Ma Philosophie

Ma philosophie, en ce moment, est un mélange entre l’équanimité et l’acceptation des passions, avec au milieu la compréhension des mécanismes cachés.
Je m’explique. Epicure, et le Bouddhisme, disent qu’il faut éviter la souffrance. Pour cela, les deux ont un programme assez simple : en faire le moins possible, éviter ce qui génère de la souffrance. Bon, si on suit ce beau programme, on arrive rapidement à se coucher par terre et attendre la mort… 😉 Sans rire, est-ce vivre que de se trouver un coin tranquille où les causes de souffrances sont rares ? Ainsi, sans femme, sans enfants, sans travail, un moine a beau jeu de rester calme. Certes, ses journées sont tranquilles, à étudier, à méditer, à faire l’aumône de ses repas, à peine dérangé par des chamailleries entre moines, mais est-ce vraiment vivre ? Vivre ne consiste-t-il pas à donner la possibilité à son corps-âme de réaliser ce pour quoi il est naturellement fait ? Courir, faire l’amour, manger, chanter, danser, explorer, rire, pleurer, penser, rêver, etc. Est-ce bien vivre que de ne pas souffrir, de ne jamais pleurer ? Or les larmes sont le propre de l’Homme, bien plus que le rire. Souffrir, pleurer, cela nous remue, cela nous force à réagir, à rebondir, ou à abandonner. La souffrance psychique nous force à nous adapter, à réfléchir, à changer, à grandir. « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ». Mais, pour accepter les souffrances, il faut en connaître les causes. Nous agissons souvent sans même réfléchir. Parfois, c’est notre moi profond qui parle. Mais, parfois aussi, ce sont des « voix » qui parlent par nous, à notre place, sans que nous ayons un vrai contrôle sur elles : l’éducation donnée par nos parents, notre culture, l’influence de la société, ou des habitudes, ou bien des mécanismes qui se sont mis en place lors de souffrances passées mal digérées. Je pense donc qu’il nous faut voir au-delà des apparences et voir les causes de nos souffrances. Si ma fille me hurle après parce qu’elle trouve que je devrais donner plus d’argent à mon fils (qui n’en manque pas… pour l’essentiel, et aussi pour le superflu), c’est parce qu’elle agit sous la contrainte de douleurs : la culpabilité d’avoir fait du mal à son frère dans le passé, la culpabilité d’habiter loin et de ne pas pouvoir lui donner la tendresse et le temps qu’elle voudrait, et son impuissance donc, qui la torture. Désormais, elle exige de moi de faire plus qu’il faudrait. Lorsque ma mère me parle, pour la millième fois, de la petite fille qui dort dans son lit, je prends la patience de lui dire, pour la millième fois, que ce n’est pas une petite fille, mais une poupée. Elle a alors un bref éclair de lucidité, qui ne dure que quelques secondes, avant de retomber dans sa confusion. Sachant que sa mémoire fout le camp, par morceaux, je sais qu’elle n’y est pour rien, que ce n’est pas sa faute. Simplement, sa personnalité se délite. Alors, aucune raison de s’énerver. Faut juste un peu de patience. Mais c’est pas facile, jour après jour…

Je pense que la compréhension des mécanismes qui nous poussent inconsciemment à agir, nous ou les autres, nous remplit de calme. Nous voyons l’autre dire des choses incongrues, s’énerver, se lancer dans des actions inutiles, etc, mais nous savons pourquoi. Alors il est impossible de lui en vouloir, puisqu’il n’est qu’un pantin, qui n’est pas responsable, ni coupable. Mais, parfois, malgré toute l’attention que nous pouvons prendre à être calme, à prendre posément et tranquillement tout ce qui vient à nous, laissant à notre esprit le temps de décortiquer ce qui se passe, nous sommes emportés par des forces qui nous dépassent, comme certains regards de femme qui nous transportent et nous instillent le virus de la passion, qui bloque complètement notre capacité à faire ce que nous savons qui est « bien ». Mais accepter de se laisser emporter par une vague, cela ne veut pas dire qu’on ne sait pas qu’on est dans une vague, qu’on observe ce qui se passe, et dont on sait que, après des hauts peut-être vertigineux, elle mourra doucement sur une plage, nous laissant saoûlé de ces sensations, en manque d’elles, et dont nous mettrons un bout de temps à récupérer. Bref, plutôt que de se transformer doucement en plante verte, je pense qu’il faut accepter l’idée d’une alternance entre phases de calmes et séismes passionnels. Et il faut avoir sur tout ce qui se passe un regard tranquille analysant les causes de nos actions. Bien sûr, cela enlève toute spontanéité. Mais, bon, on ne peut pas toujours être un enfant sur ce point-là. Gardons surtout notre curiosité, notre enthousiasme idiot et irréfléchi parfois, qui ressortiront régulièrement, et dont – peu à peu – nous comprendrons les causes mais sans les contrôler, en étant à la fois acteur et observateur.

Enfin, un truc à peu près comme ça…

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2 Réponses to “Ma Philosophie”

  1. marlaguette Says:

    Je préfère la vie…même avec ses souffrances… y a tellement de petits bonheurs au milieu !

    • trex58 Says:

      Oui ! Nous nous plaignons souvent de petits maux. Notre époque nous protège de bien des souffrances physiques qui s’abattaient sur nos ancêtres. Alors : soyons heureux ! 😉

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