Détecter l’autisme

Dans les témoignages de parents que j’ai lus, il est souvent dit que les psys (psyyks = psychanalystes) consultés refusent de donner un diagnostique d’autisme, même vers 5 – 7 ans, alors que plus tôt on le sait, plus tôt on peut agir. C’est un peu comme un médecin qui vous a décelé un cancer fatal mais qui ne vous le dit pas : une honte.

Une étude récente montre qu’on peut déceler l’autisme chez des bébés âgés de 6 à 10 mois, par l’enregistrement de leur activité cérébrale (avec des électrodes) en leur faisant regarder des photographies de visages : on voit la différence.
Cité par « La Recherche » d’avril, page 24.

Aucun des bébés qui avaient une réponse « normale » n’a développé d’autisme. Alors qu’une partie des bébés ayant eu une réponse « anormale » n’ont pas développé d’autisme. Le dernier article suggère que l’étude des ces derniers cas permettra peut-être de trouver des moyens pour « sauver » certains enfants. Il dit aussi que la difficulté qu’ont ces bébés à différencier des regards « regardants » de regards « évitants » les empêche probablement d’acquérir les compétences nécessaires ensuite pour communiquer.

Current Biology

Simons Foundation Autism Research Initiative (SFARI) .

C’est grâce à des études comme celles-ci qu’on pourra, un jour, détecter plus tôt les enfants à risque d’autisme et commencer au plus tôt une thérapie leur permettant de compenser leur handicap premier et de développer au mieux leurs compétences en communication.

Et pendant ce temps, en France, il y a un connard qui continue à faire des études sur les TRÈS improbables propriétés thérapeutiques du « packing » (envelopper l’enfant nu de linges froids ou glacés pendant quelques minutes) sur des enfants et adolescents autistes. Cette pratique est considérée comme de la torture dans certains pays.

L’injustice me touche.

Publicités

Étiquettes : ,

2 Réponses to “Détecter l’autisme”

  1. Une femme libre Says:

    C’est dramatique le traitement de l’autisme en France et vous faites bien de le dénoncer. Au Québec, ce n’est pas parfait non plus, mais on détecte le plus tôt possible et les enfants d’âge préscolaire (18 mois à 5 ans) ont droit à 20 heures de thérapie individuelle par semaine. J’ai asssté à ces séances de rééducation car les jumeaux de la fille d’une amie sont atteints. Du behaviorisme essentiellement renforcé avec … des smarties! On incite l’enfant à avoir un comportement « normal ». On regarde dans les yeux et hop! un smartie! On reste assis sagement, un autre smartie en récompense en plus des exclamations enthousiastes de l’éducatrice. Tranquillement, les récompenses deviennent des surprises, toutous à cajoler ou autre babiole qui intéresse l’enfant. En cas de crise, l’enfant est maintenu sécuritairement et silencieusement jusqu’à ce qu’il se calme et on recommence les récompenses dès qu’il s’est calmé. Ça ressemble un peu à du dressage de chien mais le résultat final est tout de même impressionnant. Plusieurs des enfants qui ont bénéficié de cette rééducation pendant des années, semaine après semaine, peuvent intégrer une classe régulière à l’école quand ils ont cinq ou six ans..

    • trex58 Says:

      Oui, c’est ce que j’ai vu pratiquer : l’éducatrice (ou le parent) encourage l’enfant à faire ce qui développe ses compétences grâce à des « récompenses », alimentaire souvent, mais aussi un jouet, de la musique, la télé, etc., tout ce qui fait plaisir à l’enfant. Et, dès qu’il reprend ses stéréotypies (gestes répétitifs), on cesse les encouragements. C’est du dressage. Le même dressage que nous avons appliqué à nos enfants : « tu débarrasses la table ? tu as un bisou ou un sourire », « tu ne ranges pas ta chambre après avoir joué ? je te gronde ». C’est pareil. Nous dressons nos enfant neuro-typiques à faire ce qui est « bien » pour eux : apprendre ce qui leur sera nécessaire pour être « adulte » dans notre monde. Ce sont les lois de l’apprentissage. D’une certaine façon, nous créons (plus ou moins) chez nos enfants l’envie de faire des choses, comme apprendre à l’école. Car, sans l’envie, ça ne rentre pas. Et cette envie peut se nourrir d’un désir inconscient de plaire à ses parents, avant que cela devienne un désir intrinsèque d’apprendre pour mieux connaître le monde.

      Pour revenir aux enfants autistes, dans beaucoup d’IME en France (Instituts Médicaux Educatifs), on se contente de les faire jouer ou d’avoir des activités artistiques. C’est utile, mais totalement insuffisant pour qu’ils développent leurs compétences assez rapidement. C’est vrai que les méthodes cognitivo-comportementales les font devenir ce que leurs gènes et un environnement « normal » ne leur aurait jamais permis : on les fait devenir autres que ce que leur gènes les préparaient à être. Mais, sans cela, ils ne pourraient pas être autonomes. Pire, en leur apprenant à communiquer (parler, signer, utiliser des étiquettes), on les aide à s’exprimer : désirs, frustrations, douleurs, etc. On améliore leur communication avec ceux qui s’occupent d’eux (leurs parents).

      Bien sûr, tous les enfants autistes ne sont pas si maltraités, mais il y en a trop. Trop de souffrances inutiles. Pour les parents, subir l’injustice du hasard génétique, c’est déjà affreux. Subir en plus l’injustice de médecins bornés, dogmatiques, enfermés dans leurs certitudes, fermés à ce qui se passe ailleurs, voulant préserver leurs prérogatives, effrayés de ne pas pouvoir apprendre ces méthodes différentes, c’est une honte.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :