Syngué Sabour – Pierre de patience

(attention, je révèle plusieurs parties du film)
Le mari qui est dans une sorte de coma (improbable) n’est qu’un prétexte. Un prétexte pour permettre à sa femme de parler, enfin !, de sa vie, de sa vie de femme à Kaboul. Le but est de montrer la beauté intérieure de cette femme, et le mal que les hommes lui ont fait subir. Elle continue à s’occuper de son vieux mari, au lieu de le laisser mourir seul, plus pour pouvoir continuer à lui parler, à lui dire tout ce qu’elle lui a caché, pour se libérer peut-être, que par respect pour lui (ne parlons pas d’amour). Le film est lent, bercé par la voix de l’actrice (iranienne) Golshifte Farahani, magnifique. Me souvenant des livres de Taslima Nasreen, je peux dire que, dans cette culture où la femme est presque un objet, les hommes souffrent (presque !) autant que les femmes. Tous, hommes ou femmes, semblent pris de folie et transmettent à leurs enfants leur vision erronée du monde. Les hommes n’aiment ni leur(s) femme(s) ni leurs filles. Et aucun d’eux n’est préparé aux choses du sexe. Les hommes (comme dans Wadjda) sont obsédés par le besoin d’avoir un fils. Les filles, ce n’est rien… juste bonnes à donner en échange de dettes. Dans ce film, le mari est bien plus vieux qu’elle, c’est un héros, mais il ne connaît rien aux femmes… comme les autres hommes d’ailleurs, comme ce jeune milicien, bégayant, qui découvre maladroitement le sexe avec une femme, alors qu’il est suggéré qu’il est le jouet sexuel d’un commandant. L’intérêt du film, et avant lui du livre, vient de la description crue et véridique de la vie des femmes en Afghanistan, plus proches du chien, ou de la poule pondeuse, que de l’homme. Mais le jeu de Farahani et la beauté des images portent le sujet difficile et pénible du film : la beauté du film permet de faire connaître au monde l’horreur de la situation des femmes dans certains pays, arriérés pour ce qui concerne le respect dû envers les femmes. Mais les femmes sont plus malignes que les hommes et elles savent les berner.
C’est un film à voir !
On pressent, presque dès le début, que la « pierre de patience » va se réveiller. Mais on reste surpris par son geste : au lieu de prendre conscience que, même si sa femme l’a trahi, elle l’a sauvé d’une mort certaine, il ne pense qu’à une chose : la tuer, pour avoir souillé son honneur, qui est plus important pour lui que la vie d’une femme, de la mère de ses filles. Le mari aurait pu mourir en essayant de l’étrangler, victime d’un effort trop important. Non, elle le tue, elle se libère de lui, elle se venge de ce que lui, et d’autres hommes, lui ont fait subir. Elle se libère. Il faudra du temps encore pour que toutes les femmes afghanes se libèrent du pouvoir des hommes… sans parler des autres dans le monde…
Allez le voir !

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14 Réponses to “Syngué Sabour – Pierre de patience”

  1. Jane Says:

    La domination masculine est bien présente en France aussi. Les mères soumises qui craignent leur mari, transmettent cette crainte souvent à leurs filles, crainte qui sera transmise de génération en génération sauf si l’une d’entre elles en prend conscience et rompt cette transmission. C’est mon cas, je l’espère !

    • trex58 Says:

      Oui, bien sûr, la domination masculine est aussi présente en France. Mais les maris ne brûlent pas leur femme parce qu’elles sont insoumises, et sans être punis, comme en Inde. Et les maris ne répudient pas une femme qui ne donne pas d’enfant, ou pas de mâle, sans même lui donner une pension, comme dans beaucoup de pays musulmans. Et un mari ne tue pas sa femme pour un simple de ses regards sur un autre homme. Etc.
      Ce n’est pas comparable. Mais il y a encore des progrès à faire, c’est sûr.
      En France, les femmes ont pu commencer à se libérer « grâce » à la 1ère guerre mondiale quand, faute d’hommes, il leur a bien fallu faire une grande partie de leur travail et découvrir qu’elles pouvaient le faire, aussi bien.
      Et, effectivement, il existe encore des familles où le mari impose sa loi. Heureusement, cela diminue. Mais il y a encore du travail à faire ! (sans parler des hommes, moins nombreux sans doute, qui sont soumis et dominés par leur épouse…, voire battus).

  2. Jane Says:

    Se venger en tuant, c’est excessif. Tout peut se résoudre par le dialogue et de la persévérance, mais cela s’apprend. Faire passer des messages n’est pas toujours facile surtout quand on ne nous l’a pas inculqué et que la personne en face est hermétique.
    Et oui je suis consciente d’avoir de la chance d’être née en France parce que sinon il y aurait bien longtemps que je serais morte !

    • trex58 Says:

      Il ne s’agit pas d’être « hermétique ». Pour un musulman moyen, ce qui est le plus important, c’est son « honneur » et sa place parmi les autres hommes. Et la honte et le déshonneur sont des mécanismes qui les travaillent profondément et les rend sourds à leurs émotions. Et, quant à leurs émotions, cela fait longtemps que les coups de pied, puis de bâton, du père les ont enterrées au plus profond d’eux-mêmes. Bien sûr, ce n’est pas le cas pour tous. Mais, vu ce que décrit Taslima Nasreen sur sa jeunesse au Bangla Desh, c’est une conséquence directe d’une dérive de leur religion et de leur société tribale.
      Pour le mari, il ne se « venge » pas. Sa première pensée est de tuer celle qui l’a offensé et trahi et qui n’est plus rien à ses yeux, rien qu’une chienne qu’on tue parce qu’elle a montré les dents et n’obéit plus. Ses filles ne sont pas de lui : c’est l’horreur totale !! Après la mère, il aurait tué les filles, s’il avait pu.

      Quant à la France, elle a encore beaucoup de progrès à faire… Ne serait-ce que se libérer (VRAIMENT ! ENFIN !) de cette religion catholique qui vient de nous pondre un nouveau VIEUX pape.

  3. Jane Says:

    J’y pense, très peu d’hommes, voire aucun homme, ne sont aussi sensibles sur ce sujet dans mon entourage !

    • trex58 Says:

      Au cas où tu parles de moi, je n’ai pas eu longtemps mon père, et je n’ai eu aucun oncle, ou frère aîné, pour me « guider » vers une conduite « masculine ». J’ai grandi de façon assez sauvage et anarchique, instinctive, me semble-t-il, avec une éducation m’imposant peu les archétypes masculins (le foot, la bière, les fêtes alcoolisées, les bandes, etc). J’étais plutôt dans la recherche de relations proches, à égalité.
      Mais, bon, les hommes SONT aussi sensibles que les femmes ! Et les femmes peuvent être aussi brutales que les hommes… D’ailleurs, elles changent, se masculinisent. Une femme a écrit un livre, je crois, sur le fait que les femmes peuvent être aussi brutales que les hommes. Difficile de parvenir à un équilibre sans un léger basculement dans l’autre sens, peut-être… Enfin, quand François Ier aura cédé la place à une femme jeune, lesbienne, mère, et mariée ! Ha ha ha !

  4. Encolie Says:

    « tous les hommes sont égaux mais pour les noirs , les handicapés et les femmes , ça va quand même être très dur ! » disait Jésus .
    ( Coluche )

    • Jane Says:

      Je viens de voir un panneau publicitaire géant pour une entreprise de funérailles musulmanes. Étrange, les soins mortuaires sont-ils différents des autres religions et différents entre hommes et femmes ? Est-ce que dans leur religion , les femmes et les hommes sont égaux dans la mort, séparés dans leur paradis ?

    • trex58 Says:

      Nous sommes tous égaux à la naissance devant les lois. Ensuite, la Nature a réservé des surprises à chacun d’entre nous… surprises qui se manifestent, ou pas, en fonction de nos vies et de notre environnement…

    • Jane Says:

      J’aime bien les surprises mais les bonnes !

    • trex58 Says:

      Ben oui. Moi aussi. Tout le monde, non ?
      Les « mauvaises » surprises, c’est quand une tuile nous tombe sur la tête alors que nous avions oublié qu’il y a toujours du vent et des tuiles mal accrochées… Il y aura toujours des tuiles qui tombent et des têtes pour se les prendre… La vie est faite de bonnes et mauvaises surprises. Mais, si on n’attend et n’espère rien, juste être heureux d’être encore vivant, tout est parfait ! 😉 Enfin, je veux dire : il y a plus de chances de ne pas trouver la surprise « mauvaise », si on n’attendait rien de particulier, non.
      Finalement, une « mauvaise » nouvelle (cancer, etc), c’est juste la récrée qui finit plus vite que prévue : on n’a pas vu le temps passer…

  5. Encolie Says:

    Dans le rite musulman, la mort est considérée comme un état de passage. Selon les croyances, durant une période de 40 jours, l’âme reste dans la tombe. Lors des obsèques, l’imam prononce la « prière des morts » qui comprend des glorifications d’Allâh prononcées à haute voix. L’inhumation, qui doit avoir lieu dans les 24 heures suivant le décès, se fait généralement en pleine terre dans les pays musulmans. La crémation, la thanatopraxie et le don d’organes ne sont pas autorisés dans les rites funéraires musulmans.
    La toilette purificatrice se fait de manière très minutieuse. Après avoir placé le corps tête vers la Mecque, celui-ci est lavé 3 fois puis essuyé et enveloppé dans un nombre impair de tissu blanc (généralement 3 pièces d’étoffe blanche non cousues). Les membres supérieurs sont, soit placés le long du corps, paumes tournées vers le haut, soit croisés sur la poitrine. Cette toilette doit être faite par 4 personnes du même sexe que le défunt mais il est autorisé au veuf ou à la veuve de faire la toilette de son conjoint.
    L’imam prononce alors la « prière des morts ». Cette prière est très différente des autres puisqu’elle est brève et se récite sans génuflexion ni prosternation. L’assistance reste donc debout. Cette prière comprend 4 tekbir qui sont des glorifications d’Allâh prononcées à haute voix. Après le premier tekbir, on récite la Fatiha (première sourate du Coran). Après le second tekbir, on récite la prière sur le Prophète et après la troisième, celle pour le repos de l’âme du défunt. Le visage du défunt est alors découvert et l’assistance est invitée devant lui après la prière. Deux jeunes gens descendent alors dans la tombe et placent le défunt sur le côté droit, visage tourné vers la Ka’aba. De manière assez générale, l’inhumation se fait en pleine terre dans les pays musulmans…..
    Trouvé dans Obsèque info !!

    • Jane Says:

      Merci pour cette réponse exhaustive. Et au paradis cela se passe comment ?

    • trex58 Says:

      Avoir besoin de rites (naissance, mariage, décès, etc) est indépendant de toute religion. L’athéisme doit intégrer des rites à sa « pratique ».

      Quant au « Paradis », il est sur Terre. Et, comme on l’a dit plus haut, il vaut mieux être un homme qu’une femme…
      Mais, bon, quant au paradis imaginaire, ce site (Musulmane et fière de l’être) fournit des infos : http://www.musulmane.com/modules.php?name=News&file=article&sid=27

      « Et quiconque, homme ou femme, fait de bonnes œuvres, tout en étant croyant… les voilà ceux qui entreront au Paradis; et on ne leur fera aucune injustice, fût-ce d’un creux de noyau de datte. (Sourate 4 / Verset 124). »

      Mais, bon, pour croire à ces conneries, faut vraiment avoir un plomb qui a sauté dans son cerveau… (qu’on ne s’y trompe pas : je ferais la même remarque pour les adeptes de TOUTES les religions qui imaginent que notre âme survit à la mort du corps. Et, en premier, la religion catholique, qui perpétue sciemment les conneries passées au moyen de vieux cons nommés cardinaux ou papes par d’autres vieux cons)

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