Les « vieux »

Tout le monde n’est pas « vieux » au même âge. Certains, comme mon cher voisin ancien collègue et maintenant à la retraite, sont vieux depuis fort longtemps car ne s’intéressant pas à grand chose, lui probablement dès qu’il était petit… 😉 D’autres ne sont jamais vieux.
Hasard ou pas, 3 informations ont retenu mon attention aujourd’hui. D’abord, un dossier dans Le Point sur ces « vieux » qui restent jeunes malgré leur grand âge, comme Jean d’Ormesson, 87 ans. Ensuite, sur RTL2, des informations sur la capacité des « vieux » (plus de 40 ans) à battre les « jeunes » (moins de 40 ans) sur certaines compétences, comme la conduite d’avion (en simulateur). Et, enfin, le plus intéressant, dans l’Express, l’importance fondamentale des « anciens » chez nos ancêtres, il y a 60.000 ans. Avant, il y a un « vieux » (moins de 35 ans !) pour 10 jeunes australopithèques, puis 3 vieux (toujours moins de 35 ans) chez les néandertaliens. À partir de -60.000 ans, Homo Sapiens se multiplie et se répand dans le monde, l’envahissant, avec une proportion de 2 vieux (< 35 ans) pour 1 jeune, inversant le rapport. À ce moment-là, les Hommes ont pu atteindre la ménopause. Et tous ces "vieux", n'ayant plus d'enfants, ont pu se consacrer à aider leurs enfants pour nourrir et éduquer leurs propres enfants, leur permettant d'avoir encore plus d'enfants, et plus de survivants. De plus, l'inventivité, cela vient sans doute quand on est jeune, mais aussi avec beaucoup d'expérience, et il faut du temps pour transmettre ses inventions. Donc, vivre plus vieux, cela a permis à nos ancêtres d'accumuler des connaissances, du savoir, du savoir-faire. Les grands-parents sont devenus jardiniers, cuisinières, nounous. Par contre, la différence de vue sur le monde, sur la façon de vivre, n'a jamais été si grande entre "jeunes" et "vieux", il me semble. Et, aujourd'hui, comme je le disais dans un précédent billet, on n'est plus "adulte" vers 15-16, comme au Moyen-Âge, mais plutôt vers 20-25 ans.
Bref, si l’Homme a pu prendre possession de la Terre comme il l’a fait, c’est grâce à un couple très efficace : meilleure alimentation (viande cuite, agriculture, etc) et vie plus longue. Mais, aujourd’hui, on devient « vieux » bien plus tard, vers 75 ans il me semble, et on a donc le droit à plusieurs vies dans une seule. Et on a donc plein de temps pour penser à la mort, à sa propre mort… 😉
Bon, il fait soleil dehors ! 🙂

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10 Réponses to “Les « vieux »”

  1. Jane Says:

    Pensez à sa propre mort ? On n’y pense pas lorsque l’on est heureux. Peut-être après une maladie ou un accident. Nous le savons dès le début que nous allons mourir. Moi ce qui me fait peur, ce n’est pas la mort, mais la souffrance avant qu’elle arrive.

    Je pense que c’est la mort d’autres personnes proches que nous aimons qu’il est difficile d’accepter. J’ai écouté ce matin l’entrevue de Rebecca Manzoni dans « Eclectik » sur France Inter avec Claire Vassé, très touchant.

    Nous avons tous rencontré des jeunes vieux et des vieux jeunes. Les « vieux » m’ennuient.

    • trex58 Says:

      Oui, être heureux, être occupé, cela évite de penser, de penser aux choses désagréables, et à la mort. Mais, même heureux, il est peut-être nécessaire quand même d’y penser un minimum, non ?

      Tous le monde n’a pas en tête qu’il va mourir, et certainement pas dès le début. Dans nos sociétés « modernes », la mort est taboue. Dans les grandes villes, à part pour un proche ou un ami, on ne voit pas la mort des autres. Alors, pour les enfants, pour les ados, la mort devient peut-être virtuelle. Ce qui peut donner de l’énergie pour agir sans penser au futur, ou qui peut pousser à choisir des chemins qui sont des impasses.

      La souffrance… Oui, elle est bien plus à craindre que la mort. Mais il y a aussi le handicap, par accident ou à cause de l’âge : la perte de fonctions qui nous semblaient « évidentes », faisant partie intégrantes de notre « moi ». Je souffre d’acouphènes, à un niveau très élevé, et ma vie est parfois un enfer, quand ils m’empêchent de dormir plus de 4h1/2 pendant des semaines, m’épuisant. Et je ne peux plus écouter tous les spectacles de musique que j’aimais… Mais, bon, malgré les douleurs et cette réduction de mes possibilités, il y a encore tant à faire.

      La mort de proches, que nous aimons, nous rappelle la possibilité de notre propre mort. Mais, surtout, elle nous appauvrit : le lien que nous avions construit avec celui qui est parti est parti avec lui. Ce lien, il avait fallu souvent des années pour le construire, ou bien ce lien ne peut plus être reconstruit (parent, frère ou soeur, enfant). Nous avons alors définitivement perdu quelque chose que nous ne pourrons plus jamais reconstruire. Ce lien, c’est une dimension de nos pensées, ce sont des moments qu’on savait agréables, intéressants, des moments intimes avec une spontanéité, du respect, de la confiance, toutes sortes de choses importantes pour notre stabilité, et rares. Nous sommes amputé, et ce « membre » parfois ne repousse pas.

      Les « vieux » auraient pu être « jeunes » toute leur vie. Ils ont commencé comme nous tous : bébé, enfant, adolescent. Il y a eu un moment où l’énergie s’est tarie, où la curiosité s’est éteinte, où les épreuves subies les ont poussés à ne plus prendre de risques et à savourer ce qui les rassure, ce qu’ils savent être sans danger. Prendre des risques, bouger, c’est ça la vie. Mais pas tout le temps, bien sûr. C’est ce mélange de stabilité et de changement qui différencie les personnes. Il faut une base arrière pour se reposer après des aventures.

  2. Une femme libre Says:

    Penser à sa propre mort ? Quand on n’est pas malade ? Mais pourquoi donc ? Si c’est pour faire son testament, évidemment, là, c’est bien. Bonne chose de faite pour les héritiers. Sinon, quel est le but ? Me semble qu’il est bien plus intéressant de vivre sa vie que de penser à sa mort.

    • trex58 Says:

      Il ne s’agit pas, bien sûr !, de ne penser qu’à sa mort, de date inconnue, mais certaine ! Mais, plutôt que de vivre sans prendre conscience que le temps passe et que bientôt notre « ticket ne sera plus valable », il faut peut-être, avant que cela ne devienne évident, en avoir pleinement conscience (de sa mortalité) pour penser sa vie au lieu de la vivre en laissant faire le hasard.
      Il y a un âge où notre mortalité nous devient évidente. Il faudrait peut-être en prendre conscience plus tôt, pour « mieux » vivre. Reste à définir ce que peut être ce « mieux »… qui n’a pas le même sens pour tous ni même pour chacun en fonction de son âge…

  3. jane Says:

    La chanson de l’année, à chanter à tue-tête

    • trex58 Says:

      Give me a second, I
      I need to get my story straight
      My friends are in the bathroom
      Getting higher than the Empire State
      My lover she is waiting for me
      Just across the bar,
      My seat’s been taken by some sunglasses
      Asking ’bout a scar
      I know I gave it to you months ago
      I know you’re trying to forget
      But between the drinks and subtle things
      And the holes in my apologies
      You know I’m trying hard to take it back
      So if by the time the bar closes
      And you feel like falling down
      I’ll carry you home

      Tonight,
      We are young
      So let’s set the world on fire
      We can burn brighter
      Than the sun

      Tonight,
      We are young
      So let’s set the world on fire
      We can burn brighter
      Than the sun

      Now I know that I’m not
      All that you got
      I guess that I,
      I just thought,
      Maybe we could find new ways to fall apart
      But our friends are back
      So let’s raise the cup
      ‘Cause I found someone to carry me home

      Tonight,
      We are young
      So let’s the set the world on fire
      We can burn brighter
      Than the sun

      Tonight,
      We are young
      So let’s set the world on fire
      We can burn brighter
      Than the sun

      Carry me home tonight
      (La la la la la la)
      Just carry me home tonight
      (La la, la la la la la la)
      Carry me home tonight
      (La la la la la la)
      Just carry me home tonight
      (The world is on my side, )
      Carry me home tonight
      (I have no reason to run, )
      Just carry me home tonight
      (So will someone come and carry me home tonight?)
      The angels never arrived,
      But I can hear the choir
      So will someone come and carry me home

      Tonight,
      We are young
      So let’s set the world on fire
      We can burn brighter
      Than the sun

      Tonight,
      We are young
      So let’s set the world on fire
      We can burn brighter
      Than the sun

      So if by the time the bar closes
      And you feel like falling down
      I’ll carry you home,
      Tonight.

  4. Une femme libre Says:

    Ma mère a 87 ans, c’est la personne la plus heureuse que je connaisse. Elle a plein de projets, Ainsi, elle vient de vendre son condo en Floride et projette de faire des croisìères et elle a beaucoup de croisières en vue…

    Penser à sa mort permet-il de vivre plus intensément sa vie?Vraiment, j’en doute.

    • trex58 Says:

      À chaque âge une façon différente de gérer sa finitude.
      Prendre conscience qu’on est mortel, c’est prendre conscience que le temps nous est compté, et qu’il faut donc prendre des décisions sur ce qu’on veut faire de sa vie, à supposer qu’on a des années devant soi bien sûr. Donc, c’est quelque chose à faire quand on est encore jeune, quelque part entre 15 ans et 75 ans. 😉 Ensuite ? Et bien, ma foi, il faut être réaliste, à 85 ans, on prend la vie comme elle vient, c’est sans doute un peu tard pour tout remettre en question, non ? Même s’il existe des gens qui ont la pêche et, à 85 ans, ont encore 10 ans ou plus de vie sans grands soucis de santé.
      Ce que je veux dire, c’est que prendre conscience de sa mortalité induit un changement d’attitude vis-à-vis de sa vie. Plus tôt on accepte cette idée désagréable, pour le moins, plus tôt on se force à réfléchir au lieu de se laisser emporter par la vie. (Même si on peut décider sciemment de ne plus vouloir prendre prise sur sa vie…).

      Je souhaite à votre mère de bien en profiter ! et de garder suffisamment d’argent pour une maison de retraite lorsqu’elle ne pourra plus courir le monde, même en bateau. Mais, bon, il ne doit plus bien être agréable de se dire qu’on ne va plus bouger… Mieux vaut adapter progressivement sa vie à l’accumulation de handicaps, sans renoncer à la vie et sans s’enfermer.

  5. Une femme libre Says:

    Dans ma famille, personne n’est allé en maison de retraite. Mes deux grand-mères et un de mes grand-père sont morts chez eux dans leur lit, mon autre grand-père est mort à l’hôpital d’une crise du coeur. C’est également le cas de mon père qui est mort d’un cancer du pancréas fulgurant. Quelques semaines entre sa vie active (il travaillait encore à temps plein) et sa mort rapide.

    Ma mère ne prévoit pas la maison de retraite, non. Elle a un environnement très sécuritaire avec un gardien à la porte de l’immeuble, l’ascenseur, ses enfants pas loin. Sa santé est excellente, elle ne prend aucun médicament et fait ses courses à pied.

    Les handicaps ne sont pas automatiques en vieillissant. La mère de ma mère qui est morte à 96 ans chez elle une nuit dans son sommeil après une grosse journée de ménage est décédée « d’usure » a dit le médecin. Aucune maladie mais le corps est usé. Fin.

    Je pense que vous êtes troublé par la maladie de votre mère. Vous ne finirez pas nécessairement comme elle. La santé, ça se cultive, vous prenez soin de vous et c’est très bien. Vous serez un beau vieux en santé qui profite de la vie jusqu’au dernier moment.

    • trex58 Says:

      Il y a eu de tout dans ma famille et celle de ma femme : AVC+suicide, maison de retraite, infarctus, AVC, Alzheimer, etc. La vie (et la mort) a beaucoup d’imagination ! 😉

      Quant à moi, j’essaye effectivement de cultiver ma (bonne) santé. Mais, parfois, il y a une courtilière, ou une taupe, qui passe et coupe les racines de la vie ! 😉

      Un « beau vieux en santé » ? Hummmm Pourquoi pas. On verra bien ! 😉

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