Exposition de Noël

Le MAGASIN, centre d’art contemporain de Grenoble, a lancé un concours pour son exposition annuelle dite « de Noël ». Et j’y ai participé ! J’ai montré à mes collègues les 3 photos que j’ai proposées, et c’est très prometteur : mes collègues ont carrément fait la grimace en voyant mes photos ! C’est bon signe ! 😉 Résultat de la sélection dans un mois, si je me souviens bien.
Bon, c’est pas que j’aime vraiment l’art contemporain ! A part une ou deux exception, je n’ai vu que de la merde dans leurs expositions officielles, et quelques trucs très sympas lors de l' »exposition de Noël » de l’an passé.
Alors, l’espoir de voir une ou deux de mes photos affichée à l’Ancien Musée de Peinture de Grenoble m’est très plaisant ! même si l’essentiel est de … participer !
Quelles photos ? Une photo givrée des cascades de la Roque sur Cèze en couleurs explosées et 4 secondes de temps enregistrées, et Mélenn nue… sous un tissu noir, avec la main qui dépasse seule ! Mon thème ? philosophique ! bien sûr ! 😉
Allez, on verra. L’essentiel, c’est de s’amuser !

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Présentation de la démarche artistique
Mon « travail » photographique s’articule plus ou moins consciemment autour de plusieurs thèmes philosophiques : l’impermanence de toute chose, le temps qui passe inéluctablement, l’inaccessible réalité, la beauté, et l’absurdité de nos vies.
– Toute chose est impermanente : l’instant présent, nos vies, nos « oeuvres », nos sociétés, les rochers et les montagnes, notre système solaire, et même notre univers : tout disparaîtra.
– Le passé n’est plus. Le futur n’est pas encore là. Nous vivons dans le fil ténu de l’instant présent, qui nous glisse entre les doigts, dans le flux duquel nos vies se consument.
– La réalité physique qui nous entoure nous est définitivement inaccessible, car nos sens ne nous montrent qu’une partie de la réalité et nous trompent constamment. Ce que nous pensons voir, entendre et sentir, ne sont que des constructions virtuelles de notre cerveau.
– La beauté n’existe pas intrinsèquement. La beauté n’existe que dans les yeux et l’esprit de celui qui regarde. Ses expériences passées, son éducation, sa culture, ses instincts, sa sensibilité et son émotivité, tout cela lui dicte ce qui est beau, ou pas, faisant écho avec son vécu. Il n’y a pas UNE beauté, mais une infinité de beautés.
– Nos vies, simple passage entre la naissance et la mort, juste des vagues qui naissent et qui meurent, sont absurdes, puisque rien ne restera de nous, puisque nos corps-âmes s’évaporeront à notre mort.
La photographie permet de toucher à chacun de ces thèmes. La pellicule ou le capteur électronique captent la réalité d’une façon différente que le font nos yeux, l’enregistrent, puis nous permettent de la transformer. La photographie peut figer un instant, conservant une parcelle de cette réalité qui s’écoule et disparaît dans le passé. Mais elle peut aussi enregistrer en une image le temps qui passe et montrer ainsi la transparence et la fragilité de nos corps.
La photographie, comme d’autres arts, n’est donc pas vouée à montrer une pâle représentation de la réalité, de ce que nous croyons être la réalité. Elle peut la transformer, la transfigurer, et créer une beauté différente.
Quelques unes de mes photographies réussissent parfois à réunir plusieurs de ces 5 thèmes, en enregistrant quelques secondes en une unique image, qui change l’apparence de l’eau mobile et rend vaporeux les corps en mouvement, ou en faisant exploser les couleurs ou en les supprimant. C’est une piste que je continue à explorer.

3/5
Description de l’oeuvre N° 1 : Jeux d’eaux
OEuvre : Poster couleur d’environ 1m sur 1m50.
Technique : Photographie numérique.
Cette photo montre à la fois l’impermanence, par ces corps rendus presque transparents de jeunes hommes saisis dans leur mouvement et juste devinés, et une autre représentation de la réalité, par l’enregistrement du mouvement de l’eau et par ces couleurs exacerbées. Le calcaire devient jaune, l’eau calme est bleu vif, l’eau en mouvement rapide est blanche, et les chairs sont rouges. De ces instants de vie, de jeu et de joie éphémères, l’image montre une autre réalité, presque irréelle, troublante, inquiétante. Tout ici est impermanent : les baigneurs et le photographe sont repartis, l’eau est retournée déjà à l’océan ou en nuages, et la roche dissoute par l’eau de la rivière aura un jour disparu.

Nikon D90 + Nikkor 24-70mm f/2.8 – 24mm – Pause de 4s et f/22 – Filtre gris – Pied.
Retravaillée avec Adobe LightRoom v3.
Cascades du Sauvadet – La Roque sur Cèze.
Juillet 2012 – De retour des Rencontres Photographiques d’Arles – Ciel de pluie.

4/5
Description de l’oeuvre N° 2 : Nue au Noir
OEuvre : Poster N&B d’environ 80cm sur 1m50.
Technique : Photographie numérique.
Cette photo choque par son évocation de la mort et par la simplification de l’image, réduite à du Noir et du Blanc purs, sans gris, rappelant des oeuvres de Mario Giacomelli. Pourtant, la modèle est belle et bien vivante, sa peau très blanche nue sous ce noir linceul, et laissant deviner ses charmes, périssables. Seule sa main indique qu’elle est réelle, et vivante. Mais l’ensemble est angoissant, car nous rappelant la mort, et donc notre propre mort.
Nikon D90 + Nikkor 24-70mm f/2.8 – 1/100s et f/8 .
Retravaillée avec Adobe LightRoom v3.
Studio à Echirolles. Modèle amateur.
Février 2012.

5/5
Description de l’oeuvre N° 3 : Alpage au sténopé
OEuvre : Poster N&B d’environ 50cm sur 50cm.
Technique : Photographie argentique et sténopé.
Cette photo montre ce que d’autres yeux que les nôtres pourraient voir d’une scène ordinaire. Le sténopé donne un grain très important à la photo, rehaussé par une transformation numérique qui a fait exploser les couleurs : le chemin devient jaune, la roche est devenue blanche, le ciel bleu vif est envahi par la brume qui vient du nord. Le paysage ce jour-là était très changeant : les nuages au fond avancèrent et disparurent plusieurs fois, poussés par le vent du nord. La Nature profite de l’été pour exploser, comme en fleurs au premier plan, mais ce n’est qu’éphémère et la neige sera bientôt de retour.
Sténopé ZeroImage 6×6 sur pied – 2 secondes d’exposition.
Diapositive 50 ISO format 120, scannée et retravaillée sous Adobe LightRoom v3.
Juin 2012 – Alpage sous la Grande Sure en Chartreuse

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