Expo Enfants Autistes

Voici le texte que j’ai rédigé pour mettre sur l’affiche que l’organisatrice de l’exposition de mes photos pour l’association voulait sur moi. Une partie sur moi et la photo. Et une partie expliquant comment je suis venu à faire ces photos. La deuxième partie a plu à Magali.
Il me semble que la confrontation avec l’autre, différent (autiste, étranger, handicapé, jeune, vieux, de l’autre bord politique ou religieux, etc) permet de mieux se connaître et se comprendre soi-même. La confrontation à un changement et à une différence, comme partir au hasard se promener dans une ville inconnue, nous force à bousculer notre façon de voir le monde, à nous remettre en cause : en terre inconnue, nos sens sont aiguisés et font des efforts pour comprendre ce monde nouveau. Pour l’autisme, l’effort d’essayer d’imaginer comment ils voient le monde permet de prendre conscience de choses qui nous semblent « évidentes ». Ce qui nous est évident nous est aussi incompris ou imparfaitement compris. Pour l’autisme, il existe d’innombrables codes qui ont un sens et que nous avons appris en grandissant, peu à peu, inconsciemment, en observant nos parents et les autres adultes : notre cerveau est « programmé » pour voir, assimiler, et comprendre, ce genre de choses, comme le sens des mimiques du visage ou de certains gestes. Egalement, nous avons en nous-mêmes une représentation de ce que nous pensons que l’autre pense : à partir de ses mots et de son langage corporelle, nous nous construisons une idée de ses pensées. Les autistes n’ont pas accès à toutes les palettes de ces codes sociaux, délicats, subtils, et complexes.

J’ai découvert la photographie pendant mes études, il y a 33 ans, en 24×36 ou 6×6 N&B tiré sur papier baryté. Il y a peu, j’ai fait le saut de l’argentique au numérique, découvrant un monde effroyable de complexité : au lieu de 3 réglages sur mon vieux Praktica ou mon vieux Mamiya, je me suis retrouvé avec un monstre dans les mains : 20 réglages sur le boîtier, 300 pages de doc sitôt lues sitôt oubliées, sans compter le logiciel qui remplace les heures debout dans le labo par des heures assis devant le PC… Heureusement, il y a le sténopé pour réapprendre à prendre son temps.

Il y a 11 mois, les parents de l’Association « Autisme Besoin d’Apprendre – Isère » m‘ont proposé de prendre leurs enfants en photo.
J’ai alors découvert l’autisme, des enfants, des parents, et une double injustice : le hasard des gènes, et la folie des hommes.
Et j’ai essayé d’attraper la beauté des regards et des visages de ces enfants que la nouveauté effarouche…
Beauté fugace devant mon objectif, mais réelle, profonde, émouvante, vraie, simple et pure, et qui grandit, peu à peu, grâce au dévouement et à l’énergie de leurs parents, et grâce à une méthode qui les aide à développer leurs compétences pour mieux communiquer et devenir le plus autonomes possible.
Ces enfants sont nés différents ; alors, c’est à nous de les regarder autrement et de les aider à mieux vivre parmi nous.
Grâce à eux, en les côtoyant et par mes lectures sur l’autisme, j’ai beaucoup appris ; je les en remercie.

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