The Thin Red Line

Je regarde « The thin red line » sur mon PC : « La ligne rouge », de Terrence Mallick. Très réaliste. Trop. Trop pour moi. Au dixième soldat qui meurt en gros plan, j’en ai un peu marre… Après 1 heure de film, et encore 1 heure 40 à voir, je n’ai pas vraiment envie de voir la suite… Certes, le film montre la réalité de la guerre… Mais, bon, je crois que je sais ce que c’est ; j’ai déjà vu quelques morts et j’ai vu mourir quelqu’un, et j’ai déjà vu plusieurs films de ce genre. « Johnny got his gun » est inoubliable. J’imagine ma peur en entendant les obus qui tombent, les balles qui sifflent, les camarades qui agonisent, le sang, etc. Je me vois assez bien, soit sous l’emprise d’un abrutissement qui me ferait avancer, ou sous l’emprise d’une peur qui me ferait me chier dessus et me terrer, ou bien comme un « lâche » qui évite de mettre sa peau en danger. Mourir n’est rien. Souffrir est terrible. Revenir vivant, mais estropié, diminué, c’est affreux. Un film américain qui montre des soldats américains qui souffrent et meurent ; comme si leurs souffrances et leur mort étaient plus importantes que celles des autres hommes. Il y a un peu trop de religion dans ce film aussi. Dieu par ci, Dieu par là. Dieu nulle part plutôt. Mais, bon, il faut des films comme ça pour montrer aux plus jeunes ce que c’est vraiment, pour qu’ils ne s’en fassent pas une idée délirante, glorieuse : la mort n’est pas glorieuse, tuer n’est pas glorieux. Ils voient plein de films où la mort est un jeu, me semble-t-il. Alors qu’ils ne voient pratiquement jamais de vrais morts dans leur jeunesse. Il faudrait une étude pour comparer ce qu’a vu un homme de 20 ans de 2012 et un homme ayant eu 20 ans cinquante ans avant. Déjà, la vie à la campagne montrait plus la mort, celle des animaux déjà, qu’on chassait ou qu’on tuait pour les manger.

La guerre est-elle vraiment nécessaire ? La guerre des hommes. Les femmes ne font pas la guerre (à part Thatcher !). Alors, donnons-leur le pouvoir ! 😉

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6 Réponses to “The Thin Red Line”

  1. Fabienne C. Says:

    « la » guerre, ça n’a plus de sens aujourd’hui… il y a (hélas) « des » guerres, toutes différentes… et autant de façon de les « faire » !
    tu dis que « tu crois que tu sais ce que c’est » et que « tu t’y vois assez bien »… mais en as-tu la moindre expérience ? je ne crois pas… alors de quel droit te mets-tu à la place des intéressé(e)s pour exprimer leur ressenti ? j’ai mis le (e) parce que de nos jours il y a plus de femmes que tu ne sembles le penser qui font la guerre, d’une façon ou d’une autre… (tu peux en croiser une sur un forum que tu connais)
    la guerre, la vraie, ce n’est ni un film, ni un terrain de jeu purement intellectuel… parles-en à JL à l’occasion (il vient de rentrer d’un terrain d’opération), ça te permettra de remettre tes pendules à l’heure !

    • trex58 Says:

      Le film, que j’ai quand même poursuivi un peu, montre aussi le ressenti de ceux qui y sont et font leur « boulot » mais n’en pensent pas moins que c’est une connerie. « Property, all of this for property ! », dit l’un des officiers à son supérieur, exprimant son dégoût pour cette guerre qu’il fait malgré tout du mieux qu’il peut.
      La guerre n’est-elle pas la dernière solution quand tout le reste a échoué ?
      Ces guerres où va JL, sont-elles vraiment utiles ? À quoi ça sert de libérer un pays d’un dictateur s’il est aussitôt envahi par tous les « fous de Dieu » qui n’attendent que ça pour y installer la Charia ? Pour pouvoir continuer à avoir accès au pétrole et à d’autres ressources, les USA et d’autres pays ont soutenu des régimes ignobles et ont étouffé tout changement, laissant la place pour le fanatisme et une autre folie. Si c’est le bordel dans une partie du monde, c’est parce que le pétrole coulait à flot dans une région du monde pratiquant une version exacerbée de l’Islam et voulant l’exporter partout dans le monde grâce à ses milliards de dollars et soutenu par un pays (les USA) aussi religieux qu’eux, même là où les gens le pratiquaient tranquillement, et parce qu’Israël a foutu le bordel en plein milieu.
      À quoi ça sert de combattre l’Islam radical dans un pays où les hommes n’ont aucun accès à une autre forme d’information que des livres religieux ? J’ai eu des élèves ingénieurs éduqués par l’Islam : beaucoup de perroquets ayant beaucoup de mal à réfléchir, donc influençables. Le monde ne changera que grâce à l’éducation des enfants, des filles surtout.
      Je lisais cet après-midi le blog (artistique et photographique) d’une chinoise venue en France il y a 8 ans et y ayant découvert la réalité de son pays : Tien An Men : de nombreux peuples vivent encore dans l’ignorance de la réalité.
      L’éducation et l’information sont les clefs de la paix.
      Pour qu’un peuple refuse la guerre, il faut le former à réfléchir et à oser regarder ce qui se passe ailleurs. Il y a des guerres inutiles, comme en Afghanistan.
      Je ne suis pas médecin comme toi, qui a dû voir mourir pas mal de personnes. Mais je comprends ces soldats qui voient mourir un compagnon qu’ils connaissent bien. Voir mourir un inconnu n’est pas pareil que voir mourir quelqu’un qu’on connaît bien, même si je me souviens de la souffrance des infirmières qui s’occupaient de mon épouse, usées à force de voir la souffrance des familles.
      Quant à la guerre, je me souviens de la « guerre du pain » en Tunisie : les tirs de mitrailleuse la nuit, les voitures attaquées et lapidées, les incendies, les gens fuyant. Moi revenant dare-dare de l’ouest de la Tunisie pour retrouver ma maison et évitant les grandes routes. Pas grand chose… mais ça marque de voir des tanks et des traces de balles sur les murs des maisons.
      Mes amis d’enfance, immigrés du Laos, m’ont aussi parlé de la guerre dans leur pays, de la prise du pouvoir par le « Pathet Lao » (communiste).
      Bref, non, je ne sais pas grand chose, c’est sûr. Mais on pourrait en parler, un jour.

  2. Fabienne C. Says:

    Oui, en tant que médecin urgentiste, je vois mourir beaucoup trop de gens… Et à chaque fois, c’est un échec… Et à chaque fois c’est dur… Ceux qui prétendent que nous sommes blindé(e)s contre ça n’ont vraiment rien compris… C’est justement parce que nous n’acceptons pas ça que nous continuons à nous battre, parfois désespérément, pour sauver les vies qu’une forme de hasard met entre nos mains ! Pour moi, ce fut particulièrement vrai en Haïti…

    Sur les considérations militaires, je pense que JL et Sandra (s’ils le souhaitent) sont mieux placés que moi pour te répondre quant au bien fondé de leurs missions, dans la limite de ce qu’ils sont autorisés à dire… Pour ce que j’en sais, leur approche est un peu plus subtile que la vision que tu en as : « Ces guerres où va JL, sont-elles vraiment utiles ? À quoi ça sert de libérer un pays d’un dictateur s’il est aussitôt envahi par tous les “fous de Dieu” qui n’attendent que ça pour y installer la Charia ? »
    (Mais de ça ils te parleront mieux que moi.)

    • trex58 Says:

      Tu me diras si je me trompe, mais le médecin urgentiste, comme toi, est au plus près de la mort brutale et donc assez proche de ces scènes de guerre et de mort du film ; alors que les médecins en cancérologie, même si nombre de leurs patients y passent, ne voient pas mourir leurs patients, laissant ce moment aux infirmières et aux familles.
      Je comprends le choc, répété, de voir une vie partir, pour quelques minutes de retard, par manque de moyens sur l’instant, ou alors qu’on ne peut rien faire. Mais c’est différend, me semble-t-il, de l’infirmière qui a discuté avec le patient, avec sa famille, et qui sait que la probabilité pour le patient de s’en sortir est proche de zéro, et qui verra toute la phase finale, les proches détruits, larmoyants, le corps à préparer, etc.
      Il y a une différence entre se battre pour sauver une vie anonyme brutalement blessée et assister à la mort d’une vie avec qui on a créé, malgré tous ses efforts pour rester le plus possible étranger, un lien.
      Il y a une différence, mais les deux sont atroces.

      Pour la guerre, les soldats obéissent aux politiques (dans nos démocraties !) et on ne leur laisse pas la possibilité d’envisager d’autres solutions que militaires. D’autre part, quand on est plongé dans sa réalité, il est très difficile de s’élever, de faire abstraction de ses pensées spécialisées sur le sujet qu’on connaît si bien, pour avoir une réflexion froide, prenant en compte toutes les possibilités qui s’offrent, et visant une efficacité à long terme.
      Il n’y a rien de parfait sur cette Terre. Il n’y a que des tentatives pour trouver un point d’équilibre. Surtout en politique. Comme image, il faut imaginer une colline à N dimensions : installé tout en haut, au point supposé « idéal », il ne faut qu’un léger mouvement dans n’importe quelle direction pour être entraîné vers les profondeurs : corruption, prise de pouvoir, dictature, tricherie dans les urnes, oligarchie, captation des richesses pour soi et sa clientèle, lois iniques, faiblesses désastreuses, mensonges, utopies dangereuses, police secrète, écoutes téléphoniques, etc. Nos systèmes politiques, comme la Nature, sont constamment sujets au risque de dégringoler. Il faut, comme Sisyphe, constamment remonter la pierre.
      À long terme, à quoi cela sert-il de s’obstiner dans une voie qui a déjà montré son inutilité ? L’obstination débile des américains au Vietnam, celle des français en Algérie, celle des occidentaux en Afghanistan, etc. Peut-être bien qu’un historien pourrait nous dire que, pour changer une situation, de grands coups de pieds dans la fourmilière, répétés de temps en temps, sont plus efficaces qu’un guerre longue ? ou bien que l’appui de forces de résistance intérieures sont bien plus efficaces que l’intervention extérieure. Intervenir militairement, c’est prendre le risque (la certitude !) de faire des dégâts collatéraux et de créer d’autres douleurs, d’autres ressentiments, tournés cette fois vers celui qui veut aider, et donc de donner un appui nouveau à ceux qui veulent recréer un état islamique.
      Tariq Ramadan, ces jours-ci, se plaint qu’on mette l’Islam au banc des accusés. Il a tort : l’Islam est une religion encore « sauvage », au sens où les textes religieux jusqu’à très récemment ont été la propriété d’une élite interprétant les textes à leur bénéfice. L’Islam laisse la porte ouverte à toutes les folies, comme le faisait le christianisme chez nous avant. Pour vaincre l’Islam radical, il faut comprendre ses faiblesses : les Haddiths, paroles supposées de Mohammed, et tous les textes accumulés pendant des siècles par des religieux machistes au services de dictatures. La Charia est basée sur les Haddiths, et sur le Coran. Or seul le Coran est « sacré », parole de Dieu. Les Haddiths ne sont que des inventions, des déformations, créées au service d’une idéologie machiste dans les 100-200 ans qui ont suivi la mort de Mohammed. Pour vaincre l’Islam radical, il faut aider les populations à comprendre le sens premier du Coran et à le démystifier, lui enlever son caractère secret, et lui redonner son rôle de guide pour une meilleure vie parmi les autres, tous les autres. Alors que les fanatiques en font une arme pour abrutir et trouver des volontaires au martyr. Or ces peuples ne parlent pas arabe ! et les Arabes eux-mêmes ne sont pas capables de comprendre le Coran dans les textes initiaux, dont il existe diverses variantes d’ailleurs. Ca me rappelle « la vierge Marie », du mot Araméen utilisé dans la Bible pour nommer une jeune femme : à ces lointaines époques, soit on était jeune femme (13-16 ans !) et vierge, soit on était mariée, soit morte lapidée : vierge voulait dire jeune femme. Des connards ont mal traduit et on a eu droit à la connerie d’une femme accouchant vierge, en oubliant d’ailleurs qu’on peut rester vierge et tomber enceinte, sans aucun miracle !
      Bref, les militaires sont payés pour penser en terme de guerre, pas pour l’éviter.

  3. Fabienne C. Says:

    Tu soulignes (à juste titre) qu’il y a différents « types » de médecins. De la même façon, il y a différents « types » de militaires. Tu écris : «les militaires sont payés pour penser en terme de guerre». Bien sûr, mais il y a bien des façons différentes de penser en terme de guerre. Et certains militaires ne pensent pas *seulement* en terme de guerre. Et sont aussi payés pour ça.

    • trex58 Says:

      Le file « The thin red line » parle d’un moment de la guerre contre le Japon en 39-45. À cette époque, les militaires n’étaient pas très futés, à part l’art de la guerre.

      Si « certains militaires ne pensent pas *seulement* en terme de guerre », sont-ce encore des militaires ? 😉 Distribuer des livres, construire des écoles, fournir l’eau courante ou creuser des puits, etc, est-ce encore militaire ?
      Mais peut-être parles-tu de « renseignement » ? Bien comprendre les liens entre les tribus, les clans, les villages, les allégeances, les relations dominant-dominé, les liens par les mariages, les lieux géographiquement clef, etc. Mais est-ce que cela comprend l’analyse de ce qui manque à ces peuples pour évoluer et sortir (à leur façon) de la stagnation où ils sont ? étant entendu que toute religion n’a qu’une base et qu’un but : le passé et reproduire le passé, voire retourner dans un passé idéalisé (car incompris). Les sociétés traditionnelles ont du mal avec le changement.
      Si JL intervient dans des pays musulmans, a-t-il une vision claire de la folie qu’entraîne l’Islam et ses mauvaises pratiques, détournement d’une belle idée pour asseoir le pouvoir de dictateurs ?

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