Quel futur ?

Dans la Tribune du Nouvel Observateur du 6 septembre 2012, J.M.G. Le Clézio, prix nobel de littérature en 2008, réagit à juste titre à la publication du nauséabond livre de Richard Millet : « Eloge littéraire d’Anders Breivik ». Après avoir dit tout le juste mal qu’il faut penser à propos d’un tel livre, Le Clézio décrit les obsessions des islamophobes, qui étaient celles des antisémites : « l’invasion des étrangers, la perte des repères chrétiens, et la pureté de la race. » Plus loin, il dit que la question du multi-culturalisme est déjà caduque : « Nous vivons dans un monde de rencontres, de mélanges, et de remises en cause. » Et ce, depuis toujours. Et il dit : « le seul espoir que nous ayons n’est pas dans une nostalgie d’on ne sait quelle pureté originelle […] mais dans l’ouverture vers l’interculturel. Rêver d’une identité nationale figée est un leurre ».

Je suis parfaitement d’accord avec ce qu’il dit : la France change chaque jour, et elle doit continuer à changer, à se renouveler, grâce à l’apport de sang et d’idées neufs. Mais il omet de parler de ceux qui, acceptant parfaitement le mélange des couleurs et des cultures comme condition pour ne pas stagner, et comme une richesse, se lamentent de voir que, alors que nous commencions à largement nous libérer du joug de la religion chrétienne, une autre religion prend de plus en plus de place dans notre société, réveille ses concurrentes par le tintamarre que les plus extrémistes d’entre eux font, et nous renvoie des siècles en arrière, dans un obscurantisme et une soumission à l’idée de Dieu dont nous pensions enfin être libérés. Le poids grandissant de l’Islam en France est en train de freiner ce mouvement de libération des esprits face au lessivage des cerveaux par les religions monothéistes. Vu le soutien apporté à l’Islam radical dans le monde par des pays arriérés démocratiquement et humainement, machistes insupportables, mais riches de pétrole et de dollars, il n’est pas certain que cette France en mouvement puisse continuer à s’émanciper de la notion de Dieu et des absurdités qui vont avec. Pour de nombreux français, l’idée d’une renaissance du religieux, chrétien ou musulman, mais toujours horriblement monothéiste, est insupportable, intolérable. Car nous sentons déjà que ce vent de liberté qui commençait à souffler dans nos esprits et celui de nos enfants vacille et menace de mourir. Je ne pleure pas l’illusion d’un passé chrétien (faussement) glorieux mais la possibilité étranglée d’un futur plus libre encore qu’aujourd’hui de toutes les fadaises et horreurs des religions, qu’elles soient chrétiennes, musulmane, juive, ou n’importe quelle absurdité basée sur une prétendue divinité permettant à certains opportunistes d’essayer d’imposer des idées rétrogrades et figées aux autres, pour leur profit personnel ou leur folie. Toute religion monothéiste est un virus, un parasite, qui ne se satisfait pas de l’emprise qu’il a sur ses « fidèles » et qui ne supporte pas que d’autres ne croient pas en leurs « vérités » et se rebellent. Je ne refuse pas l’accroissement de l’influence de l’Islam en France par nostalgie du passé mais par peur de la mort d’un futur démocratique et encore plus athée sinon seulement vraiment laïque. Car toute religion, naturellement, s’associe avec le pouvoir pour dominer et écraser le peuple. Nous connaissions cela en France avant la Révolution, et nous voyons la même hydre renaitre par exemple en Russie. Ceux qui apportent en France ce virus de l’Islam sont des victimes, contaminés à la naissance par leurs parents, qui ont hérité ce mal de leurs parents, et à qui personne n’a jamais demandé leur avis avant de les déclarer « musulmans » : ils sont donc innocents, comme l’étaient ceux que leurs parents avaient baptisés à la naissance et éduqués dans le respect (idiot) de la Bible. Mais, hélas, ces hommes et ces femmes n’ont souvent pas reçu l’éducation multi-culturelle leur permettant de comprendre ce monde nouveau où ils sont arrivés. Certains, au contact du vent de liberté qui souffle encore ici, se sont quand même libérés un peu du joug ancestral. Mais d’autres, effrayés justement par cette liberté nouvelle et tranchant avec le monde figé et clanique d’où ils viennent et dont ils n’arrivent pas à se défaire, ce qui les déchirerait, n’ont qu’une envie : recréer un monde ressemblant à celui qu’ils imaginent avoir été celui de Mohammed, 14 siècles plus tôt, alors qu’il ne leur sera jamais possible de comprendre ce monde et l’utilité progressiste (à cette époque !) d’un livre qui n’avait qu’un but : aider un peuple à mieux vivre en lui donnant des règles afin de grandir. Et, à cette époque, la peur du père (ou du père absolu : Dieu) était plus efficace que les explications. Mohammed a copié la Bible, pour le malheur de beaucoup aujourd’hui. Mais, à son époque, c’était un bien, que ses successeurs ont détruit en traduisant à leur avantage (machiste et dictatorial) ce texte dit « sacré » mais qui n’est qu’humain, que trop humain, car il n’est aucun Dieu au-dessus de l’Homme, qui est seul et dont le destin est entre ses propres mains.

Mais que faire ? Il n’est rien de plus difficile qu’arracher les mauvaises herbes lorsqu’elles ont pris racine depuis longtemps. C’est bien à l’école donc d’agir pour faire passer l’idée de laïcité et mettre l’athéisme au même niveau que les religions. Mais les enseignants ont d’autres soucis et beaucoup d’entre eux sont fatigués déjà de se battre.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :