Archive for août 2012

Irréel…

2012/08/30

Il y a parfois des moments qui sont irréels…

Ce mardi, j’ai fait une séance photo avec l’une de mes modèles. Elle pose depuis une dizaine d’années, nue. Elle est chinoise, mariée à un français et elle est bouddhiste et … enceinte, de huit mois. Je précise que c’est elle qui m’a contacté et proposé une séance. Et, la semaine passée, elle avait déjà fait une dizaine de séances à Paris et à Strasbourg… Mes préventions pour son état l’ont bien amusée, arguant qu’elle faisait tout comme avant ! Mais je l’ai malgré tout raccompagnée en voiture jusque chez elle. C’est émouvant de voir une femme enceinte, et cela m’a rappelé des souvenirs aussi…

Donc, à un moment, vers la fin de la séance, je faisais des photos de près, cadrant surtout le haut de son corps, voire presque que le visage, et je m’étais rapproché, elle allongée par terre et appuyée sur un bras ou bien carrément entièrement couchée par terre et moi debout au-dessus d’elle, cherchant un bon cadrage de son buste et une belle lumière venant des flashs et créant de belles ombres. Et nous discutions. Bizarrement, bien que bouddhiste, elle est effrayée (malgré ses 28 ans) par l’idée de la mort, de sa mort, et l’idée de la réincarnation la rassure. Et moi, je lui exprimais ma position philosophique d’athée, lui expliquant qu’Epicure, il y a 23 siècles en Grèce, avait des idées finalement assez proches du bouddhisme, et je lui rappelais l’impermanence de toute chose, dont nos vies, et qu’il fallait donc accepter notre finitude, notre mort, la disparition totale de notre esprit, lui expliquant qu’il n’y avait aucune raison d’avoir peur de la mort puisque, avant, elle n’est pas encore là, et qu’après, c’est nous qui ne sommes plus là, définitivement. Il y a juste un mauvais, mais court, moment à passer… Et je lui expliquais qu’il fallait accepter notre finitude, bien plus agréable finalement qu’une immortalité morne où chaque matin serait le même que le précédent et nous verrait repousser encore au lendemain les quelques envies d’action qui nous resteraient : le nombre fini et inconnu de nos jours leur donne une valeur incomparable, qu’il faut savoir apprécier. Et je lui disais aussi que poser était peut-être pour elle un moyen de créer de la beauté qui lui survivrait, une façon d’être immortelle. Et je me suis dis à ce moment-là qu’il était quand même très bizarre, incongru, voire irréel, de parler si concrètement de philosophie, et d’un sujet si grave : la mort, alors que je la prenais en photo, nue et enceinte d’une petite fille… exposant sa jeune beauté et l’évidence d’une nouvelle vie en elle. Et je me disais aussi qu’il est extrêmement rare et difficile de pouvoir parler ainsi si franchement, et si tranquillement, avec quelqu’un d’un tel sujet.

Quant aux photos… il me reste à les regarder et à les trier. Et il y en aura assurément de belles, pas forcément quand on la voit en pieds. Mais, de cette séance photo, je me souviendrai surtout de cette discussion, dont nous avions déjà eu, il y a deux ans, un prémisse. Et, finalement, elle s’est en quelque sorte mise totalement nue devant moi : son corps, et une partie de son esprit. Sans doute qu’elle peut, avec moi, se laisser aller à dire certaines choses ; à moins qu’elle ne le fasse avec d’autres ? Je ne sais pas… En attendant, j’ai hâte de recevoir son mail m’annonçant la naissance de sa fille. La vie continue, toujours… ou presque (encore quelques centaines de millions d’années sur notre Terre).

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Problèmes et non-solutions

2012/08/30

« Il n’est aucun problème assez urgent en politique qu’une absence de décision ne puisse résoudre. »

Cette phrase hilarante (si, si, je me suis étranglé de rire en la lisant !) d’Henri Queuille, plusieurs fois ministre sous la 3ème République et président du Conseil sous la 4ème, fut reprise par l’avant-dernier président, sous la forme : « Il n’est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout. ». Et, apparemment, elle est devenue la phrase préférée de notre dernier Président… (dixit Le Point), comme résumé de sa philosophie politique. On est bien parti…

Amandes

2012/08/28

Lu sur le paquet d’amandes que je grignote, apparemment importées des USA par une société belge :

(UK) : Ingredients: Almonds. Allergy advice: Contains almonds.
(Et pareil dans les autres langues, apparemment)

(en français : (GB): Ingrédients : amandes. Avis d’allergie : contient des amandes.)

Hummmmmm Ils sont cons ou ils sont cons ?

Du vent dans mes mollets

2012/08/27

Le « vent dans ses mollets », c’est la preuve qu’on est vivant : on pédale fort sur son vélo, on avance, et en retour on sent la résistance de l’air sous forme de vent que le duvet de nos jambe enregistre et nous transmet par l’intermédiaire du système nerveux des sensations. Bref, face à une grande catastrophe qui nous sépare de celui/celle avec qui nous formions une unité, il n’y a qu’une solution : continuer à vivre, bouger, avancer malgré tout.

C’est un très beau film. J’ai passé un très bon moment. Et l’épreuve finale, dont la possibilité a été mise en place doucement dès le début, ne gâche rien à mon plaisir. Pleurer en voyant le malheur des autres, même si c’est juste un film, sans doute parce que je suis devenu – définitivement – hyper-sensible au malheur de mes frères/soeurs humains, fait partie des choses de la vie : ce n’est pas triste, car c’est la vie. Perdre quelqu’un qu’on aimait, c’est dommage… pour ne pas dire pire, mais cela veut dire qu’il y a eu de l’amour. Et là est l’essentiel.

En final, Barbara chante « Mon enfance ». Sans doute parce que Barbara, comme Rachel, était juive. Mais, dans ces souvenirs que Barbara chante, il y a des mots indicibles et non-dits qui se cachent : inceste, et qui n’ont pas de lien avec le film. Ces lieux dont se souvient Barbara, St-Marcellin, elle y a vécu de 43 à 45, de 13 à 15 ans.

Allez voir Rachel et Valérie !

P.S. : Née en 1973, comment Rachel pourrait-elle avoir un père ayant vécu les camps d’extermination qui semble si jeune en 1981 ? Est-ce une erreur de scénario ? ou un mensonge des parents ?

Vivre

2012/08/24

« Vivre appelle des jouissances inouïes, une imagination qui révèle à chaque instant son luxe, et la liberté d’aimer sans freins. »
Yannick Haenel – Evoluer parmi les avalanches (Gallimard)

Hummmm Un beau, un très beau programme.

Pour les « jouissances inouïes », j’ai quelques doutes… et le plaisir d’une seule framboise mûre à point et cueillie en forêt après une longue marche sous le soleil et fondant sur ma langue me suffirait.
Mais j’accepte l’imagination et la liberté.
Quant à « aimer sans freins », je ne sais pas très bien ce que cela veut dire… Faire du vélo sans freins, je sais ce que ça donne : une bonne fracture. Et puis, aimer, c’est mieux quand c’est réciproque, quand on rêve à deux. Seul, c’est moins bien… c’est illusoire. Mais, bon, une bonne illusion de temps en temps, ce n’est pas désagréable, même après avoir désaoûlé ! 🙂

Allez, tout simplement, vivre, c’est … bouger, découvrir, essayer, ne pas rester dans la même boîte qui sent la naphtaline… C’est donc prendre des risques.
Mais, avec une telle définition, je ne vis pas vraiment, en ce moment… Enfin, pas encore beaucoup… Bah, je suis en phase de récupération, encore. Encore un peu, et… 😉

Interdire la prostitution ?

2012/08/24

Une Ministre a déclaré vouloir interdire la prostitution. Drôle d’idée. Au Moyen-Âge, les prostituées participaient à certaines cérémonies officielles, car leur rôle social était reconnu.

Dans le Nouvel Obs est paru ce texte, qui me semble très bien répondre à la bêtise de cette ministre socialiste :

« Si la ministre des Droits des Femmes avait annoncé son intention de mettre un terme à l’esclavage des femmes par les réseaux mafieux, tous, hommes et femmes confondus, applaudiraient son initiative. Cette guerre difficile à mener relève d’un impératif universel. Elle implique, entre autres, une augmentation des effectifs de police, une meilleure coopération internationale, une justice impitoyable et la reconversion ainsi qu’une véritable protection des filles qui dénoncent leurs proxénètes, associée à une possibilité effective de reconversion. Ce n’est pas le cas aujourd’hui.

Mais l’objectif d’abolir à terme la prostitution, sous prétexte d’en finir avec l’esclavage sexuel est d’une autre nature. Il ne s’agit plus d’un impératif universel, mais d’un parti pris idéologique qui suppose les postulats suivants : 1) La sexualité tarifée est une atteinte à la dignité des femmes. 2) Les prostituées sont toutes des victimes et leurs clients, tous des salauds.

Ces postulats sont éminemment discutables. Comme le clament les prostituées non contraintes par un tiers et qu’on se refuse à entendre, la dignité des femmes ne repose pas sur le critère des pratiques sexuelles. Mieux vaut l’admettre : toutes les femmes n’ont pas le même rapport à leur corps et la promiscuité peut être un libre choix. Une femme n’est pas nécessairement victime de l’oppression masculine lorsqu’elle se livre à la prostitution, soit qu’elle s’y adonne de manière occasionnelle, soit qu’elle choisisse d’exercer à plein temps cette activité plutôt qu’une autre. Enfin, au risque de faire grincer des dents : les hommes qui fréquentent les prostituées ne sont pas tous d’horribles prédateurs ou des obsédés sexuels qui traitent les femmes comme des objets jetables. Etrangement, nul ne fait jamais mention des prostitués homo ou hétérosexuels ni de la nouvelle « demande’ des femmes d’une sexualité tarifée.

En réalité,  » l’abolition » de la prostitution, contrairement à celle de l’esclavage, est une chimère. La sexualité humaine varie selon les sociétés. Et, dans une même société, elle change selon les époques et les classes. Ce n’est pas une raison pour imaginer qu’elle va se plier, comme une cire molle, à l’utopie d’une sexualité parfaitement régulée. La pénalisation des clients n’entraînera pas la suppression de la prostitution. Ni les call-girls ni les réseaux par internet n’en seront affectés, comme le prouve l’exemple suédois. En souffriront d’abord les prolétaires du sexe, qui seront plus que jamais soumises à l’emprise des proxénètes. Ces derniers profiteront de la situation, eux qui devraient être la cible première de l’action répressive des pouvoirs publics. Nulle inquiétude, les clients les plus favorisés se verront toujours proposer des moyens discrets d’assouvir leurs désirs.

Au nom d’une conception abstraite de l’humanité, les « abolitionnistes » [sic] veulent imposer à la société française leur choix idéologique. Mais qui peut s’ériger en juge dans ce domaine éminemment privé ? Chaque adulte doit être libre de ce qu’il veut faire ou ne pas faire de son corps. Décréter illégal ce qu’on trouve immoral n’est pas un grand pas vers le Bien, c’est une dérive despotique. Le pouvoir politique n’a pas à intervenir dans les pratiques sexuelles des adultes consentants. La priorité, c’est de faire de la lutte contre les trafiquants d’êtres humains une cause nationale et d’y mettre les moyens. Car là est le crime, et là est le défi. Poursuivre les clients, c’est se donner à peu de frais l’illusion d’agir. C’est céder à la tentation prohibitionniste qui consiste à tout espérer de la criminalisation de la consommation. Ce sera au bout du compte écarter de la vue ce qu’on ne veut pas voir et produire un enfer pavé de bonnes intentions. »

Elisabeth Badinter, philosophe, Régine Deforges, écrivain, Caroline Eliacheff, pédopsychiatre, Elisabeth de Fontenay, philosophe, Claude Habib, professeur de littérature (Sorbonne-Nouvelle), Nathalie Heinich, sociologue (CNRS), Claude Lanzmann, écrivain et cinéaste, William Marx, professeur de littérature (Paris-Ouest), Véronique Nahoum-Grappe, anthropologue (EHESS), Philippe Raynaud, professeur de science politique (Panthéon-Assas), Céline Spector, philosophe (Bordeaux-3), Georges Vigarello, historien (EHESS).

15 jours sans PC !!

2012/08/23

… et plus de 15 jours sans blogguer.
Donc, je peux survivre ! 😉

Bon, les vacances sont finies. Déjà. Sniffff ! Mais c’est la première fois depuis très longtemps que je pars de chez moi pendant 15 jours. 15 jours fort agréables, en plus.

Digne les Bains est … à éviter en août. Et probablement en d’autres saisons. Car… c’est assez mort ! À part le Corso et les marchés paysans. Mais une ville du midi où les rues et les terrasses de bar sont quasi-vides à 9h1/2 un peu après le 15 août, c’est pas le pied… En plus, la végétation est basse et les chemins de rando sont … totalement grillés et grillant. La seule tentative sérieuse pour randonner s’est essoufflée dans un chemin pierreux et brûlant au nord de Digne. Heureusement, il y a plein de choses à faire aux alentours ! Ruisseaux glacés (quand ça coule depuis une collinette de plus de 2000m) ou ruisseaux frais avec cascades. Pétanque, piscine, freesbee, boomerang, ping-pong, cerf-volant, etc. Les Pénitents des Mées (beau chemin à faire). Aix-en-Provence ! Les gorges du Verdon. Moustier Ste-Marie. Distillerie d’huile essentielle de lavande à Argens. Entrevaux (sous l’orage…). Etc. Il ne manquait que la mer… Ouais : un peu « beauf » comme vacances, mais la pratique de l’appareil-photo rend les choses différentes : rien de tel que la chasse à la photo parmi les touristes en goguettes. J’ai juste pris 2350 photos en 15 jours… Une paille ! Mais je suis méchant avec Digne : il y a aussi du « land-art » à Digne et autour. Andy Goldsworthy, artiste anglais, a semé les environs de Digne de plusieurs oeuvres bien sympathiques, nécessitant juste beaucoup de volonté et de marche pour les voir… Comme une « sentinelle » visible après un col à 1300m que l’on atteint par une route où ne passe qu’une voiture et demi… Ou une sculpture dans l’argile dans un refuge à 30mn de voiture de Digne plus 45mn de marche, à condition d’avoir pris la clef auparavant au Musée Gassendi. Et j’oubliais 7 rouleaux de sténopé en 6×6, soient environ 80 photos. Dès que j’aurai avancé un peu dans le tri des photos et que j’aurai récupéré les scans des sténopés, je posterai les meilleures images sur Flickr et ici. Sinon, dans le « trou du cul » du monde où nous étions, il faisait près de 40° le jour mais probablement environ 15° la nuit ! Rien de tel pour bien dormir !

Mais, hélas, tout a une fin… Et il est bien difficile de retrouver le rythme du boulot… Tellement que je m’y suis endormi, assis, en écoutant mon client parler, par deux fois, hier et aujourd’hui… L’anglais, ça m’endort. Ou, plutôt, mon travail me fait grandement chier en ce moment… Je fais quoi, déjà ? Ah oui ! Ca me revient ! J’écris du code qui, invariablement, passe à la poubelle ensuite ! 😉 Allez, encore 10 ans à faire ces conneries (qui me nourrissent !).

Bon. Pas très intéressant ce billet. Tant pis !

Sténopés

2012/08/02

Rapidement, le lien vers une douzaine de sténopés faits en montagne, sous la Grande Sure en Chartreuses, dans les éclaircies entre deux nuages.

LGS

Vacances…

2012/08/01

Je ne suis pas bien bavard ces temps-ci…
Les gens « heureux » n’ont pas d’histoire, paraît-il…
« Heureux ? » Ataraxique plutôt… Enfin, je plais à quelqu’une, et ça ne peut pas laisser indifférent ! 🙂 Et ça prend du temps…
J’ai fait pas mal de photos, que vous ne verrez pas toutes, et non… dont beaucoup encore à trier. Je prends du retard… Hé ! Je bosse le jour !

Il y a, dans Le Point de jeudi passé, quelques articles sur Epcicure. C’est très intéressant. Je vous le recommande. Et, si ça vous plaît, continuez avec « Le miel et l’absynthe ».

Il fait (ENFIN !!!!!!!!!!) beau et chaud !
Après de trop nombreux WEs humides ou nuageux suivis d’un lundi flamboyant, j’espère que le soleil sera au rendez-vous pour mes (petites) vacances ! Car j’en ai un peu marre de marcher dans les nuages… 😉

J’ai fait une série de photos en sténopé (dans l’alpage de la Grande Sure) et en format 6×6 au lieu du 6×9 habituel, et mon labo-photo sait les scanner. Alors, peut-être cette semaine, ou à mon retour, vous pourrez voir quelques sténopés. J’ai une cinquantaine de films diapo qui attendent que j’achète un scanner « correct »… Un de ces jours…

Sinon, j’ai pris Emma (1 an) et ses parents en photo ! En vacances en France avant de retourner à Pnom Penh. Et Jules (1 an aussi). Deux mamans qui voulaient un beau souvenir des 1 an de leur enfant.
Quelle différence entre la fille et le garçon ! Le garçon s’est déjà cassé une dent en explorant très activement son environnement ! Alors que la fille regarde posément le monde pour le comprendre. C’est incroyable combien un bébé d’un an peut changer en 3 semaines ! Et c’est merveilleux à voir, cette naissance d’une personne, son développement en interaction avec le monde. La vie…