Philosophie Magazine

Charles Pépin, professeur de philosophie, répond tous les mois à la question d’un lecteur.
Ce mois-ci, dans le numéro 68 d’avril, la question est : « Pourquoi la Nature nous paraît-elle belle ? Ne pourrait-elle pas nous laisser indifférents, car trop étrangère au monde des idées ? »
Bien sûr (;)), je n’ai pas aimé la réponse de M. Pépin ! que je vous suggère de lire (et donc d’acheter cette superbe revue). Car l’essentiel n’est pas que la réponse soit bonne ou mauvaise. L’essentiel est d’essayer d’y répondre à SA façon, plus ou moins lointaine/proche de celle du professeur de philosophie, à ne pas confondre avec un « vrai » philosophe ! 😉

Ci-dessous, ma réponse (qui est parfaitement critiquable !). Mon point de vue est qu’il faut se détacher de la philosophie des anciens, de la majorité des Anciens, qui n’avaient qu’une compréhension extrêmement limitée de ce que le réel est, vraiment. Bref, Platon a dit d’énormes conneries, et quelques idées « éternelles » (franchissant les siècles). Rappelons-nous qu’au XIXème siècle, les Hommes (en Europe) croyaient encore à la génération spontanée (les souris naissent spontanément d’un tas de chiffon laissé au fond d’une pièce…). Ne riez pas !

Concernant votre réponse à la question de Caroline, il me semble que vous êtes passé à côté de l’essentiel.
Tout d’abord, il y a deux parties dans ce que dit Caroline :
– une question : « Pourquoi la Nature nous paraît-elle belle ? »
– une phrase adjointe, qui peut être comprise comme une proposition de contre-exemple, parmi d’autres.
Je ne pense pas que Caroline pense que « La Nature est nécessairement coupée du monde des idées ». Simplement, elle exprime une idée surprenante, comme quoi le réel pourrait être dominé par le monde des idées.

Mais revenons à l’essentiel.

En disant que « ciel pourrait symboliser une idée (l’infini, la pureté, Dieu, …) », vous revenez désagréablement à des idées dépassées. Le ciel, pour les Anciens, a toujours été un modèle d’ordre, en comparaison du désordre terrestre (tempêtes, tremblements de terre, etc). Les Anciens se basaient sur les régularités qu’ils observaient : régularité du soleil, de la lune, des planètes, année après année. Cette idée de régularité, de stabilité, d’ordre, a dû contribuer à opposer le ciel et la terre. Mais, aujourd’hui, notre connaissance de l’Univers nous instruit que le chaos est partout, sur Terre comme au ciel. Il nous est impossible de calculer la position réelle de la Terre dans des dizaines de milliers d’années, du fait de notre manque de connaissance du poids de la Terre, de sa forme exacte, de la répartition des masses des différentes planètes, et la Physique abandonne lorsque plus de deux corps s’influencent l’un l’autre. Et, en plus, le mécano du système solaire pourrait très bien aboutir, demain peut-être, à ce qu’un « caillou » un peu plus gros que les autres bouscule définitivement l’équilibre actuel.
Non, le ciel ne peut PLUS aujourd’hui symboliser l’infini (l’Univers a des limites), la pureté (l’espace ne sera purement uniformément le même en tout point que dans plusieurs milliards d’années, quand il n’y aura plus aucune vie pour observer cette pureté). Quant à parler de Dieu, c’est proprement insupportable. Ce mot ne devrait plus apparaître jamais dans aucun texte dit philosophique.

Contempler une aurore ne permet pas de « vivre l’idée que tout recommence toujours ». Car tout est impermanent, et les Hommes le savent depuis fort longtemps, depuis Bouddha, et la science nous dit clairement qu’un jour le soleil ne se lèvera plus sur l’horizon de la Terre. Contempler une aurore permet juste de se dire : je suis vivant, et c’est beau.

Vous manquez l’essentiel. C’est-à-dire que vous oubliez de dire que l’Homme a fait partie de la Nature mais qu’aujourd’hui nous vivons dans un monde qui n’est plus naturel. Le primate, l’animal qui est en nous, a gardé un cerveau sensible à la Nature, à son calme et à ses dangers. Contempler une Nature sereine nous calme, car nous sentons qu’il n’y a pas de danger, et donc la beauté peut apparaître. Nous sommes sortis des forêts, avant de nous aventurer dans les prairies, avant de devenir chasseurs, il y a finalement peu de temps. Des étude récentes ont montré l’impact positif de la Nature sur l’état mental des Hommes actuels, citadins pour la moitié d’entre eux. La simplicité de la Nature, en comparaison des environnements dans lesquels nous vivons, nous calme. Le silence feutré, fait de bruits délicats générés par le froissement des feuilles et des branches sous un vent léger, nous est plaisant, comme une musique. Les couleurs, changeantes, variées, nous calment. Quand tout va bien. Quand le vent de tempête souffle, quand la Nature devient menaçante, elle n’est plus vraiment belle, sinon d’une beauté mortelle.

La beauté est une émotion, qui vient de nos sensations, de nos sens, et qui apparaît lorsque quelque chose nous émeut, au plus profond de nous, sans mots. Face à la Nature, nous retrouvons nos réflexes ancestraux : observer, pour ne pas être une proie, ou pour chercher une proie. Nous observons les ruptures de continuité dans le paysage. Nous répérons les changements dans la musique de la Nature. Pour prendre conscience du message transmis par les autres animaux. Et, lorsque nous nous déplaçons dans la Nature, chaque pas nous demande toute notre attention, pour poser le pied bien à plat, en évitant les cailloux, pour ne pas faire de bruit en cassant une branche ou pour ne pas nous tordre les chevilles. Et, en revenant dans la Nature, en nous déplaçant avec attention, tous les sens en éveil, focalisés vers notre corps, nous calmons nos pensées. La Nature nous calme. Nous nous sentons biens avec elle, au milieu d’elle. Alors, elle nous semble belle.

Contempler la Nature n’est qu’un moment, une pause, un moment particulier où l’on s’arrête, se sachant en sécurité, relâchant son attention aux mouvements pour la concentrer sur une observation contemplative.

La beauté des choses ne leur est pas intrinsèque. La beauté n’existe qu’en l’esprit de celui qui regarde. La beauté de la Nature, c’est nous qui la créons, par l’émotion que notre corps-esprit ressent à sa vue. Et nous savons que nos sens, et donc notre vue, nous trompe. Ce que nous voyons n’existe pas, ce n’est qu’une construction de notre cerveau. La réalité nous est définitivement inaccessible. Et la beauté, comme le goût des fruits, n’est que la traduction d’un sentiment de sécurité, de calme, que nos ancêtres ont ressenti pendant des centaines de milliers de génération. Le sucre nous semble doux car il fut longtemps associé à l’énergie apportée par les fruits mûrs. Les végétaux ou fruits amers, ou acides, nous font fuir, car beaucoup de ceux-ci sont dangereux, ou simplement indigeste, leur goût étant un signal, un signal qui s’est développé par la symbiose entre les plantes et ceux qui mangeaient les fruits et dispersaient les graines. Les plantes ayant des fruits sucrés ont attiré des animaux qui ont mangé ces fruits et ont dispersé les graines, augmentant la supériorité de ces plantes face à d’autres.

Il n’y a pas de mystère. Il n’y a plus de mystère. Même si nous n’avons pas fini d’apprendre. Car nous savons, depuis Darwin, que les « objets » de la Nature se sont créés par hasard et que seuls ceux qui avaient un avantage sur les autres dans un certain écosystème ont perduré. Notre goût de la Nature n’est qu’un reliquat de notre passé de primate, de mammifère.

L' »éclat du vrai » ? Mais rien n’est vrai, à part les Mathématiques, dans le cadre étroit où elles s’ébattent. La vérité nous est à jamais inaccessible, bien que nous nous en approchions de plus en plus près, en asymptote, infinie elle. Vrai, pureté : deux mots qui ont de nombreuses fois amené l’Homme à l’horreur, à la folie.

Le « mystère » ? Le nombre des choses qui nous demeurent mystérieuses se réduit comme peau de chagrin, même si jamais nous ne comprendrons tout. Mais le vrai mystère dans la Nature n’existe plus, car nous connaissons tous les mécanismes généraux qui la contrôle. Le mystère est maintenant ailleurs, dans cet Univers, qui n’a rien de pur et d’infini, qui n’est peut-être bien qu’une bulle parmi d’autres, ou une poupée russe dans une autre.

Vous ne liez la beauté et le bien qu’elle nous fait qu’à la fin de votre texte. Alors que la beauté n’est qu’un signal rassurant d’un environnement où l’on se sent bien, où l’on se sent en sécurité, où l’on pense pouvoir vivre. Il y a, bien sûr, la beauté des orages, des tempêtes, des torrents furieux, etc. Mais c’est une beauté inquiétante, qui menace notre vie-même, et qui demande notre intérêt pour échapper à ses funestes conséquences. Les amanites, malgré leur rouge beauté, sont mortelles.

La « beauté de la Nature symbolise des idées » : Non. La beauté de la Nature n’a rien à voir avec la négation de maîtriser ou posséder. La Nature est belle parce qu’elle réveille notre animalité et notre capacité à vivre en symbiose avec elle. Elle est belle par sa douceur et sa force, par sa capacité à nous nourrir ou à nous tuer.

La Nature calme nos idées, c’est un fait. Mais c’est la sortie de l’état de Nature qui nous a permis de comprendre ce qu’elle est : une explosion de vie sous la domination du hasard. Et accepter que le hasard dirige la Nature conduit au refus de l’idée de Dieu.

Bref, je vous mets 8 sur 20. 😉

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26 Réponses to “Philosophie Magazine”

  1. Jane Says:

    J’ai déjà feuilleté cette revue. J’ai lu rapidement quelques paragraphes, difficiles à comprendre parfois pour moi à la première lecture. J’ai donc renoncé à l’acheter et puis je ne suis pas philosophe.
    Je n’aime pas ces deux phrases :
    « la réalité nous est définitivement inaccessible »
    « rien n’est vrai »
    La réalité existe mais les émotions peuvent-être différentes d’un individu à l’autre face à ce que l’on voit.

    • trex58 Says:

      Je ne suis pas non plus philosophe. Puisque être philosophe c’est vivre ce que l’on pense être bien. Or, à part quelques bonnes paroles, je ne fais pas ce que je dis. Enfin, j’essaye…

      Mais, sinon, la lecture de ce magazine remue les neurones. Bien sûr, parfois, on tombe sur un article ardu, difficile à comprendre. Mais, en général, je trouve qu’ils font un très bon travail de vulgarisation, ouvrant des portes vers des idées qui ne sont pas à la mode.

      La réalité, ce serait l’enregistrement de la position et du mouvement de toutes les particules élémentaires (les quarks, aux dernières nouvelles) mises en jeu par un événement. Avec, en plus, les outils pour comprendre ce qui se passe. Car connaître la position et le mouvement de toutes les particules composant un cerveau ne permet guère de comprendre ce qui s’y passe…
      Donc, pour nous, la « réalité » nous est inaccessible. Nous n’avons accès qu’à une partie de celle-ci, et nos sens la trahissent, et notre cerveau n’en retient qu’une partie, et notre esprit construit une représentation simplifiée décorée de tous nos souvenirs, sentiments, et émotions.

      « Rien n’est vrai ». Dit comme ça, c’est un peu abrupt. JE veux dire que, comme la réalité nous est inaccessible, tout ce que nous pouvons en dire est faux, juste une approximation. Seules les Mathématiques, dans le domaine étroit où chacune d’elles travaille, peut dire qu’une proposition est vraie. Enfin… il y a certaines propositions que nous savons être vraies, quand même, comme : « je mourrai ». Et encore… qui sait ce que la Science nous réserve ? 😉

      Oui, pour ta dernière phrase, chacun d’entre nous interprète la réalité en fonction de ses sens, de son passé, de ses sentiments, de ses émotions. Et nous réagissons différemment. Ce qui contribue à la richesse du monde mais la rend si compliquée aussi : comprendre l’autre.

      • Jane Says:

        La réalité macroscopique nous est accessible non !

      • trex58 Says:

        Les couleurs ne sont qu’une vue de l’esprit… comme la perspective.
        Je ne vois pas exactement les couleurs de la même façon avec un oeil qu’avec l’autre. Et, en regardant avec les deux yeux, ça fait une moyenne.
        Nous ne voyons pas les mêmes couleurs que les autres animaux.
        Notre ouïe est limitée à une certaines plage de fréquences.
        Etc.
        Nous n’avons accès qu’à une partie de la réalité macroscopique.

      • Jane Says:

        J’écoute Jean-Claude Almeizen tous les samedis qui a déjà abordé ce sujet et je comprends ce que tu dis. Mais je préfère entendre qu’une partie de la réalité à l’échelle macroscopique est accessible. Cela doit être lié à mon histoire.

      • trex58 Says:

        Almeizen : oui, moi aussi, quand je peux, je l’écoute.
        Mais, effectivement, une « partie » de la réalité macroscopique nous est accessible, mais pas tout… Ainsi, les insectes regardent les fleurs autrement que nous et y voient des signaux en faisant des cibles qui se détachent de l’environnement encore plus que ce que nos yeux nous montrent.

  2. Jane Says:

    Bonne nuit Tony !

  3. Jane Says:

    Oui la nature est belle. Le printemps a fini par s’installer, les températures sont douces et je peux enfin passer du temps dans le jardin. La nature se réveille en cette saison, ma saison préférée, mais elle semble de plus en plus courte. Ce matin en me levant j’ai aperçu les premières hirondelles qui virevoltaient. Elles paraissaient s’amuser. Regarder la nature, cela apaise et peut rendre heureux ceux qui l’apprécient.

    • trex58 Says:

      Il y a des gens qui préfèrent l’hiver à l’été. Si, si, j’en connais. Des dingues de la neige et du ski qui passent l’été à attendre que l’hiver revienne, et qui craignent les températures « chaudes » (plus de 25°).

      J’aimerais avoir un jardin… Quel plaisir de pouvoir s’installer dehors, dans la douceur, la verdure, les chants d’oiseaux. Là, je pourrais avoir un chat. Dans une autre vie…

      La « belle » saison te semble de plus en plus courte ? C’est vrai que cette année l’hiver a duré longtemps, trop longtemps. Et, là, on dirait que l’été est arrivé, presque. Mais, bon, ce n’est que transitoire. Le printemps (fraîcheur, pluie) va revenir.

      Il est tentant de plaquer nos émotions sur les animaux. Les oiseaux s’amusent-ils ? ou virevoltent-ils seulement pour chasser, faire une danse nuptiale, ou s’accoupler ? Ayant vu un chocard passer dans un trou de rocher, je pense qu’ils s’amusent vraiment parfois à faire des acrobaties.

      Il y a des gens qui haïssent la Nature, qui leur fait peur, ou leur rappelle de mauvais souvenir. Et puis, avant, la Nature était rude, et il fallait travailler dur pour vivre à la campagne, travailler toute la belle saison pour pouvoir passer la mauvaise, sans manquer de rien d’essentiel.

      • Jane Says:

        « Dans une autre vie » ! Ce n’est pas la première fois que j’entends cette expression. Tu veux dire une autre vie dans ta vie. Moi j’ai l’impression que je n’aurais qu’une seule vie. Je suis dans un train sur des rails. Parfois il s’arrête, un incident se produit. Parfois un mirage. Et puis le train se remet en marche. En cours de route, des passagers s’en vont, d’autres sont poussés à partir ou invités à remonter. Mais je suis toujours dans le même train et pas d’autre vie en vue. Et le terminus sera la mort, mais pas tout de suite, j’ai encore envie de virevolter dans les bras d’un homme !

      • trex58 Says:

        « dans une autre vie » : c’était ironique pour moi, pensant à ceux qui croient en une vie après la mort, alors qu’il faut simplement se demander s’il y a vraiment une vie AVANT la mort ! 😉
        Mais, bon, à la retraite, qui sait ?
        Et puis, j’ai déjà eu plusieurs vies : enfant, adolescent, étudiant, prof en Tunisie, perdu à Paris, marié, des enfants, veuf. Avec, « grâce » à mon veuvage, une « renaissance » où j’essaye de me transformer (c’est-à-dire essayer de changer quelques % de ma personnalité…).
        On peut aussi changer de vie en changeant de ville, voire de pays. Pour ceux qui ont le courage…

        Ta description est très belle. La vie est un voyage. Et, comme tout (« vrai ») voyage, ce n’est pas la destination qui est la plus importante, mais le voyage lui-même, quand on le fait doucement.

        Mais tu peux aussi, en rentrant dans les différents thèmes philosophiques, découvrir d’autres façons de « mener » sa vie, à 90° peut-être par rapport à ce que tu fais aujourd’hui. Bien sûr, changer de rails est difficile, et on a peur de rester coincé entre deux lignes…, mais ça en vaut la peine.

        Notre vie serait moins difficile si le travail l’était moins, il me semble… ou si nous avions envie de moins de choses. Faire les « choses » calmement, en prenant son temps, ça c’est vivre. Courir comme un dératé, ce n’est pas une « bonne » vie ; ou seulement de temps en temps, avec de vraies longues pauses.

        Quant à trouver un homme, ils ne demandent que cela : être trouvé ! Reste à en trouver un qui ait fait sa propre révolution et qui n’ait pas consommé tout son potentiel (physique, érotique, psychique, etc).

        Il y a des fleurs étranges qui poussent loin des rails du train… 😉

  4. Jane Says:

    Un de mes morceaux préférés de Satie même si la valse n’est plus tendance, mais en accord avec mon humeur d’aujourd’hui.

    • trex58 Says:

      Oui, très beau, très doux ! 🙂

      • Jane Says:

        Tu sais valser ?

      • trex58 Says:

        Ah non ! Hélas, je ne sais pas danser !
        Enfin… ça fait tellement longtemps que je n’ai pas essayé de danser… à deux.

    • Jane Says:

      Ici « En trouver un qui ait fait sa révolution »

      • trex58 Says:

        Ah oui ! Je voulais dire : un homme qui a compris que la vie, ce n’est pas que boire, manger, regarder le foot à la télé sur le stade, être un « homme, un vrai » un « dur de dur », machiste, travailleur, chef de famille, etc. Bref, s’ouvrir et savoir regarder comment l’on fonctionne (avec la pleine conscience qu’on ne peut pas tout changer… voire même qu’on ne peut pas changer grand chose, finalement… sauf si la « chance » nous permet de tomber au fond du trou, d’où il faut bien sortir, changé ou mort).

      • Jane Says:

        « La chance qui nous permet de tomber au fond du trou ». C’est étrange comme expression. Je demande une explication !

      • trex58 Says:

        Après être devenu adulte, nous sommes parfois engagés sur des rails (couple, enfants, travail, amis) qui peuvent nous emmener doucement vers l’abrutissement. Être victime d’un grand malheur (la mort d’un être cher) nous pousse dans un abyme de souffrances, au fond du trou. Là, alors, soit on reste au fond, sous l’eau, à ressasser l’irrémédiable, soit on décide de pousser et de remonter. Alors, lucide face au désastre, ou animé involontairement d’un instinct de survie, on a l’énergie et la force de faire face et de reconsidérer sa vie, et de la changer, en agissant, en apprenant, en essayant de faire ce que la vie nous en avait empêché : penser, et se changer. Plus ou moins, bien sûr.
        Donc, le malheur, on peut l’utiliser pour en faire quelque chose de positif, qui créera du bonheur ensuite. Mais quel travail…

  5. Jane Says:

    J’ai fait un tour sur le site de « Philosophie Magazine ». Un article sur le mensonge très accessible. « Mentir est-ce grave ? ». Non si c’est un petit mensonge sans conséquence, oui si c’est un mensonge qui a pour but de nuire intentionnellement. Ce que j’aime moins c’est d’être la cible du mensonge ou l’instrument. Il m’est arrivé d’être dupée, un mirage dans ma vie. J’ai vécu un moment dans l’illusion mais cela m’arrangeait, je ne voulais pas entendre et voir. Un incident de parcours mais tout finit par rentrer dans l’ordre, mais pas comme avant. Je me connais mieux, je m’accepte comme je suis et que ceux qui ne m’acceptent pas qu’ils aillent voir ailleurs je m’en fous, je n’ai plus peur mais c’est dangereux.
    Certaines personnes avouent leurs fautes comme Jérôme Cahuzac, et d’autres jamais. Je me demande pourquoi !

    • trex58 Says:

      « Mentir », c’est lié à une morale. Mentir pour défaire l’adversaire (par définition immonde, affreux, nuisible, dangereux, etc), c’est « bien ». Mentir à ceux de sa communauté, c’est rompre un contrat implicite, c’est se mettre « hors » du groupe, c’est « mal ». La confiance n’accepte pas le mensonge. Le « bien » et le « mal » changent de place selon qui l’on est et à qui l’on ment…

      Il y a des situations où la vérité n’est pas dite, et l’un vit dans l’illusion de ce qu’il croit chez l’autre mais qu’il n’essaye pas de vérifier par peur de découvrir la vérité. Ce n’est pas un mensonge… sinon par omission. Et cette illusion, finalement, permet de profiter des bienfaits de la situation alors qu’il est fort probable qu’elle n’est pas telle qu’on croit (ou qu’on veut croire) qu’elle est.

      Nous vivons dans l’illusion, de toute façon. À quoi me sert d’exposer mes photos ? je ne serai jamais célèbre ni ne gagnerai suffisamment d’argent avec pour en vivre. Par contre, cela me distrait, cela remplit mon temps, et me procure quelques plaisirs, comme celui de voir les autres dire qu’ils aiment mes photos. Mais, bon, quelle importance ? Quelle importance si ceux que j’aime (mes enfants) ne viennent pas (ne peuvent pas venir) voir mes photos exposées ni le vernissage ?

      Se connaître mieux. Pour mieux s’accepter. Pour, aussi, arrêter de reproduire les mêmes erreurs peut-être…

      Cahuzac n’a avoué que lorsque la vérité a éclaté, pas avant. Le pauvre homme a été pris dans une nasse qu’il a lui-même créée. Et, s’il s’est enrichi frauduleusement auparavant en fraudant le fisc, il y a si longtemps !, je ne vois pas l’impact que ça a sur ses capacités actuelles à bien gérer le budget de la France. Il a fait des erreurs, il y a longtemps. Et alors ? Pourquoi l’insulter ainsi ? Les pauvres (ou pas riches comme nous) qui voient ainsi les moyennement riches essayer de mettre de l’argent de côté n’ont pas toujours conscience de ce que ces gens ont subi. Cahuzac a renoncé à être chirurgien, où il excellé, peut-être bien parce que, après des années d’interruption dues à sa carrière politique, il avait peur de ne plus être au top et de risquer la vie de ses patients ? Quel renoncement ! Qu’il a essayé de combler par l’argent… mal gagné, certes.

  6. Jane Says:

    Il a renoncé assez tôt à être chirurgien pour entrer en politique. Et puis il n’a pas eu de scrupules à exploiter sa femme de ménage sans papier en lui versant 250 euros par mois pour 40 heures de travail. Et pour s’en tirer il l’aide à régulariser sa situation en France. Il est vraiment fort. Une stratégie peu courante. Mais cette fois-ci, ses camarades politiques ne lui pardonneront pas même si ces capacités professionnelles sont reconnues surtout dans le contexte actuel.

    • Jane Says:

      Je suis curieuse. Quelles sont ces fleurs étranges ?
      Je vais m’absenter quelques jours. Je passerai moins souvent et surtout plus brièvement.
      Bisous tout doux.

      • trex58 Says:

        Ah ! Ces fleurs-là : « fleurs étranges qui poussent loin des rails du train… » ! Juste une image pour dire que ça vaut sans doute la peine de faire un pas de côté de ses habitudes et de sa façon de vivre, histoire d’être bien sûr qu’on n’a pas loupé quelque chose d’essentiel, quelque chose qu’on aimait mais qu’on a juste effleuré ou dont la « vie » (famille, travail, etc) nous a éloigné . Et puis, avec le temps qui passe, il est urgent de regarder par la fenêtre de son wagon et d’humer l’air de la liberté…
        À bientôt !

  7. Jane Says:

    De retour dans quelques heures. Je fais une pause pour te lire mais je ne vois pas de nouveau billet. Tu manques d’inspiration ou tu es en voyage ? À bientôt j’espère !

    • trex58 Says:

      Ni l’un ni l’autre. Simplement, parfois, je préfère vivre ma vie plutôt qu’écrire. Et puis, ce WE, mon fils est venu chez moi. Ca occupe !

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