Alceste

(Ne pas lire avant de voir le film…)
« Alceste, à bicyclette », c’est bien, c’est sympa, c’est réussi, un moment très agréable à voir deux acteurs jouer parfaitement. Bien sûr, c’est un peu triste… car Serge/Luchini a définitivement quitté le monde des hommes pour s’enfermer, seul, dans une vieille maison sur l’île de Ré. On ne peut pas vivre à l’écart du monde sans perdre de son humanité. Et puis, depuis le début il sait qu’il ne jouera pas cette pièce, car il en a marre du monde du théâtre…
Bon, on ne sait rien de la vie de Serge… et ça manque. Tous ces moments de répétition de la pièce sont très beaux, très bien joués, et montrent des facettes intéressantes des deux personnages. Mais il me manque un peu de vraie vie là-dedans… Serge est devenu Alceste : il peut le jouer parfaitement, seul, seul au bord de la mer, mais plus jamais devant un public. C’est triste, je trouve… Bien sûr, il aurait peut-être pu sortir de son trou, pour Francesca, si Gauthier n’était passé avant lui. Et, finalement, on ne sait pas bien s’il se venge de cet espoir déçu, détruit par son ex-ami Gauthier ; mais probablement. C’était probablement sa dernière « porte de sortie » : une femme pour qui il serait sorti de son trou… une possibilité, anéantie dès le lendemain, à cause d’un de ces maudits téléphones !
Luchini, comme d’habitude, joue magnifiquement. Mais, bon, je suis sorti en manque de compréhension de ce qui a amené son personnage à s’enterrer ainsi. Et Luchini, à l’origine de l’idée du film, y est un peu pour quelque chose… Mais, bon, un très bon moment.

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2 Réponses to “Alceste”

  1. Jane Says:

    Une entrevue de Fabrice Luchini, de plus en plus séduisant en vieillissant et drôle :

    http://www.dailymotion.com/video/xxd8hd_fabrice-luchini_creation?start=85#.URltKVe9szg :

    • trex58 Says:

      Effectivement, il est bon ! Et, en plus, comme il déteste travailler le matin (ses contrats précisent : de 12h à 19h30 !), il a des ressources incroyables. Je suis stupéfait par sa capacité à citer des bouts de pièce pour illustrer son propos. Une mémoire d’éléphante, La Luchina ! comme il dit qu’on l’appelait, à 15 ans, dans le salon de coiffure où il a commencé. Mais, en ce qui concerne Freud, il a fait comme moi : lire ce qui était disponible sur la sexualité, sans savoir que c’était frelaté, tordu, et débile. Mais, bon, si ,effectivement, les idées ajoutées aux répétitions de la pièce font passer la pilule, ça ne change pas grand chose au fond : on voit un ancien qui n’a plus envie de jouer sur scène mais aime bien encore se jouer des autres, et un jeune qui veut prendre la place de l’ancien : lutte entre générations. Les deux ont perdu. Nous, nous nous sommes un peu amusés pendant le film, mais la conclusion est quand même triste : un homme qui se retire du monde et qui contribue volontairement au pourrissement du monde, en se vengeant. Quelle indicible haine ! 😉 Alors que, d’après un expert du théâtre de Molière, Alceste serait plutôt un « enfant boudeur ». Ici, dans le film, il est différent du personnage de Molière.

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