Dali et Gala

Ce que je décris ici, bien sûr, n’est qu’un résumé de ce que j’ai lu et déduis d’auteurs qui ont essayé de séparer le vrai du faux de tout ce que Dali a dit ou écrit, sachant que, souvent, il a dit exactement le contraire de ce qu’il avait fait ou pensé… Donc, ceci n’est qu’une possibilité.

Dali et Federico Garcia Lorca semblent avoir été amoureux l’un de l’autre, et on ne saura jamais s’ils ont « consommé » cette relation charnellement. Dali a un problème avec les femmes… ne serait-ce qu’à cause de sa timidité. Mais il ne laisse pas les femmes indifférentes, et il raconte avoir longuement « torturé » une femme amoureuse de lui et à qui il n’a jamais cédé sexuellement… Lorsque Paul Eluard vient lui rendre visite, avec son épouse Gala, Dali tombe immédiatement amoureux de cette femme. Mais, timide et emporté par sa passion, il est incapable de parler en sa présence : à chaque fois, il ne peut que partir d’un grand rire. Alors, pour la séduire, il choisit ses plus beaux vêtements, chemise et pantalons, et les déchire et les lacère et les porte et les recouvre de merde de chèvre et se présente ainsi à elle. Il dira plus tard avoir pensé que les crottes de chèvre ont un pouvoir sur les femmes… En tout cas, Gala comprend que, derrière cette apparence répugnante, il y a une personne intéressante, extraordinaire, unique, et un grand peintre. Elle va « au-delà des apparences ». Et elle réussit à le faire parler. Au point que son mari repart sans elle… et que Gala épousera Dali, qui dit n’avoir jamais connu sexuellement qu’une seule femme.

Morale de l’histoire :
Il y a des personnes dont l’apparence ou leur comportement inquiète, et pour qui on se pose des questions sur leur santé mentale…
Et il y a des personnes qui sont patientes et qui savent voir au-delà des apparences et voir la beauté cachée.

Pour moi, après avoir un peu lu de sa vie, Dali a été sauvé par son amour, accepté, pour Gala. Sans elle et leur relation, il n’aurait pas eu la stabilité nécessaire pour développer sereinement son art et sa « petite folie ». Et, s’il était totalement excentrique lorsqu’il était en représentation dans le monde, il était une personne très simple et un peintre travailleur acharné lorsqu’il résidait chez lui, à Port Lliga. Un « artisan ».

Je mets cette histoire en lien avec la « Folle Sagesse », notion bouddhiste particulière, qui semble dire que, dans une « bonne » vie, il faut savoir laisser s’exprimer une certaine « folie », qui n’est finalement qu’un abandon temporaire des conventions sociales, comme – par exemple – se promener nu ou avec un squelette, et dont l’exemple-type en Europe est le philosophe Diogène et un exemple bouddhiste récent est Chögyam Trungpa.

Bref, nous sommes pris dans des règles sociales souvent parfaitement idiotes et nous pouvons nous en libérer, tout en passant pour des fous aux yeux des autres. Mais, puisque la vie est « absurde », pourquoi ne pas mettre un peu de « douce folie » dans sa vie ? à condition de ne pas nuire véritablement aux autres. Et là est le véritable problème… puisque cette frontière ne court pas au même endroit selon le côté où l’on est placé… et que, sans le vouloir, on risque de blesser l’autre qui reste enfermé dans son respect des conventions et son aveuglement à la mort et à l’absurdité de la vie.

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2 Réponses to “Dali et Gala”

  1. encolie26 Says:

    Très beau texte ! J’aurais juste enlevé « Moralité » pour  » à réfléchir ». Je te souhaite celle qui saura accompagner ton grain de folie et t’accepter dans ta globalité.
    Gala a su protéger la fragilité de Dali en la gardant dans l’intime, le laissant utiliser la sensibilité pour peindre.
    D’un point de vue plus ordinaire, je crois que nous avons tous besoin d’un être qui puisse accompagner notre petit grain de folie (si on a la chance d’en avoir un). Sa patience, sa tolérance et sa confiance sont les frontières, le mur, indispensables pour que notre vie ne bascule pas dans l’angoisse, l’incertitude, la déraison incontrôlable. Mais combien ont cette chance ?

    • trex58 Says:

      « Très beau » texte ? Je n’en suis pas vraiment sûr. J’ai vidé mes idées rapidement sans vérifier les détails de ce que j’avais retenu de mes lectures.

      « Morale » ? Hummm Ici, c’est dans le sens de leçon de vie à réfléchir, comme tu le dis justement. Rien à voir avec une « morale » dirigeant et jugeant nos actes.

      Mon « grain de folie » ? Hélas, il est si minuscule à côté de Dali… Et, enfermé longtemps dans sa boîte, il sent un peu le renfermé. Et, libéré depuis peu, il ne lui reste plus beaucoup de temps pour grandir et s’épanouir… Il y a tant encore à découvrir et à apprendre… Et il reste à savoir quoi en faire…

      Dali et Gala : ce ne fut pas un couple idéal. La coquine ne dédaignait pas avoir des amants, enrageant Dali.

      Le « grain de folie » est plus souvent le fait des hommes que des femmes, hélas. Être mère génère des obligations, magnifiques, mais qui empêchent d’avoir le temps nécessaire pour faire pousser son « grain de folie ». On a vu combien Camille Claudel avait su dépasser son maître Rodin et le payer bien cher. Même aujourd’hui, les femmes qui font folie ne sont pas légion.

      Être deux, c’est pouvoir s’appuyer l’un à l’autre pour absorber les coups douloureux de la vie. Seul, il faut un esprit trempé qui enferme certaines capacités émotionnelles ou qui génère des douleurs. Me semble-t-il… Mais, de nos souffrances, on arrive parfois à en tirer quelque beauté.

      Je viens de finir le livre sur Dali. Sa vie est émouvante.

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