Le vent à Djémila

Quelques extraits de ce texte de Camus.

« Il est des lieux où meurt l’esprit pour que naisse une vérité qui est sa négation même. »

« Et jamais je n’ai senti, si avant, à la fois mon détachement de moi-même et ma présence au monde. » (cité au début du film « Detachment »)

« Car pour un homme, prendre conscience de son présent, c’est ne plus rien attendre. »

« Si je refuse obstinément tous les plus tard du monde, c’est qu’il s’agit aussi bien de ne pas renoncer à ma richesse présente. Il ne me plaît pas de croire que la mort ouvre sur une autre vie. Elle est pour moi une porte fermée. Je ne dis pas que c’est un pas qu’il faut franchir : mais que c’est une aventure horrible et sale. »

« J’ai trop de jeunesse en moi pour pouvoir parler de la mort. Mais il me semble que si je le devais, c’est ici que je trouverais le mot exact qui dirait, entre l’horreur et le silence, la certitude consciente d’une mort sans espoir. »

« Un homme jeune regarde le monde face à face. Il n’a pas eu le temps de polir l’idée de mort ou de néant dont pourtant il a mâché l’horreur. »

« Rien de plus méprisable à cet égard que la maladie. C’est un remède contre la mort. Elle y prépare. Elle crée un apprentissage dont le premier stage est l’attendrissement sur soi-même. Elle appuie l’homme dans son grand effort qui est de se dérober à la certitude de mourir tout entier. Mais Djémila… et je sens bien alors que le vrai, le seul progrès de la civilisation, celui auquel de temps en temps un homme s’attache, c’est de créer des morts conscientes. »

« Je pense alors : fleurs, sourires, désirs de femme, et je comprends que toute mon horreur de mourir tient dans ma jalousie de vivre. Je suis jaloux de ceux qui vivront et pour qui fleurs et désirs de femme auront tout leur sens de chair et de sang. Je suis envieux, parce que j’aime trop la vie pour ne pas être égoïste. »

« Pour moi, devant ce monde, je ne veux pas mentir ni qu’on me mente. Je veux porter ma lucidité jusqu’au bout et regarder ma fin avec toute la profusion de ma jalousie et de mon horreur. »

Publicités

Étiquettes : , ,

3 Réponses to “Le vent à Djémila”

  1. Rose Says:

    J’ai cru comprendre que tu n’aimes pas trop les séries. Mais j’ai découvert une série, sur Canal récemment, The Big C. C’est l’histoire d’une femme de 40 ans environ, mariée, avec un enfant et qui apprend qu’elle est atteinte d’un cancer incurable. Elle va bouleverser sa vie et enfin la vivre pleinement. C’est très drôle, malgré la gravité du sujet !

  2. trex58 Says:

    Merci de l’info ! J’ai téléchargé le premier épisode et je vais voir si ça me plaît.

  3. Detachment « Tony's Blog Says:

    […] de Tony Kaye, commence par une citation d’Albert Camus (Le vent à Djamila) que j’ai récemment donnée dans ce Blog : c’est un signe. “Et jamais je n’ai senti, si avant, à la fois mon détachement de […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :