La mort des êtres chers

Certains parmi nous ont vécu un moment horrible : la perte d’un être cher. La douleur de cette perte vient de l’arrachement et du manque : l’absence. Nous nous étions construit en nourrissant notre psyché de tous les moments passés ensemble, souvenirs intimement liés à notre personnalité, souvenirs de doux et beaux moments. La mort de cette personne a ébranlé les fondements de nos vies, a lié ces souvenirs avec une douleur, créant une sorte d’énergie noire qui assombrit nos vie, celles de nos proches, et – en quelque sorte – l’Univers. Une façon de « digérer » cette douleur, une façon de se « reconstruire », consiste à commuer cette énergie noire en une énergie blanche, en remplaçant la beauté perdue par la création d’une nouvelle beauté, à partager avec les autres : musique, dessin, photographie, chant, poésie, science, écriture, tendresse, compréhension, etc. Créer cette beauté nous pousse vers les autres et nous aide à recréer des liens. Et nous ne pouvons pas vivre sans ces liens, plus ou moins profonds, sans perdre notre humanité, sans souffrir. Quant à cette souffrance, psychique, l’Evolution l’a sélectionnée car elle pousse chacun d’entre nous à prendre soin de ceux qui nous sont chers, permettant au groupe de survivre et de se développer grâce à l’entraide. Cette souffrance fait donc partie de notre humanité, et il n’est donc pas possible de s’en prémunir sans perdre notre humanité. Il faut donc s’y préparer : savourer les bons moments tout en sachant que tout est impermanent et que tout peut disparaître à chaque instant, et qu’il faut malgré tout vivre avec ce sentiment de vivre une vie absurde : vivre « en conscience ». Et relire Camus, et Montaigne, et Epicure, et bien d’autres.

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6 Réponses to “La mort des êtres chers”

  1. Jane Says:

    Il y a des séparations aussi douloureuses que la mort d’un être cher ! C’est un sujet triste et je ne veux pas me replonger dans ces moments d’extrême souffrance.

    • trex58 Says:

      Il y a deux ans, j’ai souffert atrocement d’une telle séparation. 3 mois de souffrance après 4 mois de bonheur intense : finalement, la balance penche du bon côté ! 😉

      Je peux me replonger dans mes souvenirs de ma vie avec mon épouse, je peux me remémorer ces 5 mois d’hôpital, je la revois dans son lit d’hôpital, abrutie par les médicaments, puis dans le coma, avant de mourir. Je le peux. Cette évocation m’est douloureuse, mais – heureusement ! enfin ! – temporaire. Cela ne nuira pas à ma journée. Et, évidemment, parfois, les larmes reviennent. Mais, si l’on pleure, c’est bien. Faut juste pouvoir revenir à la vie présente, qui continue.

  2. Jane Says:

    J’y pense, qu’est-ce qu’une personne qui a fait « sa révolution » ?

  3. Encolie Says:

    Je suppose que ce post douloureux correspond à une date anniversaire. Courbe de deuil que nous faisons plus ou moins vite et plus ou moins bien en fonction du lien qui nous attachait à la personne.
    A mon avis on ne remplace pas, on continue, on construit, on écrit une autre page de vie en ayant appris quelque chose, acquis un peu de sagesse (?). C’est comme si un jour notre « maison » intérieure » subissait un arrêt de projet brutal. quand on repart enfin, on pose de nouvelles briques et la maison sera différente de ce qui était imaginé au départ.
    Rien de ce qui a été, vécu, partagé, n’a besoin d’être effacé ou enterré, il faut le regarder au contraire comme une part et ne pas renier, regretter ni embellir. C’était une réalité qui n’est plus. Une autre vient qui nous apportera des joies et des peines d’une autre sorte.
    Vivre en conscience, je te suis parfaitement sur ce point, Je ne pratique pas la méditation de façon régulière mais je pense que cela aide à être plus dans le présent à soi-même et aux autres.

    • trex58 Says:

      Non. Je n’ai pas écrit ce billet pour moi. Je l’ai écrit pour d’autres, que je connais, et qui viennent de vivre, ou qui vont vivre très bientôt, la même expérience que j’ai vécue, à 13 ans, puis à 48, et bientôt sans doute pour ma mère. Mon deuil d’époux, d’amant, de compagnon, est en asymptote maintenant : j’ai digéré ce malheur, même si -bien sûr- il ne s’agit pas de l’oublier. Non, je pensais aux autres. Et, d’ailleurs, je l’ai originellement publié sur Facebook, pour qu’ils/elles puissent le voir, puisqu’ils/elles ne lisent pas ce Blog.

      Quant à la suite de ta réponse, je te suis parfaitement, je suis en phase avec toi. Même, et surtout, sur cette notion de sagesse. Être « sage », comme certains se l’imagine, c’est un peu comme ne plus vivre. Être sage, au contraire, c’est savoir accepter la folie dans sa vie, au lieu de la faire se recroqueviller dans une forme douce et confortable, comateuse. Mais, bon… moi-aussi j’aime bien la tranquillité d’un univers stable autour de moi, comme base arrière de petites expéditions à l’extérieur, casanier et peureux que je suis, car fragile encore à l’intérieur et redoutant une rechute. Alors que tu as osé le saut dans l’inconnu, à l’étranger.

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