Le voyage des morts

Magnifique article, dans le numéro de novembre de « Philosophie Magazine », sur le « don » d’organes, vu comme une transmission, du « donneur » au receveur, d’une parcelle de vie.
Comment, face à un corps ayant toutes les apparences de la vie, accepter l’idée que la personne qui l’habitait est morte, qu’elle n’est plus ?
Comment, face à ce corps apparemment sain et frais, endormi, réussir à l’ouvrir, à le vider de son sang, et donc à le « tuer » d’une certaine façon ?
Une transgression : ouvrir un corps et prélever des morceaux, pour permettre à d’autres de continuer à vivre.
Une réflexion sur ce mot « don », qui n’est pas un don puisque le donneur n’est plus là pour le faire et que le receveur n’a pas le choix de refuser ce don, qui est pourtant gratuit.
Un article à lire, et à relire. Pour vérifier que notre culture judéo-chretienne n’est pas là encore en train de faire des siennes, bien sûr. Mais surtout pour se rendre compte de la nouveauté de ce concept : « mort cérébrale ». Le corps est frais, il respire, le coeur bat, mais il n’y a plus personne à l’intérieur : son « occupant » a plié bagages pour nulle part : il n’est plus. Il serait donc évident de prendre ce qui serait nécessaire pour sauver d’autres vies sans trop se préoccuper du mort, s’il n’y avait les vivants, qui s’accrochent encore à ces apparences de vie si visibles (« On dirait qu’il dort. Il va se réveiller ! »). Se préparer à sa mort… belle idée, juste un peu désagréable ! 😉 Ou, alors, il faudrait s’y préparer dès la naissance, tout en cherchant ce qu’on voudra faire de cette vie, qui nous a été donnée sans qu’on le veuille (« De l’inconvénient d’être né »). Car, c’est bien vrai !, personne ne nous a demandé notre avis et notre permission pour nous amener à la vie ! 😉 Cette conscience d’être qui, peu à peu, un fois créé à un instant particulier dans le corps gestant de la mère, se développe, grandit, qui embrasse le monde, le découvre et, un jour maudit, se rend compte qu’on lui a fait une drôle de farce : « Hé ! Mec ! Un jour, tu mourras ! ». De mort lente, comme disait le poète… mais rien n’est moins sûr. Mais, bah, qu’importe de mourir, si on a vécu ! mal ou bien vécu, ça n’a pas d’importance ! Rien n’a d’importance, vu depuis le bout de l’horizon (sa mort). Sauf que, quand on barbote encore dans la vie, ça a une sacré importance !
Allez, faudra que je le relise, ce putain d’article qui m’a fait venir les larmes aux yeux lorsque : « Je viens d’en voir passer un… je n’avais jamais vu qu’un papillon c’était aussi beau. » Bon, si je dois mourir quand je mourrai, je veux que ce soit en été ! pour voir des papillons ! Enfin, c’est pas moi qui vais décider… et je ne suis pas pressé ! Vous non plus, j’espère. En effet, avant de s’évaporer, il y aura plein de grandes farces humaines à observer, pour en rire (jaune).

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