Wadjda

« Wadjda », c’est bien !
(Attention, je révèle certaines parties du film)
C’est un bon film ! À partir d’un scénario ultra-simple (Wadjda veut un vélo pour faire la course avec son ami), la réalisatrice saoudienne Al Mansour a réalisé un superbe premier film. Au lieu d’une critique violente de la société patriarcale d’Arabie Saoudite, elle nous montre simplement la vie des femmes là-bas, sans exagérer ni même montrer le pire (sinon, probablement, le film n’aurait jamais pu se faire). Les hommes qui sont montrés ne sont pas des brutes ; simplement, ils ont le pouvoir et l’utilisent tranquillement. Par contre, la directrice de la madrassa est montrée comme un tyran pour ses élèves, les préparant à l’esclavage masculin, les surveillant sans cesse.
Wadjda est une petite fille qui serait tout à fait « normale » dans un pays occidental : elle est amie avec un jeune garçon (tous deux sont impubères, bien sûr) qui possède un vélo, et elle rêve de faire la course avec lui. Simplement… une fille n’a pas le droit de jouer avec les garçons, d’avoir un vélo et d’en faire. Ce simple plaisir de liberté lui est interdit par la société, et ses parents (a priori).
Son père désire un fils, pour ajouter une feuille (masculine !!) à son arbre généalogique. Dans sa société, c’est une évidence, une obligation : il doit avoir un fils. Alors, si son épouse ne semble pas pouvoir lui en donner (alors que le sexe des enfants est déterminé par le père, rappelons-le), il a le droit de la répudier et de se remarier, tout simplement. Mais ce père n’est pas un monstre : il aime sa fille, il aime son épouse. Mais il lui faut un fils. En Europe, le couple adopterait, ou essaierait de voir des médecins. Là-bas, il lui faut un fils de son sang et donc il prend une nouvelle femme : évident ! 😉
Wadjda démontre un caractère têtu, bien trempé, avec des capacités à faire les efforts nécessaires pour arriver à son but. Simplement, je trouve que, lorsque la directrice décide de faire don à la Palestine des 1000 Dirams, Wadjda reste trop calme. Même dans la rue, loin des autres, elle n’explose pas. Quelques larmes seulement ; malgré tout, elle est bien dressée à ne pas montrer sa colère.
À la fin, à la fin de la course entre Wadjda et Abdallah, on ne voit plus que Wadjda : le garçon a disparu. Pour moi, c’est le symbole que la petite fille a commencé à acquérir sa liberté.
C’est un très beau film ! On apprend beaucoup sur la vie des hommes et des femmes dans ce pays. Allez le voir !

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