Comment être optimiste au XXIème siècle ?

« Comment être optimiste au XXIème siècle ? » est un article de deux pages de Christophe André, psychiatre et auteur de livres réputés, paru dans Philosophie Magazine de Février 2013.
Voici quelques notes de lecture.

Goethe : « Le pessimiste se condamne à être spectateur ». Effectivement, sans optimisme, on a tendance à ne plus vouloir agir et à rester en spectateur du monde. Cela semble « négatif ». Mais, en se plaçant d’un point de vue oriental, observer le monde en folie est une position de sage. Donc, tous ceux qui regardent le monde agir sans eux ne sont pas pessimistes.

Ch. André parle de deux ouvrages, dont les auteurs se placent du « côté des opti-réalistes, c’est-à-dire des optimistes capables d’affronter les aspects sombres de la réalité ». La tournure est complexe, et nouvelle, mais ne s’agirait-il pas d’une forme de détachement actif ? Je veux dire que, face au bordel de ce monde, face à l’absurdité de nos vies, face à l’impermanence, bref face à la mort, on peut se dire que rien n’a d’importance et qu’on pourrait certes se laisser aller et ne plus rien envisager ou construire mais qu’il est quand même bien plus amusant de découvrir ce monde et de jouer, tant qu’on le peut.
Les optimistes, face à la vie, prennent plus de décisions exerçant une influence positive sur leur « destin » que les pessimistes. Bref, les pessimistes se laissent aller, et les optimistes agissent. Mais, bon, on peut aussi analyser le monde, et décider de se placer en spectateur, renonçant certes à beaucoup de choses, mais toujours en « acteur » de sa vie : on peut choisir délibérément de ne rien faire et de subir le hasard, non ?!

Clemenceau : « L’avenir, ce n’est pas ce qui va nous arriver, mais ce que nous allons faire ». Toujours cette vision occidentale de notre pouvoir de changer les choses. Bien sûr, c’est en réaction avec la vision religieuse des choses comme quoi « tout est déjà écrit » (par un Dieu, par un « destin » déjà écrit et qu’il ne servirait à rien de combattre). Mais on peut aussi décider de rester en retrait du monde, de l’observer, dans une vie tranquille, retirée, pour être au coeur de soi-même plutôt qu’au coeur d’une action brassant l’inutile.

« Des chercheurs en psychologie … ont montré que l’intolérance à l’incertitude est une dimension fondamentale de ce que l’on nomme l’anxiété généralisée, cette tendance maladive à se faire du souci à propos de tout, et notamment de ce qui est incertain, imprévisible et incontrôlable. C’est-à-dire, en gros, tout ce qui va arriver demain ! De fait, même si la plupart des personnes ne souffrent pas d’anxiété généralisée, le sentiment d’incertitude face à l’avenir, bien évidemment naturel et éternel, est peut-être devenu aujourd’hui plus intense que jadis, du fait même de la complexité croissante de notre monde. Notre problème viendrait-il aussi d’une dose excessive de complexité ? »
Hummm Une tendance de nos vies actuelles est de prévoir longuement en avance le futur : réunions, dates de livraison, vacances, etc. Autrefois, les Hommes se projetaient aussi dans le futur, mais dans un cycle, celui de la Nature et des saisons : une roue sans fin. C’est l’hiver, mais bientôt le printemps et l’été seront de retour ; il faut donc juste tenir et attendre, patiemment. Et c’est bien le calme et la patience qui nous manquent aujourd’hui, tellement nous sommes tirés en avant par notre travail, exigeant. Donc, je ne suis pas sûr que, « jadis », les Hommes avaient un tel niveau d' »incertitude face à l’avenir » : ils y pensaient peut-être moins ! Quand, dès le réveil, on doit se préoccuper de comment on va faire pour boire et se nourrir, comme c’est le cas dans de nombreuses zones (naturelles, ou pas) du monde, on ne pense pas au futur ! on ne pense pas au lendemain ! On est (coincé) dans le présent…
Ce qui est « incertain, imprévisible et incontrôlable », c’est bien « ce qui va arriver demain », mais pas forcément… Nous savons que nos vies sont un mélange de hasards (bons ou mauvais) et de choses planifiées, prévisibles et prévues.
Mais est-ce bien cette complexité qui génère cette « anxiété généralisée » ? Hummm Je n’en suis pas sûr. Quand on ne possède rien, on n’a pas peur de le perdre. Cela s’applique aux biens matériels, mais aussi à sa situation dans son ensemble. Si ma vie est déjà un enfer, l’avenir a peu de chance d’être pire ! 😉 Si je suis pauvre, mais que je me débrouille, chaque jour, à survivre, l’avenir ne m’est pas forcément anxiogène, non ? Bien sûr, la misère et la pauvreté favorisent certaines maladies mais, si l’on ne les anticipe pas, si on n’en a pas conscience, elles ne nous touchent pas tant qu’elles ne nous frappent pas, non ?
Donc, aujourd’hui, avons-nous peur de la complexité ou de la peur de perdre ce que nous avons déjà (et dont nous avons conscience que c’est un bien-être réel) ? Les deux ! Les jeunes ont certainement peur de ce monde complexe dans lequel il leur faut trouver leur place et qu’ils ont bien du mal à décrypter : trouver un travail, et donc avoir une formation. Evident ! Evident ? Pas forcément, puisque nombre de formations mènent aujourd’hui droit au chômage, du fait d’une désindustrialisation (en France). Quant aux « vieux » (notion toute relative) déjà « installés », ils craignent de perdre ce qu’ils ont eu du mal à acquérir, ils ont peur de perdre une stabilité bien agréable et de retomber dans un présent où leur avenir est à (re)construire, avec tous les efforts nécessaires et qui leur ont déjà beaucoup coûté en énergie et en souffrance.

Alors, puisque l’auteur est français et écrivant dans une revue française, on peut se demander si son interprétation n’est pas biaisée. En effet, quels sont les deux rêves principaux des jeunes français ? À mon avis, c’est : 1) devenir fonctionnaire, 2) foutre le camp de France. Des articles ont déjà montré que les jeunes postulent en masse aux concours de postes administratifs, qui constituent pour eux une solution idéale : un « bon » salaire, « peu » de travail, et une « grande » stabilité. En italiques, parce que ce n’est pas toujours le cas… bien sûr. Mais, bon, si la vie des fonctionnaires était un réel enfer, il y aurait moins de candidats… D’ailleurs, à mon avis, la seule solution pour trouver le bon niveau de salaire/travail est de baisser les salaires en gardant la même quantité de travail jusqu’à ce que le nombre de candidats à la fonction publique devienne « raisonnable » et que beaucoup se tournent vers le privé (dont plusieurs branches ont bien du mal à trouver du personnel). Mais, bon, ainsi, je vais faire hurler mes lecteurs, et je ne le dis donc pas… Mais on peut aussi jeter un coup d’oeil sur ce qui se passe dans d’autres pays, qui ont eu le courage d’externaliser nombre de postes de fonctionnaires, sans qu’il y ait d’émeutes… montrant que la France est un pays TRÈS particulier, inguérissable peut-être… Quant à « foutre le camp de France », il y a beaucoup de jeunes français qui vont découvrir comment ça se passe ailleurs. Une fois qu’ils y auront bien goûté, il est bien possible qu’ils reviennent… car, quoiqu’on en dise, la France a bien des qualités… malgré ses nombreux défauts. Mais je m’égare, un peu.

Ensuite, Ch. André continue sur son hypothèse de la « complexité » : nos ancêtres sont censés avoir eu un « certain contrôle » sur leur univers. Hummm J’aime bien le « certain », car ça me rappelle un sketch de Fernand Raynaud, hilarant de bêtise militaire. Je ne suis pas sûr que M. André ait bien raison. Certes, nos ancêtres savaient faire pousser du blé, mais ils ignoraient que ce dernier pouvait les tuer (l’ergot de seigle, champignon qui tuait encore dans les années 50 en France). Le « temps-jadis » n’avait rien d’idyllique, jamais. On y mourait comme des mouches, impuissants, et sans rien comprendre de ce qui se passait : cancer ? épilepsie ? infection ? empoisonnement ? peste ou choléra ou variole ? etc. Les maladies faisaient peur, atrocement. Aujourd’hui, on a peur de mourir, certes, mais on SAIT qu’on peut être soigné. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui font que nombre de gens, alors même qu’ils savent que leur obésité et le tabac les tuent, continuent de se goinfrer, de ne pas faire de sport, et de fumer : ils ne font pas ce qu’il faut ? pas grave, « on » les sauvera ! Comme mes voisins du 3ème, qui fument comme des pompiers, et qui ressemblent, à 60 ans, à deux vieillards ridés et ratatinés.

Comme le dit plus loin Ch. André, l’impossibilité d’agir sur ce qui nous fait souffrir nous rend anxieux et dépressifs, générant une « démotivation persistante face à l’action ». J’ai été dépressif, et j’ai connu l’impossibilité d’envisager même d’agir à cause d’une perte complète de motivation. C’est affreux… Et, encore, face à des possibilités intéressantes, mais « risquées », je fuis, j’évite, je renonce : finalement, même si ma vie n’est pas extraordinaire, même si je pourrais l’enrichir de nouveauté, elle n’est quand même pas si mal… Raisonnement qui pousse à tourner en rond et à continuer à toujours faire les mêmes choses, rassurantes, mais nous tuant à petits feux. Car, la vie, c’est le changement, le mouvement, la découverte, et donc l’adaptation constante au changement. Rester à l’arrêt longtemps, c’est mourir. D’ailleurs, il me tarde de finir ce billet pour passer à autre chose ! 😉 Et vous aussi, sans doute. La capacité du français moyen à lire un texte étant faible, nombre de lecteurs de ce billet ont dû abandonner en cours de route ! 😉

Donc, je ne suis pas vraiment d’accord avec l’analyse de Ch. André. Mais, bon, comme il y a toujours moult raisons à toute chose, nous ne faisons peut-être qu’assigner des poids différents aux différentes causes.

Il dit : « Pourtant, les raisons d’espérer ne manquent pas ». « Alors qu’il nous semble que le monde est de plus en plus cruel, les historiens nous rappellent que d’un strict point de vue comptable, c’est l’inverse : il y a de moins en moins de victimes de guerres et de violences, ce qui est un progrès. Mais nous les admettons de moins en moins bien, ce qui est un autre progrès ». Oui, mais : est-ce que ça va durer ?!? Car, nous tous, nous nous foutons de savoir que, avant, c’était moins bien. Ce qui nous taraude, c’est : « j’ai l’habitude de vivre dans un certain confort et une certaine sécurité, mais est-ce que cela va durer ? » Aucune idée de la réponse… Mais, si j’étais « sage », j’irais tout de suite m’installer dans un pays d’Asie et vivre « tranquillement », vivant de mes « rentes ». 😉 Rêve idiot puisque l’écroulement possible du monde m’y rattraperait. Seule solution : toujours être en forme, en se levant le matin, pour affronter des catastrophes. Alors, puisque je possède déjà pas mal, il me faudrait être prêt, chaque matin, à devoir perdre beaucoup, et à accepter ce qui me restera. Idée insupportable !!! Mais qu’il me faudra bien vivre, de toute façon, puisque mon âge avançant va m’apporter de nouvelles avanies physiques et qu’il me faudra bien renoncer, peu à peu, voire brutalement, à plein de choses qui me semblaient jusque là « évidentes » ! Comme semblait évident aux malades vus hier en neurologie d’avoir pleine possession de leurs facultés physiques et/ou mentales avant de se retrouver soit errant sans but dans les couloirs soit essayant de rééduquer les membres dont ils ont perdu le contrôle. Merde ! Elle fait bien chier cette « condition humaine » ! Comment être optimiste alors qu’on sait (à partir d’un certain âge ou de l’accumulation de grosses « tuiles » sur notre gueule) qu’on va mourir, demain brutalement peut-être, ou après-demain de diverses maladies ou usures ? Zut ! Ce billet n’est vraiment pas optimiste ! 😉 Mais ça fait du bien ! Je me sens d’attaque maintenant ! 😉

Allez, bon courage. Tout est impermanent. Y compris ce Blog. Mais, bon, si je n’étais pas optimiste, je serais couché dans mon canapé devant une connerie à la télé ! 😉 Ha ha ha !!

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10 Réponses to “Comment être optimiste au XXIème siècle ?”

  1. Jane Says:

    Même les couples malheureux s’abstiennent de se séparer. Les divorces en Belgique ont diminué de 2 en 5 ans en raison de la crise, et la peur de faire face à des difficultés financières. Sont-ils pessimistes, prudents ? Trouvent-ils un accord (tacite) pour vivre une vie chacun de leur côté ?

  2. Sandra C. Says:

    Cet article me parle et résonne avec l’un de mes posts que je vous invite à découvrir autour des bienfaits de l’optimisme selon un chercheur en psychologie positive :
    http://larevolutioninterieure.com/2013/01/20/les-bienfaits-de-loptimisme/ !
    Heureuse d’avoir découvert votre blog 🙂

    • trex58 Says:

      Intéressant votre article. J’avais déjà lu un peu sur la « psychologie positive » : des chercheurs se sont rendus compte qu’on avait énormément fait d’études sur les côtés sombres de la psychologie en oubliant d’étudier ceux qui voient la vie de façon « positive ». C’est vrai que, pour comprendre comment marche « normalement » un système (genre cerveau), on étudie les cas de mal-fonctionnement (genre : j’ai une barre en acier qui m’a traversé la tête, mais je suis toujours vivant, mais je suis devenu grossier : c’est grave, Docteur ?). Comprendre directement pourquoi/comment fonctionne « normalement » un système, c’est pas une mauvaise idée… surtout pour la psychologie, et après toutes les fariboles psychanalytiques.
      Sinon, pour l’échec scolaire, ou plutôt pour : « la réussite scolaire », ce qui compte, c’est la motivation ! et donc la curiosité ! Mais comment faire naître la curiosité ? Ou, plutôt, comment faire en sorte que la curiosité naturelle des enfants, leur envie de jouer et de comprendre comment ça marche, ne soit pas étouffée ? Une « bonne » éducation ! (Y’a pas déjà 10.000 livres sur le sujet écrits tous les ans ? 😉 ).
      Hummmm Comment peut-on scientifiquement étudier ce qui mène au « bonheur » puisque ce mot a un sens différent pour chacun d’entre nous ?
      Pour moi, les « bonnes choses qui nous arrivent dans la vie » nous endorment plus souvent qu’elles nous éveillent… « Les gens heureux n’ont pas d’histoire… » En fait, quand on est malheureux, on est souvent créatif. Alors que, heureux, on profite de son bonheur tranquillement… Non ? 😉
      « Augmenter le bien-être des enfants à l’école » ? Hummm Et si, au contraire, on rendait leur environnement à l’école plus… emmerdant pour qu’ils puissent s’enfuir dans le rêve des livres ou dans la beauté de la musique ?
      Une principale action pour « Augmenter le bien-être des enfants à l’école », ce serait de supprimer la télévision chez leurs parents !!!!!!!!!!!!!!!!!!! La télé, ça rend con. Il faudrait l’interdire jusqu’à 13 ans environ.
      réussites/échecs : je n’aime pas bien ce vocabulaire… Le bonheur, ce n’est pas forcément réussir. Car, pour réussir, il faut s’être donné un but. Et, « quand on sait où l’on va, on ne va jamais bien loin… ». Bref, il faut savoir garder sa spontanéité et se jeter à corps perdu, sans réfléchir, dans des aventures. « Ils ne savaient pas que c’était impossible ; alors ils l’ont fait ».
      « L’omni-présence des méchants » ? Hummmmm En lisant moins les journaux et en regardant moins la télé, on se rend compte que les « informations » se focalisent sur ce qui trouble le calme de nos vies. Car, pour un journaliste, il n’y a rien à dire sur « ce qui va bien ». Actuellement, les gens ont plus peur qu’avant, alors qu’il y a bien moins de crimes qu’avant… mais on en parle bien plus.

      • Sandra C. Says:

        je suis d’accord avec vous « aucun journaliste ne sait plus ce qu’est une bonne nouvelle  » comme le dit si bien le dalai lama. Etant moi-même journaliste je peux vous dire que pour mes chefs le bonheur ça fait pas ‘vendre « .C’est pour cette raison que j’ai créé ce blog. Pour sortir de cette vision étriquée de la réalité. je ne regarde plus la Tv, Pourtant je devrais c’est mon boulot. Mais aujourd’hui je choisis les « infos », je vais m’abreuver à plusieurs sources.

        Nous avons tous une façon unique de savourer le sel de la vie. Parfois l’adversité nous aide, parfois on sait accueillir la joie, le bonheur naturellement .la psychologie nous apprend que nous pouvons apprendre à être plus heureux, mais on ne peut forcer personne à l’être..

        Concernant l’éducation, nous sommes si loin de tout débat sur la créativité et le bien-être des élèves, qu’il faut bien commencer par distiller des idées…mais sans volonté politique on arrivera nul part…la motivation des élèves ? oui. encore faut-il avoir un message d’espoir, un horizon dégagé, il faudrait pouvoir dire aux jeunes, soyez qui vous voulez être, susciter du désir, de la joie, de l’envie, or la télé et la société de consommation tuent ce désir dans l’oeuf , mais le changement viendra des individus..tout n’est pas si noir.
        la crise est à mes yeux l’opportunité de regarder notre humanité en face, qui sommes-nous si nous ne sommes pas notre boulot, notre voiture, notre statut social ? je crois au progrès, malgré les soubresauts de l’histoire, le pessimisme ambiant ne m’atteint plus, il y a ancré en moi la profonde conviction que ce monde change déjà, de gré ou parfois de force, à l’intérieur de nous-mêmes.

        C’est en empruntant le chemin de la connaissance de soi que l’on découvre que le pouvoir est en nous. Nous avons notre libre-arbitre, nous sommes responsables de la façon dont nous regardons le monde; je décide consciemment de regarder le meilleur. et je vous garantis que je me sens beaucoup mieux.
        Merci pour cet échange, c’est toujours un plaisir pour moi de découvrir les réflexions des autres, on s’enrichit,on s’élargit à la découverte d’autres consciences, comme le disait si bien Saint-Exupéry.
        Je vous souhaite une excellente soirée et je vous souhaite surtout d’être chaque jour plus heureux !

      • trex58 Says:

        Il faut avoir souffert pour apprécier le bonheur… Il faut aussi s’être remis de sa souffrance pour pouvoir se rendre compte que le bonheur est là, à notre portée.

        Je ne suis pas très « chaud » pour le bouddhisme… J’ai des amis bouddhistes et je trouve qu’ils gaspillent leur bonheur, attirés par des lucioles…

        Le bouddhisme suggère d’éviter les souffrances… en limitant les risques de souffrir. Autant se suicider tout de suite !

        Nos vies sont absurdes : nous savons que nous mourrons et que rien de ce que nous faisons de nos vies ne perdurera longtemps. Le seul intérêt est de se voir comme pouvant aider nos enfants à « bien » vivre, mais c’est une fuite en avant, futile aussi. Seule la philosophie peut nous « sauver » : nous demander ce que nous pouvons/devons faire de nos vie, en sachant qu’il n’y a que des questions, et aucune réponse générale : à chacun de nous de s’interroger sur ce quoi faire de sa vie. Il s’agit donc de vivre « en conscience » : faire le maximum pour comprendre ce monde où nous vivons et comprendre comment nous fonctionnons. Vouloir changer le monde… pourquoi pas ?

        C’est quoi « être heureux » ? Quand j’étais enfant, j’étais heureux : aucune responsabilité, aucune crainte du futur, juste l’instant présent : attraper des lézards, lire un livre, me balader dans la campagne, etc. Me laisser aller au hasard, au hasard de ma curiosité, au hasard d’idées idiotes, sans penser à rien. J’étais innocent… spontané, inconscient de ma mortalité. Maintenant, le temps me presse, faire quelque chose de ma vie ! j’ai bien du mal à rester tranquille… Si, une fois l’été passé : rester une heure à regarder passer les oiseaux et les nuages, en haut d’un alpage, après une longue et belle marche. Le temps m’avait alors semblé s’écouler tout doucement… le bonheur.

        La curiosité, vouloir comprendre. Voilà un moteur, infini. Il y aura toujours quelque chose de nouveau à comprendre. À moins que, un jour, l’Homme ne sache tout sur tout ? Hummmm Je ne suis pas sûr de vouloir parier sur une augmentation continuelle de nos connaissances… La Science dépend de nos richesses.

        Qui sommes-nous ? De pauvres compagnons dans un monde absurde. Je hais les monothéismes… mais il me semble avoir compris que, dans le message premier du christianisme, celui qui a été enterré sous des tonnes d’immondices produits par l’Eglise, il y avait le constat simple : nous sommes tous mortels, nous sommes donc tous frères de sang, nous sommes tous des êtres temporaires dans un monde temporaire, alors… ayant de l’empathie, de la compassion, et donc de l’amour pour tous, condamnés à comprendre ce qu’est la vie et la mort, à comprendre que la vie n’a de sens que grâce à la mort, et qu’il faut accepter de mourir, un jour. En attendant, on fait quoi ? On passe le temps… Une fois la peur de la mort annihilée, il faut bien s’occuper, non ? En attendant la déchéance de la vieillesse et de la maladie…

        Télé et consommation nous empêchent d’être des êtes conscients. En nous abrutissant devant la télé et en consommant, nous oublions temporairement que nous sommes mortels, nous repoussons le moment d’accepter l’idée de notre finitude. Tant qu’on ne l’a pas acceptée, notre mort, nous ne vivons pas vraiment en adulte… non ? Que ne donnerais-je pour retrouver mon esprit léger d’enfant… Enfin, pas si léger… hélas.

        Le progrès. On peut douter que notre monde progresse lorsqu’on constate qu’il y a encore des milliards d’hommes et de femmes qui obéissent encore à des idées dépassées, comme la croyance en un Dieu qui nous aurait créé. Cette idée a fait beaucoup de mal…

        La connaissance est un moyen.

        Bon, il est bien difficile d’exposer la complexité d’une pensée en construction et déjà bien mieux exprimée par … des milliers de livres ! Mais, bon, en s’exprimant, et en lisant ce que pense les autres, chacun de nous progresse. Vers quoi ? 😉

        Allez, il est tard. Bonne nuit.

  3. Danny Says:

    Hi Tony, it looks like someone found the 48th known Mersenne prime!

    http://mersenneforum.org/showthread.php?t=17704 🙂

    • trex58 Says:

      Great news ! I’ve posted on our Mersenne Forum !
      Great work by the team !
      Thanks to warn me !

  4. encolie26 Says:

    J’ai pris mon souffle, j’ai tout lu en prenant mon temps … (parce que j’ai un minestrone aux légumes secs qui cuit et ça prend une heure !) longue dissertation, très intéressant. J’aime beaucoup Ch. André, son humanisme et son approche psy non larmoyante.
    Je crois aussi que la complexité est source d’angoisse, parce que les changements sont trop importants d’une génération à la suivante, appréhender le monde devient une expérience plus difficile dans la mesure où nos parents ne peuvent pas transmettre la leur, où la virtualisation peut faire perdre pied, où « l’invention » du futur est un abîme plus grand encore car nous arrivons à grand peine à inventer un présent acceptable. Comment agir alors, comment ne pas être paralysé ? Tous les humains ne sont pas égaux psychologiquement devant les épreuves, devant la préhension de la complexité et beaucoup deviennent passifs. Ce n’est pas une question de pays riche ou pas ni même de religion.
    Il y aurait tellement à dire…
    Enfin tout cela mériterait que tu nous invites chez toi pour un café philo devant des tasses de thé ou de chocolat bien chaud. 😉
    bise

    • trex58 Says:

      Il y a un exemple de difficulté et de complexité qui a frappé récemment les travailleurs français : c’est le passage aux 35 heures. Contrairement au but (idéalisé et idiot) recherché : réduire le travail de chacun pour créer des emplois, je pense que les 35h n’ont pas créé beaucoup d’emplois. Parce que seules les grandes entreprises peuvent découper les tâches et créer des emplois ; dans les petites entreprises (qui comptent l’essentiel des emplois), ce fut : « faites le même travail qu’avant en moins de temps ». Or, face à une augmentation de la productivité, une partie des ouvriers, moins aptes à aller plus vite et à faire moins d’erreurs, ont beaucoup souffert, augmentant leur stress, et donc diminuant leur joie de vivre et leur optimisme. Lorsqu’il faut toujours courir contre le temps, au travail, on devient stressé, et on ne profite pas bien de son temps libre. Il me semble…
      Donc, oui, je suis d’accord avec toi : la complexité peut être source d’angoisse, parce que nous ne sommes pas tous égaux pour vivre dans un monde complexe. Par exemple : moi, qui travaille depuis 30 ans en Informatique, je me sens démuni face à tout ce qu’on peut faire avec ces nouveaux téléphones ! Ou, en fait, alors que j’ai conçu des architectures et des programmes informatiques très complexes, ça ne m’intéresse pas d’avoir le monde à ma portée sur un petit écran de téléphone… Moi, j’aime écrire, j’aime taper au clavier, vite et sans regarder les touches, pour vider les idées (souvent un peu idiotes, mais surtout souvent non validées par une recherche et une vérification) qui naissent dans mon crâne. Quant à mon « expérience », mes enfants n’en veulent pas ! car ils se sont adaptés aux changements du monde, et c’est mon fils qui m’aide sur mon PC et qui essaye (vainement, ou avec beaucoup de retard) à utiliser un téléphone récent… Tu sous-estimes la jeunesse, qui est née avec un monde différent, et pour qui c’est NATUREL d’aller sur le Web avec un téléphone ! Leurs neurones sont neufs et absorbent TRÈS facilement. Et sans se rendre compte qu’ils sous-développent d’autres parties très importantes… mais qui leur semblent ringardes.

      Un café-philo ? Pourquoi pas ! Mais, attention, je suis « bon » pour écrire des trucs juste après avoir lu un article intéressant qui m’a remué les neurones. Je suis moins bon pour expliquer ou discuter oralement sur mes idées… La chose la plus difficile, c’est bien de discuter ! pas d’écrire, seul, face à une feuille ou un écran.

  5. trex58 Says:

    Punaise ! Y’en a DEUX qui semblent être allées jusqu’au bout de mon billet ! J’en crois pas mes yeux ! 😉

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