Autisme : HAS suite

Voici un article très bien fait qui résume les réactions parues dans les journaux sur le rapport de la HAS : Défaite ou Intox ?

Pour ma part, je suis toujours sidéré par l’influence qu’ont les psychanalystes sur la psychiatrie en France, et je ne comprends pas leur acharnements à vouloir continuer à s’occuper d’une maladie (l’autisme) qui n’est absolument pas de leur ressort, si ce n’est qu’ils se battent pour conserver leur pouvoir et les revenus substantiels qui vont avec.

Le coup de pied du HAS dans la vieille fourmilière psychanalytique me semble trop doux. Il faut que le prochain ministre de la Santé prenne des décisions claires, fermes et radicales :
– interdire le packing,
– interdire aux psychanalystes de décider des soins à donner aux enfants autistes.

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10 Réponses to “Autisme : HAS suite”

  1. iXéo Says:

    D’accord avec toi sur le fond…
    Mais pas avec ta conclusion : on ne résout jamais rien en « interdisant » !
    Je suis toujours plus que réservé quand on parle de décisions « fermes et radicales »…

    • trex58 Says:

      Y’en a marre des psykks. Il m’a été donné la possibilité de rencontrer 4 enfants autistes et leurs familles. J’ai beaucoup appris, par eux, et par mes lectures. Je te garantis qu’il est nécessaire de faire une révolution : enlever le pouvoir aux psychanalystes en ce qui concerne l’autisme, et le donner à des psychiatres non-psychanalystes ouverts sur toute méthode qui a fait ses preuves.

  2. trex58 Says:

    Le Nouvel Obs en parle ! Durement :
    « Psychanalyse : le scandale enfin mis au jour !« 

  3. iXéo Says:

    Je ne prétends pas connaître le « problème » de l’autisme aussi bien que toi… Mais intuitivement, je suis plutôt d’accord avec toi, sur la nécessité de changer d’approche !
    Une remarque (plus générale) toutefois :
    Les psychanalystes n’ont pas d’autre pouvoir que celui qu’on leur donne… « interdire » ne changera pas grand chose à mon avis !
    Faire une révolution, pourquoi pas ? Mais tu connais beaucoup de révolutions fondées sur des interdictions qui ont réussi ?

  4. trex58 Says:

    Je pense que tu ne saisis pas vraiment la situation.
    Si tu vas à la FNAC, il y a des centaines de livres sur la psychanalyse. À celle de Grand’Place à Grenoble, il y avait 5 livres sur l’autisme, dont 1 seul qui n’était pas écrit par quelqu’un se déclarant psychanalyste.
    Si tu regardes les livres parlant de psychologie, une grande majorité sont écrits par des psychanalystes se référant encore à Freud, Lancan, Dolto, etc.
    Les psychanalystes sont TRÈS influents parce qu’une grande majorité de politiciens les pratiquent. Et les premiers utilisent les seconds.
    Ce rapport de la HAS a été émasculé à la dernière minute. Le dernier brouillon qui circulait disait explicitement que la psychanalyse n’était pas recommandée. Ils ont réussi à faire changer cela en utilisant leur pouvoir occulte.
    Le pouvoir, ils l’ont pris, sans qu’il y ait jamais eu de preuve de leur efficacité. Pire, ils crient haut et fort qu’il n’est pas possible d’évaluer leur méthode. Or, si ce n’est pas quantifiable, ce n’est pas de la Science. Même en Sciences Humaines on peut évaluer l’efficacité de méthodes et les comparer. Simplement, ils ne veulent pas et ne l’ont jamais voulu.
    Donc, ce pouvoir qu’ils ont volé, il est normal que l’Etat, sous la pression des familles de parents autistes qui ont souffert et souffrent encore, le reprenne et soutienne des méthodes qui AIDENT vraiment ces enfants. Ainsi, il est primordial d’établir un diagnostique d’autisme le plus tôt possible (avant 3-4 ans) afin de mettre en oeuvre le plus tôt possible les méthodes cognitivo-comportementales permettant de développer leurs capacités à communiquer et les empêcher de tourner en rond dans leurs « stéréotypies » (mouvements répétitifs).
    Ce rapport HAS soutient ces approches cognitivo-comportementales (ABA, TEACCH), alors que les psychanalystes les combattent depuis 30 ans en les qualifiant de « dressage ». Dans le monde entier, les enfants autistes ont accès en priorité à ces méthodes, mais pas en France. Ca va changer.

  5. jobougon Says:

    Et si les personnes de terrain avaient leur mot à dire ? Entendons là ceux qui travaillent avec les personnes autistes ainsi que les familles. Il me semble qu’aucune recette n’est ni bonne ni à proscrire dans la mesure où elle s’accompagne de bienveillance et de bénéfices pour la personne en soins. Les guerres ne mettent pas toujours en évidence les enjeux de cette guerre, et je serais curieuse de connaître les arguments concernant les quelconques interdictions dans la mesure où aucun soin psychique n’a réellement de précision scientifique, l’humain n’étant pas une machine. Je retiens le bénéfice ayant entendu parler de ces packing chez les patients souffrant de schizophrénie et ceux qui l’ont pratiqué le faisaient avec beaucoup de préparation, d’accompagnement et de délicatesse, ce qui avait le don de faire du bien au patient. Je suppose que les médicaments se vendront davantage si les soins dits « parallèles » disparaissent, sachant combien ces produits sont efficaces ? Par curiosité, voici un article bien intéressant à ce sujet :
    http://bibliobs.nouvelobs.com/en-partenariat-avec-books/20120203.OBS0550/a-qui-profitent-les-psychotropes.html

    • trex58 Says:

      « Aucun soin psychique n’a réellement de précision scientifique » : non. Tout est mesurable et quantifiable, à un taux d’erreur près. Il suffit de se donner la peine de réfléchir et de trouver des critères pour quantifier l’amélioration du « bien-être » d’un malade. Et il suffit de faire ces mesures sur de nombreuses personnes tout en observant les phénomènes extérieurs qui peuvent influencer l’amélioration.

      Pour l’autisme, cela peut être le temps passé chaque jour à faire de la stéréotypie (répéter sans cesse le même mouvement) ou bien le nombre de ses crises en présence d’autres personnes. Pour quelqu’un souffrant de TOC (Troubles Obsessionnels Compulsifs, qui sont aussi d’origine génétique ou dus à des infections avec réaction immunitaire touchant le cerveau. Voir Cerveau&Psycho de ce mois-ci), on peut quantifier l’amélioration de son état en mesurant le temps perdu à ses obsessions. Pour quelqu’un en dépression, on peut compter le nombre de ses angoisses. Etc. Bien sûr, ça n’a pas la précision des sciences dites « dures », mais ça marche.

      Nous sommes des machines. Des machines complexes, certes, et jamais nous ne saurons vraiment prédire nos pensées, mais nous sommes des machines fonctionnant sur une base biologique complexe et fragile. Il suffit qu’un maillon de notre cerveau fonctionne mal et nous ressentons des troubles psychiques.

      Tous les soins ont un coût, et le budget de notre pays pour la santé mental est limité. Il est donc évident qu’il faut employer les méthodes les plus efficaces au même prix.

      Pour le packing, je désire voir une explication scientifique sur les raisons de sa supposée efficacité et des études scientifiques sur son utilisation. Mais elles n’existent pas. Le packing nous vient directement du XIXème siècle, comme les électro-chocs et la lobotomie : des horreurs.

      La psychanalyse domine en France. Pourtant, la France est l’un des plus grands consommateurs de médicaments psychotropes au monde. Il y a peut-être bien un lien, non ?

      Les personnes de terrain ont leur mot à dire, bien sûr. À condition qu’ils puissent fournir une étude démontrant les avantages des méthodes employées.

      En médecine classique (opérations du coeur par exemple), il existe des protocoles rigoureux. Pourquoi est-ce différent pour les soins psychiques ?

      Quant aux médicaments et à l’article : il est évident que les laboratoires essayent par tous les moyens de vendre leurs produits au plus grand nombre. Il est aussi du devoir des médecins de cesser d’obéir aux laboratoires en profitant de leurs largesses. Pour moi, un médicament agissant sur le cerveau ne doit être utilisé que pour une durée courte et limitée, afin de calmer le malade et de permettre la mise en place d’une méthode non-médicamenteuse. Une amie de Grenoble rencontrant un psychiatre s’est vue fournir une prescription de médicaments pour UN an, après un simili entretien.
      L’article est très convaincant sur la main-mise des laboratoires pharmaceutiques sur la médecine. Il faudrait donc contrer cette influence néfaste qui transforme les médecins en revendeurs de drogues dangereuses.
      Pour les petites dépressions, le sport, ou le millepertuis, ou la méditation, ont des résultats meilleurs que les médicaments, et avec moins de rechutes, ai-je lu.

      Mais, bien sûr, je ne suis pas du métier…

  6. trex58 Says:

    Le Nouvel Obs encore. Et là, c’est le Directeur qui s’exprime, contre la psychanalyse tout court :
    Traitement de l’autisme : une nouvelle défaite de la psychanalyse.

  7. jobougon Says:

    Comparer l’être humain à une machine me parait excessif, mais après-tout, pourquoi pas. Mais lorsqu’il s’agit de mesurer l’appareil psychique, cela me semble si extraordinaire que même j’en ai des frissons. Laissons du mystère et du rêve et acceptons que tout ne soit pas quantifiable, cessons de vouloir maîtriser à tout prix. La créativité ne saurait continuer d’exister sans ce grain de génie proche de la folie qui fait la plus belle part de l’homme. Je ne crois pas que tout soit mesurable, et encore moins que des chiffres puissent être le reflet du ressenti intime de qui que ce soit. Et où est donc le respect de l’intimité dans cette façon de voir la science ? Si tout doit se résoudre à une équation, je crains le pire pour les générations futures qui risquent d’étouffer, faute de ne plus trouver d’espace vivants. Je préfère bricoler une vie créatrice plutôt que programmer mon avenir. Je ne sais pas si je suis claire dans mon discours, mais je suis horrifiée de voir notre monde se soumettre à la rentabilité sous prétexte que l’argent serait manquant. Je ne suis pas sûre que nous ne raisonnions pas à l’envers. Il s’agirait peut-être de penser le bien-être d’abord, et ensuite de l’expérimentaliser. Il mérite bien de s’y investir un peu. On n’est pas obligé d’être d’accord avec tout ce qui se dit.

    • trex58 Says:

      Oui, bien sûr, j’ai exagéré. Ce qui est essentiel dans une psychothérapie, c’est le lien avec une personne, remplie d’empathie et de compréhension.

      Nous sommes une machine. Mais, de la même façon que pour notre système solaire, alors qu’il obéit à des lois mises en équation par Newton puis par Einstein, il nous est impossible de connaître la position de la Terre dans X millions d’années, il nous est bien évidemment impossible de savoir quelle pensée va naître dans notre cerveau dans la seconde qui suit, car nous ne pouvons pas connaître les caractéristiques électriques ou chimique de chacune de nos synapses. Enfin, pas encore…
      Pour le mouvement des planètes, les équations sont connues mais leur résolution génère du chaos et, pour prédire l’avenir de la Terre, il faudrait connaître son poids au gramme près, ainsi que la répartition exacte des masses à l’intérieur, ce qui est impossible. Sans parler des autres planètes qui tournent autour ni même des cailloux qui passent de temps en temps, extraits par le hasard du stock de cailloux qui flotte à la limite de notre système solaire.
      Pour notre cerveau, je ne doute pas que des méthodes d’observation et des représentations virtuelles (informatisées) de la pensée humaine verront le jour. Mais jamais elles ne pourront simuler entièrement une vraie personne. Il y aura toujours de l’inconnu et de l’imprévisible.

      Quand je parle de mesures de l’appareil psychique, je parle de mesures statistiques, faites sur un grand nombre de personnes. Bien sûr, c’est flou. Bien sûr, il y a une marge d’erreur. Mais, lorsque différentes équipes refont les mêmes mesures en respectant le même protocole, il devient possible de voir apparaître un résultat, avec une marge d’erreur. Pas question ici de parler d’équations mathématiques, mais plutôt de logique floue (c’est-à-dire des probabilités de réalisation).

      Il a été montré que la créativité est liée à différentes choses : les cadets sont plus créatifs que les aînés, et les personnes ayant un certain couplage entre les deux hémisphères sont plus créatifs. C’est lorsque notre cerveau laisse remonter des idées différentes et – subitement – les associe ou y voit un lien caché qu’il y a création. La création vient d’un bouillonnement de pensées libres après une imprégnation de données diverses.

      Aucun chiffre ne peut mesurer le ressenti intime d’une personne. Mais… il commence à y avoir des techniques d’observation du cerveau en temps vraiment réel et on commence à deviner ce à quoi la personne pense… (enfin, en gros !).

      Oui, mieux vaut une vie créatrice que programmer son avenir. Simplement… il faut bien manger, se loger, et satisfaire différents petits plaisirs, alors il faut bien « construire » maintenant pour être plus libre demain. Il faut juste ne pas tomber dans l’inverse : vivre pour travailler.

      Je ne parle pas de « rentabilité » mais d’optimisation. L’argent disponible pour la santé est limité. Pour soigner le maximum de personnes, il faut savoir l’utiliser intelligemment et donc mesurer l’efficacité des méthodes et donc avec des critères clairs pour dire ce qui « efficace ». Quant à savoir s’il faut consacrer plus d’argent à un jeune, plein d’avenir, plutôt qu’à une vieille personne, c’est un débat éthique… et complexe.

      La science est faite de découvertes, d’enthousiasmes, d’erreurs (beaucoup d’erreurs !! On apprend beaucoup par les erreurs ! Celles des chercheurs, mais aussi celles de la Nature !), de mélanges et d’associations de différents domaines.

      Qu’est-ce que le « bien-être » ? Est-ce de pouvoir voir en VOD tous les films qu’on veut ? Est-ce d’être en bonne santé physique ? Est-ce de vivre en lien avec d’autres personnes ? Le bien-être est un équilibre entre le calme et la tempête. Pour rester en bon état physique et psychique, il faut se remuer le corps et le cerveau, et interagir avec les autres, et donner et recevoir de la tendresse et de l’amour. Nos sociétés interdisant les contacts physiques crée des souffrances. Chez nos cousins, les séances d’épouillage réciproque sont indispensables pour les liens sociaux ; il manque l’équivalent chez les Humains…

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