Archive for octobre 2012

Que nous disent les visages ?

2012/10/30

Toujours dans le numéro de ce mois de « Philosophie Magazine », un dossier sur « Le visage : ce qu’il révèle ». Bizarrement, le dossier commence par des délires philosophiques au lieu de commencer par la base : parler de la physiologie de notre visage : comment ça marche ! Et encore, c’est très réduit : nous ne saurons rien du nombre de muscles et leur connexion aux centres du cerveau. Mais il y a des choses intéressantes.
Par exemple, votre épouse accouche et vous vous arrangez pour être le premier visage que voit votre enfant, et vous lui tirez la langue ! Que fait-il ? Il réplique en miroir ! Et, dans la rue, j’adore tirer la langue aux gamins dans les poussettes pour voir s’ils me répondent !
Egalement, on y apprend que nous devenons un peu raciste à partir de … 8 mois. En effet, probablement comme notre capacité à reconnaître la variété des sons humains se réduit rapidement à ceux de notre langue, notre capacité à reconnaître les expressions sur les visages différents diminue fortement à partir de 8 mois. C’est-à-dire que, pour un européen, il est plus difficile de distinguer les différences entre deux visages africains, ou asiatiques, et réciproquement. Probablement que, face à des visages autour de lui ayant tous le même « type », le cerveau du nourrisson se spécialise à outrance et perd sa capacité à analyser des visages « différents » qu’il n’a jamais vus. D’où la difficulté à déceler les émotions chez les visages étrangers, et donc la tendance à se méfier de ceux dont on n’arrive pas ou mal à comprendre l’état d’esprit. D’où l’importance de la mixité dès les premiers mois ! Vivent les crèches mélangeant les enfants de toutes les origines continentales !
Enfin, l’analyse des émotions et des personnalités par l’analyse de la forme des visages n’est … qu’une approximation, qui doit être corrigée par l’observation des actes de la personne. Dans certains films, le méchant est quand même parfois celui qui sourit tout le temps !

Mais, pour apporter ma propre réflexion personnelle (qui n’a donc rien de scientifique et donc n’a aucune valeur mais est juste la manifestation de ma croyance personnelle en mon intelligence innée et supérieurement bête), et comme il est dit au début de l’article, nous primates lisons beaucoup de choses sur le visage de nos semblables. Parfois, nous nous trompons, bien sûr. Mais, pour certaines d’entre nous, il est si facile de savoir quand l’autre ment ! (enfin… quand il essaye de mentir).
Plus sérieusement, je vois une très grande différence entre mon visage d’aujourd’hui et mon visage d’il y a 5 ans, un an après le décès de mon épouse. La sortie de la dépression a libéré de nombreux muscles qui expriment maintenant des émotions variées et subtiles sur mon visage, au lieu d’afficher comme avant le masque terne et morose du déprimé.

(billet rédigé sous l’emprise d’un verre d’un délicieux Bonnezaux, à la couleur jaune et délicieusement sucré et chargé de parfums délicats, titrant 12°5. Pas la peine de passer me voir, y’en a plus !)

Aimer, pour se sauver ?

2012/10/30

« Se sauver » a ici le sens qui apparaît dans « Jésus le sauveur ». Nous sauver de quoi ? d’une vie vide de sens.
Aimer l’autre, d’amour charnel ou non, est une façon pour donner un sens à sa vie.
Mais, si l’on peut décider d’aimer son prochain, parce que lui-aussi vit dans ce même monde absurde et aura la même fin que soi-même (après moult souffrances peut-être) et qu’on lui offre l’amour qu’on aimerait recevoir, on ne décide pas d’aimer celui ou celle qui nous est unique (à un moment donné, et pour la majorité des personnes), dans lequel nous plaçons tant d’espoirs et d’énergie : on est frappé d’amour, sans l’avoir voulu. Mais, si on ne le veut pas consciemment, on peut quand même le vouloir inconsciemment : porter sur l’unique tous ses espoirs de vie pleine de sens, à deux. Alors, on a envie d’aimer, pour se sauver de cette vie vide, car manquant de ces liens si forts qu’on a avec un être aimé charnellement. Comme le dit Esther à Claude dans « Dans la maison » : « Ce n’est pas moi que tu aimes, c’est une image », dit-elle en pointant la tête de Claude. L’autre nous restera à jamais un mystère, un mystère à peine plus mystérieux que nous sommes à nous-mêmes. Et nous relions un être mystère à notre besoin de lien unique. Et l’aimer nous aide. Reste à le trouver. Un jour, par hasard, on est subjugué par une personne, qui correspond à notre rêve. Il reste à faire de ce rêve une réalité, une vie à deux, riche et belle, pleine de batailles, de défaites, mais plus de victoires, et de rires, afin d’avancer à deux vers le néant.

(bon, c’est pas mal ce que j’écris, mais j’ai mes pneus-neige à monter !)

Quel futur ?

2012/10/30

Dans la Tribune du Nouvel Observateur du 6 septembre 2012, J.M.G. Le Clézio, prix nobel de littérature en 2008, réagit à juste titre à la publication du nauséabond livre de Richard Millet : « Eloge littéraire d’Anders Breivik ». Après avoir dit tout le juste mal qu’il faut penser à propos d’un tel livre, Le Clézio décrit les obsessions des islamophobes, qui étaient celles des antisémites : « l’invasion des étrangers, la perte des repères chrétiens, et la pureté de la race. » Plus loin, il dit que la question du multi-culturalisme est déjà caduque : « Nous vivons dans un monde de rencontres, de mélanges, et de remises en cause. » Et ce, depuis toujours. Et il dit : « le seul espoir que nous ayons n’est pas dans une nostalgie d’on ne sait quelle pureté originelle […] mais dans l’ouverture vers l’interculturel. Rêver d’une identité nationale figée est un leurre ».

Je suis parfaitement d’accord avec ce qu’il dit : la France change chaque jour, et elle doit continuer à changer, à se renouveler, grâce à l’apport de sang et d’idées neufs. Mais il omet de parler de ceux qui, acceptant parfaitement le mélange des couleurs et des cultures comme condition pour ne pas stagner, et comme une richesse, se lamentent de voir que, alors que nous commencions à largement nous libérer du joug de la religion chrétienne, une autre religion prend de plus en plus de place dans notre société, réveille ses concurrentes par le tintamarre que les plus extrémistes d’entre eux font, et nous renvoie des siècles en arrière, dans un obscurantisme et une soumission à l’idée de Dieu dont nous pensions enfin être libérés. Le poids grandissant de l’Islam en France est en train de freiner ce mouvement de libération des esprits face au lessivage des cerveaux par les religions monothéistes. Vu le soutien apporté à l’Islam radical dans le monde par des pays arriérés démocratiquement et humainement, machistes insupportables, mais riches de pétrole et de dollars, il n’est pas certain que cette France en mouvement puisse continuer à s’émanciper de la notion de Dieu et des absurdités qui vont avec. Pour de nombreux français, l’idée d’une renaissance du religieux, chrétien ou musulman, mais toujours horriblement monothéiste, est insupportable, intolérable. Car nous sentons déjà que ce vent de liberté qui commençait à souffler dans nos esprits et celui de nos enfants vacille et menace de mourir. Je ne pleure pas l’illusion d’un passé chrétien (faussement) glorieux mais la possibilité étranglée d’un futur plus libre encore qu’aujourd’hui de toutes les fadaises et horreurs des religions, qu’elles soient chrétiennes, musulmane, juive, ou n’importe quelle absurdité basée sur une prétendue divinité permettant à certains opportunistes d’essayer d’imposer des idées rétrogrades et figées aux autres, pour leur profit personnel ou leur folie. Toute religion monothéiste est un virus, un parasite, qui ne se satisfait pas de l’emprise qu’il a sur ses « fidèles » et qui ne supporte pas que d’autres ne croient pas en leurs « vérités » et se rebellent. Je ne refuse pas l’accroissement de l’influence de l’Islam en France par nostalgie du passé mais par peur de la mort d’un futur démocratique et encore plus athée sinon seulement vraiment laïque. Car toute religion, naturellement, s’associe avec le pouvoir pour dominer et écraser le peuple. Nous connaissions cela en France avant la Révolution, et nous voyons la même hydre renaitre par exemple en Russie. Ceux qui apportent en France ce virus de l’Islam sont des victimes, contaminés à la naissance par leurs parents, qui ont hérité ce mal de leurs parents, et à qui personne n’a jamais demandé leur avis avant de les déclarer « musulmans » : ils sont donc innocents, comme l’étaient ceux que leurs parents avaient baptisés à la naissance et éduqués dans le respect (idiot) de la Bible. Mais, hélas, ces hommes et ces femmes n’ont souvent pas reçu l’éducation multi-culturelle leur permettant de comprendre ce monde nouveau où ils sont arrivés. Certains, au contact du vent de liberté qui souffle encore ici, se sont quand même libérés un peu du joug ancestral. Mais d’autres, effrayés justement par cette liberté nouvelle et tranchant avec le monde figé et clanique d’où ils viennent et dont ils n’arrivent pas à se défaire, ce qui les déchirerait, n’ont qu’une envie : recréer un monde ressemblant à celui qu’ils imaginent avoir été celui de Mohammed, 14 siècles plus tôt, alors qu’il ne leur sera jamais possible de comprendre ce monde et l’utilité progressiste (à cette époque !) d’un livre qui n’avait qu’un but : aider un peuple à mieux vivre en lui donnant des règles afin de grandir. Et, à cette époque, la peur du père (ou du père absolu : Dieu) était plus efficace que les explications. Mohammed a copié la Bible, pour le malheur de beaucoup aujourd’hui. Mais, à son époque, c’était un bien, que ses successeurs ont détruit en traduisant à leur avantage (machiste et dictatorial) ce texte dit « sacré » mais qui n’est qu’humain, que trop humain, car il n’est aucun Dieu au-dessus de l’Homme, qui est seul et dont le destin est entre ses propres mains.

Mais que faire ? Il n’est rien de plus difficile qu’arracher les mauvaises herbes lorsqu’elles ont pris racine depuis longtemps. C’est bien à l’école donc d’agir pour faire passer l’idée de laïcité et mettre l’athéisme au même niveau que les religions. Mais les enseignants ont d’autres soucis et beaucoup d’entre eux sont fatigués déjà de se battre.

Concours Photo

2012/10/29

Je compte participer à ce concours photo : « Rendez-vous – Image« , à Strasbourg. Un peu loin… Mais, bon, il y a un règlement clair, et j’ai … 20 jours encore pour postuler ! Avec mes photos de Lala (nue, bien sûr) et celles des Cascades du Sautadet. L’important, c’est de participer ! 😉

Dans la maison

2012/10/29

Attention ! Je dévoile plusieurs arcanes du film !
Superbe film, vu hier soir. « Dans la maison » m’a beaucoup plu ! même s’il s’en dégage une atmosphère malsaine, vénéneuse. Un mal-être, d’observer le trouble d’un jeune homme qui manipule les autres pour… Pour ? Pour digérer sa souffrance de ne pas avoir de famille : un père handicapé et une mère partie ailleurs. Alors que, pendant ce temps, d’autres ont une famille, une vraie et belle maison, et semblent heureux (même s’ils sont abrutis par leur vie de « classe moyenne »).
On ne saura jamais si Claude a vraiment réussi à coucher avec Esther et Jeanne ou si c’est juste une invention de sa part. Pas grave. Par contre, on sait que Germain (qui est le seul à ne pas avoir de prénom) a fait le mauvais choix au début, et qu’il va le payer. D’ailleurs, la fin du film obéit à ce que Germain a dit à Claude : la fin doit surprendre le lecteur, alors même qu’il s’y attendait. Bref, à part un professeur de français qui, déjà au bord du gouffre, y tombe, tout va pour le mieux à la fin du film.
Le film est basé sur une pièce. Il serait intéressant de savoir ce que le réalisateur a ajouté, enlevé, ou transformé.
J’ai adoré la scène où, lors d’une discussion entre Claude et Esther, Germain apparaît dans la scène, commentant le choix d’évolution du « scénario » rédigé par Claude, et qu’Esther se met « en attente ».
Quand même ! Il y a 2 morts à la fin (regardez bien !) ! Je suis sûr que, si un remake américain est fait de ce film, il y aura un massacre à la fin : les Raffas massacrant Claude et Germain ? ou bien Claude tuant de ses flèches nombre de ses petits camarades et de ses professeurs ! 😉
Sinon, autre mort dans ce film : la littérature, dont personne ne s’intéresse plus au lycée, à part de vieux professeurs qui leur ont sacrifié leur vie et leurs enfants, connement.
Lucchini : encore lui !
Le retour de l’uniforme à l’école : c’est pour quand ?! Histoire que la différence entre les plus humbles et les autres s’amenuise un peu et que les djeunes soient un peu moins accros à leur apparence vestimentaire.
Allez le voir !

Le voyage des morts

2012/10/29

Magnifique article, dans le numéro de novembre de « Philosophie Magazine », sur le « don » d’organes, vu comme une transmission, du « donneur » au receveur, d’une parcelle de vie.
Comment, face à un corps ayant toutes les apparences de la vie, accepter l’idée que la personne qui l’habitait est morte, qu’elle n’est plus ?
Comment, face à ce corps apparemment sain et frais, endormi, réussir à l’ouvrir, à le vider de son sang, et donc à le « tuer » d’une certaine façon ?
Une transgression : ouvrir un corps et prélever des morceaux, pour permettre à d’autres de continuer à vivre.
Une réflexion sur ce mot « don », qui n’est pas un don puisque le donneur n’est plus là pour le faire et que le receveur n’a pas le choix de refuser ce don, qui est pourtant gratuit.
Un article à lire, et à relire. Pour vérifier que notre culture judéo-chretienne n’est pas là encore en train de faire des siennes, bien sûr. Mais surtout pour se rendre compte de la nouveauté de ce concept : « mort cérébrale ». Le corps est frais, il respire, le coeur bat, mais il n’y a plus personne à l’intérieur : son « occupant » a plié bagages pour nulle part : il n’est plus. Il serait donc évident de prendre ce qui serait nécessaire pour sauver d’autres vies sans trop se préoccuper du mort, s’il n’y avait les vivants, qui s’accrochent encore à ces apparences de vie si visibles (« On dirait qu’il dort. Il va se réveiller ! »). Se préparer à sa mort… belle idée, juste un peu désagréable ! 😉 Ou, alors, il faudrait s’y préparer dès la naissance, tout en cherchant ce qu’on voudra faire de cette vie, qui nous a été donnée sans qu’on le veuille (« De l’inconvénient d’être né »). Car, c’est bien vrai !, personne ne nous a demandé notre avis et notre permission pour nous amener à la vie ! 😉 Cette conscience d’être qui, peu à peu, un fois créé à un instant particulier dans le corps gestant de la mère, se développe, grandit, qui embrasse le monde, le découvre et, un jour maudit, se rend compte qu’on lui a fait une drôle de farce : « Hé ! Mec ! Un jour, tu mourras ! ». De mort lente, comme disait le poète… mais rien n’est moins sûr. Mais, bah, qu’importe de mourir, si on a vécu ! mal ou bien vécu, ça n’a pas d’importance ! Rien n’a d’importance, vu depuis le bout de l’horizon (sa mort). Sauf que, quand on barbote encore dans la vie, ça a une sacré importance !
Allez, faudra que je le relise, ce putain d’article qui m’a fait venir les larmes aux yeux lorsque : « Je viens d’en voir passer un… je n’avais jamais vu qu’un papillon c’était aussi beau. » Bon, si je dois mourir quand je mourrai, je veux que ce soit en été ! pour voir des papillons ! Enfin, c’est pas moi qui vais décider… et je ne suis pas pressé ! Vous non plus, j’espère. En effet, avant de s’évaporer, il y aura plein de grandes farces humaines à observer, pour en rire (jaune).

Exposition de Noël

2012/10/26

Le MAGASIN, centre d’art contemporain de Grenoble, a lancé un concours pour son exposition annuelle dite « de Noël ». Et j’y ai participé ! J’ai montré à mes collègues les 3 photos que j’ai proposées, et c’est très prometteur : mes collègues ont carrément fait la grimace en voyant mes photos ! C’est bon signe ! 😉 Résultat de la sélection dans un mois, si je me souviens bien.
Bon, c’est pas que j’aime vraiment l’art contemporain ! A part une ou deux exception, je n’ai vu que de la merde dans leurs expositions officielles, et quelques trucs très sympas lors de l' »exposition de Noël » de l’an passé.
Alors, l’espoir de voir une ou deux de mes photos affichée à l’Ancien Musée de Peinture de Grenoble m’est très plaisant ! même si l’essentiel est de … participer !
Quelles photos ? Une photo givrée des cascades de la Roque sur Cèze en couleurs explosées et 4 secondes de temps enregistrées, et Mélenn nue… sous un tissu noir, avec la main qui dépasse seule ! Mon thème ? philosophique ! bien sûr ! 😉
Allez, on verra. L’essentiel, c’est de s’amuser !

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Présentation de la démarche artistique
Mon « travail » photographique s’articule plus ou moins consciemment autour de plusieurs thèmes philosophiques : l’impermanence de toute chose, le temps qui passe inéluctablement, l’inaccessible réalité, la beauté, et l’absurdité de nos vies.
– Toute chose est impermanente : l’instant présent, nos vies, nos « oeuvres », nos sociétés, les rochers et les montagnes, notre système solaire, et même notre univers : tout disparaîtra.
– Le passé n’est plus. Le futur n’est pas encore là. Nous vivons dans le fil ténu de l’instant présent, qui nous glisse entre les doigts, dans le flux duquel nos vies se consument.
– La réalité physique qui nous entoure nous est définitivement inaccessible, car nos sens ne nous montrent qu’une partie de la réalité et nous trompent constamment. Ce que nous pensons voir, entendre et sentir, ne sont que des constructions virtuelles de notre cerveau.
– La beauté n’existe pas intrinsèquement. La beauté n’existe que dans les yeux et l’esprit de celui qui regarde. Ses expériences passées, son éducation, sa culture, ses instincts, sa sensibilité et son émotivité, tout cela lui dicte ce qui est beau, ou pas, faisant écho avec son vécu. Il n’y a pas UNE beauté, mais une infinité de beautés.
– Nos vies, simple passage entre la naissance et la mort, juste des vagues qui naissent et qui meurent, sont absurdes, puisque rien ne restera de nous, puisque nos corps-âmes s’évaporeront à notre mort.
La photographie permet de toucher à chacun de ces thèmes. La pellicule ou le capteur électronique captent la réalité d’une façon différente que le font nos yeux, l’enregistrent, puis nous permettent de la transformer. La photographie peut figer un instant, conservant une parcelle de cette réalité qui s’écoule et disparaît dans le passé. Mais elle peut aussi enregistrer en une image le temps qui passe et montrer ainsi la transparence et la fragilité de nos corps.
La photographie, comme d’autres arts, n’est donc pas vouée à montrer une pâle représentation de la réalité, de ce que nous croyons être la réalité. Elle peut la transformer, la transfigurer, et créer une beauté différente.
Quelques unes de mes photographies réussissent parfois à réunir plusieurs de ces 5 thèmes, en enregistrant quelques secondes en une unique image, qui change l’apparence de l’eau mobile et rend vaporeux les corps en mouvement, ou en faisant exploser les couleurs ou en les supprimant. C’est une piste que je continue à explorer.

3/5
Description de l’oeuvre N° 1 : Jeux d’eaux
OEuvre : Poster couleur d’environ 1m sur 1m50.
Technique : Photographie numérique.
Cette photo montre à la fois l’impermanence, par ces corps rendus presque transparents de jeunes hommes saisis dans leur mouvement et juste devinés, et une autre représentation de la réalité, par l’enregistrement du mouvement de l’eau et par ces couleurs exacerbées. Le calcaire devient jaune, l’eau calme est bleu vif, l’eau en mouvement rapide est blanche, et les chairs sont rouges. De ces instants de vie, de jeu et de joie éphémères, l’image montre une autre réalité, presque irréelle, troublante, inquiétante. Tout ici est impermanent : les baigneurs et le photographe sont repartis, l’eau est retournée déjà à l’océan ou en nuages, et la roche dissoute par l’eau de la rivière aura un jour disparu.

Nikon D90 + Nikkor 24-70mm f/2.8 – 24mm – Pause de 4s et f/22 – Filtre gris – Pied.
Retravaillée avec Adobe LightRoom v3.
Cascades du Sauvadet – La Roque sur Cèze.
Juillet 2012 – De retour des Rencontres Photographiques d’Arles – Ciel de pluie.

4/5
Description de l’oeuvre N° 2 : Nue au Noir
OEuvre : Poster N&B d’environ 80cm sur 1m50.
Technique : Photographie numérique.
Cette photo choque par son évocation de la mort et par la simplification de l’image, réduite à du Noir et du Blanc purs, sans gris, rappelant des oeuvres de Mario Giacomelli. Pourtant, la modèle est belle et bien vivante, sa peau très blanche nue sous ce noir linceul, et laissant deviner ses charmes, périssables. Seule sa main indique qu’elle est réelle, et vivante. Mais l’ensemble est angoissant, car nous rappelant la mort, et donc notre propre mort.
Nikon D90 + Nikkor 24-70mm f/2.8 – 1/100s et f/8 .
Retravaillée avec Adobe LightRoom v3.
Studio à Echirolles. Modèle amateur.
Février 2012.

5/5
Description de l’oeuvre N° 3 : Alpage au sténopé
OEuvre : Poster N&B d’environ 50cm sur 50cm.
Technique : Photographie argentique et sténopé.
Cette photo montre ce que d’autres yeux que les nôtres pourraient voir d’une scène ordinaire. Le sténopé donne un grain très important à la photo, rehaussé par une transformation numérique qui a fait exploser les couleurs : le chemin devient jaune, la roche est devenue blanche, le ciel bleu vif est envahi par la brume qui vient du nord. Le paysage ce jour-là était très changeant : les nuages au fond avancèrent et disparurent plusieurs fois, poussés par le vent du nord. La Nature profite de l’été pour exploser, comme en fleurs au premier plan, mais ce n’est qu’éphémère et la neige sera bientôt de retour.
Sténopé ZeroImage 6×6 sur pied – 2 secondes d’exposition.
Diapositive 50 ISO format 120, scannée et retravaillée sous Adobe LightRoom v3.
Juin 2012 – Alpage sous la Grande Sure en Chartreuse

L’ENArchie des cons

2012/10/26

Un article sur un livre qui nous révèle la formation des ENArques.

Atterrant : « Ce livre nous apprend ceci : les énarques sont formés à administrer et gérer, certainement pas à inventer et innover. On ne les a aucunement préparés à être stratèges, imaginatifs, audacieux, courageux. On leur a même instillé les vertus inverses. Or tous les leviers de l’état et des politiques publiques sont aux mains d’énarques. Comment s’étonner que la France patauge dans le conservatisme, la crainte des réformes, un conformisme désespérant ? »

Au fait, Hollande, il sort pas de la promotion Voltaire 1980 ? 😦 Ceci peut expliquer cela… La France ne change pas parce qu’elle nomme à sa tête des abrutis qui n’ont qu’une idée en tête : reproduire le passé.

Parents de même sexe

2012/10/25

Il y a actuellement une polémique sur le droit au mariage des homosexuels, hommes ou femmes. Et donc de leur droit à avoir, légalement, des enfants. Et aussi le fait que les deux parents soient « reconnus » officiellement comme parents. Il s’agit en fait de légaliser quelque chose qui est déjà pratiqué : des femmes (ou parfois des hommes) ont ou adoptent un enfant, qu’ils partagent avec leur compagne (ou leur compagnon).

Personnellement, je me dis qu’un enfant a besoin de voir de près, voire de très près, un exemplaire de chacun des deux sexes, histoire d’apprendre instinctivement et par la pratique comment chaque sexe fonctionne. Mais cette idée suppose une distinction franche entre les sexes… C’est vrai, au niveau du sexe lui-même ;), mais pas forcément au niveau du caractère et de la personnalité : des hommes sont très maternant, et des femmes sont des brutes. Il y a toujours des exceptions.
Mais, passons.

Lisant quelques articles, je vois que des psys se manifestent et évoquent un risque pour l’enfant. Lisant attentivement la formulation et le vocabulaire, j’y ai retrouvé, hélas, les stigmates de Freud, Lacan et de la psychanalyse. Encore une fois, des gens déformés par une pseudo-science se mêlent de donner leur avis pour aider les politiques à faire le bon choix pour la loi à venir. Mais qu’on les fasse taire ! tous ces psykks, parfois déguisés en psychiatre ou psychologue.

Sinon, j’ai aussi lu le témoignage d’un étudiant, noir, dont les parents sont blancs, et hommes tous les deux, et qui dit se sentir très bien dans sa peau. Je le crois bien volontiers. Mais il ne dit pas si lui-même est hétérosexuel ou homosexuel… ce qui aurait été très intéressant… Mais, bon, ce n’est qu’un exemple. Mais c’est justement à partir d’exemples, de nombreux exemples, qu’on se fait une idée de l’impact d’un comportement non prévu par la Nature. Comportement qui, s’il se généralisait parmi les hommes, permettrait peut-être d’éviter la surpopulation… et augmenterait mon propre quota de femmes. 😉

Personnellement, l’idée de serrer contre moi un corps qui me ressemble en tous points ne m’emballe pas… J’ai dû trop lire feuilleter de Lui et de Play-Boy dans mon enfance pour apprécier le côté érotique du beau cul d’un mec. D’autre part, le côté naturel d’un coït homme-femme me plaît assez, et utiliser du beurre ou de la vaseline me semble assez peu naturel… Et j’adore les courbes et creux féminins ! Mais chacun fait comme il veut ! dans la mesure où il n’emmerde pas les autres. Bref, entre un croyant qui essaye de m’imposer sa croyance débile par sa tenue ou ses rites idiots et un couple d’homosexuel(le)s qui se promènent main dans la main dans la rue, je préfère le second : l’amour, c’est beau, toujours (même si c’est parfois très con).

Fin de cycle

2012/10/23

Ma mère est à l’hôpital, à 340km d’ici. 89 ans en décembre. Je l’ai vue vendredi passé. Nous avons discuté un moment. Elle m’a demandé, comme je lui disais que j’habite à Grenoble, si je connaissais son fils…
Elle a dû avoir un malaise chez elle, elle a dû tomber et ne pas pouvoir se relever, et elle est restée plusieurs jours sans manger ni boire. Pendant ce temps, j’étais dans le sud, à prendre du bon temps. Son silence au téléphone m’inquiétait un peu, mais j’étais heureux aussi d’avoir droit à une pause, à ne pas avoir encore ces « discussions » inutiles où j’essayais de la convaincre que cette « petite fille » dans son lit n’était qu’une poupée, qui ne pouvait donc ni parler ni manger… Heureusement, le livreur passait ce jour-là, et le gardien a appelé les pompiers. Elle était encore consciente et a pu parler, faiblement. Bon sang, ce qu’elle est costaude.
Son esprit s’est encore un peu plus « évaporé ». Surtout, sa mémoire à court terme ne fonctionne plus. Elle vit dans son passé. Enfin, je ne sais pas très bien de quoi elle a vraiment encore conscience. Des éclairs fugaces de lucidité, peut-être. Et ça ne va pas s’améliorer, maintenant qu’il est certain qu’elle ne peut plus vivre chez elle.
Après avoir arraché le cadenas placé par les pompiers, j’ai dû fouiller l’appartement, pour retrouver son trousseau de clefs, qu’elle cachait. Et, parmi les journaux, les publicités, et une multitude de papiers sans importance, j’ai trouvé et rassemblé une partie des papiers et photos anciens qu’elle devait relire et regarder de nouveau et qu’elle avait donc mélangés avec le reste. Trois sacs de photos et de papiers, et quelques bijoux de pacotille ou anciens. Et il en reste encore. Il me faudra y retourner, et rassembler tous les papiers « importants », c’est-à-dire ceux qui me donnent des pistes sur sa vie, et donc sur la mienne.
Et, dans son secrétaire, deux cahiers en partie remplis de son écriture, qui commencent deux ans avant ma naissance, et qui continuent, après une longue pause, juste après le suicide de mon père. Quand il était chez son épouse, ma mère lui écrivait… dans son cahier, exprimant sa douleur de si peu pouvoir le voir, et son attente, et son amour. Et, juste après la mort de mon père, elle lui parle encore.
C’est émouvant, très émouvant, de lire les pensées, simples, de sa mère, qui parle de l’absence de son amant, qui sera mon père, puis son mari. Il y a même une « lettre » où elle parle de moi, dans son ventre, qui bouge trop, et qu’elle doit donc cesser de boire du café peut-être.
J’ai lu peu de « lettres » encore. Des « lettres » que mon père n’a jamais dû lire.
Et cette femme, qui a aimé, désiré, pleuré, ri, joui, enfanté, pleuré encore, elle tient encore, même si – peu à peu – elle s’évapore, avant de mourir un jour, dans une maison de retraite, loin de son monde disparu, seule sans doute. L’éclatement des familles fait que les « anciens » sont séparés de leurs enfants, de leurs petits-enfants : la fin de leur vie leur est volée, car ils sont livrés à la solitude, à l’éloignement. Pour ma mère, elle s’était enfermée, déprimée par le chagrin de la maladie puis de la mort de mon père. Et elle n’avait plus guère communiqué avec moi, sauf dans ces dernières années, si peu de temps avant de commencer à « perdre la tête », me livrant quelques secrets de sa vie, comme les circonstances de la conception de sa fille.
C’est notre « condition humaine » : savoir que nous allons mourir et se souvenir des moments heureux et savoir qu’il n’y en aura plus.
Dans ces quelques premières lettres que j’ai commencé à lire, elle y exprime ses sentiments pour mon père, et les heurts entre eux, et l’attente de la maîtresse amoureuse de l’homme marié et déjà père de quatre enfants.
Histoire banale, hélas. Mais si émouvante, pour moi, mais aussi pour tous. Car tous, nous cherchons le bonheur, le bonheur à serrer une tête aimée sur ses genoux.
Lire ces « lettres » va être difficile. Mais, ainsi, je reprends contact avec elle.
Il est émouvant que je la découvre, par ces « lettres » de quand elle avait 33, 35 et 48 ans et ces photos de belle jeune femme sexy, portant en 1943 un short ultra-court, avec un chemisier bien garni, alors qu’aujourd’hui elle a ratatiné.
Qu’il est difficile de vivre.
Qu’il est long de vivre et de mourir, parfois.