Archive for septembre 2012

Deux morts pour … rien

2012/09/30

Je parlais ici, il y a peu, de tolérance.
Vendredi soir, 21h, dans le parc de mon quartier, à 200m de chez moi, à 50m des jeux pour enfants, deux jeunes gens de 21 ans sont morts, tués pour … rien. Juste un regard, paraît-il, échangé entre les « petits » frères d’une des victimes et d’un agresseur. Les parents d’une des victimes habitent la montée à côté de la mienne. J’imagine leur douleur. Je l’imagine, car moi-aussi j’ai peur que la mort frappe l’un de mes enfants avant l’âge. Mais je ne peux pas la vivre dans ma chair, sinon en me rappelant l’absence, le manque, d’une autre personne aimée.

Violence. Comment peut-on passer d’un regard à des violences verbales puis à des violences physiques puis à des armes puis au meurtre ?
Comment ? Sinon en étant soi-même pris sous la domination d’une autre souffrance, inconsciente et méconnue, qui a ravagé l’esprit de ces jeunes. Souffrance de ne pas pouvoir s’acheter autant de joggings Lacoste qu’ils voudraient ? Souffrance de ne pas avoir de BMW ? Souffrance de ne pas avoir de travail, ni de formation, ni d’avenir ? Ou souffrance de ne pas avoir été éduqué correctement, par ses parents, par l’école, par la société ? Ou souffrance d’avoir toujours fait les mauvais choix : les mauvais copains, l’alcool, le tabac, les drogues, le zapping, les plaisirs faciles, l’apparence plutôt que la profondeur, etc. Ou bien encore la souffrance de ne pas posséder les mots pour exprimer ce qui ne va pas en soi. Ou la souffrance de ne pas avoir reçu le soutien d’une personne aimante mais ferme ? Ou bien la souffrance d’avoir vécu dans un quartier de merde : le quartier, c’est-à-dire son architecture, entassant les gens en hauteur et rendant son organisation impropre à la vie « normale » en société. Avant, les pauvres ne faisaient pas forcément des voyous. Et être un voyou ne signifiait pas forcément attaquer à quinze personnes armées deux jeunes sans armes. Mais, avant, on voyait les gens souffrir, de maladie, de vieillesse. Avant, on voyait les gens mourir. La mort était proche : on savait ce que c’est. Ces jeunes qui ont battu, frappé, tué, n’ont probablement aucune idée réelle de ce qu’est la mort. Et leur cerveau, embrumé et abruti peut-être par le Cannabis et l’alcool, n’est peut-être plus capable de voir les conséquences de leurs actes, laissant certaines parties de leur cerveau, reptilien, prendre le contrôle et frapper, comme si leur vie en dépendait, alors qu’elle n’en dépendait pas. Ce qui les a motivés, c’est une idée débile de la fierté, le cerveau pris dans un engrenage de liens mauvais avec de mauvaises personnes, donnant un « sens » à leur vie : je ne suis rien, mais je suis dans une bande, donc je suis.
Il est si facile de transpercer un coeur avec une lame… alors qu’il est impossible de redonner la vie.

Quelles solutions ? Introduire la philosophie à l’école, dès le plus jeune âge. Pas la philosophie débile de Terminale, mais des discussions sur : le sens des mots, les sentiments, les émotions, la vie et la mort, l’amour, l’empathie, la compassion, la tolérance, la souffrance, le bonheur, les difficultés avec les parents, la crainte de l’avenir, ses peurs, ses rêves, etc. Et donner à ces enfants les mots leur permettant de comprendre et exprimer ce qui se passe en eux et les trouble.
Ce n’est pas plus d’éducation qu’il faut dans nos écoles, mais une éducation différente et adaptée aux pertes de repères de certains jeunes dans certains quartiers « défavorisés » (des quartiers fuis par ceux des leurs qui ont mieux réussi).

Pauvres Psykks

2012/09/29

Ce matin, au cours de la manifestation à laquelle j’ai participé, en tant que photographe bénévole pour l’association ABA-Isère que je soutiens, contre un colloque organisé par un groupe de psychanalystes (psykks) lacaniens (Cause Freudienne) sur l’autisme, j’ai eu une discussion avec une ex-psychanalyste ayant viré de bord sur la difficulté des psychanalystes les plus dogmatiques à changer.
Tout d’abord, certains de ces psychanalystes ont acquis du pouvoir grâce à la psychanalyse et en tirent de très bons revenus : reconnaître qu’ils ont tort serait pour eux une déchéance sociale et financière.
Ensuite, pour les moins dogmatiques, ils sont coincés : annoncer qu’ils se désolidarisent de la « cause » risque de leur faire perdre leur poste, virés par les pontes en place qui ne peuvent pas supporter la naissance d’une opposition au sein de l’entité de soin qu’ils dirigent.
Enfin, pour ceux qui ont totalement intégré la psychanalyse dans leur mode de pensée personnelle, prendre conscience qu’ils se sont trompés, qu’ils ont été trompés, serait comme s’arracher eux-mêmes leur colonne vertébrale : leur façon d’être s’est tellement construite autour de la psychanalyse qu’il leur est désormais impossible de s’en libérer sans se déstabiliser totalement. Sans parler de leur totale incapacité, après plusieurs décennies d’abrutissement, de se reformer à un autre mode de penser et de soigner.
Bref, les psykks les plus bornés et les plus dogmatiques sont des victimes, qu’il faut plaindre. Si ce n’est qu’ils font beaucoup de mal autour d’eux en persévérant encore et encore à imposer des méthodes qui … n’ont aucun effet sur les autistes.

Tolérance

2012/09/27

Peu de gens connaissent le sens véritable du mot « tolérance ». Beaucoup croient qu’il s’agit d’une vertu : plus on serait tolérant, et mieux ce serait. Certains sont même très fiers de dire qu’ils sont tolérants, c’est-à-dire qu’ils acceptent la différence, toutes les différences… sans réfléchir. Pourtant, en réfléchissant un peu, on se rend vite compte qu’on ne peut pas tolérer l’intolérable. C’est-à-dire qu’il y a des idées, des actes, des personnes, qu’on ne peut pas tolérer. Comme la haine, ou le racisme, ou la violence. Ou comme un niveau d’agressivité ou d’envahissement de l’autre qui dépasse les bornes. C’est-à-dire qu’il y a un seuil, une limite, au-delà de laquelle il n’est plus possible de tolérer sans se mettre en danger, sans que l’équilibre de l’harmonie générale soit mis en danger. Reste à trouver cette limite.
« Tolérance » vient du verbe tolérer, qui signifie : accepter de ne pas agir contre quelque chose (qu’on juge potentiellement dangereux ou nuisible) tant que ce quelque chose n’est pas vraiment (ou trop) dangereux (ou nuisible), tant qu’on pense qu’il vaut mieux le supporter que l’affronter, parce que l’affronter génèrerait plus de mal qu’il n’en cause actuellement, ou bien parce que l’effort n’en vaut pas (encore) la peine, ou parce qu’on pense qu’il ne dépassera jamais les limites. On tolère donc quelque chose qu’on juge négatif : on a donc porté un jugement sur l’autre, et tout jugement requiert de connaître l’accusé et de l’écouter plaider sa défense. Être tolérant n’est donc pas tout accepter, ce qui serait naïf, dangereux, et stupide, mais tellement simple : accepter les idées et les gens différents, sans réfléchir. Alors que la vraie tolérance impose de se questionner sur l’autre, et donc sur soi-même : ces idées, ces actes, cette personne, que je juge négatifs, mauvais, voire dangereux, le sont-ils vraiment ? Mon jugement est-il juste ? Ai-je vraiment fait tous les efforts nécessaires pour avoir la certitude que je le juge avec discernement et justice ? Ai-je manqué de courage pour l’affronter ? Pour le savoir, il faut donc se questionner, se renseigner, réfléchir. Mais cela ne suffit pas. Pour savoir si l’autre est vraiment dangereux, il faut le connaître, il faut comprendre comment il fonctionne et ce qui le motive. Il faut donc aller vers lui, avec prudence, mais avec résolution, et lui parler, pour le connaître : dialoguer avec lui. Et il faut aussi avoir conscience qu’il peut nous changer, qu’il peut radicalement nous faire changer d’avis car, bien sûr, il y a toujours la possibilité qu’on se trompe sur l’autre, et que ce qu’on juge négatif ne le soit pas, car on a mal compris ce qui le pousse et ce qu’il dit ou désire, car nos peurs et nos craintes nous font interpréter ses actes d’une façon négative, ou bien encore parce que lui-même ne trouvait pas jusqu’à présent les mots pour s’expliquer. Pour le savoir, il y a deux choses à faire : réfléchir, lire (beaucoup, et de tout), développer sa connaissance du fonctionnement de l’autre (et donc de soi-même), se poser des questions sur les motivations possibles de l’autre ; et il faut aller vers l’autre, pour le connaître et comprendre ce qui le motive.
Pour pouvoir vraiment tolérer dans le sens « moderne » du mot, c’est-à-dire accepter les différences (tant qu’elles ne sont pas vraiment dangereuses), il faut une démarche active : comprendre et prendre contact, dialoguer avec l’autre, plutôt qu’accepter passivement l’autre.
La tolérance n’est pas l’acceptation passive et naïve de l’autre. La tolérance est une réflexion permanente sur le monde qui nous entoure, et donc sur nous-même.

Islam

2012/09/25

Plusieurs textes très intéressants dans Le Monde de vendredi 21 septembre.

Salman Rushdie, d’abord, qui donne ses « Mémoires de guerre » et déclare : « C’est une tragédie que l’islam régresse à ce point ».

Tahar Ben Jelloun décrit quelque chose de très important : « certains Etats musulmans, à défaut d’entrer dans la modernité et de cultiver la démocratie, encouragent cette passion qui occupe les populations et leur fait oublier l’essentiel : instaurer un Etat de droit et de justice qui favoriserait l’émergence de l’individu. Or, l’individu reconnu, c’est la rupture avec le clan, c’est le droit à la liberté, le droit de conscience, la porte ouverte à la réflexion critique. Ce que les Etats islamistes ne peuvent tolérer. » Il dit là l’essentiel : ceux qui prétendent défendre l’Islam luttent en fait contre un Islam vivant qui s’adapterait au monde actuel, refusant ce changement radical : l’émergence d’individus libres (libres de penser, libre de contraintes religieuses).

Ce que dit Tareq Oubrou, recteur de la mosquée de Bordeaux, est plus important encore. Il considère « la liberté de conscience et d’expression comme un acquis occidental incontesté et incontestable, une avancée et un progrès philosophico-moral réel de notre humanité. Leur élan doit être irréversible. Le droit à la création intellectuelle et artistique participe de cette liberté. Toute concession dans ce domaine ne rendrait pas service à ce qui fait l’être humain : la liberté. Nous devons alors tous défendre et universaliser cette valeur cardinale. […] Car tout simplement la liberté et la créativité restent le propre de l’homme, et sont donc des notions sacrées sans lesquelles l’homme n’est plus homme. Aucune religion digne de ce nom ni aucun système culturel ou philosophique ne peut nier ce principe. » Donc, actuellement, ce n’est pas un combat de l’Islam contre l’Occident auquel on assiste, mais un combat de fous protégeant leur version sclérosée et imaginaire d’un Islam idéal révé contre une autre partie de l’humanité qui a dépassé certaines folies et qui tient la liberté individuelle comme la chose la plus sacrée qui soit. Bref, Monsieur Oubrou dit des choses extraordinaires et incroyables, formidables d’audace et de puissance pour faire évoluer l’Islam : dans son texte, le mot « sacré » n’est employé QUE pour la liberté, qui donc semble passer avant le côté « sacré » du Coran, paroles de Dieu. Mais, en fait, de mon point de vue, il ne fait que suivre l’esprit de Mohammed : le Coran et l’Islam, qu’il a inventés, n’avait qu’un seul but : faire en sorte qu’un peuple vivent « mieux ». À oublier les hommes et les femmes, les islamistes actuels nient les idées profondes de l’Islam : un progrès. Et le progrès suppose de s’adapter aux nouveautés. Une religion qui ne s’adapte pas aux changements (nouvelles connaissances !) du monde est une religion mortifère, comme le sont le Catholicisme, la religion juive, l’Islam, et bien d’autres. Monsieur Oubrou, encore, montre qu’il a bien compris l’évolution radicale de l’humanité : l’interpénétration des cultures et des civilisations, créant des chocs d’ignorance et d’idéologie.

Enfin, il y a d’horribles tentatives actuellement pour rendre le « blasphème » universel, afin de défendre ce que certains considèrent comme « sacré ». Or, fondamentalement, ce qui est « sacré » pour certains n’est que foutaise pour ceux qui n’ont pas les mêmes croyances ou n’ont pas de croyances du tout. Quant aux athées, ils attendent avec désespoir que tous les croyants respectent enfin leur droit fondamental : ne plus être emmerdés par des fous qui croient en des choses improuvées et improuvables.

Bref, l’Etat français doit cesser de ménager la chèvre et le chou et dire clairement : toute personne a le droit de rire des croyances des autres, rien n’est sacré hormis la vie et la liberté.

Touche pas à mon prophète

2012/09/21

Il me semble que Mohammed était un homme, et que tous les hommes naissent nus. Le montrer nu ne va sûrement pas le faire se retourner dans sa tombe. Par contre, certains se sentent concernés, car très susceptibles, trop.

Je propose une année de caricatures obligatoires dans tous les journaux : que chaque jour une caricature se moquant d’une religion et de ses croyants soit publiée à la Une d’un journal. Peut-être qu’à force certains finiront par comprendre que l’humour est l’une des plus belles choses créées par l’Homme.

D’ailleurs, écoutez : C’est ma prière.

Islam

2012/09/20

On dirait que ça bouge de plus en plus : Tunisie, Lybie, Iran, caricatures, manifestations, salafistes, Mali, Soudan, etc. C’est inquiétant… Alors que 99,99% des musulmans, au moins, sont des gens bien tranquilles, quelques énergumènes foutent le bazar. Des énergumènes servant de boute-feu, malgré eux. Des énergumènes qui voudraient revenir à l’époque de Mohammed, mais qui ne renoncent pas à leur téléphone portable… et ne survivraient pas longtemps dans le désert d’Arabie.
Et la fatwa sur Salman Rushdie qui vient d’être relancée. Il a dit que, s’il avait su qu’une fatwa serait lancée sur lui, il aurait écrit un texte vraiment critique de l’Islam.
Que dire ?
Caricaturer Mohammed n’est un blasphème que pour celui qui croit en Allah. Mohammed, du fond de son tombeau, s’en fout complètement puisqu’il n’est plus. Pour les vivants, c’est juste … une bonne occasion de faire du bruit et de s’imposer. Ils ne font qu’utiliser leur religion pour donner un (mauvais) sens à leur vie.
Dans mon quartier, jamais je n’avais vu autant de femmes habillées de façon « traditionnelle ». Je me demande même s’il n’y en a pas plus qu’à Gabès, sud de la Tunisie, où j’ai vécu 2 ans.
Que dire ?
Comment expliquer à quelqu’un entré (de force, contraint par sa communauté et ses parents) dans la folie d’une religion (juive, musulmane, ou chrétienne) qu’on n’en a rien à foutre de ses livres « sacrés », de ses prophètes (morts depuis belle lurette), et de son Dieu ? Comment lui dire qu’il n’est qu’un pantin, la marionnette d’une religion et surtout d’hommes qui tirent du pouvoir et de l’argent de ce bordel ? Ca me rappelle un article sur Israël, disant qu’une des plus riches familles vend des articles religieux depuis des lustres… Comment expliquer à un musulman « tranquille » qu’il est parasité par un virus, transmis et imposé par ses parents ? Il n’a jamais eu le choix. Et, s’il veut s’échapper, se libérer, il lui faut accepter de tout perdre : famille et amis ; car il sera rejeté. La religion monothéiste, comme les sectes, c’est un club très fermé et sans pardon : on t’accueille bras ouverts ! mais on ne te laisse pas repartir… Ce qui me rappelle la chanson « Hôtel California »…
Que dire ?
Il y a plein de livres qui décortiquent ce que sont les religions et qui expliquent que, malgré tout le bien qu’elles peuvent générer, il y a, au fond de chacune d’elles, le germe du mal, le risque que des fous (ou des malins) veuillent interpréter littéralement leur livre « sacré » et bloquer l’aiguille du temps sur une arriération mentale.
Comment dire à un musulman qu’un Coran, imprimé sur du papier du XXIème siècle, (mal) traduit d’un arabe d’il y a 16 siècle par des machistes, n’est PAS sacré. Juste de l’encre et du papier… Rien n’est sacré, sinon la vie.
Que dire ?
Simplement que, pour faire taire tous ces gens qui crient au blasphème, il faudrait que tous les journaux de France, et de Navarre, publient chaque jour une caricature grasse et méchante sur l’une des religions du monde (mais surtout les monothéistes), en alternant, pendant un an au moins. Qu’on en placarde partout. De sorte que, enfin, les athées puissent crier au monde : y’en a marre de vos conneries !
Que dire ?
Beaucoup de musulmans en France se radicalisent. Pourquoi ? Peut-être bien parce qu’ils ont été ostracisés ? ou mal intégrés ? ou influencés par les télévisions arabes financées par l’Arabie Saoudite et leur vision extrême de l’Islam ? ou …
Tant qu’il y avait une certaine richesse à se partager, cela allait… Si la récession, et le chômage, s’installent en France, les rancoeurs risquent d’enfler.
C’est quand même dommage… Tout doucement la religion catholique disparaissait, le nombre d’agnostiques et d’athées devenant supérieur aux adorateurs de la Croix, et il a fallu que le monothéisme reprenne du poil de la bête à cause de nos anciennes colonies…

Athées de tous les pays : unissez-vous ! 😉
Sinon, un jour, on m’imposera, à moi ou à mes enfants, de croire en Dieu.

Zone A

2012/09/20

Aux temps de la guerre froide, l’URSS retournait de jeunes anglais et les cachait, comme des taupes, pendant des années, pendant lesquelles ils prenaient du galon et occupaient finalement parfois des postes importants, 10 ou 20 ans après.
J’ai fait mieux. J’ai accueilli, vers 14-15 ans, un hôte désagréable qui s’est tapi en moi pendant… presque 40 ans, se réveillant un beau matin, sous la forme d’un zona. Le zona, c’est marrant ! Au début, on croit qu’on s’est plié des côtes, parce qu’on a mal en respirant la nuit… et puis on finit par voir des pustules et on a des douleurs dans le sein (gauche). Et ça fait mal ! Comme si on vous avait planté un petit couteau sous l’omoplate, qu’un méchant diable s’amuse à remuer régulièrement, mais de façon aléatoire, genre au moins toutes les 5 semaines. Le jour, c’est rigolo, parce qu’on peut grimacer brutalement et faire lever un sourcil interrogateur chez votre interlocuteur. Mais, la nuit, c’est pas marrant… de se retourner, à droite, à gauche, à droite, à …, sans trouver de position antalgique. Mon hôte, camouflé au fond d’un ganglion pendant toutes ces années, est revenu à la surface depuis déjà une semaine. Faudrait pas qu’il y prenne goût ! Car les plaisanteries les plus courtes sont bien les meilleures ! Bon, je vous épargne la lecture de Wikipédia et d’autres sites sympas car, si on croyait à la pire de leurs descriptions et prévisions, on se tirerait une balle tout de suite ! Mais non ! Le mien est gentil, bien éduqué, et il va retrouver sa place, au fin fond de mon corps, et me laisser tranquille encore pour 40 ans. J’espère…

Au fait ?! Comment il a su que j’habite en Zone A ? 🙂

Photos

2012/09/19

Je suis en retard pour trier/tirer mes photos de l’été et les montrer ici, désolé…
Je viens d’en mettre 4 sur 500px. Les voici. Elles sont … assez différentes l’une de l’autre !

Camille
C

Jules
J

Mathilde
M

Lala
L

Juste un mot sur Lala. Sur la photo, elle est enceinte de 8 mois…

Lac Fourchu

2012/09/16

Le lac Fourchu se trouve dans le massif du Taillefer, au sud-est de Grenoble, à 1 heure de voiture (Séchilienne, La Morte, lac du Poursollet). C’est une merveille… Sur un plateau immense, à 2000m d’altitude, il y a des dizaines de lacs, au milieu d’une belle pelouse. Juste 1h1/2 pour y monter, puis on peut marcher des heures à visiter les lacs, monter sur la « colline » surplombant le lac, ou aller au refuge du Taillefer, de l’autre côté, au-dessus de la route menant à Bourg d’Oisans.
Aujourd’hui, il y avait un petit vent du nord frais, mais il y avait surtout un immense soleil dans un ciel uniformément bleu. Six/sept heures de marche, tranquille, entre 11h1/2 et 19h1/2. Bon, c’est un peu tard pour aller marcher, c’est sûr ! 🙂 Mais, bon, la vue était magnifique : Vercors du col des 3 soeurs jusqu’à la Sure, Grande Sure en Chartreuse, Belledonne, Oisans, et les Ecrins. Des grenouilles. Pas vu de lézard cette fois. Des sauterelles grasses prêtes pour passer l’hiver. Et une quinzaine de chevaux en total liberté vus en redescendant, avec trois poulains. L’herbe était jaune, blonde. Les myrtilliers rougissaient. Magnifique. Il y a 100 ans, paraît-il, il y avait ici une grande forêt, dont il reste quelques troncs dans les lacs. La forêt remonte, doucement. Mais le lieu reste immense et sauvage.
Il y avait beaucoup de familles, avec beaucoup d’enfants, même très jeunes. Mais, vers 5 heures, les cris se sont raréfiés, et le plateau s’est peu à peu vidé, le laissant à notre presque entière disposition. À la fin de la journée, la lumière aurait permis de magnifiques photos ! Mais, un mal de dos m’avait poussé à marcher léger. Une autre fois. Ce n’est pas grave. Le lac ne partira pas. La lumière sera différente, bien sûr, et la vue sur le lac de l’Agneau, depuis un rocher au milieu, avec ces plantes blanches couchées dans l’eau et éclairées par le soleil, tout cela sera différent, d’une beauté différente c’est tout. Une autre fois. Simplement, j’aurais bien aimé pouvoir venir ici avec ma fille, pour lui redonner goût à la beauté simple de la marche, de la Nature, et de la montagne. Une autre fois. Ce n’est pas grave. Mes jambes sont fatiguées. L’été touche à sa fin. Chaque année dure une vie, dit JLM. Peut-être…

Elle est repartie…

2012/09/15

Ca y est, ma fille est repartie vers Singapour. Elle a dû arriver à Roissy pour attendre son prochain avion. 29 heures de voyage… Grenoble, Lyon, Paris, Helsinki, Singapour. J’ai pu passer trois jours et demi avec elle, sur 24 jours passés en France. C’est peu. C’est beaucoup. Elle repart avec : un saucisson, trois pots de confitures, six ou sept morceaux de fromage, deux bouteilles de bon vin, un casque audio tout neuf, un tube de dentifrice Fluocaril (elle l’aime bien ! 😉 ), son sac-à-dos de randonnée, ses chaussures et chaussettes de randonnée, une veste légère pour la pluie, des biscuits, des tic-tac, tout le bazar qu’elle avait amenée, et – si elle avait pu – elle aurait pris bien plus, comme ce shampoing et ce mug qu’elle a dû laisser ici.
C’était super !
C’était… trop court.
C’était.
Ma douleur est immense.
Nos vie continuent, à distance, tous trois séparés.
Allez, « mon besoin de consolation est impossible à rassasier »… mais il va bien me falloir faire avec ; ou, plutôt, sans elle, et sans lui.

Finalement, ce n’était pas une bonne idée de faire des enfants intelligents, sérieux, travailleurs, qui ont donc pu faire des études, et qui partent loin, parlant de fuir cette France merdique. Bien sûr, Singapour est une dictature… où l’importation de chewing-gum est interdite et les consommateurs de drogue pendus. L’Asie est pauvre ; mais, bon, ça grouille de vie là-bas alors qu’ici c’est mortifère.

La gare du TGV de Lyon est assez photogénique…

Mais son sourire, sa beauté, sa personnalité complexe, fragile, sensible, et belle, me manquent. Il y a des choses que rien ne peut remplacer, mais qu’il faut s’habituer à voir s’éloigner. Pour mieux revenir, peut-être.

Allez ! J’ai assez pleuré ! La vie continue.