juste quelques verres le week-end. Je ne l’ai jamais vu « ivre mort » alors que moi je l’ai été plusieurs fois.

    Je protège ma fille. Mais parfois aussi elle exagère, comme parfois j’ai pu exagérer avec mon mari, et elle le sait. Ce matin elle m’a fait une crise de frustration, en douce. Je ne suis pas en colère contre elle, je me revois à travers elle. J’espère que ces crises, qui sont extrêmement rares, passeront.
    Son père ne supporte pas parfois sa manière de lui parler et il s’enflamme vite. Il est trop susceptible. Je lui dis de lui répondre avec humour. Mais non à chaque fois, c’est la grosse crise d’autorité. Je lui fait remarquer qu’elle devient adulte et qu’il ne doit plus lui parler comme à une enfant. Elle a choisi son orientation scolaire et est déterminée à réussir. Pour l’instant ses résultats sont bons, nettement meilleurs que l’année dernière, qu’est-ce qu’il veut de plus ! Je lui dis de lui faire confiance. Je pense qu’il est déçu qu’elle ne lise pas autant que lui ou presque pas, qu’elle ne soit pas plus proche de lui en terme de goûts musicaux.
    Et alors ! Elle joue du piano, apprend à jouer seule de la guitare, dessine (elle a choisi option arts plastiques), aime nager, courir. Elle est beaucoup plus complète que lui et semble épanouie. Hier, j’ai dit à ma psy que je suis fière d’elle, en pleurant. Elle m’a demandé pourquoi j’étais triste. Mais je ne suis pas triste.
    Jouer à deux, elle joue au professeur avec moi. J’ai un objectif, c’est savoir jouer mon morceau à Noël. Mais il faut que je m’entraîne beaucoup plus.

    « Calme » je suis calme maintenant. Je pense qu’il faudra qu’il s’adapte aux changements, c’est-à-dire le mien et celui de sa fille. Et là nous pourrons continuer ensemble. C’est plus difficile pour lui, on lui impose le travail alors que moi j’ai choisi de faire un travail pour me libérer et comprendre mes souffrances.
    Ma psy m’a suggéré la thérapie de couple. Il n’y en aura jamais, il ne veut pas et je sais que cela nous séparerait définitivement et il le sait également.

  11. trex58 Says:

    Tu.

    L’alcoolisme, ce n’est pas que être ivre-mort. C’est utiliser l’alcool comme bouée. Il y a des gens constamment à 2g d’alcool par litre de sang et qui ne sont jamais ivres…

    Les crises, si elles sont rares, sont normales à cet âge, non ?

    Ton mari est mal dans sa peau, et désarmé. Et, face à votre fille, il ne sait pas comment faire, sinon utiliser ce que ses parents ont utilisé avec lui : l’autorité.

    Les goûts musicaux… J’avais bien acheté le vinyl des SexPistols… et d’autres musiques de ce genre, bruyantes. Maintenant, je suis plus dans la subtilité. Les goûts musicaux changent en vieillissant. Et les modes changent. Et ce qui était nouveau avant fait ringard maintenant. Par contre, ils pourraient rivaliser pour se faire découvrir des musiques…

    Quant à lire… c’est plus le genre de truc à la mode. Ou alors, juste lire ses textos… 😉 Pourtant, rien ne permet de plonger aussi profondément dans un univers…

    Elle est formidable ta fille ! Le seul problème, c’est que « arts plastiques », ça mène difficilement à un boulot. C’est ça le hic. Alors, il faut qu’elle « déchire sa race » ! Ooops ! Je veux dire : qu’elle excelle dans ce qu’elle aime, qu’elle se donne à fond !
    Et, si tu as pleuré, c’est peut-être de joie et de tristesse mêlées : triste de ne pas avoir pu faire ça, heureuse qu’elle le fasse. Heureuse aussi qu’il y ait de la beauté en elle. Et puis, si elle grandit, elle te pousse, un peu plus loin de ta jeunesse. À toi de savoir rester jeune. Musique ! Le partage d’un goût commun, c’est super. Bien sûr, peut-être bien qu’elle te dépassera. Et tu seras fière. Et tu seras triste à l’idée que tu aurais aimé faire ce qu’elle fait quand tu avais son âge.

    Quant on est en dépression (et c’est peut-être bien là où est ton mari), on pense pouvoir s’en sortir seul, on refuse l’idée d’être dans l’échec et d’accepter de l’aide. Les hommes ont leur fierté (mal placée…). J’ai fait pareil.
    Il s’était habitué à un mode de fonctionnement où il avait sa place, son rôle. Là, tout fout le camp, vous lui échappez. Et lui ne sait pas comment faire, comment changer, s’il en a encore la force.

    Qu’est-ce qui est le mieux ? Continuer une vie invivable par manque de communication, comme deux étrangers ? Ou accepter de se séparer si cela devient inévitable ? C’est facile à dire, bien sûr… et, avant que chacun retrouve un équilibre, il faudrait passer par des moments difficiles. Mais ce n’est pas non plus une certitude. Cette épreuve, de faire une thérapie de groupe, cela peut être un choc salutaire, un moyen de réveiller des forces endormies, en chacun de vous, et de clarifier vos désirs : continuer ou arrêter. Dans tous les cas, parler, c’est positif. Mais les hommes n’aiment pas parler… reconnaître qu’il y a un problème, que leur univers risque d’exploser, de perdre leur « rôle », celui qu’ils pensent devoir avoir. Reparle-lui en encore, comme un moyen de vous aider l’un l’autre à y voir plus clair, à dire ce qu’il vous est difficile de dire, avec l’aide bienveillante de médecins. Essaye. Sans insister lourdement, bien sûr. Enfin, c’est compliqué, et c’est douloureux. Mais, souvent, dans un couple, on ne comprend plus très bien l’autre, car on ne se parle plus vraiment. Je ne sais pas…

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