Homeland

« Homeland » : me voilà devenu accro à cette série américaine… Comme je suis faible… ou, plutôt, comme ces scénaristes et réalisateurs américains sont efficaces… Bien sûr, il y a des ficelles un peu trop grosses. Il y a des erreurs bien visibles (pas forcément pour l’Américain moyen…). Mais que c’est bien fait. Et ça me rappelle Dexter, par son personnage principal, connecté avec une femme bizarre. Nick Brody, il est roux comme Dexter Morgan. Dexter est plus costaud, plus carré des épaules. Mais ils partagent tous deux le même profil psychologique : tous deux cachent un secret, ignoble, affreux, dangereux pour eux et leurs proches, et la mort et le danger rôdent autour d’eux. Le personnage de Dexter me semble parfaitement improbable d’un point de vue psychologique : il est impossible de réussir à avoir une vie « normale » avec les secrets et la vie parallèle qu’il cache. Mais, bon, on le sait, et on apprécie quand même le personnage et la série. Pour Brody, le secret est aussi lourd, ancré aussi à une terrible épreuve : la prise de conscience d’une mort personnelle proche lors de sa captivité, et la perte douloureuse d’une âme innocente et aimée, en plus de tortures physiques et psychologiques. Mais Brody, au contraire de Dexter, montre des signes d’hésitation, de troubles, de souffrance, de revirements. Il est bien plus humain. Et sa quête est compréhensible : la guerre est une horreur, déjà, mais encore plus lorsqu’il y a des « dégâts collatéraux », surtout quand il s’agit d’enfants. Darwin rejeta l’idée d’un Dieu après avoir vu souffrir et mourir l’une de ses filles. La mort des innocents (les enfants) est insupportable. Nul Dieu pourrait permettre cela sans être un pervers. Brody rejette donc ce monde dans lequel il est né. Mais, au moment où je suis (vers le milieu de la 2ème saison), il a déjà renoncé deux fois à ses engagements. Il est tiraillé entre le souvenir de Aïssa et le bonheur d’une famille retrouvée, et surtout par la tendresse et l’inquiétude manifestées envers lui par sa fille Dana, qui prend une place considérable dans l’équilibre du personnage principal. Ce personnage, Brody, est très humain, écartelé entre un monde qui l’a formatté, et un nouveau monde, qui lui a apporté des choses qui lui manquaient. Mais, bon, les circonstances de sa conversion sont entachées de violences, de manipulation, de plans, de vengeance, de haine… qui le poussent vers le « mal ». Le scénario, en envisageant une personne « retournée » par l’ennemi pouvant accéder peut-être aux plus hautes responsabilités politiques, remue en profondeur la légitimité des actes militaires contre le terrorisme religieux, actuellement musulman. Mais il ne remue guère, pour le moment, l’aberration d’une religion, qui avait pour but l’amélioration de la vie d’un peuple, et qui se mute en un fourneau de haine brûlante envers les autres. La haine naît-elle toujours des religions ? Je le pense… Quand le fond est mauvais, et même si 99,99% des pratiquants sont de bonnes gens (pas plus voleurs et assassins que les athées, mais pas moins), il reste toujours 0,01% de fous fanatiques ou opportunistes qui utilisent la religion pour leurs buts (pouvoir, vengeance, richesse, folie, etc). Chaque camp se dit être le « bon » camp, fort de la certitude d’être dans le vrai et le bien. C’est aussi ce qui dégouline du film « Lincoln » : au-delà de la description de l’homme qui a voulu et fait l’égalité entre hommes blancs et hommes noirs, c’est aussi une certitude de faire « bien ». Il est vrai que, pendant la guerre de Sécession, les indiens ont vécu quelques années plus tranquilles, l’armée américaine étant occupée à se massacrer. Mais, ensuite, ces militaires ont su trouver le moyen de continuer à s’amuser, contre un peuple désarmé et acculé. Autre lien entre « Homeland » et « Lincoln » : le moment où Brody amène sa famille sur le lieu d’une bataille fondamentale entre les 2 USA, moment où la possible victoire a changé de camp, victoire ayant rétabli l’unité d’un pays où il est normal de mettre le drapeau à sa fenêtre… Décidément… si Christophe Colomb n’avais pas découvert l’Amérique, le monde aurait été bien différent… meilleur, je pense, mais pas sûr. Peut-être que sinon, en ce moment, je serais en train de prier Dieu dans une église… 😉 Ha ha ha ! L’idée qu’on puisse vivre libre, et pas sous la férule d’un roi adoubé par une religion s’appuyant sur un Dieu, semble bien née quelque part par là, non ? dans ce pays neuf où tout était possible (une fois nettoyé de ses sauvages rouges, s’entend). Il serait intéressant d’écrire un livre sur l’histoire de la liberté face à la religion, une histoire mondiale bien sûr, et pas seulement européenne, ni occidentale. La Liberté, oui, mais pas en écrasant d’autres vies, humaines ou animales. Supprimer l’esclavage, en imposant une égalité devant la Loi, était une première étape, qui n’a duré que trop longtemps. Il y a d’autres libertés à définir et à protéger. Dans un monde plus complexe, libéré du schéma oppressant et simpliste issu des 3 religions du Livre. Le monde a changé, tous les peuples sont inter-connectés, après l’envahissement du monde par les occidentaux voici l’envahissement du monde par les chinois, les sangs et les couleurs de peau se mélangent, le monde change à grande vitesse, et certains voudraient encore et toujours trouver un calme et un bonheur utopiques en essayant de retrouver quelque paradis perdu qu’ils imaginent plus qu’ils ne sont capables de comprendre vraiment les temps passés : le passé ne peut pas revivre, il faut constamment créer du neuf, s’adapter. La vie n’est que cela : mouvement, adaptation, constants, sans savoir où elle va, guidée seulement par les règles découvertes par Darwin : celui qui s’adapte mieux à son écosystème prend un avantage sur les autres et se développe plus, transforme son environnement, et s’y adapte de nouveau, dans un mouvement continuel vers le futur qui jamais ne peut revenir vers le passé. Le Fondamentalisme, le désir de retour vers une religion pure et idéalisée, c’est de la pure folie. Ou, dit plus clairement, de la connerie. Mais, bon, tant que les athées n’auront pas construit une religion apportant la spiritualité dont ils ont besoin, ils seront toujours faibles devant ceux qui savent utiliser des textes mélangeant la folie et la magie à la beauté.
Mais, bon, comme d’habitude, je me suis égaré… Homeland ? C’est très intéressant. Très intéressant de voir comment les scénaristes ont réussi à construire un divertissement haletant et prenant, et posant des questions fondamentales, comme : tous les moyens sont-ils bons pour faire aboutir ce qu’on pense être le bien ? Lincoln a triché et menti pour faire advenir ce qu’il pensait être juste. Le Vice-Président de Homeland a camouflé le carnage entraîné par sa décision. Les USA actuels ont triché et menti pour conserver leur pouvoir sur le monde et ses puits de pétrole, pour conserver leur pouvoir d’achat (et de nuisance mondiale). Si les américains étaient moins gras et moins cons (en moyenne), le monde serait sans doute meilleur… 😉

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