Archive for mars 2012

Acculé, bloqué, coincé, … je joue et je ris

2012/03/27

L’action ludique est la dernière possibilité pour celui qui n’a jamais la parole, ni plus aucune possibilité d’action.
Emprunté à Jean-Paul Galibert.

Face à quelqu’un(e) qui ne vous laisse pas parler, et lorsqu’il n’y a plus rien à tenter pour le/la convaincre, il reste l’action absurde : le jeu, le rire, la farce, le ridicule, la petite folie, le renoncement au sérieux, l’évasion dans l’enfance genre bulles de savon et fou-rires, le masque de clown.

Ca me tente…

Publicités

88

2012/03/26

« Vous pouvez me dire qui vous êtes ? »

C’est ce que demande ma mère (88 ans) à mon répondeur…
Ca me fait sourire. Pour le moment.

Ah, il ne fait pas bon vieillir…

D’ailleurs, j’étais en train de faire quoi avant de venir sur ce PC ? Zut ! J’ai oublié…

1000

2012/03/25

Mille : c’est le nombre de posts sur ce Blog.
Un chiffre rond.
Un millier d’heures au moins passées à écrire ou à répondre, en 3 ans et 3 mois environ.
Est-ce que ça en valait la peine ?
Si j’ai évité de m’affaler devant la télé, ça en valait la peine.
Si ça m’a empêché de faire des choses plus « utiles »… c’est comme ça, je n’y puis rien changer.
Si j’ai pu « vider un peu mon sac », et le rendre plus léger, c’est bien.
Si j’ai appris à écrire mes pensées, comme elles viennent, ça me servira peut-être un jour pour écrire un livre.
Quant à la pudeur, je n’en ai guère. À quoi cela sert-il d’ailleurs d’avoir de la pudeur à ne pas (presque) tout étaler de sa vie devant n’importe quel passant du Web ? Cela sert à la société, car la honte et la pudeur sont des mécanismes incitant les membres du groupe à éviter les actes pouvant faire exploser la communauté. Mais, bon, ça, c’était valable dans des petits groupes humains. Les temps ont bien changé…
Alors, pause ? (comme « Une femme libre ») ou pas pause ?
Bah ! Les nombres sont « ronds » en fonction de la base choisie pour les écrire ! 1024 est très joli écrit en base 2 : 10000000000 . Ou 1331 en base 11 : 1000 .
Allez, rien n’a d’importance…
Bonne nuit.

Les râteaux, par Bénabar

2012/03/25

Les râteaux, par Bénabar.

J’ai beaucoup ri !
Même si je ne suis pas un dragueur.

On a tous essuyé des refus
Ca tanne le cuir des séducteurs
Ca peut faire très mal, le sais-tu?
Que c’est vulnérable un dragueur!!

C’est très salissant l’amour propre
Surtout quand le lion prend la fuite
Coursé par une antilope
Qui d’un coup de patte le décapite

Y a le râteau héroïque
Qui se ramasse en public
le râteau point sur les i
T’es lourd maintenant, ça suffit

Les râteaux dit d’Alzheimer
C’est la même fille que toute à l’heure
Le râteau de la méduse
Pour le jeu de mots, je m’en excuse

Y a le râteau bouleversant
Cette fille, tu l’aimais vraiment
Et le râteau superflu
Au fond, elle te plaisait plus.

Le râteau qui coûte un g’nou
Parce que ta bague elle s’en fout
Si elle te gifle, chapeau!!
C’est la cerise sur le gâteau

Au jeune loup qui renonce
Le vieux qui explique avec sagesse
Pour vingt Anglaises qui te repoussent
Y en a bien une qui dira Yes

En boite de nuit, ça devient extrême
Quand tu les reçois à la chaine
Tout le monde est bien témoin
T’es prêt à tout, t’es mort de faim

Et la honte, ça te fait plus rien!!
Y a le râteau qui se la pète
Quand la fille est une vedette
Le râteau anti grosse tête

Parce que c’est toi la vedette
Le râteau du coming out
Qui est un râteau comme les autres
Celui qu’on veut oublier qui souvent est le premier

Y a le râteau du romantique
Qui le rumine en musique
Le râteau des mecs pas bien
Avec la femme des copains

Et râteau de l’erreur
Parce qu’en fait, c’était sa soeur
Le râteau à répétition
Quand elle dit non, c’est non !!

Doivent-elles devant leurs copines
De leur dédain au vitriol
Nous arracher le coeur de la poitrine
Avant d’rouler dessus en bagnole.

Alors qu’un sourire bienveillant
Dirait avec ménagement
Qu’c’est pas la peine qu’on perd notre temps
Qu’on est gentil, mais que va t’en
Tu me lâches maintenant!!

Y a le râteau du mari
C’est ma femme, t’es gentil
Le râteau du hérisson
Ca pique mais c’est trop mignon
Le râteau de Georges Clooney
S’il existait, ça se saurait
Quand au dernier des râteau,
Rassure-toi, c’est pas de sitôt.
Le râteau du Gentleman
Toujours poli avec les dames
Le râteau condescendant
Non, mais! Pour qui elle se prend?
Celui qu’aurait pu éviter
Il suffisait d’pas lui parler
Et le râteau qui l’inspire
T’en f’ras une chanson au pire.

Les Secrets de Famille

2012/03/25

J’ai repris la lecture du petit livre « Les Secrets de Famille » de Serge Tisseron. Intéressant… surtout pour les personnes qui comme moi ont été au coeur de plusieurs secrets de familles.
En lisant les conséquences possibles des secrets dont parle Tisseron, il me semble que j’aurais pu tourner bien plus « mal » ! Je vous laisse juge :
– père qui s’est suicidé au fusil de chasse : je ne l’ai appris que 15 ans après.
– pas de plaque avec son nom sur son tombeau (c’est moi qui en ai mis une).
– soeur qui est ma demi-soeur, mais on ne me l’avait jamais dit explicitement quand j’étais gosse.
– circonstances de la conception de ma demi-soeur (qui ignore toujours qui est son père) et qui ont fait que ma mère a été rejetée par sa famille (à moins que la honte ne l’ait faite s’éloigner).
– quatre autres demi soeurs et frère dont j’ai longtemps ignoré l’existence.
– ma naissance dans l’adultère.
– savoir avoir plein de cousins et de cousines, mais n’en connaître aucun (voir ci-dessus) et ne pas savoir pourquoi.
Sans parler d’autres choses pénibles ayant pesé : une grand-mère maternelle vigneronne ruinée par le Phylloxera, un père qui fait faillite deux fois, un grand-père devenu fou (genre « syndrome du Golfe ») suite à la guerre de 14-18, l’ignorance totale de la famille de mon père et de ses amis.

Finalement, mieux vaut parfois être donné à la DASS et être adopté sans rien savoir de ses origines ! 😉
Bon, c’est du passé tout ça… Mais, d’après Tisseron, ces secrets (s’ils ne sont pas bien « digérés ») ont des conséquences sur les 2 générations qui suivent. À moi donc de comprendre quels comportements chez moi, suite à ces secrets, ont pu avoir des conséquences sur mes enfants et ce que je dois faire pour arrêter la transmission délétère de ces secrets. Sans parler des secrets de ma famille… secrets entre moi et mon épouse, comme sa haine des « jaunes » (et que notre fille imitait sans en comprendre l’origine) : toute femme aux yeux bridés lui rappelait la femme de mon premier amour (foiré bien sûr), à laquelle j’ai pensé un peu trop longtemps…

Je vous recommande ce petit livre (peu de familles n’ont pas de tels secrets). Bon, Tisseron est psychiatre ET psychanalyste… mais, bon, ce qu’il dit me semble solide (en m’adossant à d’autres lectures), même si je me pose des questions sur la validité statistique des exemples fournis : s’il me semble évident que les Secrets de famille peuvent avoir de graves conséquences, il ne s’agit que d’un potentiel. C’est comme pour certains gènes rendant son porteur plus sensible à telle maladie : s’il peut contrôler l’environnement qui facilite l’émergence de la maladie, la probabilité qu’elle se produise reste dans la moyenne. Bref, j’ai l’impression que Tisseron ne montre que les cas les plus noirs engendrés par des secrets de famille : nombre de personnes (dont moi) ont pu, grâce à des personnes clefs dans leur famille ou autour, ne pas générer de troubles graves, faire des études, avoir un métier et prendre des responsabilités, fonder une famille, etc. Si ma façon d’être a été modelée par le passé de mes parents et m’a mal armé pour certaines choses dans la vie, par contre je n’ai pas ressenti dans ma jeunesse la majorité des troubles que Tisseron décrit, malgré la lourdeur des secrets qui m’ont entouré. C’est, principalement, la mort de mon père et la dépression de ma mère qui s’en est suivie qui ont eu le plus d’influence négative, contre-balancée par mon « adoption » par une autre famille, blessée elle-aussi, mais plus saine. Mais, bon, je ne me souviens pratiquement pas de mes 8 premières années… Il reste donc peut-être des choses à découvrir au fond de mes neurones. Ceci me rappelle les livres de Boris Cyrulnic, sur la résilience, où il analyse les raisons qui font que, parmi des enfants affrontant les mêmes épreuves épouvantables, certains s’en sortent alors que d’autres sont abimés pour toujours : le lien, le lien profond et réel créé avec une personne (parent, oncle/tante, professeur, etc) et qui a permis à ces enfants de se construire solidement et de pouvoir endurer l’horreur et en guérir ensuite. Dans mon cas, ce fut une deuxième « mère », et de nouveaux « frères » et « soeur ».

Bref, il faut lire ce genre de livre pour comprendre certaines choses mystérieuses de sa famille. Mais le pire n’est pas toujours au rendez-vous comme le laisse croire, à force d’exemples graves, Tisseron.
Et puis, l’humour noir est un très bon moyen pour dédramatiser. Ainsi, j’aime effrayer mes collègues en leur disant : « Quand mon père est parti, il n’avait pas toute sa tête », et en leur expliquant ensuite (mais je n’ai jamais su où il avait pointé le canon du fusil, et ça n’a pas d’importance) ce que cela veut dire. Moi, ça me fait rire. 40 ans après, on peut, on doit en rire. D’ailleurs, le philosophe Desproges le disait lui-même : on peut rire de tout ! (mais pas avec n’importe qui).

Bon, j’ai suffisamment de matière pour écrire un bon livre, non ?! Sauf qu’il vaut mieux sortir au soleil que rester enfermé des mois et des mois à mettre en mots ces maux et ces histoires.

Les Infidèles

2012/03/25

Oui, je l’avoue, je suis allé le voir. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir lu les critiques et même d’avoir été prévenu par des amis : oui, c’est GRAS ! Voire vulgaire parfois (quand Dujardin se branle puis se baisse – cul nu – pour prendre son téléphone). Mais, bon, à part cette partie, faible, le reste m’a bien fait rire. J’étais venu pour ça (j’alterne : 5 films tristes voire déprimants ou prise de tête, et un film pour rire), et j’ai bien ri. J’ai bien ri : des hommes, et donc de moi. Et il y a eu aussi une partie, entre Dujardin et son épouse, plus sérieuse, plus profonde sur le jeu de la vérité entre époux.
Ca ne restera pas dans les annales… (sans jeu de mot) mais, si l’on est en manque de rire ou pour décoincer ses zigomatiques, c’est une solution. Quant à aller le voir en couple… mieux vaut ne jamais avoir été infidèle avant, sinon … sinon on risque bien une discussion prise de tête au retour du cinoche lorsque certaines situations du film rappelleront certaines situations vécues dans le couple.
Heureusement que le film n’est pas passé avant la remise des Oscars…

Comment Lacan a trahi Freud

2012/03/21

Je vous recommande un article très intéressant qui analyse la trahison de Freud par Lacan. En gros, Lacan a utilisé la notoriété de Freud et a fait croire qu’il était le continuateur de ses idées alors qu’il disait le contraire, mais d’une façon tellement tordue qu’il a roulé tout le monde. Bref, d’un terrain à base scientifique et biologique (enfin, c’était il y a 100 ans !!), il est passé à un terrain plutôt philosophique. Donc, rien d’étonnant à ce que les psykks d’obédience lacanienne n’aient pas pour but de soigner des patients puisque la philosophie n’est qu’une réflexion sur ce qu’on doit faire de sa vie avant de mourir, et on ne guérit pas de la vie.

« Comment expliquer que le «Docteur Folamour de la psychanalyse», maître ès hermétisme, reste la coqueluche des éditeurs et des médias de l’Hexagone? Par une certaine propension du monde intellectuel français à s’enticher de faux-semblants explique Mikkel Borch-Jacobsen dans le « BoOks» du mois de mars. »

À lire absolument pour comprendre un peu mieux comment une certaine élite française a pu (et continue à) se fourvoyer dans le labyrinthe obscur de Lacan. À lire pour convaincre les gens autour de soi de fuir Lacan et la psychanalyse. À lire surtout pour se convaincre soi-même qu’il faut regarder avec prudence tous les livres de psychologie édités en France où l’auteur se dit psychanalyste, voire – pire ! – lacanien.

Detachment (suite)

2012/03/18

Pour le film Detachment, je pense que je n’avais pas bien compris que son traumatisme (voir sa mère morte alors qu’il n’a que quelques années) l’a entraîné à se « détacher » des relations humaines, à prendre de la distance, par peur des souffrances afférentes (perdre celui/celle avec qui on a créé un lien). Ce n’est qu’en recueillant cette jeune fille perdue qui se prostitue, frappé par l’amour qu’elle lui voue à cause de sa bonté, qu’il s’ouvre enfin, à une personne « pure » et spontanée. Un beau film.

Oslo 31 août

2012/03/18

Je suis allé à Oslo, en 1990 si je me souviens bien. Le voyage qui tue ! Landos (au sud du Puy-en-Velay) jusqu’à Oslo, en prenant le train du Puy à Lyon, puis Paris, puis un avion. Mon épouse était folle de rage que je parte en plein milieu de nos vacances… Mais, bon, j’avais une conférence où je parlais !
C’était en août aussi. Il faisait bien… 18° au moins… C’était sympa, mignon, mais très cher… pour le touriste. Je n’ai pas pu, hélas, prendre contact avec la population locale… à part un bain de foule au marché. Un bon souvenir… mais je n’ai reconnu aucun lieu dans le film.
Mais, bon, revenons au film.
Un super film ! Faut juste ne pas avoir de tendances suicidaires… sinon on est mal. Anders, qui joue Anders, comme le monstre qui a fait un massacre en juillet passé à Olslo, joue super bien ! On le sent très bien dans sa peau de dépressif qui a plongé dans la drogue, a fait une cure de désintoxication, a essayé de retrouvé sa vie passée, de reprendre contact avec la fille qu’il a aimée et qui, malgré une gentille fille à qui il plaît, n’en peut plus de sa vie, à 34 ans. Bon, il a pas à se plaindre le mec : 1 an de plus que Jésus !
Il arrive au 30 août désintoxiqué, mais avec une sacrée envie de ne plus vivre. Ca commence par la Suédoise avec qui il a passé la nuit : il n’a rien ressenti avec elle, il n’a plus de plaisir dans les joies simples, la drogue a sans doute enlevé tout goût aux plaisirs simples de la vie, seule la drogue lui fait ressentir quelque chose.
Bon, tout le film, je me suis demandé s’il allait s’en sortir ou pas… J’aurais pas dû puisque le film est rangé dans le genre : drame. Ca pouvait pas bien finir… Zut ! J’aime pas les histoires qui finissent mal. Pourtant, la fille avec qui il passe la soirée, étudiante en biologie je crois, elle est mignonne, bandante, souriante, et il lui plaît. D’ailleurs, elle aurait dû faire ce qu’elle lui a dit : ne pas aller à l’eau sans lui… Mais il n’arrive pas à s’accrocher au présent, à la vie qui repart. Il est prisonnier d’un passé. Il aurait dû partir ailleurs, dans un autre pays, peut-être… Peut-être. Enfin, il sort de son centre de désintoxication, et ses parents sont en vacances en France, et sa soeur ne veut pas le voir… Elle va s’en vouloir, la soeur… Mais il s’en fout de faire souffrir ceux qui l’aiment. Ou, plutôt, il est malade, il n’a plus d’espoir, il se sent perdu, sa vie gâchée, le goût de vivre parti. Pourtant, le papillon était venu lui faire un signe. Pourtant, des gens l’ont encouragé. Pourtant, la musique est là, en lui. Mais deux-trois connards lui ont collé une étiquette et n’imaginent pas qu’il puisse s’en sortir…
Un très beau film, qui montre aussi que, pour ceux qui pensent être heureux et avoir une vie saine, c’est pas vraiment ça… C’est quoi être heureux ? Finalement, le mieux c’est peut-être se dire que la vie, c’est l’enfer et qu’il faut être heureux de chaque petit truc sympa. Comme les cerisiers en fleurs hier, cette femme habillée en vert et rouge et prenant le soleil pour profiter de l’instant présent, ou la petite Marie qui est venu faire son cirque de petite fille de 5 ans chez moi : se cacher, ouvrir encore les 6 portes de mon buffet dans la salle-à-manger (mais pourquoi ?), vouloir encore démantibuler cette fleur de dragées d’un mariage dont je ne sais plus qui s’y est marié. Le sourire d’une petite fille et ses bras autour du cou, qu’y-a-t-il de mieux ? (je sais, mais je ne vous le dirai pas, na !).
Bon, c’est un film à voir, absolument !

SuperWoman

2012/03/18

Mamie SuperWoman était en ville hier. Elle profitait du soleil. Je lui ai demandé si elle voulait bien que je la prenne en photo. Elle a dit oui, mais pas de trop près. Nous avons discuté un peu ensemble : philosophie, Nietzsche ; très brièvement. Et puis, lorsque le soleil a été avalé par le Vercors, elle est partie.

MSW1

MSW2