Noces à Tipasa

Quelques passages de « Noces à Tipasa », un court texte de Camus.

« Au printemps, Tipasa est habitée par les dieux et les dieux parlent dans le soleil et l’odeur des absinthes, la mer cuirassée d’argent, le ciel bleu écru, les ruines couvertes de fleurs et la lumière à gros bouillons dans les amas de pierres. À certaines heures, la campagne est noire de soleil. Les yeux tentent vainement de saisir autre chose que des gouttes de lumière et de couleurs qui tremblent au bord des cils. L’odeur volumineuse des plantes aromatiques racle la gorge et suffoque dans la chaleur énorme. À peine, au fond du paysage, puis-je voir la masse noire du Chenoua qui prend racine dans les collines autour du village, et s’ébranle d’un rythme sûr et pesant pour aller s’accroupir dans la mer. »

« Nous marchons à la rencontre de l’amour et du désir. »

« Dans ce mariage des ruines et du printemps… »

« Je comprends ici ce qu’on appelle gloire : le droit d’aimer sans mesure. Il n’y a qu’un seul amour dans ce monde. Etreindre un corps de femme, c’est aussi retenir contre soi cette joie étrange qui descend du ciel vers la mer. »

« Tout ici me laisse intact, je n’abandonne rien de moi-même, je ne revêts aucun masque … »

« … l’heureuse lassitude d’un jour de noces avec le monde. »

« … j’appelle imbécile celui qui a peur de jouir. »

« À Tipasa, je vois équivaut à je crois, et je ne m’obstine pas à nier ce que ma main peut toucher et mes lèvres caresser. »

« Il y a un temps pour vivre et un temps pour témoigner de vivre. »

« J’avais fait mon métier d’homme et d’avoir connu la joie tout un long jour ne me semblait pas une réussite exceptionnelle, mais l’accomplissement ému d’une condition qui, en certaines circonstances, nous fait un devoir d’être heureux. »

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2 Réponses to “Noces à Tipasa”

  1. Une femme libre Says:

    J’avais déjà lu tout ça en lecture scolaire obligatoire donc je reconnais vos extraits mais je ne me rappelais pas que ce soit si magnifique. À relire maintenant, certainement. Merci!

    • trex58 Says:

      Oui, il y a des auteurs anciens qui sont à oublier. Et d’autres qui sont immortels.
      Dans son livre, Onfray dit que Sartre, parce qu’il visait d’abord la célébrité, est à oublier. Alors que Camus, qui visait la vérité, est éternel.
      Onfray dit pas mal de conneries… mais pas toujours ! 😉

      Tout Camus à lire ! Allez, au boulot ! 🙂

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