Lettre à ELLE

Je viens de LUI envoyer ce mail :

Est-il absurde de désirer l’impossible ?

Il me semble que c’est une question que tu te poses, non ?

Pourquoi, après tant de refus de ta part, est-ce que je continue à espérer et désirer… Désirer quoi de toi, au fait ? Le comprends-tu seulement ? Te poses-tu des questions sur ce qui me motive ? sur ce qui me pousse à vouloir te parler ? pourquoi je suis toujours si ému de te voir, à la fois gêné et honteux de l’embarras que je te crée, la peur au ventre de faire empirer la situation ou de te faire du mal, mais si heureux de te voir et de t’entendre, même si tu es presque en colère de voir que je cherche de nouveau à te parler ? Probablement que non.

Je ne peux pas désirer ton amour. Car c’est quelque chose qui ne se crée pas, qu’on ne peut pas maîtriser, qui n’est pas compréhensible, et qui restera à jamais LE mystère. Et, pour aimer, il faut que cela vienne des tripes. L’amour peut naître d’un coup, sans raison compréhensible. Ou bien il peut naître lentement, peu à peu, par la connaissance de l’autre, en le « pratiquant », en découvrant peu à peu l’alchimie de ses qualités et de ses défauts, qui le rendent unique, et en se rendant compte un jour que l’autre est l’un de ceux ou celles qu’on attendait, sans le savoir, car on ne sait pas qui on attend. On a beau croire savoir qui on désire, par son physique, par sa personnalité, on ne le sait vraiment que lorsqu’on est ému par lui ou elle. On ne le sait que lorsque, serré contre lui/elle, c’est l’évidence-même. Et sans savoir si cela durera un jour ou toujours.

Mais je peux désirer que, enfin, tu me regardes autrement qu’un mendiant qui t’attend à ta porte. Je ne désire pas plus de toi. Je désire simplement que tu me donnes un peu de ta générosité et que tu prennes un risque, un petit risque : regarder de plus près cet homme qui te trouve si belle et le découvrir un peu, dans des circonstances où je pourrai enfin être moi-même, cérébral certes, mais sensible et tendre aussi.

Je ne suis pas désespéré et malheureux que tu ne m’aimes pas, car je suis bien conscient que tu ne peux pas aimer le peu de ma personne que tu m’as permis de te montrer. Je suis désespéré et malheureux que tu ne prennes pas la peine de m’écouter et de me permettre d’essayer de t’atteindre et de t’émouvoir peut-être. Tu t’es enfermée dans un château et je suis aux pieds de tes remparts, armé de mes pauvres et simple mots et de quelques fleurs blanches que tu refuses même. Mais, est-ce moi que tu refuses ? ou l’idée qu’on puisse t’aimer comme ça, en te connaissant si peu ?
Peut-être au fond que tu ne mérites pas mon intérêt amoureux. Peut-être que, au fond, ton coeur est dur comme le visage que tu m’as montré l’autre soir. Peut-être. Mais je ne le pense pas. À travers ton regard, souvent dur, il me semble voir une belle personne, tendre, lumineuse comme je te l’avais dit déjà, humaine et fragile, et qui, après avoir souffert, est sur le chemin d’une belle vie. Mais, comment tu es, tu le sais probablement déjà. Quant à moi, suis-je beau et lumineux aussi ? Ce n’est pas vraiment ce que je t’ai montré jusqu’à présent, je ne le sais que trop. Face à toi qui te dérobait et me fuyait, je n’ai pu te montrer que le visage d’un homme désespéré, souffrant d’être rejeté et de ne même pas recevoir de l’amitié, un peu d’humanité.

Non, il n’est pas absurde de désirer ce qui semble impossible. En me confrontant à cet impossible que tu m’imposes aujourd’hui, en venant encore te demander ta bienveillance, en me confrontant à ta réalité, en essayant de me mettre à ta place et de ressentir ce que tu ressens – pour ne pas te faire de mal, en essayant de comprendre mes sentiments et en essayant de te les expliquer, maladroitement bien sûr, je développe le meilleur de moi-même. Je suis riche de l’espoir d’atteindre un possible, à condition de ne pas franchir la frontière qui sépare le rêve du délire. Et ce possible, c’est peut-être obtenir un jour de toi ton amitié. En me confrontant à ton impossible actuel, je dois m’efforcer de comprendre un peu plus de notre condition humaine, qui fait que nous ne pouvons nous passer des autres, même s’ils ne font pas toujours ce qu’on désirerait. Et je m’efforce de laisser parler mes sentiments, sans blesser.

La vie consiste à prendre des risques pour qu’il y ait plus de vie dans nos jours que de jours dans nos vies. Je te propose de prendre avec moi un petit risque : un peu de cinéma, des discussions pour découvrir nos différences et nos points communs, des sorties avec des amis, des balades, de la photo bien sûr pour s’enrichir l’un l’autre de nos pratiques différentes. Et – surtout – parler, vraiment.

Cordialement,

Tony

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8 Réponses to “Lettre à ELLE”

  1. iXéo Says:

    Tony… Tony… Tony…
    Est-ce qu’un jour tu apprendras à faire court et simple ?
    Je crois que dans sa position à « elle », je n’aurais pas lu au-delà du premier paragraphe !
    Alors que le seul (paragraphe) important, le seul qui justifie ton mail, c’est le dernier.
    JL

    • trex58 Says:

      Par tes métiers, en contact avec des clients et des élèves, tu a développé un art de la séduction, par le sourire et la parole aisée. Hélas, je n’ai pas ton don et je n’évolue pas dans environnement propice aux rencontres féminines, et mes acouphènes m’interdisent tous les lieux bruyants mais sympathiques. Mais j’écris pas trop mal, je crois. Alors, si je lui écris, c’est autant pour moi que pour elle.
      Mais, tu as raison : faisons simple ! Je vais y réfléchir. Merci.

  2. Une femme libre Says:

    Héhé! Je suis tellement d’accord avec IXéo!

  3. prinsessan Fluflu Says:

    Et bien moi aussi, je suis d’accord avec iXéo et Une femme libre!

    Mais j´irai plus loin… vous avez encore, une fois de plus, ajouté une nouvelle preuve à votre acharnement.

    Arrêtez tout, soyez silencieux, faites comme si « Elle » n´existait pas.
    Si elle a vraiment envie de vous revoir, elle vous retrouvera.

    • trex58 Says:

      Elle n’a pas envie de me revoir, car elle n’a vu qu’une partie écorchée et abimée de moi. Le reste de moi, elle ne veut pas savoir. Et j’ai déjà été silencieux, pendant 5 mois. Peine perdu.

      Je suis le roi des causes perdues, je le sais. Mais, bah, ce n’est pas grave…

  4. Rose Says:

    Je suis d’accord avec Fluflu. Si elle ne te contacte pas, alors qu’elle possède tes coordonnées, tu perds ton temps, elle n’éprouve rien pour toi.
    Je ne comprends pas pourquoi ce serait un petit risque pour elle, de t’accompagner au cinéma, de faire des balades à la campagne… Si mes souvenirs sont bons, elle est séparée de son mari !

    • trex58 Says:

      Oui, elle est divorcée. Et je crois qu’elle a eu plusieurs liaisons depuis.
      Tu as raison, ce serait un petit risque pour elle. C’est bien pour ça que je me permets de demander encore un peu. Bah….

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