J’fais pas le bon métier, zut !

Ah ! Si j’avais su, quand j’étais jeune, j’aurais choisi un autre métier…

En 1975, je n’aurais pas dû écrire mon premier programme, pour une espèce d’ordinateur mangeant des cartes graphitées, puis en 1979 sur des bandes perforées puis sur des cartes perforées, puis en 1981 sur un magnifique PDP11/34 ayant 757KO de mémoire. En 1982 et les années suivantes, je n’aurais pas dû tomber amoureux des langages informatiques Prolog et Smalltalk, et les marier pour en faire un langage de programmation logique avec objets ! Le top du top ! 😉 dont plus personne ne connaît l’existence, et qui est mort, oublié sur un vieux disque dur, quelques années avant l’invention d’Internet et du Logiciel libre.
Non, j’aurais dû faire médecin… Zut ! Je me suis trompé…

Bon, je vous entends déjà susurrer que c’est pour la gloire, l’argent, le pouvoir, voire même la possibilité d’aider et soigner mon prochain… que j’aurais voulu faire Médecine. Et ben non. Non. Je regrette d’avoir fait Ingénieur des Mines, option Informatique, parce que, franchement, ça intéresse qui de lire sur un blog des billets parlant de mes soucis et déconvenues programmatiques au boulot ? Hein, franchement, ça vous botterait si je vous parlais de : XML, byte, compilation, tests, FVTs, Sprint, méthode Agile, GUI, API, C, Java, Eclipse, Notes, CMVC, et j’en passe et des meilleurs. Comme « JavaScript » : il y a des gens qui croient que c’est un langage informatique ; ben, non, c’est juste un mensonge et une vérité accolés : y’a pas de Java dedans, et c’est vraiment rien que du script, bref un langage de merde. Hein, ça vous intéresserait de savoir que j’ai su merveilleusement marier le Java et le C, au travers de la magnifique JNI ? et que je prends des mutex C depuis Java, et que je récupère des évènements de bas niveau en C et que je les remonte, grâce à un code hyper-complexe multi-threadé et utilisant des mutex C et locks Java, vers du code Java ? Ca vous intéresse ? De toute façon, je viens de signer un papier qui m’interdit de parler de ce que je fais au bureau pour mon client, HAL, pour les 15 ans qui viennent. Oui, vous lisez bien : quand j’aurai 69 ans, si j’y arrive bien sûr (et je suis de moins en moins sûr d’y arriver), à la retraite j’espère depuis au moins 5 ans, je pourrai parler de toutes les aberrations et conneries que je vois faire chez mon client…, ainsi que des personnes formidables que je croise parfois, mais pas avant. Donc, j’ai raison : j’aurais dû faire Médecine, par exemple ; tout sauf Informatique. Et, ainsi, j’aurais pu parler de mes patients, en changeant les noms, les lieux, et en gardant juste l’essentiel : le mélange d’horreur, de mort, de pisse, de merde, et de rire, et de vie. Le genre de mélange dont parle régulièrement Jaddo sur son blog et dans son livre : Juste Avant Dresseur D’Ours, dont je viens de re-feuilleter quelques bonnes pages. Quand on parle de l’hôpital, des mandarins, de tous les connards de médecins, de tous les médecins extraordinaires, des patients qui hurlent pour un rien et ceux qui meurent sans se plaindre, on peut faire quelque chose de bien, quelque chose qui intéresse, parce que cela touche à quelque chose de fort, de profond, d’éternel : la vie et la mort, avec des blouses blanches (parfois tachées de sang…) au milieu. Alors que moi… je ne vois pas très bien de quoi vous parler à propos de mon boulot… à part de rappeler l’incongruité du mot « bit » (BInary unIT) qui me rappelle un autre mot, bien français celui-là, ou bien la fameuse blague : « Il y a 10 sortes de gens : ceux qui connaissent le binaire, et les autres ». Comment ? Vous ne comprenez pas ? Vous ne riez pas ? Zut… j’aurais dû faire médecin… Allez, allez vous changer les idées sur le blog de Jaddo, jeune femme qui rêvait de faire dresseuse d’ours, puis neurochirgien, puis neurologue, puis médecin, puis généraliste. Et, généraliste, c’est vraiment le lieu où l’on rencontre toute l’Humanité : s’il y en a qui ne jouent pas au golf, ou qui ne jouent pas au Loto, ou qui n’aiment pas le foot (MOI !!), ou le rugby, etc, tout le monde a vu, ou verra un médecin. Enfin… presque tous… puisqu’une grand-mère de mon épouse a vu un médecin pour la première fois… le jour de sa mort ! 🙂 Allez, sur ce bon mot qui ne nous rappelle aucunement qu’on va tous crever un jour, médecin ou pas, je vous souhaite une bonne soirée !

😉

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8 Réponses to “J’fais pas le bon métier, zut !”

  1. Jane Says:

    Ta mémoire des dates est impressionnante et tu sembles avoir une excellente santé mentale.
    Concernant les blogs, je rappelle quand même que le médecin est tenu au secret professionnel.
    Le prestige de la blouse blanche ou le fantasme ? Il est vrai que souvent, lorsqu’il la retire, il perd en même temps son attrait. Personnellement, je n’aimerais pas travailler dans les métiers de la médecine, trop proche de la mort et de la maladie.
    Et l’informatique non plus, une discipline qui évolue constamment et très rapidement !
    J’irai bien consulter le blog de Jaddo, mais la page reste introuvable.

    • trex58 Says:

      Bonnes « mémoire » et « santé mentale »… tout est relatif ! Je n’en suis pas certain…

      Un médecin peut quand même relater des histoires, en changeant les noms et les dates, non ?

      Lors que le médecin retire sa blouse blanche, il est à poil, comme les autres… Donc, pour moi, si c’est une belle fille, le médecin garde son attrait… 😉

      Médecine : « trop près de la mort et de la maladie » ? Oui, c’est vrai… Cela peut être très douloureux de ne pouvoir rien faire pour ses patients, de les voir mourir, voire même de faire des erreurs qui les envoie « ad patres » plus vite que normalement… Mais, bon, c’est aussi un moyen de se sentir utile aux autres. Ainsi, mon kiné a des dons pour faire très bien son métier et soulager les douleurs. Ceux qui travaillent dans les métiers de la médecine peuvent se dire qu’ils « aident » les autres, ce qui peut donner un sens à sa vie, non ?

      Quant à l’Informatique, c’est devenu une horreur… Le Web a fait naître de pseudos langages, qui ne sont que d’infâmes bricolages. Mais, bon, que ferions-nous sans elle aujourd’hui ? Nous passerions sans doute plus de temps dehors que dedans, devant nos écrans…

      Quant au blog de Jaddo, une petite erreur de ma part avait rendu le lien bancal. Le voici réparé ! (d’ailleurs, aider les autres à réparer leur PC, n’est-ce pas proche de la médecine ? 🙂 )

      • Jane Says:

        Quand le médecin retire sa blouse blanche, je ne le vois pas à poil mais habillé. Et quand je vois un homme, je ne l’imagine pas nu. Je peux désirer un homme pour une autre raison que pour la beauté de son corps, et cela a souvent été le cas. Mais pour les hommes, cela est différent n’est-ce pas ?

      • trex58 Says:

        Ha ! Si on ne peut plus plaisanter ! De plus, à notre époque, les femmes laissent de plus en plus apparaître leur désir pour le corps des hommes. Mais, oui, tu as raison : quand on désire, c’est pour plein de raisons, et le corps n’en est qu’une parmi d’autres.
        Quant à moi, même si le corps d’une femme est important, il vient après sa personnalité et son attrait mystérieux.

  2. TT Says:

    Pas d’accord avec toi.
    Et pourtant j’ai connu les mêmes bécanes sur le campus des Cézeaux, les mêmes PDP11 dans les labos des mêmes écoles les mêmes années, avec le thermomètre accroché devant les disques et les loupiotes.
    Et je suis toujours adepte du chkdsk /f .
    Après j’ai divergé : pas de java, mais des CMMI TS/PI/VER, avec Doors pour récupérer les exigences des armées, en faire des specs pour des systèmes d’armes, et poursuivre l’ingénierie système jusqu’au tir de contre-missiles en rafale pour contrer une rentrée atmosphérique d’une saloperie balistique multi-têtes, ou jusqu’à la surveillance des interfaces dans un contexte de cyberdéfense.
    Tu connais la différence entre nos métiers et la médecine ?
    Les médecins sont coincés dans le vivant ; il y a encore à y faire, mais c’est limité, et leur cour de récréation est entourée de murs.
    Pas la nôtre.
    C’est PDP qui alimentait les écrans du Nostromo, c’est Java qui alimente ceux d’Avatar ou de Prometheus, et c’est des bits optiques ou quantiques qui permettrons à la Navy d’aller sur Mars ou qui ouvriront les premiers ponts d’Einstein-Rosen.
    N’envie pas les garagistes de banlieue, ta cour de récréation n’est pas bornée.

    • trex58 Says:

      Les médecins qui soignent sont limités. Pas ceux qui essayent de comprendre le fonctionnement de notre corps et de notre cerveau. Il faudra encore des dizaines d’années (si la recherche peut se poursuivre…) pour pouvoir dire que le domaine médical arrive au bout de la connaissance, jusqu’à comprendre TOUT ce qui se passe dans chacune de nos cellules.

      L’informatique est un monde froid. Et, tant que les programmes seront écrits à la main par des hommes, les programmes seront truffés de bugs, qu’il faut extirper un à un. L’utilisation d’outils efficaces (mathématiques) pour écrire ou vérifier des programmes n’est pas encore possible, même s’il existe des outils qui peuvent envisager TOUTES les branches d’un programme et dire ce qui pourrait se passer même dans les cas improbables.

      Si l’Homme ira sur Mars, les hommes/femmes qui en reviendront seront des loques, détruits par 6 à 12 mois d’apesanteur, de radiations, de peur, et de manque de Nature.

      Dans l’Informatique courante (et même chez HAL), c’est : C, Java, voire JavaScript, et d’autres horreurs sans nom. Les process utilisés n’y font rien pour améliorer la qualité, sinon transformer les ingénieurs en Informatique en esclaves pondeurs de code à qui on interdit de réfléchir. C’est comme pour la soupe des armées de César (relire Astérix Légionnaire) : plus il y a de programmes à écrire, plus c’est de la merde. Et, aujourd’hui, il y a un besoin d’écrire des millions de lignes de code qui ne faiblit pas, d’où une qualité qui baisse.

      Le premier nombre de Mersenne premier découvert au moyen d’un ordinateur l’a été grâce à un programme écrit sur carte perforée. Le rédacteur de ce programme écrivait son PREMIER programme. Et il n’avait jamais pu le tester. Mais il a marché du premier coup. Des hommes capables d’un tel exploit, il n’y en a pas beaucoup aujourd’hui… beaucoup de bricoleurs, mais peu de programmeurs capables d’intégrer toutes les contraintes afin d’écrire du code qui marche du premier coup. Et puis, il y a trop de contraintes, trop de variables, trop de possibilités, etc. La seule solution pour écrire du bon code, c’est de réduire les fonctionnalités à l’essentiel, et d’écrire les programmes de test en même temps, voire avant, et tester en continue. Alors que, en général, c’est le bordel le plus complet… la course à l’écriture du code, pour respecter les dates imposées, au détriment de la qualité. Et l’arrivée des indiens et des chinois n’arrange pas les choses, puisque ces ingénieurs, très doués, ne savent pas bien travailler en équipe et passent leur temps à changer d’employeur pour augmenter leur salaire, leur interdisant d’acquérir suffisamment de compétences, puisqu’ils quittent leur projet rapidement. Enfin, c’est ce que je vois… Ca peut être différent ailleurs.

  3. Ohmyblogue Says:

    Que de pessimisme, je reconnais cependant que certains langages ou plutôt pseudo-langages tels que Javascript sont infâmes mais ils peuvent donner de très beaux rendus (par exemple avec AJAX on peut faire des trucs sympathiques). Je n’ai pas encore découvert la programmation logicielle et pour l’instant je me cantonne au HTML/CSS/PHP/SQL mais ça me fait un peu peur de vous voir aussi blasé par les métiers de programmation.

    Personnellement j’aimerais écrire mes propres programmes, avec mes propres deadlines pour pouvoir justement m’imposer une qualité qui n’existe plus tellement aujourd’hui : ça se voit d’ailleurs aujourd’hui sur le web d’ailleurs (même si c’est un peu hors sujet); la vulgarisation des solutions clés en main ou des bases de programmation web ont permis à tout le monde de pouvoir pondre un site ce qui fait de l’internet un lieu empli de sites abominables.

    Bonne soirée 🙂 !

    • trex58 Says:

      Les fonctions à réaliser augmentent encore et toujours en quantité et en complexité. Même si la productivité augmente doucement, ça ne suit pas. Et la qualité en pâtit. Et la capacité des nouveaux informaticiens à maîtriser les langages décline, me semble-t-il, à cause de tout ce qu’il faut apprendre en parallèle, en plus. Et il ne me semble plus qu’explosent comme avant les recherches sur les langages (ou alors je suis déconnecté maintenant de cette partie de l’informatique).

      Programmer ? Eiffel ? Prolog ? Smalltalk ? Lisp ? Python ? Scheme ? C ? Java ? Etc. Les langages ne manquent pas… Tous proches, mais tous bien différents. Java n’est pas vraiment objet, par exemple ; mais, bon, qui s’en soucie ? 😉

      La qualité dépend de la concision du code à écrire : une fonction fondamentale, utilisée par plein d’autres codes périphériques tendra forcément à la perfection. Alors que ces codes périphériques resteront bourrés de bugs dans leurs nombreux coins et recoins. Il faut faire « simple ». Comme disait Einstein : faire le plus simple possible, mais pas plus ! 😉

      La programmation, ce n’est pas que pour le Web. Ecrire un programme capable de « comprendre » ce que disent des textes, ou des paroles, ça c’est intéressant ! Ou bien les logiciels de traitement des images, comme Lightroom ou Photomatix, qui me permettent de créer de jolies choses, parfois.

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