Vérité et Histoire

La « Vérité existe. Enfin, on peut l’imaginer, pour ce qui concerne les faits, comme l’enregistrement complet des propriétés de toutes les particules de toutes les composantes de ces faits réels, pendant un temps suffisant. Hummmm Mais même ça, ça ne permet pas de savoir à quoi pensent les protagonistes d’un épisode historique : allez donc savoir pourquoi un personnage principal « trahit » ! Soyons sérieux, la Vérité existe main nous est interdite, et la vérité qu’il nous faut espérer est une interprétation de faits par des observateurs : nos sens nous trompent, et notre histoire personnelle nous fait voir le monde autrement que d’autres le voient, agissant comme un filtre d’interprétation. Ainsi, certaines des batailles de Napoléon sont des victoires pour les deux camps… On peut donc juste imaginer différentes « vérités » (avec un « v » minuscules) correspondants à ce que différentes observateurs, placés en différents lieux de l’action, ayant des histoires personnelles différentes. En juxtaposant ces images différentes, on devrait ne pas être trop loin de la « Vérité ». On « devrait »… à condition qu’il n’y ait pas un biais commun entraînant une mauvaise interprétation, que tous les points de vue soient exprimés, ou encore qu’un point-de-vue n’ai pas occulté/écrasé les autres. Ainsi, il y a peu d’Indiens pour nous transmettre leur vision de ce que fut leur génocide en Amérique du Nord au XIXème siècle : les vainqueurs toujours écrivent l’Histoire à leur convenance. Dans ce cas particulier, on attend toujours que les USA reconnaissent que leur nation est née sur un océan de sang indien. Comme autre exemple, le « Nos ancêtres les Gaulois », et le coq en tant qu’oiseau représentant les Gaulois, c’est du foutage de gueule. Egalement, César avait bien réussi sa campagne de désinformation en décrivant les peuples vivant sur le territoire actuel de la France comme des « barbares » : son livre était plus un moyen d’étayer sa prise de pouvoir qu’une volonté de décrire la réalité. C’est vrai que les « Gaulois » de l’époque, des Celtes !, aimaient bien exposer les corps, têtes et corps séparés, sur leur remparts ou lieux de culte, histoire d’effrayer les touristes… mais, bon, c’était une pratique courante, dans le passé. César a omis de nous transmettre la richesse et la complexité de leur culture… tout simplement parce que les légions romaines étaient mieux organisées que les armées gauloises ayant tendance à se faire la guerre entre elles… Nous aurons aussi une pensée émue pour les historiens, communistes, soviétiques ou russes qui ont passé leur vie à changer le passé pour le rendre acceptable par le dictateur de l’époque. Et ainsi de suite…

Alors, je me méfie de l’Histoire « officielle », et j’aime bien lire des « loufoques » qui essayent de montrer un autre point de vue. Point de vue qui fait hurler les historiens « officiels ». Heureusement, grâce à l’archéologie moderne, on peut plus facilement dire ce qui a été. L’incendie d’une ville laisse des traces, par exemple. La phénoménologie, d’après ce que je commence à en comprendre, semble aussi vouloir voir par-delà les apparences ; mais j’ai encore beaucoup à apprendre dessus… Comme également les méthodes cognitivo-comportementales qui recommandent de comprendre les schémas de pensée que notre histoire personnelle (notre enfance) à mis en nous et qui nous font voir le monde d’une façon certes unique et singulière, comme le dirait tout bon psychanalyste répétant sa leçon, mais aussi d’une façon faussée et nous poussant à répéter les mêmes erreurs…

Alors, il faut laisser parler certains « historiens » non reconnus par les historiens diplômés qui ont surtout appris à répéter ce que leurs professeurs et les livres officiels leur ont transmis, en bons perroquet. Il est d’ailleurs marrant de voir que des érudits français continuent de publier des livres à la gloire de Napoléon alors que le reste de l’Europe le considère comme ce qu’il a été : un dictateur sanguinaire et fou ayant pas mal de ressemblances avec Staline ou Hitler, sans les camps. Ces « historiens » loufoques disent probablement plein de bêtises, mais ils peuvent aussi pointer du doigt certaines choses que nous ne voulons pas voir… Reste à savoir si ce qu’ils disent trahit ou non la « Vérité »… Et, donc, il y a certaines choses qui resteront à jamais inconnues. Comme le sexe des anges. Comme savoir si Jésus a existé (ou, plus précisément, s’il est la réunion de plusieurs personnages réels, sans parler bien sûr de son côté sur-humain). Mais, le « bon-sens » (mâtiné d’un profonde dose d’analyse basée sur de multiples sciences éprouvées) finit toujours par nous aider à dire ce qui est le plus « probable ».

Donc, dans ce cadre, je suis heureux d’avoir (enfin !) commencé le livre de Shlomo Sand, historien juif non pratiquant israélien, « Comment le peuple juif a été inventé », qui éclaire un trucage de l’histoire du monde : j’essaierai de le résumer dès que je l’aurai fini. Et je suis heureux d’avoir lu une n-ième analyse du conte « Le petit Chaperon rouge », qui l’éclaire d’une façon nouvelle : à lire dans le prochain billet.

Quant à ceux qui me reprochent de « trop » lire, je leur souhaite de lire beaucoup plus, et surtout des livres très diversifiés dans leurs origines, comme la vision de la guerre d’Algérie par un officier, un soldat, ou par un autochtone ayant subi la violence de cette époque. Pareil pour la guerre d’Indochine. Etc. On peut certes pénétrer la pensée d’une société différente en discutant directement avec eux, mais d’abord ça prend beaucoup de temps, il y a la barrière de la langue, et on a du mal à savoir s’ils ne sont pas en train de balancer leur propre vérité héritée d’un matraquage de propagande générée par le dictateur local. Et puis ça peut amener à des documentaires comme le dernier de BHL sur la Lybie, où il parle de lui-même essentiellement… BHL aime bien se masturber devant les autres. Et, hélas, certains journaux lui permettent de s’exprimer toutes les semaines, comme si un « vrai » philosophe était capable de continuellement dire des choses profondes dans le feu de l’actualité… Mais il y a certaines personnes, comme BHL et Onfray, suivant en cela Freud, qui ont bien compris que la postérité retient bien plus facilement le nom d’un mec ayant écrit de nombreux livres plutôt que celui d’une personne ayant fait avancer la pensée sur un point essentiel au moyen d’un unique livre. C’est le principe de la « guerre du sperme » chez certains animaux, comme les chimpanzés, où c’est celui qui « fout » le plus la femelle qui a le plus de chances d’avoir une progéniture qui transmettra ses gènes. Bref, c’est le principe du « plus j’en fous plein la gueule des autres, plus j’ai raison ». Mais je m’égare…

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