Elle Proteste !

F. est Protestante, et elle me lit. De passage entre la Belgique et l’Italie, nous avons eu hier soir une deuxième rencontre. Bizarrement (?), notre discussion a glissé sur les religions, sur le Protestantisme, et sur ma vision des choses. Et elle a raison : même si je suis athée (depuis 2 générations avant moi, et viscéralement), je suis imbibé d’une culture catholique dont je ne connais que les grands traits et ignore les détails. Et, du protestantisme, je ne connais pas grand chose. Ce qui fait que je ne parle pas, dans ce Blog, de côtés progressistes et intelligents que peut avoir une religion monothéiste, telle que le Protestantisme. Face à tous ces symboles que l’Eglise Catholique a mis en avant : Dieu le père, homme barbu… Eve issue de la côte d’Adam (il nous en manque une, à nous les mecs ?), etc, j’ignore que certains savent lire entre les lignes, voir les idées fondamentales (d’amour et d’harmonie) à l’origine du Christianisme, que l’Eglise Catholique s’acharne à étouffer sous un monceau de conneries. Oui, il y a des gens qui croient en un Dieu (pas forcément à visage humain) unique et qui vivent bien, tranquilles, en harmonie avec les autres, qui savent interroger les textes bibliques et en extraire les (beaux, mais limités) principes, et qui ne feront jamais de mal aux autres, sauf pour se défendre, et surtout pas pour défendre leurs idées religieuses ou les imposer aux autres. Mais, fondamentalement, mon analyse est que ces textes Bibliques ont été écrits il y a trop longtemps, à une époque où les Hommes ne possédaient qu’un millionième des connaissances actuelles (comme j’espère que, nous aussi, n’avons aujourd’hui qu’un millionième des connaissances futures) et que, même s’ils contiennent des idées et des préceptes universels et éternels, ils sont pollués par une vision fausse du monde, de la vie, de la Nature, et de nous-mêmes. Je ne peux pas accepter ces « vieilles » religions écrites par des Hommes qui, par exemple, ignoraient la cause des règles des femmes et les traitaient d’impures, ou qui ignoraient l’origine des maladies et envoyaient des gens au bûcher simplement parce qu’ils étaient épileptiques ou « avaient le mauvais oeil ». L’ignorance, et le besoin de trouver une explication à ce monde qui nous entoure, a poussé les Hommes à imaginer des causes et des mécanismes qui n’ont rien à voir avec la réalité, que nous connaissons bien mieux aujourd’hui. Et la plupart de ces religions sont ancrées dans le passé et dans des textes aujourd’hui dépassés, anachroniques, dangereux par leur brutalité, même s’ils ont été un « mieux » par rapport aux autres religions de ces temps anciens. Mais je serais prêt à considérer une religion nouvelle qui fasse « table rase » du passé et construise une « religion » acceptant les hypothèses actuellement les plus probables : nulle « entité » divine n’a créé l’Homme, nulle entité divine n’a conçu un plan devant aboutir à l’Homme. Nous sommes le fruit du hasard. Nous ne sommes pas « supérieurs » aux autres animaux, et nous ne possédons, par rapport aux plus « développés » (éléphants, dauphins, primates), que quelques rares traits qui nous sont propres. Mêmes les animaux se font la guerre ! Les chimpanzés. Même les animaux ont de l’empathie pour leurs congénères ! Les grands singes. Même les animaux ont conscience de la mort ! Les éléphants, les grands singes. Même les animaux rient ! Les grands singes. Même les animaux ont une culture qu’ils se transmettent et qui évolue ! Etc. Nous sommes l’ultime rescapé d’un grand nombre d’espèces d’hominidés qui ont vécu et se sont côtoyés pendant des milliers d’années, et il y a des milliers d’années. De la même façon que les Chimpanzés font de la politique et que les Bonobos font l’amour pour éviter la guerre, nous sommes quelque part entre ces deux exemples, voire même quelque part entre plein d’espèces de primates et d’hominidés qui ont disparu, probablement à cause de nous, parce que nous avons envahi leur niche écologique. Oui, nous sommes nés du hasard et il n’y a aucun plan divin guidant l’espèce humaine. De la même façon que chacun de nous disparaîtra, notre esprit s’évaporant et nos atomes étant réutilisés pour construire d’autres êtres vivants, notre espèce disparaîtra un jour, avant que la Terre elle-même ne soit brûlée puis détruite par notre Soleil, à moins qu’une météorite plus grosse que les autres ne mettent les compteurs de la Vie à zéro bien plus tôt voire même disperse les atomes de la Terre aux 4 « vents » du vide. La création de dieux n’est que le refus d’accepter cette vérité insupportable : non seulement nous allons tous mourir, mais il ne restera rien de nous à terme. Nos vies sont absurdes parce qu’elles ne sont qu’un passage, comme une vague qui ne fait que déplacer quelques grains de sable vite déplacés de nouveau par une autre vaguelette. Mais nous avons la responsabilité de choisir ce que nous voulons en faire. Aimer son prochain et vivre en harmonie avec les autres n’est qu’une solution, parmi d’autres. Réduire ses souffrances n’est qu’une solution, parmi d’autres. Chacun d’entre nous peut décider de vivre la vie qu’il veut, avec sa propre morale, à condition de se rendre compte que la morale de la société dans laquelle il vit a des exigences qui peuvent être en conflit avec les siennes. Et nos sociétés actuelles sont plus libres qu’avant, me semble-t-il. Et il n’est pas possible de s’isoler, de vivre seul, car nous sommes programmés (condamnés) à vivre avec les autres : nous avons besoin des autres ! Sans les autres, nous nous étiolons, nous tournons en rond. La confrontation avec les idées des autres est fondamentale, ne serait-ce que pour se rendre bien compte que la vie peut être vue et comprise d’innombrables façons. Si le monde ne nous plaît pas, changeons-le ! Le détruire pour le reconstruire n’est pas la plus efficace des façons… Exprimer ses idées reste, à mon avis, la meilleure façon de le changer, à notre mesure. Je rêve d’un monde libéré des religions, mais rempli de spiritualité, où vivraient des femmes et des hommes « pensant » leur vie, calmement, mais aussi avec passion. Un monde irréel, bien sûr. Il n’y a qu’à voir, par exemple, le procès inique qui a condamné à 2 ans de camp de travail (la norme en Russie) trois des membres des Pussy Riots, sous prétexte d’avoir insulté l’Eglise orthodoxe, alors que leur action était fondamentalement politique : « Que Poutine s’en aille ! » Il n’y a pas que l’Islam qui porte en lui le germe de l’injustice, de la folie, et de la mort.
Allez, un petit hiver nucléaire, un virus mortel éradiquant l’espèce humaine, une grosse météorite, ou le déchaînement de volcans sur tout un continent, et tout ceci ne sera plus qu’un rêve, sans importance… puisque le rêveur ne sera plus. Sur d’autres planètes peut-être, que nous ne visiterons jamais et avec qui nous ne communiqueront jamais, vivent et se développent d’autres intelligences qui, comme nous, vont se poser les mêmes questions : quel est ce monde ? Et, à la fin, lorsqu’un possible grand « Crunch » ramènera notre Univers à la taille de la pointe d’une aiguille, naîtra un nouvel Univers… peut-être. Il y a, dans ce Monde qui englobe notre Univers, un mécanisme, que nous ne comprendrons jamais, qui génère des lois physiques, de l’énergie se transformant en « particules », mais pas forcément toujours. Nous (la Terre, le Système solaire, notre Univers) sommes peut-être l’un parmi des milliards de milliards de cas semblables, mais tous différents. Ou nous sommes peut-être l’unique cas de vie intelligente. Nous ne le saurons jamais. Et ça n’a aucune espèce d’importance : il est presque 10 heures, et j’ai mes courses à faire, sans parler de plein d’autres choses ridicules et absurdes mais qui m’occupent et me permettent d’avoir l’esprit calme et tranquille : Je peux mourir demain, voire tout-à-l’heure ; mais, pour le moment, j’ai des trucs vachement plus importants à faire ! 😉

P.S. Peut-être bien qu’une des meilleures façons pour vivre le moins mal cette vie absurde est de la vivre à deux, dans ce qu’on appelle l’amour, illusoire, mais ce n’est pas forcément la seule solution. Il y en a d’autres. À chacun d’expérimenter et de trouver ce qui lui convient, tout en connaissant le poids de notre culture et éducation qui nous poussent souvent et inconsciemment à faire comme la société le souhaite. De toutes les façons, nous sommes enchaînés ; mais nous pouvons atteindre une forme de liberté si nous connaissons nos chaînes, si nous savons peu à peu nous libérer des plus oppressantes. Long travail… Il y a des moments où L’autre nous semble indispensable et nous manque et d’autres où nous semblons pouvoir nous en passer ; mais chaque rencontre remet tout en cause et nous bouscule. Sachons être prêt à accueillir l’autre, sans l’effrayer, soit d’un manque apparent d’intérêt qui l’éloignerait parce que plus faible que le sien, soit d’un intérêt trop manifeste qui l’inquièterait parce que plus fort que le sien. Le juste milieu… atteignable si l’on observe et agit calmement tout en étant prêt à bondir et laisser ses sentiments s’exprimer au grand jour si l’on reçoit un vrai écho (et pas nos rêves plaqués sur l’autre). Et, parfois, la réciprocité et l’unisson des sentiments l’un pour l’autre.

La spontanéité cesse à l’instant où l’on se demande comment elle fonctionne… Mais mieux vaut peut-être être moins spontané et « vivre en conscience »…

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