Lincoln

C’est un bon film, un très bon film même. Mais je ne l’ai pas aimé. Pour deux raisons, voire même trois, sinon quatre. D’abord, j’aime pas les films où le héros il meurt à la fin. Bon, je sais, j’aurais dû m’y attendre… car il me semblait vaguement qu’il s’était fait dézingué, le mec. Ensuite, ils devraient prévenir, avant le film, qu’il faut réviser son histoire des USA pour comprendre un peu pourquoi ils ne sont pas d’accord. Et heureusement que j’ai vu le film en V.F. ! sinon, sinon j’aurais rien compris. Maintenant, je comprends pourquoi les américains sont nuls en histoire : déjà, il leur a fallu avaler tous les détails de leur guerre de Sécession, ce qui leur a pris l’essentiel de leurs neurones. Ensuite, et bien, Dieu, il est toujours dans leur bouche, à ces Américains (des USA) de l’époque. Aujourd’hui encore, moins je crois, mais toujours. Et, à cette époque-là, ils devaient pendre haut et court ceux qui n’y croyaient pas. Enfin, enfin, le plus important ; dès le début du film, j’ai pensé à un « détail », un détail de 35 millions, le nombre d’indiens d’Amérique du Nord massacrés, morts de faim ou de maladies, en une centaine d’années, jusqu’au début du XXième siècle. Dans ce putain de film, qui dresse la statue magnifique d’un pays de merde, on ne parle jamais des Indiens, mais seulement des 4 millions de descendants d’esclaves amenés de force d’Afrique, convertis au Dieu chrétien. Un « nègre » (c’est le vocabulaire de l’époque, et du film), on l’utilise, on le fait travailler (sans le payer), on viole sa femme et ses filles, on vend ses enfants, voire même on le tue s’il se rebelle trop ; mais on ne dit pas : « Un bon nègre est un nègre mort », alors qu’ils disaient et faisaient : « Un bon indien est un indien mort ».
J’attends, désespérément, que les USA reconnaissent le génocide du peuple qui vivait sur les terres, riches et vierges, qu’ont volées les émigrés blanc d’Europe. Le sort des Noirs aux USA, à côté, c’est du pipi de chat.
Dans ce film, on ne voit qu’un unique indien, habillé en soldat, mais muet. Mais jamais on parle d’eux, spoliés, repoussés, massacrés. Aux USA, les indiens ne sont plus rien. Ce film, bien sûr consacré à Lincoln et à l’abolition de l’esclavage, aurait dû parler, succinctement, des indiens et de leur statut de non-être humain, de sauvage, juste bon à être tiré au fusil. Ce film aurait dû avoir une voix discordante et dire, succinctement, qu’il y a eu aux USA plus grande ignominie que l’esclavage : c’est de ne pas avoir considéré les indiens comme des êtres humains. Bref, les USA sont nés sur un bain de sang. Les américains d’aujourd’hui ne sont pas coupables de ce massacre, mais ils sont coupables de ne toujours pas l’avoir reconnu tel qu’il fut : un massacre organisé, très semblable à la Shoah, la haine d’un peuple se croyant supérieur à un autre : un génocide.

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7 Réponses to “Lincoln”

  1. Une femme libre Says:

    Ce film aurait dû parler de la lutte des Noirs pour abolir l’esclavage. Les Noirs sont muets et esclaves dans le film. La réalité historique est tout autre. Le fait que Frédérick Douglass, un contemporain de Lincoln, un de ses amis même, n’apparaisse pas dans le film, alors qu’il était une figure dominante de la lutte à l’esclavage, est aberrant..

    J’ai trouvé le film verbeux et long. Pas inintéressant. Bien qu’on en parle un peu de l’esclavage, même si c’est très imparfaitement. Un épisode honteux de l’histoire tout comme le génocide des Indiens d’Amérique, que vous mentionnez à juste titre.

    • trex58 Says:

      C’est vrai que j’ai peu parlé du film. Difficile pour moi, européen, français, de parler de ce qui s’est réellement passé, il y a maintenant environ 150 ans.

      Le film parle d’une lutte politique, avec de la tricherie de la part de Lincoln, pour faire passer une loi. C’est une vraie bataille, verbale, entre personnes de haut rang dont les riches familles arrivées d’Europe parmi les premières sur ce continent ont vite su exploiter les nouveaux arrivants. Ces « sages » sont riches, et souvent puants.

      Quant à Frédérick Douglass, Wikipedia ne parle pas d’un lien amical avec Lincoln. Mais ce qui est dit sur cette époque montre bien que les Noirs n’ont pas assisté à leur émancipation sans avoir lutté par eux-même.

      Oui, les Noirs sont quasi muets dans le film, et n’apparaissent qu’en serviteurs. Pas de Noir ayant de responsabilités, s’il m’en souvient.

      Verbeux et long ? Verbeux, oui. Long ? sans doute. Il faut du temps pour installer une époque aussi lointaine.
      Mais c’est vrai que le film parle essentiellement d’une lutte politique sans jamais parler de la souffrance des esclaves. Tout film n’est qu’un résumé ou un coup d’oeil sur une partie de l’Histoire…

      Quant au génocide des Indiens, qui me tient à coeur depuis longtemps, depuis le livre « Pieds nus sur la Terre sacrée » que j’avais acheté quand j’étais adolescent, illustré de photos de Curtis et plein de phrases sages d’indiens, il faudra plus qu’un film pour en parler, même s’il y en eu de nombreux déjà, comme « Little Big Man » avec Dustin Hoffman. Il faut un discours du Président.

      Quant à Barrack Hussein Obama, il n’a rien à voir avec les esclaves Noirs américain. Cette histoire lui est totalement étrangère… puisqu’il est le fils d’un Kenyan. Les Noirs américains attendent encore qu’un descendant d’esclaves obtienne le poste suprême. Et, si c’était une femme, ce serait encore mieux !

  2. Une femme libre Says:

    L’absence de Frederick Douglass du film sur LIncoln a provoqué un tollé chez les Noirs américains. Je sais que vous lisez l’anglais alors faites une recherche avec « Lincoln: Where was Frederick Douglass? » ou bien simplement simplement avec « Lincoln et Frederick Douglass ». On voit le film d’un autre oeil après ces lectures! C’est mon ami-aux-jouets, un Noir américain, qui m’a parlé de Frédérick Douglass que je ne connaissais pas.

    • trex58 Says:

      « However, in telling one of America’s most poignant civil rights stories, the film falls short in the most ironic of ways.

      All of the protagonists in the film, portrayed nobly in their push for the abolition of slavery, are white — from President Abraham Lincoln to congressman Thaddeus Stevens. All of the African Americans presented in the film are in peripheral supporting roles — so peripheral, in fact, they would not be eligible for an Academy Award for the best supporting actor. Their casted and assumed roles are negligible. »

      http://www.mrlincolnswhitehouse.org/inside.asp?ID=38&subjectID=2

      Effectivement, ou bien Spielberg a déconné, ou il l’a fait exprès, ou il a un problème… Décidémment…

      Mais, de toute façon, on s’en fout. Car, très bientôt, les Noirs et les Blancs (et les Rouges aussi…) seront en minorité aux USA face aux hommes et femmes venus d’Amérique du Sud ! En attendant que les mariages mixtes explosent enfin et réalisent enfin un mélange des couleurs.

  3. trex58 Says:

    Il me semble aussi que le film a été basé sur un livre. S’il y a le même « oubli » dans le livre, Spielberg peut avoir suivi un guide sans avoir correctement fait soi-même le point sur la question. Ce qui est une faute, encore, mais moins grave peut-être.

  4. Une femme libre Says:

    Oui, il a fait son film à partir d’un iivre. Avez-vous vu le film de Tarantino qui traite également, mais bien différemment, de l’esclavage « Django unchained ? Dans les deux cas, des critiques prétendent qu’un réalisateur est un artiste et qu’il peut donc interpréter à sa guise la réalité historique. C’est un point de vue. Il y a d’ailleurs une incroyable quantité de critiques de ces deux films, qui, malgré leurs défauts, valent largement la peine d’être vus.

    • trex58 Says:

      Non, je n’ai pas vu « Django unchained » car, plus j’ai de temps libre, moins je fais de choses… Sans rire ! Et puis, ça prend un temps fou pour se faire sa bouffe tous les jours ! Mais, bon, je finirai bien par aller le voir !!!

      La « réalité historique » ? Hummm L’Histoire est écrite par la vainqueurs. Et, même si on donnait vraiment la parole aux vaincus, il est impossible de parler de « réalité historique » : le passé, il ne nous en reste plus qu’un résumé, très probablement pas objectif du tout. Par exemple, les livres d’histoire français continuent de montrer Napoléon Bonaparte comme un héros, alors qu’il fut un ignoble dictateur ayant foutu le bordel en Europe, entraîné une durable régression de la population française et de sa place en Europe, et qu’il n’a même pas rasé le Vatican ! Vu de nos voisins, Napoléon est un sacré connard !

      Donc, un réalisateur, même avec TOUTE sa bonne volonté, il lui est impossible de montrer le passé tel qu’il fut. Toute tentative est vaine. Bien sûr, pour le passé proche, c’est plus facile d’être « prêt » de la réalité. Mais on ne saura jamais vraiment qui a tué JF Kennedy et M. Monroe, parmi d’autres. Et on ne saura jamais vraiment les attitudes qu’avaient les noirs et leurs maîtres. D’ailleurs, pour que ce soit compréhensible par un spectateur du XXIème siècle, il est impossible d’employer le langage du passé. Donc, « Tradutore, traditore » ; on trahit toujours le passé. Donc, autant l’inventer comme on l’aime ! 😉 À condition de ne pas « trahir » les équilibres, et rendre plus noirs qu’ils ne l’étaient les maîtres des esclaves…

      Allez, au cinéma !!!!!!!!!!!!!!
      Mais pas ce soir…

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