À méditer

Suite à :

LA MEDITATION DU WEEK-END : Plus je suis ce que je suis, plus élevées sont mes vibrations. Plus je résiste à être ce que je suis, être autre chose, plus basses sont mes vibrations. La vibration plus élevée vient avec la simplicité. Au contraire la vibration plus basse vient avec la complexité ou le manque d’authenticité.
Frank Hatem

J’ai écrit ça :

Des études scientifiques ont montré que, plus on fait de choses en parallèle, moins bien on les fait. Pire, alors que nos sens « voient » des informations, notre conscience ne les voit pas, nous rendant aveugle à une partie de la réalité. Donc, la « simplicité », c’est-à-dire être concentré sur une seule chose à la fois, avec toute l’attention possible, nous permet d’être en meilleur contact avec la réalité. La « complexité » (s’occuper de nombreuses choses à la fois) disperse notre conscience, l’émiette en morceaux. Une activité simple, unique, et liant notre esprit et notre corps (marche, yoga, méditation) nous permet de nous reconnecter à nos sens, d’être « entier » dans notre vie. Mais, à mon avis, pour être en « pleine conscience » (au sens d’Albert Camus), il nous faut aussi développer notre capacité à comprendre les mécanismes cachés du monde autour de nous et en nous, pour ne plus être naïf, pour avoir une vue profonde sur les possibles vraies causes du monde et de nos émotions et pensées. C’est un long travail, le travail d’une vie, car les connaissances scientifiques ne cessent de progresser et de remettre en cause ce qui était connu auparavant et il nous faut donc constamment confronter et remettre en cause notre vision du monde en assimilant les nouvelles connaissances et en les confrontant à notre vision personnelle. Et cela commence par se défaire de tout ce que nous avons appris dans l’enfance (culture, parent, école, société) parce que, enfant, nous étions programmés pour enregistrer les connaissances sans les analyser par nous-mêmes. Une fois adulte, c’est-à-dire une fois vécus nombre de moments douloureux qui nous forcent à réfléchir et à rebondir, et une fois pleinement conscient de notre mortalité, nous pouvons entamer ce travail, de Sisyphe. Hélas, la vie moderne nous impose des rythmes infernaux et nous prive le plus souvent de ces moments de calme réparateurs et nous pousse à rechercher fébrilement de nouvelles activités dérisoires, souvent trépidantes et inutiles, pour nous donner l’impression de « vivre » en satisfaisant notre désir exacerbé de nouveauté et de mouvement. La « vraie » vie est quelque part dans un « juste milieu » : entre se perdre dans de multiples activités et se recroqueviller dans l’inaction et l’endormissement physique et psychique. Rester éveillé, les sens aiguisés, calme, prêt à prendre des risques puisque vivre est une constante prise de risques. Pour suivre cette ligne invisible et sinueuse du juste milieu, il nous faut avoir conscience de tous les précipices que nous côtoyons. Nous pouvons aussi, consciemment, décider de ne plus décider et de nous laisser voguer encore un peu plus au hasard. Mais, de toute façon, le hasard vient toujours déranger nos plans ; autant s’y préparer en étant prêt à tout, le meilleur ou le pire, mais en sachant saisir ce qui nous advient. Reste à savoir ce qui est « bien », pour nous, et « bien » tout court. Savoir quoi faire de cette vie… question sans réponse figée, question à toujours se poser : aujourd’hui que voudrais-je faire de ma vie ? Comment trouver « ma » voie au milieu des contraintes de ce monde ? sachant que la compagnie des autres m’est indispensable mais me torture aussi. La réponse est dans la lecture de milliers de livres, pas par les réponses qu’ils nous offrent, mais par les questions qu’ils nous posent et qui nous forcent à trouver nos propres réponses. Il est donc bien compliqué de faire simple. « Make things as simple as possible. But not too simple ». Ecouter Eric Satie (et d’autres) pour comprendre. 🙂

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19 Réponses to “À méditer”

  1. trex58 Says:

    Il est sous-entendu que, si je commence un peu à mieux comprendre le monde et moi-même, je suis encore bien loin de faire ce qu’il serait « bien » que je fasse ! D’ailleurs, je suis incapable de méditer… et je fais toujours tout plein de conneries dont je n’ose même pas parler ici ! C’est dire !

    • Jane Says:

      Ne te gêne pas pour les raconter. Cela peut faire rire !

    • trex58 Says:

      Hummmm Je ne suis pas sûr que cela fasse rire. Cela ne fait pas pleurer, non plus. Et rien d’illégal ni de méchant.
      Mais, bon, je préfère garder un peu de mystère. Mais, 3 ans déjà…

  2. marlaguette Says:

    C’est rigolo… Figure toi qu’aujourd’hui je suis rentrée en collision avec moi même, ce qui a favorisé une sorte de méditation qui m’a fait choisir un chemin différent que celui sur lequel je m’égarais… J’espère sincèrement arriver à garder mon nouveau cap…

    • trex58 Says:

      « en collision avec soi-même » : bizarre mais jolie expression ! Bref, tu t’es rendue compte de pensées illogiques ou irrationnelles et tu as changé de cap ?
      Il faut un choc ou un long temps de distanciation pour arriver là, non ?

  3. Jane Says:

    Je crois que je suis dans un moment réparateur. Et je me laisse voguer.

    « Se défaire de tout ce que l’on a appris dans l’enfance ». Si je résume mon éducation, j’ai eu une éducation de merde !

    J’ai découvert une vidéo de Jacques Brel sur un blog. Elle m’a fait réfléchir.

    • trex58 Says:

      Nous avons tous eu une « éducation de merde » ! car nos parents n’étaient pas parfaits et nous ne le sommes pas non plus ! 😉
      Mais, bon, « merde » est un mot plutôt vague…

      Il y a des moments où l’on est bien… C’est bon, hein ?!

    • trex58 Says:

      Brel : il parle de beaucoup de choses dans ces 11 mn. Qu’a-t-il dit qui t’ait fait réfléchir ?

  4. Jane Says:

    Je sais que je ne suis pas une mère parfaite et que j’ai commis des erreurs dont j’ai conscience maintenant depuis deux ans. J’ai changé et ces changements progressifs liés à ma prise de conscience ont été difficiles à accepter au début par ma famille et parfois encore maintenant. Et je regrette de ne pas avoir fait ce travail plus tôt.

    Cela me fait réfléchir à certains de mes comportements.
    Il parle de l’enfant « nomade » à qui on apprend à attendre et à être prudent et sage. Je pense que c’est tout ce que mes parents m’ont inculqué. Et malheureusement, la prudence est ancrée en moi.

    Quand j’étais enfant, l’accident biologique que je suis dérangeait. Et en grandissant, j’étais en colère d’être incomprise et j’ai attendu longtemps quelque chose que je n’aurai jamais et que je n’attends plus. Mais je rêve encore !

    La colère est une douleur. AÎe Aïe AÎe, j’ai mal !

    J’aime bien cette phrase, « on se fabrique ses cadeaux ». Je vais faire une liste.

    • trex58 Says:

      Il faut accepter d’avoir fait des erreurs : c’est inévitable. Reste à comprendre ce qui s’est passé, ce qui semble s’être opéré chez toi. Mais la femme que tu deviens ne correspond plus à l’image que ta famille se faisait de toi : ils ne savent plus qui tu es. L’idée de toi qu’ils s’étaient construite, ils leur faut la changer. Et, pour ceux pour qui il est difficile de débrancher et rebrancher les neurones, tu risques bien désormais de toujours les choquer, car ils ne pourront pas changer leur idée de toi.
      Ne regrette pas d’avoir fait cette prise de conscience plus tôt. Sois heureuse de l’avoir fait !
      Nos « comportements »… Les miens, par exemple. Ce soir, j’ai continué dans une voie qui est un cul-de-sac, je le sais parfaitement… mais cela m’aide à vivre, en faisant attention de ne pas faire de mal à l’autre…

      Les parents, connaissant la dureté du monde et les risques d’être détruit à jamais par des erreurs (rouler trop vite… boire… fréquentations…) ont tendance à trop protéger. Et puis, les filles, on les voulait sages, en attente du Prince Charmant… La prudence, aussi, c’était la seule façon avant pour survivre, car la vie était si dure. Aujourd’hui, par exemple, se casser une jambe ne tourne que rarement au handicap. Avant, toute blessure pouvait laisser de graves séquelles. Et, dans un autre ordre, la fille engrossée avait ensuite bien du mal à trouver un homme « bien », c’est-à-dire un homme stable ayant un métier. Avant, les femmes jeunes épousaient des hommes plus âgés, car choisissant des hommes ayant une situation, ou un début de stabilité.
      Mais, aujourd’hui, la prise de risque est moins souvent punie.

      « L’accident biologique » : veux-tu dire que tu n’as pas été désirée et que tes parents te l’ont dit quand tu étais enfant ? ou bien veux-tu juste parler du fait que nous sommes unique, nés du hasard ?

      Qu’attendais-tu ?

      Quant à rêver : c’est bien ! À condition de savoir qu’on rêve… et que, même s’il est POSSIBLE que ce rêve se réalise, la probabilité qu’il se réalise est infime… Comme gagner le gros lot au Loto ! Ha ha ha !

      La colère. La colère peut être positive : être en colère contre la souffrance des autres, des enfants battus par exemple. Mais la colère n’est pas efficace, et elle peut être dangereuse, par ses excès, ou bien elle peut être le moyen de changer les choses, lorsque la situation est bloquée. Mais on devrait sans doute, à la place de la colère, essayer de comprendre ce qui se passe, pour pouvoir réagir efficacement afin de supprimer/réduire ce qui nous est douloureux et peut nous mettre en colère. (belles paroles !! 😉 )

      « on se fabrique ses cadeaux » : sans doute cela veut-il dire qu’il est vain d’espérer que changera ce sur quoi on ne peut pas agir et qu’il vaut mieux agir sur ce qu’on peut changer de sorte à faire advenir une récompense à notre portée et pas dépendante des autres ou du hasard. Prendre sa vie en main plutôt qu’espérer que cela nous tombe du ciel… Mais, bon, moi, je n’aime pas construire… Je préfère (en ce moment) me laisser porter par les vagues que je rencontre. D’autres vagues que j’ai voulu chevaucher m’ont blessé et ont épuisé peut-être certains sentiments ou élans en moi.

      • Jane Says:

        Oui, je crois que je suis devenue une femme. Ma fille s’adapte mieux à ce changement qu’elle ne doit pas comprendre. Mais elle se rend compte que je ne réagis plus de la même manière à certaines situations et parfois cela la frustre. Je vis pour moi et plus pour elle, même si je suis toujours là pour la protéger et l’accompagner. Je passe de la pire mère, « pas comme les autres », à « la plus gentille maman du monde ». De temps en temps, elle me dit qu’elle m’aime, que je vais lui manquer…
        Quand à mon compagnon qui se bloque, pour lui c’est plus difficile mais il faudra qu’il s’adapte ou qu’il s’en aille. Moi je ne veux plus revenir en arrière. Je ne supporte plus certaines attitudes vis à vis de moi et souvent cela mène à des disputes. Je pense qu’il commence à entendre ce que je lui dis. Mais pour l’instant, lui ne change pas.

        Je suis un accident biologique qui n’a pas été désirée. Je cherchais à leur faire plaisir pour attirée l’attention, être aimée et reconnue. Maintenant, je ne suis plus leur fille.

        Mais j’ai toujours un manque de je ne sais quoi. Je cherche.

        Quand je rêve, ce n’est pas de choses précises. C’est plutôt la recherche d’émotions.

        « D’autres vagues que j’ai voulu chevaucher m’ont blessé et ont épuisé peut-être certains sentiments ou élans en moi ». Moi aussi j’ai été blessée. J’ai connu l’extrême souffrance, l’extrême désespoir. Quand j’écris souffrance mon corps réagit. Je crois maintenant que j’ai envie de découvrir d’autres émotions plus douces !

        C’est quoi cette voie en cul de sac si ce n’est pas trop indiscret ?

      • Jane Says:

        Je n’ai jamais cru au Prince charmant !

      • trex58 Says:

        Ce qu’est ce « cul-de-sac » ? Mais c’est indiscret !
        Je suis un doux rêveur… et j’espère qu’une femme, avec qui ça n’a pas DU TOUT marché, mais qui jamais n’avait pris la peine de me connaître, un jour acceptera de discuter une heure ou deux avec moi, VRAIMENT.
        Un jour… Il me reste 20 à 30 ans pour y arriver. 😉

  5. Jane Says:

    J’ai grandi dans une famille à l’esprit étriqué, sans curiosité, sans ouverture, sans communication. Heureusement, il y avait l’école.

    Avec tout ça, je ne suis pas un oiseau migrateur, mais je suis un oiseau qui ne demande qu’à s’envoler.

    Et puis dans cette vidéo, il y a des mots qui me rappellent un homme.

    J’écoute l’émission d’André Manoukian, bel homme, belle voix, qui me fait rire aujourd’hui.

    • trex58 Says:

      Oui, il y a des familles qui étouffent. Moi aussi… Mais il faut savoir essayer de comprendre pourquoi : quels malheurs ou craintes ont fait se recroqueviller nos parents.

      « je suis un oiseau qui ne demande qu’à s’envoler » !! 🙂

      Ah ! Il y a des rencontres qu’on n’oublie plus jamais…

  6. Jane Says:

    Une chanson de Lhasa, que j’ai entendue dans l’émission sur France Inter. Une voix pleine d’émotions.

  7. trex58 Says:

    Vacances ! Pour 2 semaines ! Pause.

  8. Jane Says:

    Sniff ! Tu vas me manquer.
    Je te remercie de prendre le temps de me répondre. Je te souhaite de passer de bonnes vacances.
    Bisous.

    Dernière chose, un détail sans importance. Je n’aime pas quand tu mets deux points d’exclamation, pour moi, il en manque un.

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